Interview de M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à BFM TV le 30 juillet 2015, sur la politique de l'immigration et du droit d'asile, les négociations en cours entre la France, la Grande-Bretagne et la société Eurotunnel au sujet de la situation des migrants à Calais et la crise agricole. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à BFM TV le 30 juillet 2015, sur la politique de l'immigration et du droit d'asile, les négociations en cours entre la France, la Grande-Bretagne et la société Eurotunnel au sujet de la situation des migrants à Calais et la crise agricole.

Personnalité, fonction : LE GUEN Jean-Marie, Malherbe Apolline (de).

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement;

ti : APOLLINE DE MALHERBE
Bonjour Jean-Marie LE GUEN.

JEAN-MARIE LE GUEN
Bonjour Apolline de MALHERBE.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci d'être avec nous. Vous êtes secrétaire d'Etat en charge des Relations avec le Parlement. Les tragédies sont quotidiennes autour des questions des migrants, hier encore, un clandestin est entre la vie et la mort après avoir tenté de sauter sur un train à la Gare du Nord. Qu'est-ce qu'on fait, on compte les morts ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, on ne compte pas les morts, mais d'abord, évidemment, on ne peut pas ne pas exprimer une émotion puissante devant ce qui se passe au plan humain. Je crois que beaucoup de Français… d'ailleurs, on a souvent des regards un peu automatiques, immigration totalement négatif, là on voit aussi, quand même, toutes les souffrances humaines, et quelque part, aussi, une certaine forme de courage, de volonté. Et au passage – je vais venir évidemment à la réponse à votre question – mais, on voit bien que ces gens, par exemple, ne viennent pas, contrairement à une certaine propagande, pour bénéficier des systèmes sociaux, puisque y compris ils veulent quitter la France pour aller en Grande-Bretagne…

APOLLINE DE MALHERBE
Là, visiblement, ils veulent partir de France, ils cherchent coûte que coûte à passer en Angleterre.

JEAN-MARIE LE GUEN
Parce que le travail est plus facile, pour des illégaux en quelque sorte, apparemment, en Grande-Bretagne, et donc c'est vraiment la recherche de l'emploi, c'est un peu les chansons de GOLDMAN qu'on a en tête quand on voit ça, donc c'est profondément émouvant. Alors maintenant les réponses, évidemment…

APOLLINE DE MALHERBE
Emouvant, mais cela dit, vous dites quand même que la première impression en France, vous avez l'impression, ça reste une image négative de l'immigrant.

JEAN-MARIE LE GUEN
Evidemment, on voit bien que nos concitoyens sont très crispés, et on peut d'ailleurs le comprendre pour d'autres raisons…

APOLLINE DE MALHERBE
Vous pouvez comprendre la défiance d'une partie de la population française ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais bien sûr, il faut l'écouter. Il y a des situations qui sont très difficiles dans un certain nombre de quartiers, il y a sans doute des situations qui sont tout à fait exagérées dans l'imaginaire de nos compatriotes, en tout cas chez certains.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais ça veut dire, quand même, que l'immigration, pour vous, est aussi un vecteur d'angoisse, que vous pouvez comprendre, chez les Français ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Bien sûr, évidemment.

APOLLINE DE MALHERBE
Et de problèmes ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Evidemment, c'est bien pour ça, d'ailleurs, que nous avons une politique migratoire qui n'est en rien une politique laxiste. Nous faisons en sorte d'avoir une maîtrise des flux migratoires, de refuser l'immigration clandestines, ce que nous faisons. Bernard CAZENEUVE a, par exemple, des résultats de reconduites à la frontière qui sont nettement supérieurs à ceux qui pouvaient exister avant 2012.

APOLLINE DE MALHERBE
Oui, ce que vous voulez dire c'est que la fermeté elle est du côté de la gauche quoi !

JEAN-MARIE LE GUEN
La fermeté, elle est du côté de la gauche, et en même temps nous voulons avoir une réflexion profonde. Donc je vais vous répondre à votre question en disant on a des mesures qui sont locales, françaises, ce qui se passe à Calais…

APOLLINE DE MALHERBE
On le voit bien là, il y a les 120 CRS et policiers supplémentaires.

JEAN-MARIE LE GUEN
Voilà.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais enfin, ça, ça colmate les brèches, ça ne peut pas être une solution de long terme.

