Interview de Mme Marylise Lebranchu, ministre de la décentralisation et de la fonction publique, à Europe 1 le 31 juillet 2015, sur l'application du principe du non-cumul des mandats aux membres du gouvernement et le regroupement des régions. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marylise Lebranchu, ministre de la décentralisation et de la fonction publique, à Europe 1 le 31 juillet 2015, sur l'application du principe du non-cumul des mandats aux membres du gouvernement et le regroupement des régions.

Personnalité, fonction : LEBRANCHU Marylise, ROGER Patrick.

FRANCE. Ministre de la décentralisation et de la fonction publique;

ti : PATRICK ROGER
L'interview politique d'Europe 1, aujourd'hui je reçois Marylise LEBRANCHU, ministre de la décentralisation et de la Fonction publique. Bonjour.

MARYLISE LEBRANCHU
Bonjour.

PATRICK ROGER
Vous êtes au centre du dernier conseil des ministres avant les vacances avec la fusion des régions et la désignation des nouvelles capitales régionales, une petite révolution avant de rentrer dans le détail, on va le voir sur les économies que vous voulez faire. Ce petit couac quand même au gouvernement, François REBSAMEN veut redevenir maire de Dijon et rester au gouvernement. Pas question, pas de cumul, c'est la règle lui a répondu François HOLLANDE. Vous comprenez vous François REBSAMEN ?

MARYLISE LEBRANCHU
On est dans une situation quand même extraordinaire et puis affectivement c'est un deuil, le maire de Dijon est décédé, c'est une situation à laquelle il faut penser comme ça d'abord, en termes de sympathie à la fois pour le maire décédé, sa famille et François REBSAMEN lui-même. C'est-à-dire c'est une situation inédite, maintenant le président de la République a toujours dit qu'il n'y aurait pas de cumul, est-ce que l'inédit de la situation peut apporter un correctif je ne sais pas, mais j'ai entendu semble t-il que non. Voilà, il faut attendre maintenant que François REBSAMEN prenne définitivement sa décision mais il me semble qu'il est dans une situation un peu difficile lui-même par rapport à ça.

PATRICK ROGER
C'est quand même un peu dommage de quitter le gouvernement et puis surtout quand on est dans un ministère quand même au coeur de l'actualité et de la lutte en fait, la priorité du gouvernement, la lutte contre le chômage.

MARYLISE LEBRANCHU
C'est dommage mais je disais inédit d'une situation, difficulté d'une situation, François REBSAMEN semble déterminé à se présenter, en tout cas c'est l'information que j'ai entendu de sa voix lundi après l'annonce douloureuse du décès du maire.

PATRICK ROGER
Ah oui il vous l'a dit qu'il préférerait retourner là-bas, pourquoi ?

MARYLISE LEBRANCHU
Oui, il n'a pas dit qu'il préférerait retourner là-bas, effectivement la difficulté par rapport à une équipe municipale c'est de changer deux fois de maire, ce n'est pas simple. Gérer une ville ce n'est pas quelque chose qui se fait au fil de l'eau.

PATRICK ROGER
Et lui est un élu local très attaché à sa ville, c'est ça.

MARYLISE LEBRANCHU
C'est un élu, et qui connait bien sa ville, qui avait effectivement pu transmettre le flambeau à quelqu'un, il semble que ce soit plus difficile maintenant, donc voilà. Gérer une ville, ne pas la mettre en difficulté, conduire une équipe municipale, conduire un ministère, je suppose que le plus à plaindre dans tout ça en ce moment nonobstant la douleur de la famille bien évidemment c'est François REBSAMEN lui-même.

PATRICK ROGER
Oui, oui et on ne peut pas effectivement mener deux combats à la fois, c'est un peu ça, être au ministère et puis être élu de sa ville.

MARYLISE LEBRANCHU
C'est difficile !

PATRICK ROGER
C'est difficile.

MARYLISE LEBRANCHU
C'est difficile.

PATRICK ROGER
Oui. Venons-en donc à la fusion des régions de 22 à 13 et qui dit du coup va railler de la carte aussi des capitales régionales comme Amiens par exemple au profit de Lille, ça va être tranché, mais on le sait effectivement pour la grande région Nord Pas de Calais – Picardie ou encore dans le Languedoc-Roussillon et les Pyrénées avec Montpellier qui s'effacerait devant Toulouse. Alors ça veut dire que vous allez supprimer des postes aussi bien dans les services de l'Etat que dans les collectivités pour faire des économies.
MARYLISE LEBRANCHU

Alors c'est une réorganisation territoriale avec deux volets, vous avez raison, un volet région et donc il faut déterminer des capitales régionales provisoires qui seront confirmées ou infirmées après par la nouvelle assemblée régional et ça avant le 1er juillet 2016.

