Déclaration de M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics, sur la suspension des négociations de l'Eurogroupe avec la Grèce en attendant les résultats du référendum, au Sénat le 2 juillet 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics, sur la suspension des négociations de l'Eurogroupe avec la Grèce en attendant les résultats du référendum, au Sénat le 2 juillet 2015.

Personnalité, fonction : SAPIN Michel.

FRANCE. Ministre des finances et des comptes publics

Circonstances : Séance de questions d'actualité, au Sénat le 2 juillet 2015

ti : La question grecque ne se pose pas depuis quelques jours. Pour nous, le premier principe est le respect de la démocratie. Le gouvernement grec a changé, la majorité a changé ; nous devons respecter la volonté du peuple grec, personne ne doit faire comme si rien ne s'était passé. La France a été la première à le dire. De même, il faudra respecter les résultats du référendum, dont la question posée ne sera pas si simple que vous l'avez dit...

Deuxième principe, le dialogue. Jusqu'à hier après-midi, la France a été à l'initiative, avec les présidents Juncker et Dijsselbloem, pour trouver avec les Grecs un accord politique.

Le Premier ministre Tsípras a décidé de maintenir le référendum : c'est son droit. Il a appelé à voter non : c'est son droit. Dans ces conditions, le dialogue est naturellement suspendu jusqu'à dimanche. Si la réponse est oui, il reprendra. Si c'est non, nul ne sait quelles en seront les conséquences, mais la France privilégiera toujours le dialogue.

Notre pays a toujours plaidé pour que la Grèce reste dans l'Europe. La place de la Grèce est dans la zone euro. Aux Grecs maintenant de se prononcer.


Nous respectons, nous, la démocratie. Je ne vous ai pas vu à l'Eurogroupe. Si vous y aviez été, si vous aviez participé aux discussions avec la Commission européenne et le FMI, vous ne vous seriez pas autorisé ce genre de remarques, désobligeantes à mon égard, passe encore, mais surtout dénigrant la position française.

Sachez que la France joue un rôle considérable depuis le premier jour pour maintenir le dialogue avec la Grèce.

Le pire, pour le gouvernement, serait de sortir de l'euro. Outre les difficultés que cela pourrait entraîner pour certains pays, ce serait une atteinte profonde au sens du projet européen : l'Europe a vocation à avancer, non à reculer ; à accueillir, non à exclure.

Toutefois, sans vouloir trahir l'Eurogroupe, c'est moi qui ai suggéré de suspendre la discussion jusqu'au référendum, car je ne sais pas dialoguer avec quelqu'un qui me dit non.

Nous attendons donc le résultat du référendum. Ensuite, soit les négociations se poursuivent dans la sérénité, soit la Grèce prendra un chemin vers l'inconnu. Le gouvernement préfère le premier scénario.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 juillet 2015

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