JEAN-MARIE LE GUEN
Exactement. Exactement. Alors, il faut organiser mieux que nous ne le faisons, avec l'Italie, avec l'espace Schengen, etc., on voit bien qu'il y a un petit peu de retard à l'allumage, il fait distinguer le droit d'asile avec les questions d'immigration économique, avec d'ailleurs des nuances qui peuvent exister. Nous avons des pays en Europe, l'Allemagne pour commencer, qui est plutôt demandeur d'une certaine forme d'immigration économique, parce qu'ils ont des problèmes démographiques, et nous qui ne sommes pas extrêmement demandeurs, mais nous avons quand même une tradition d'asile et de respect des droits de l'homme. Et il y a, enfin, des pays plutôt de l'Europe de l'Est, qui ont une attitude très crispée, quelles que soient les questions économiques ou les questions…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais sur ces questions de règles, vous parliez à l'instant de l'Angleterre, du fait que ces migrants, on le voit bien, ils risquent leur vie pour passer en Angleterre. A ce même micro hier matin je recevais Xavier BERTRAND, qui demandait la mise en place d'un sommet immédiat avec la Grande-Bretagne pour qu'ils remettent en cause leurs règles. Est-ce que vous estimez que l'Angleterre ne joue pas le jeu ?

JEAN-MARIE LE GUEN
D'abord, monsieur BERTRAND doit oublier qu'il a été ministre du gouvernement qui a signé les fameux accords du Touquet qui étaient ceux qui fonctionnaient jusqu'à présent et qui sont sans cesse, j'allais dire renégociés, rediscutés, entre Bernard CAZENEUVE et son homologue britannique…

APOLLINE DE MALHERBE
Oui, mais enfin ils sont là maintenant ces traités…

JEAN-MARIE LE GUEN
Plus de moyens…

APOLLINE DE MALHERBE
Qu'est-ce que vous en faites, est-ce qu'il faut les changer aujourd'hui ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, nous pensons qu'il faut – on est dans une relation avec nos amis britanniques – il ne faut pas rentrer dans des surenchères d'agressivité avec des gens avec qui on est amenés à travailler, je parle des Britanniques, et donc nous avons une discussion permanente…

APOLLINE DE MALHERBE
Donc vous ne leur demanderez pas de changer les règles ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Nous avons une discussion permanente, dans le cadre diplomatique, c'est ainsi que nous avons pratiquement doublé les moyens financiers que nous donne la Grande-Bretagne pour organiser… enfin, nous discutons aussi avec eux dans d'autres conditions, d'autres sujets européens, y compris d'immigration.

APOLLINE DE MALHERBE
Et vous, plutôt de pointer la responsabilité anglais, vous pointez souvent la responsabilité d'EUROTUNNEL, et en particulier depuis le début de cette semaine, en disant qu'ils ne sont pas à la hauteur en termes de sécurisation du site. Est-ce que ce n'est pas une manière de vous dédouaner ? Est-ce que c'est à EUROTUNNEL de gérer les migrants et les questions de douane française ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Il y a une partie qui appartient à la responsabilité du gouvernement français. Nous doublons les moyens – par exemple il y a 120 CRS supplémentaires qui vont être là-bas – mais il y a une partie…

APOLLINE DE MALHERBE
Enfin, quand on voit qu'il y a 3000 migrants de l'autre côté en permanence, ça paraît quand même maigre !

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, ce n'est pas 3000… enfin, il y a 3000 migrants, mais quand on parle par exemple de…

APOLLINE DE MALHERBE
Disons que c'est un roulement.

JEAN-MARIE LE GUEN
On nous dit il y a 2000 passages, non, c'est plusieurs tentatives dans la même nuit, il faut comprendre, c'est…

APOLLINE DE MALHERBE
Ça on est bien d'accord, mais en termes de nombre de migrants, aujourd'hui, à Calais, ils sont 3000.