PATRICK ROGER
Mais parce qu'il va y avoir des élections au mois de décembre.

MARYLISE LEBRANCHU
Voilà, donc il faut faire une circonscription électorale, donc c'est important d'avoir une capitale provisoire, c'est le travail qui sera signifié ce matin par le Premier ministre signé par le ministre CAZENEUVE. Ensuite vous avez l'Etat. Est-ce que l'Etat considère qu'il doit aussi suivre le mouvement des grandes régions ? Bien évidemment oui et donc il y aura une préfecture de régions à choisir. Moi je me bats depuis le début avec l'ensemble de mes collègues pour dire attention à ne pas tout localiser dans la même ville, pour deux raisons essentielles : d'abord ce n'est pas utile parce qu'un certain nombre de nos administrations doivent avoir des personnels qui se rendent sur des territoires, je pense, je ne sais pas moi à l'aide à l'agro-alimentaire, un certain nombre de contrôles qui doivent être faits, des importations et j'en passe, les lycées pour les rectorats, bref il faut avoir des équipes qui ne soient pas trop éloignées de leur lieux de travail, mais en revanche on peut rassembler ce qu'on appelle les fonctions supports : la paie, les affectations, la gestion des déplacements, que sais-je encore, toutes ces fonctions qui effectivement ne nécessitent pas d'être présents sur le terrain en face des citoyens ou des entrepreneurs mais qui nécessitent de …

PATRICK ROGER
C'est là que vous voulez faire des économies ?

MARYLISE LEBRANCHU
C'est là qu'on en fera mais avec…

PATRICK ROGER
C'est certain ça, parce que l'ancien ministre Dominique BUSSEREAU qu'on a écouté tout à l'heure dans le journal de 8 heures…

MARYLISE LEBRANCHU
Oui je l'ai écouté aussi.

PATRICK ROGER
En doutait lui.

MARYLISE LEBRANCHU
Il en doute, il se souvient peut-être d'un élément important, c'est qu'il y a déjà eu une première réforme de l'Etat qui est passée un petit peu inaperçue de la part de nos citoyens qui s'appelait la réorganisation de l'Etat dans les territoires, qui avait rassemblé beaucoup nos fonctionnaires dans les chefs-lieux de régions. Et on s'est rendu compte et le Premier ministre lui-même avec le président de la République l'a rappelé, nous n'avions plus assez de fonctionnaires sur les territoires y compris au niveau des départements. Donc nous sommes en train de faire un travail de dentelier.

PATRICK ROGER
De redéployent alors, c'est ça ?

MARYLISE LEBRANCHU
Il faut absolument regarder ce qui doit rester sur des territoires, éviter ces sentiments d'abandon qui sont désastreux pour les territoires de France donc on attend une mobilisation et donc ne rassembler que ce qui ne fait pas effet sur une population, ce qu'on appelle malheureusement techniquement…

PATRICK ROGER
Marylise LEBRANCHU mais alors où vous allez faire des économies ? Est-ce qu'on va supprimer quand même un certain nombre de postes ?

MARYLISE LEBRANCHU
Je viens de vous parler des fonctions support, bien évidemment à terme il y aura…

PATRICK ROGER
Donc ça veut dire qu'il y aura quelques suppressions.

MARYLISE LEBRANCHU
Un peu moins de postes. Mais attention, l'objectif, l'objectif de la réforme, quand le président de la République l'a proposé, c'est bien d'avoir des régions qui ont plus de moyens de se battre. Par exemple le Produit Intérieur Brut de nos régions, leur richesse pour dire plus facilement les choses qui allait de 1 à 30 dans nos anciennes régions ne sera plus en différence que de 1 à 8, c'est-à-dire qu'on a des régions plus fortes, on a des régions qui ont plus de moyens, plus de ressources….

PATRICK ROGER
Plus on est gros, plus on est fort, c'est ce que vous dites.

MARYLISE LEBRANCHU
Nous n'avons pas fait plus on est gros, plus on est fort.

PATRICK ROGER
Ah c'est un peu ça quand même !

