Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "BFMTV/RMC" le 25 août 2015, sur les "contrôles aléatoires dans les gares", les réponses du gouvernement à la colère des éleveurs. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "BFMTV/RMC" le 25 août 2015, sur les "contrôles aléatoires dans les gares", les réponses du gouvernement à la colère des éleveurs.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Stéphane LE FOLL est notre invité ce matin, bonjour.

STÉPHANE LE FOLL
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture. Donc, première partie en tant que porte-parole, et deuxième partie, seconde partie, en tant que ministre de l'Agriculture. Est-il vrai qu'Ayoud EL KHAZZANI a travaillé près de 3 mois en France ?

STÉPHANE LE FOLL
Ecoutez, j'ai vu ça ce matin, comme vous, en arrivant, BFM le dit…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il n'y a pas que BFM.

STÉPHANE LE FOLL
Il semble qu'il l'a confirmé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est même son employeur qui l'a confirmé.

STÉPHANE LE FOLL
C'est son employeur qui l'a confirmé, donc il a travaillé en France, je crois, quelques mois, c'est ce qui est en tout cas indiqué ce matin. Alors on pense toujours pouvoir savoir tout sur tout le monde, il y a des filatures et du suivi avec ces fameux fichiers, mais les gens…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il était surveillé.

STÉPHANE LE FOLL
Il était surveillé, vous le savez, puisqu'il était sur ce fichier, soi-disant, appelé S, qui fait qu'on a capacités, comme ça, à surveiller un certain nombre d'individus qui peuvent être considérés comme dangereux. Mais en même temps, quand vous les surveillez, ils peuvent aussi… ils peuvent bouger, vous échapper à un moment, mais cette surveillance existe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'ailleurs il a quitté la France, on l'a perdu de vue, il n'a pas été signalé…

STÉPHANE LE FOLL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, non mais c'est vrai, il est parti en Turquie, peut-être en Syrie…

STÉPHANE LE FOLL
Vous allez me faire le descriptif de ce qui s'est passé… je vous réponds oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais je ne vous fais pas le descriptif, je me mets à la place du citoyen qui se dit, la fiche S, à quoi sert-elle ? Franchement. A aucune moment ce repêchage n'a empêché les terroristes de passer à l'action, lui comme les autres d'ailleurs, parce que les frères KOUACHI, COULIBALY…

STÉPHANE LE FOLL
Monsieur BOURDIN, la seule chose…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sid Hamed… enfin…

STÉPHANE LE FOLL
La seule chose que vous ne direz pas, par définition…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce que je ne dirais pas, quoi ?

STÉPHANE LE FOLL
C'est ceux qui, étant repérés, ne sont pas passés à l'action, par définition. C'est ça le problème. On va parler évidemment sur le nombre de ceux qui sont fichés, qu'on surveille, eh bien il y en a, malheureusement, qui passent à l'action et qui échappent à cette capacité qu'on aura eue à anticiper. Bon, oui, c'est vrai…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas de risque zéro, vous dites ce matin, il n'y a pas de risque zéro.

STÉPHANE LE FOLL
Mais bien sûr, et il faut être mobilisé, ferme sur les principes, rester ferme aussi sur les grandes questions de sécurité et de contrôle, et en même temps arrêtons aussi de raconter d'autres histoires que celles qui sont la réalité. On surveille, on est là pour protéger, 7000 militaires sont mobilisés, 30.000 gendarmes sont là aussi pour protéger, il faut aussi que chaque citoyen, comme ça a été le cas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc on évite toutes les semaines des tentatives d'attentats, ou tous les mois, ou… ?

STÉPHANE LE FOLL
Oui, il y a des réseaux qui sont démantelés, il y a des gens qui sont surveillés, on n'en parle pas, tant mieux, et en même temps ça existe, et en même temps il y a des choses qui peuvent nous échapper.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais est-ce qu'on ne pourrait pas créer un fichier ? Il existe, par exemple, un fichier des délinquants sexuels, est-ce qu'il ne faudrait pas créer, au niveau national…

STÉPHANE LE FOLL
Mais qu'est-ce que c'est que les fichés ? Il y a 4000 personnes qui sont fichées.

JEAN-JACQUES BOURDIN
4000, pas plus ?

STÉPHANE LE FOLL
Oui, 4000, ou plus, je ne sais pas, 7000, j'entends ça hier dans une émission au travers d'un certain nombre d'experts qui parlaient, donc je reprends les termes des experts, ce n'est pas moi qui est ministre de l'Intérieur, on demandera à Bernard CAZENEUVE exactement le nombre, mais 4000, et plus peut-être.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors il n'y a pas de fichier européen ?