JEAN-MARIE LE GUEN
Bien sûr, vous avez raison. Et donc, nous, nous avons un travail, là-bas, au-delà de l'aide humanitaire que nous apportons, qui est organisée, structurée, il faut féliciter d'ailleurs les gens qui sont sur place et qui font ça. Deuxièmement, nous leur disons « si vous avez le droit au droit d'asile, vous pouvez le demander en France », peu le demandent, pour dire les choses, parce que beaucoup veulent de l'immigration économique en direction de la Grande-Bretagne. Donc, là où c'est possible, nous appliquons toutes les procédures, mais nous voulons, avec la Grande-Bretagne, avoir un dialogue qui est un dialogue stratégique pour gérer…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais sur la question d'EUROTUNNEL, est-ce que vous estimez que…

JEAN-MARIE LE GUEN
Oui, nous estimons qu'EUROTUNNEL a ses propres responsabilités, les entreprises doivent s'occuper de leur environnement, celles-ci…

APOLLINE DE MALHERBE
Enfin là vous constaterez que l'environnement il est particulier quand même !

JEAN-MARIE LE GUEN
D'accord, mais on ne peut pas dire que EUROTUNNEL… EUROTUNNEL a eu des actions, on va dire plus actives, il y a quelques années que maintenant. Nous constatons qu'EUROTUNNEL est en train, plutôt, de baisser ses interventions.

APOLLINE DE MALHERBE
Donc vous voulez remettre la pression.

JEAN-MARIE LE GUEN
Nous mettons la pression parce que c'est un travail qui concerne tout le monde. Mais je veux insister sur un aspect, je pense qu'il va falloir que, sur lequel nous travaillons beaucoup plus, c'est ce qu'on pourrait appeler une politique offensive de codéveloppement, qui fait qu'on essaye de résoudre les problèmes beaucoup plus en amont que ceux que l'on traite en aval, c'est-à-dire à Calais, ou en Grande-Bretagne.

APOLLINE DE MALHERBE
Donc vous voulez dire, au niveau départ des migrants.

JEAN-MARIE LE GUEN
Donc, il va falloir travailler avec les pays de départ, il va falloir travailler aussi avec les pays de transferts.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous aurez des initiatives sur ces questions-là ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Je l'espère. Oui, nous y travaillons, Bernard CAZENEUVE y travaille régulièrement avec son collègue allemand, avec son collègue italien, et nous voulons aller, effectivement, prendre en compte cette dimension, et d'une façon beaucoup plus puissante que nous ne l'avons fait jusqu'à présent. Parce que, comme vous le savez, il y a un discours un peu classique…

APOLLINE DE MALHERBE
On a géré quand ils arrivent, mais enfin…

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais qui sont un peu…. Donc il faut s'interroger, Bernard CAZENEUVE y faisait référence hier, dans ses déclarations…

APOLLINE DE MALHERBE
Sur une aide au développement sur place.

JEAN-MARIE LE GUEN
Une politique de codéveloppement beaucoup plus offensive, beaucoup plus stratégique. On voit de plus en plus que nos problèmes intérieurs et les problèmes extérieurs sont totalement liés, c'est vrai sur les questions des migrations, c'est vrai sur les questions du terrorisme, il faut distinguer d'ailleurs complètement les deux questions, mais c'est vrai aussi des questions économiques, peut-être vous le direz deux mots sur la situation…

APOLLINE DE MALHERBE
Je voudrais qu'on parle justement de la question agricole et du lien avec l'Europe. Nous on la regarde, cette crise agricole, depuis 10 jours, un peu depuis notre fenêtre française, mais quand on regarde ça de l'Allemagne, eh bien là-bas, les agriculteurs allemands ils dénoncent le plan d'urgence du gouvernement, ils estiment que ça fausse la libre concurrence, et hier le ministre de l'Agriculture, allemande, a dénoncé les barrages aux frontières faits par nos agriculteurs, il a dit « ce n'est pas normal, nous sommes dans le marché unique, il doit être respecté. » Qu'est-ce que vous lui répondez ?

JEAN-MARIE LE GUEN
D'abord dans la position allemande, il y a deux choses. Il y a les agriculteurs allemands par exemple sur le lait qui sont plutôt d'accord avec ce que nous faisons et ce que nous disons sur l'alerte des quotas.

APOLLINE DE MALHERBE
Oui mais sur la viande et sur la préférence du choix de la viande par exemple, ils ne sont absolument pas d'accord.