MARYLISE LEBRANCHU
L'Auvergne par exemple qui avait produit disons une richesse par habitant de 21.000 euros grâce à son entrée dans la grande région Rhône-Alpes, elle aura 25.000 euros, ça veut dire qu'on n'a pas fait plus grand, plus fort, on a fait plus solidaire, plus cohérent avec des régions qui ont la force de faire ce qu'on leur demande de faire avec la nouvelle loi que j'ai eu l'honneur de porter avec André VALLINI, qui est le développement économique, l'enseignement supérieur, la recherche, la connaissance. Donc des régions plus fortes, des régions donc plus riches et tant mieux, des régions plus allantes et un Etat mieux organisé.

PATRICK ROGER
Oui mais Marylise LEBRANCHU pas de diminution totale quand même effectivement du millefeuille de la décentralisation. Là il y a peu de déception quand même probablement de ne pas être…

MARYLISE LEBRANCHU
La déception vient d'un acte positif d'un Premier ministre qui a décidé de proposer à la nouvelle majorité du Sénat qui est une majorité Les républicains, UDI, donc majorité de droite, proposer un accord sur les compétences entre régions, départements. Nous, nous étions favorables à ce que par exemple les routes, les collèges et le tourisme remontent à la région pour être plus cohérents. La majorité du Sénat en a décidé autrement, il y avait cette proposition d'accord, nous avons respecté la parole du Premier ministre et donc la droite lorsque Jean-Pierre RAFFARIN par exemple regrette tout cela dimanche dernier dans un journal, j'ai envie de lui dire c'est votre majorité qui…

PATRICK ROGER
Il y a un peu de déception quand même aussi effectivement, on le voit.

MARYLISE LEBRANCHU
Déception mais attention coresponsabilité.

PATRICK ROGER
Oui, la crise des éleveurs, avez-vous réussi à faire appliquer la préférence des produits nationaux dans les cantines des services de l'Etat, on l'a vu il y a quelques jours à la cantine, je crois que c'était la préfecture de Rouen, il y avait du lapin chinois, du boeuf espagnol, des tomates belges ou encore des champignons de Paris polonais.

MARYLISE LEBRANCHU
Oui une cantine gérée par une association donc qui a entendu le message depuis. Je rappelle deux choses, d'une part on peut pour les cantines scolaires mais aussi d'entreprises, mais aussi de tout ce qui relève du marché public, on peut donner une préférence aux produits locaux et c'est difficile à faire passer et comme c'est difficile à faire passer nous venons de signer suite à un décret que monsieur MACRON a présenté la semaine dernière au conseil des ministres un courrier à tous les préfets et à tous les maires de France pour leur expliquer que c'est possible d'avoir un appel d'offres qui privilégie l'emploi local ou les produits locaux.

PATRICK ROGER
Ca c'est possible.

MARYLISE LEBRANCHU
Et à partir de la fin de l'année grâce à ce nouveau décret on le coule dans le marbre de telle façon que personne n'ait d'ennuis en choisissant la préférence locale.

PATRICK ROGER
Des vacances ce soir Marylise LEBRANCHU pour tout le gouvernement. Que vous demande François HOLLANDE et Manuel VALLS pour ces vacances, ne partez pas trop loin et soyez mobilisables si besoin ?

MARYLISE LEBRANCHU
Préparez bien votre rentrée.

PATRICK ROGER
Oui.

MARYLISE LEBRANCHU
Parce qu'il y a aussi des dossiers en cours et des choses à imaginer. Moi j'ai le dossier, les maires ruraux qui nous demandent beaucoup…

PATRICK ROGER
La grille de salaire des fonctionnaires.

MARYLISE LEBRANCHU
D'être très présent, la grille de salaire des fonctionnaires, une négociation qui est en cours. Préparons notre rentrée et soyons attentifs, jour après jour un ministre écoute, y compris votre radio pour savoir ce qui se passe.

PATRICK ROGER
Mais ne partir pas trop loin quand même, c'est ça.

MARYLISE LEBRANCHU
Non, restons sur le territoire français au maximum de nos possibilités.

PATRICK ROGER
Donc vous…

MARYLISE LEBRANCHU
Ce sera mon cas. Moi c'est la Bretagne et puis l'eau étant à 17 degrés c'est une bonne nouvelle, je vais me baigner demain.

PATRICK ROGER
Merci Marylise LEBRANCHU, ministre de la Décentralisation et de la Fonction Publique d'être venue ce matin sur Europe 1.


source : Service d'information du Gouvernement, le 4 août 2015

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