STÉPHANE LE FOLL
Mais la preuve c'est que les Espagnols l'avaient signalé, il y a une coordination européenne, il faut la renforcer, elle est, et c'est le travail qui est fait aujourd'hui par la France et Bernard CAZENEUVE, à l'échelle européenne. Bien sûr que la lutte contre le terrorisme ça doit être quelque chose de coordonné, de continu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pas de fichier en cas de déplacements au sein de l'Europe ?

STÉPHANE LE FOLL
D'échanges, d'échanges de fichiers, c'est des échanges de fichiers et statistiques qui sont bien sûr entre les grands pays européens, et ce travail de coordination, de coopération, est essentiel à la réussite pour la lutte contre le terrorisme, parce que c'est vrai que ces terroristes peuvent se déplacer en Europe, comme tout citoyen.

JEAN-JACQUES BOURDIN
A l'occasion de ces actes terroristes, perpétrés ou pas, on voit les responsables politiques de tout bords émettre des idées. Je vais en reprendre deux, trois, parce que…

STÉPHANE LE FOLL
Vous ne m'inquiétez pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, je ne vous inquiète pas, mais le Front national dit « les étrangers fichés, connus pour leurs liens avec l'islamisme radical, doivent être systématiquement expulsés du territoire français. » Doivent-ils être systématiquement expulsés ?

STÉPHANE LE FOLL
Alors, vous savez, citer toutes les propositions, comme ça on va faire un peu le tri… alors ça c'est le Front national.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça c'est le Front national.

STÉPHANE LE FOLL
C'est expulsion, j'ai même vu que Marion MARECHAL-LE PEN, sur une expression sur Nice, tous les musulmans qui font la prière, maintenant… tout le monde va être mis dans le même sac. On connaît la logique du Front national.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est quoi là logique ? On expulse.

STÉPHANE LE FOLL
C'est une logique qui consiste à dire on expulse, et on expulse. Alors, à partir de quels points ? Alors on dit s'ils sont en lien avec…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Connu. Un étranger qui habite en France, qui est fiché, donc fiché, connu pour ses liens avec l'islamisme radical, doit-il être expulsé ?

STÉPHANE LE FOLL
Lesquels ? Comment vous mesurez les liens ? Lesquels, Monsieur BOURDIN ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah mais moi je…

STÉPHANE LE FOLL
Réfléchissons ensemble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, d'accord.

STÉPHANE LE FOLL
Vous me posez une question, donc vous avez l'air d'être assez mobilisé là-dessus, je vous dis lesquels ? Comment on mesure ? C'est quoi le lien ? Une fois à la mosquée, une discussion avec un autre ? C'est quoi ? Donc tout ça c'est de la surenchère politique et politicienne, mais le fond de la question reste qu'il faut être mobilisé, tous les jours, coopérer, à l'échelle européenne, et avec l'ensemble des services internationaux, et surtout ne pas rentrer dans ces logiques qui consisteraient à se refermer et en disant, en cadenassant la France on va y arriver. J'ai vu monsieur DUPONT-AIGNAN qui est allé aussi en Grèce pour aller dire qu'il fallait refaire les frontières, sortir de Schengen, tout ce qu'il ne faut pas faire, ils le disent, parce qu'ils sont dans la surenchère.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais tout le monde le dit, de tous les côtés.

STÉPHANE LE FOLL
Eh bien pas moi, voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Peut-être pas vous.

STÉPHANE LE FOLL
Eh bien au moins vous en avez trouvé un qui dira autre chose.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alain VIDALIES par exemple, qui dit il faut multiplier les contrôles aléatoires.

STÉPHANE LE FOLL
Ce n'est pas ce qu'il a dit. Suite à ce qui s'est passé dans le train, il a dit qu'on ne pouvait pas régler le problème des trains, avec plus de 2 milliards de passagers, en mettant des portiques comme ça existe dans l'avion, puisqu'il y a 150 millions de passagers. Plus de 2 milliards d'un côté, 150 millions de l'autre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a dit « ça risque d'être discriminatoire, eh bien moi je préfère que l'on discrimine, effectivement pour être efficace, plutôt que de rester spectateur », voilà ce qu'il a dit.

STÉPHANE LE FOLL
Ce qu'il a dit avant, parce que ça c'est après, ce qu'il a dit d'abord, c'était les contrôles aléatoires, c'est-à-dire comment dans les trains on peut renforcer la sécurité, eh bien on fait des contrôles, qui existent déjà, avec des forces de police, avec des forces assermentées, en particulier au niveau de la SNCF, qui dans les trains peuvent faire des contrôles et des contrôles qu'on appelle aléatoires, c'est-à-dire qu'ils ne vont pas chercher à être systématiques, mais aléatoires. Voilà ce qu'il a proposé. On renforce cette logique des contrôles aléatoires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il n'a pas dit de bêtise donc ?

STÉPHANE LE FOLL
Il n'a pas dit une bêtise là-dessus.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon ?