JEAN-MARIE LE GUEN
Vous avez raison, mais vous avez l'industrie agroalimentaire allemande qui, elle, n'est pas du tout contente des positions françaises. Je dirais premièrement, nous avons à défendre nos intérêts économiques d'où l'action du gouvernement par exemple de mettre en place un plan de mobilisation de toutes les collectivités territoriales, de l'Etat, de façon à ce que les achats publics.

APOLLINE DE MALHERBE
C'est assez contraire à l'esprit de ce qu'on a toujours fait en Europe, c'est-à-dire que tout d'un coup, c'est quand même un peu un patriotisme.

JEAN-MARIE LE GUEN
Attendez, moi je suis Européen et patriote, donc si les Français souhaitent porter ces valeurs de patriotisme, ils pourront le faire y compris tout simplement dans leur assiette.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais est-ce que Bruxelles va nous laisser faire ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, mais personne ne peut empêcher les gens d'avoir un sentiment patriotique et j'ai cru comprendre qu'à plusieurs moments…

APOLLINE DE MALHERBE
Un sentiment patriotique non, mais dans les faits, des actions patriotes c'est un peu plus compliqué, non ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, non, mais là où vous avez raison c'est qu'il y a un certain nombre d'actions qui sont franchement, j'allais dire, avec une sensibilité agressive, qui ne sont pas conformes effectivement au principe de libre circulation. Par exemple, j'ai entendu des propos très agressifs sur la Grèce s'agissant de la crise agricole : « Ah, on pourrait faire pour la Grèce ! » En réalité la Grèce, 30 % de la viande en Grèce vient de France. Vous voyez, les deux questions sont relativement…

APOLLINE DE MALHERBE
Donc ils sont là pour nous l'acheter.

JEAN-MARIE LE GUEN
Donc heureusement qu'ils sont là et on va faire en sorte, parce que comme il y avait la crise bancaire, et cætera, ça ne fonctionnait pas, donc le gouvernement…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais pour vous, le plan d'urgence mis en place par le gouvernement et la volonté que notamment les cantines achètent prioritairement de la viande française, ça passe. A Bruxelles, ça passe.

JEAN-MARIE LE GUEN
Oui, absolument. C'est une question d'organisation. Je vais vous donner un exemple. Dans le XIIIème arrondissement, mon arrondissement, nous achetons 100 % de viande française mais par contre, nous n'arrivons pas à le faire sur les fruits. Nous ne sommes qu'à un tiers. Pourquoi ? Parce que la filière des fruits est mal organisée en France.

APOLLINE DE MALHERBE
Pour vous c'est notre problème, ce n'est pas la responsabilité de Bruxelles.

JEAN-MARIE LE GUEN
C'est exactement ça. Je pense que la question d'acheter français est un problème français, ce n'est pas un problème européen. C'est-à-dire qu'on n'a pas à s'en prendre à l'Europe si nous-mêmes nous ne sommes pas organisés économiquement et si nous n'avons pas la sensibilité culturelle de vouloir acheter des produits français. Reste aux produits français d'être en termes de qualité, en termes de prix et en termes d'organisation de fournir à leurs compatriotes les éléments qu'ils demandent. Parce qu'il y a un marché et c'est vrai, vous avez raison, on est dans une économie de marché, il ne faut pas rêver.

APOLLINE DE MALHERBE
C'est les vacances pour le gouvernement vendredi. Quel bilan vous tirez de cette année juste avant la coupure de l'été ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Une année très intense de travail du point de vue parlementaire vraiment. Des lois tout à fait fondamentales, la loi Macron, la loi Rebsamen, la loi de transition énergétique. Au passage, on a terminé la loi Avenir de l'agriculture qui était quand même une loi tout à fait fondamentale, mais qui va agir sur l'aspect structurel, pas sur la conjoncture même si évidemment Stéphane LE FOLL a fait beaucoup de choses au plan conjoncturel.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous êtes content ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Oui. Moi je suis très satisfait de la manière dont on a travaillé. Je trouve que le Parlement avait vraiment bien travaillé, j'en suis fier et reconnaissant, y compris dans les relations avec nos deux assemblées. Les choses se sont bien passées entre le Sénat et l'Assemblée nationale.