STÉPHANE LE FOLL
Mais bien sûr que non. Je connais bien Alain VIDALIES…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, parce que j'ai vu à gauche…

STÉPHANE LE FOLL
Oui, à gauche, après c'est la phrase qui est venue ensuite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Yann GALUT, « on ne peut pas accepter qu'un ministre se résigne à anticiper des discriminations »…

STÉPHANE LE FOLL
Personne n'a envie…

JEAN-JACQUES BOURDIN
« Manuel VALLS doit rétablir ce qu'est la République », enfin… des protestations de tous les côtés.

STÉPHANE LE FOLL
Oui, des protestations, et on monte tout ça, bon ! Que, Alain VIDALIES, sur la question de la discrimination, reste sur une logique simple, un contrôle aléatoire, c'est pour répondre à la question de la sécurisation dans les trains, et c'est ce qui reste de disponible quand on ne peut pas faire un contrôle systématique. Voilà où on en est. On reste sur les principes, on contrôle pour éviter les risques et essayer de protéger nos citoyens, c'est comme ça qu'il faut prendre les choses. Et on reste fidèle aux principes de la République. La République, dans ces contrôles, il y a eu suffisamment de lois, de discussions sur ces sujets, il n'y a pas à y avoir de discrimination.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais imaginez qu'un ministre de droite dise la même chose, vous seriez monté tout de suite, vous auriez protesté. Non ? Franchement.

STÉPHANE LE FOLL
Oui, mais je rappelle les principes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Stéphane LE FOLL.

STÉPHANE LE FOLL
Oui, mais je ne vais pas me mettre… moi je connais très bien Alain VIDALIES, j'ai bien vu comment ça s'est passé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais je ne veux pas le mettre en accusation systématiquement, mais…

STÉPHANE LE FOLL
J'ai bien que sur les réseaux et tout ça c'était parti, on va rester dans le cadre qui était celui qu'il avait fixé lui-même, lorsqu'il a été interviewé, contrôles aléatoires renforcés, point. Voilà. On en reste là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon. Le chômage. Les chiffres de juillet, ce soir, demain soir ? Demain soir je crois.

STÉPHANE LE FOLL
C'est demain soir, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mauvais ?

STÉPHANE LE FOLL
Je ne sais pas, alors là…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'avez aucune indication ?

STÉPHANE LE FOLL
Non, je n'ai pas d'indication à vous donner.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Absolument aucune indication ?

STÉPHANE LE FOLL
Absolument aucune indication.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon ! J'ai aussi lu ce matin, ça m'a beaucoup intéressé, et on va en parler, j'ai aussi lu la tribune de Manuel VALLS dans Les Échos. Alors, je vais en lire quelques extraits pour les auditeurs et les téléspectateurs. « Nous devons repenser la façon d'élaborer une réglementation du travail devenue trop complexe. » ça veut dire quoi ça ?

STÉPHANE LE FOLL
Alors c'est le débat sur le droit du travail, et sur ce qui est le droit du travail avec l'ensemble des éléments. Il y a eu une réflexion, d'ailleurs, qui a été faite par monsieur BADINTER il n'y a pas longtemps…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Tout à fait, il y en a eu beaucoup.

STÉPHANE LE FOLL
Beaucoup qui ont été faites, donc il y a un rapport qui a été demandé à monsieur COMBREXELLE, je crois, qui va arriver, pour essayer de voir comment on fait pour à la fois garder la sécurité qui est nécessaire pour les salariés, et en même temps faire en sorte que, pour les entreprises, dans l'ensemble des secteurs d'activité, on puisse créer le maximum d'emplois, parce que c'est quand même ça l'objectif, ça doit rester l'objectif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça c'est la ligne générale.

STÉPHANE LE FOLL
C'est la ligne générale. Dans cette discussion, le point d'évolution, doit passer par ce qu'il a appelé, dans son texte, « le dialogue social. » Il faut qu'il y ait, en France, comme c'est le cas dans d'autres pays, et en particulier je pense à l'Allemagne, cette capacité à faire en sorte que dans l'entreprise, de manière plus globale d'ailleurs, à l'échelle du pays, on puisse avoir la construction d'accords qui soient à la fois, tenant compte de l'intérêt des entreprises, et de l'intérêt des salariés, voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais Manuel VALLS écrit aussi, quand même dans cette tribune, « continuer, il faut continuer à bâtir notre modèle de flexisécurité pour donner plus de souplesse aux entreprises afin de s'adapter aux marchés. » Comment donne-t-on plus de souplesse aux entreprises, dites-moi, aux chefs d'entreprise ?

STÉPHANE LE FOLL
Là, vous me posez une question qui supposerait que je sois capable moi-même d'anticiper la réponse…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'êtes pas du tout au courant de ce projet ?