APOLLINE DE MALHERBE
Et l'année prochaine, qu'est-ce qu'il vous reste dans la besace ? Parce qu'on parle de deux lois, la loi numérique, une autre loi qui serait une sorte de Macron II. Sur le droit du travail par exemple, vous avez dit votre dernier mot ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, il y a une réflexion qui continue à être menée. Vous avez au mois de septembre le rapport dit rapport Combrexelle. Il y a une réflexion qui doit être menée surtout là.

APOLLINE DE MALHERBE
Et vous, vous dites là-dessus : « Il reste une vraie marge de manoeuvre » ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Oui. Mais la nécessité de réformer notre pays dans tous les domaines est considérable. A chaque fois, nous avançons. La réforme territoriale, la réforme de l'Etat, il va y avoir des annonces demain qui vont être faites.

APOLLINE DE MALHERBE
Sur le choix des capitales des régions.

JEAN-MARIE LE GUEN
On voit bien qu'il y a encore des avancées à faire demain sur la réforme de l'Etat, demain sur la réforme territoriale. On n'est pas au bout du bout parce que nous accompagnons une mutation considérable.

APOLLINE DE MALHERBE
Et sur la question du chômage qui est évidemment la question centrale, est-ce que vous estimez aujourd'hui que vous avez tout essayé, tout fait et que maintenant il y a juste à attendre les résultats ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non. Nous estimons que, premièrement, notre politique économique et industrielle va donner des résultats. Ces résultats, il faut les améliorer en incorporant plus d'emplois dans une croissance renaissante et si possible plus de croissance, et donc nous avons encore à travailler sincèrement sur l'apprentissage, sur la formation professionnelle en direction des plus éloignés du mouvement, sur peut-être des relations de confiance beaucoup plus forte. La loi Rebsamen sur la modernisation sociale est très considérable en matière de qualité de la relation sociale. Un des éléments majeurs de la compétitivité allemande, c'est la qualité de la relation sociale et nous avons à progresser en la matière.

APOLLINE DE MALHERBE
Sur les choix politiques, Jean-Marie LE GUEN, cette semaine le bureau national du Parti socialiste a adopté des propositions pour le budget de 2016. Qui décide ? C'est le PS ou le gouvernement ?

JEAN-MARIE LE GUEN
D'abord, on est évidemment dans un pays qui a un gouvernement et c'est donc évidemment le gouvernement qui fait des propositions à l'Assemblée, l'Assemblée qui vote, les partis politiques concourent à mettre sur la table un certain nombre d'idées. En l'occurrence, j'ai bien noté ce que disait Jean-Christophe CAMBADELIS, c'est que ces propositions sont une participation au débat. Elles ne sont pas, comment dirais-je, une ligne fermée et j'allais dire heureusement.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais ce sera la feuille de route du gouvernement ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, je ne crois pas. Je crois que le gouvernement a à réfléchir avec sa propre logique et s'agissant très clairement de ce qu'ont annoncé le président de la République et le Premier ministre, qui sont évidemment les plus à même à s'exprimer au nom du gouvernement, ils ont confirmé que les choix du Pacte de responsabilité seraient respectés. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne regarde pas dans l'application pratique s'il n'y a pas une mesure ou une autre qui mérite d'être précisée.

APOLLINE DE MALHERBE
Donc le PS n'a pas travaillé pour rien.

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais bien sûr que non, le PS ne travaille jamais pour rien ! Surtout quand il travaille !

APOLLINE DE MALHERBE
« Surtout quand il travaille », ce qui ne paraît pas à vos yeux totalement évident.

JEAN-MARIE LE GUEN
Il y a encore des progrès, vous voyez, là aussi.

APOLLINE DE MALHERBE
Michel PLATINI candidat et bien parti pour prendre la tête de la FIFA. Un Français à la tête de la FIFA, ce serait une bonne nouvelle ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Ce n'est pas le gouvernement qui va s'expliquer. Il y a une autonomie du mouvement sportif international, mais la personnalité de Michel PLATINI, évidemment ça nous réjouit de voir qu'un de nos compatriotes, comme d'ailleurs dans beaucoup d'autres domaines mais celui tout particulièrement, peut apporter un souffle nouveau, des idées nouvelles et positives pour un sport que l'on aime beaucoup.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci Jean-Marie LE GUEN d'avoir été notre invité.

JEAN-MARIE LE GUEN
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 3 août 2015

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