STÉPHANE LE FOLL
Ecoutez, moi je reste sourd et muet…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il y aura une réforme du Code du travail ? Je vous pose la question franchement.

STÉPHANE LE FOLL
Cette tribune indique des pistes sur lesquelles on peut travailler, il indique d'ailleurs qu'il y aura un rapport qui va être rendu, donc moi je ne vais pas anticiper.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça le rapport je sais. Est-ce qu'il y aura une réforme du Code du travail ?

STÉPHANE LE FOLL
Je vais vous répéter ce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous pose la question.

STÉPHANE LE FOLL
Moi je vais vous répéter ce que je vous ai dit, ce que je conçois être la logique de ce qu'il y a dans ce texte c'est de dire que, dans un pays comme le nôtre, sur une question aussi essentielle que celle qui veut à la fois assurer la sécurité pour les travailleurs, les employés, les salariés, et donner aux entreprises des capacités à avoir des souplesses pour pouvoir s'adapter, il y a un espace fondamental qu'il faut qu'on continue à créer et à pousser, c'est celui du dialogue social.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc ça passe par le dialogue social, on est bien d'accord…

STÉPHANE LE FOLL
Ah moi, ça reste la ligne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça passe par le dialogue social.

STÉPHANE LE FOLL
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais après le dialogue social, il est possible qu'un nouveau texte de loi rénovant le Code du travail soit engagé ?

STÉPHANE LE FOLL
Je vous dis que ça passera d'abord par un dialogue…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ou non ?

STÉPHANE LE FOLL
Mais je ne vais pas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a une intention. Est-ce qu'il y a l'intention ?

STÉPHANE LE FOLL
Je vous dis, il y a un rapport qui est rendu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'allez pas me dire quand même que Manuel VALLS a écrit cette tribune par hasard, en passant, un jour de fin d'août.

STÉPHANE LE FOLL
Il y a un rapport qui est rendu, il y a aussi un débat sur le Pacte de responsabilité, sur l'engagement, sur le fait que la contrepartie…

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord, mais bon ! Le contrat unique ? On instaure le contrat unique ou pas ?

STÉPHANE LE FOLL
Non, mais je… où est-ce que vous avez vu… ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, je vous pose la question.

STÉPHANE LE FOLL
Moi, là-dessus, je ne vais pas anticiper sur quoi que ce soit. La discussion je l'ai dit… moi mon principe, depuis longtemps.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Enfin dans tous les cas, donner plus de souplesse aux entreprises afin de s'adapter aux marchés, il va bien falloir que ce soit concrétisé.

STÉPHANE LE FOLL
Depuis longtemps je suis convaincu d'une chose c'est qu'en France, et ça vaut dans tous les secteurs, je pense en particulier dans l'agriculture, il y a besoin de renouveler, complètement, la manière dont on discute économie, dont on prend en compte l'intérêt général, l'intérêt général d'une filière en entier…

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'intérêt général d'accord, mais le dialogue social, on est d'accord…

STÉPHANE LE FOLL
Oui, eh bien moi je le…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais le chef d'entreprise, quand on lui dit il faut donner plus de souplesse, afin de s'adapter aux marchés, il attend du concret. Il en aura ?

STÉPHANE LE FOLL
Eh bien il n'a pas à attendre du concret, il a à négocier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais est-ce qu'il en aura ?

STÉPHANE LE FOLL
Non. Monsieur BOURDIN…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais négocier sur quoi ?

STÉPHANE LE FOLL
Il y en a assez de dire… il attend quoi ? De l'Etat, la loi ? C'est ça, on attend tous de la loi ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non.

STÉPHANE LE FOLL
On attend tous du ministre, qu'il fixe les prix, qu'il fixe les règles ? Eh bien non, moi je le dis.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est le Premier ministre qui dit il faut donner plus de souplesse aux entreprises.

STÉPHANE LE FOLL
Je vous dis que la souplesse dans une entreprise ça se négocie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y en a assez pour l'instant ?

STÉPHANE LE FOLL
Je vais vous le répéter autant de fois…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il y en a assez ?

STÉPHANE LE FOLL
Je vous répéterai que la souplesse ça se négocie. Vous pouvez me poser la question encore 10 fois, allez-y, recommencez, je vous répondrai.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Moi je suis parti d'un texte de votre Premier ministre.

STÉPHANE LE FOLL
Mais je vous donne quitus de cette approche…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Stéphane LE FOLL, ce n'est pas moi qui ai inventé ce texte.

STÉPHANE LE FOLL
Eh bien moi non plus, il a été écrit par le Premier ministre, donc je vous donne la lecture du porte-parole du texte du Premier ministre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors nous verrons.

STÉPHANE LE FOLL
Et nous verrons, et vous me réinviterez bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne serez pas ministre du Travail, au passage ?

STÉPHANE LE FOLL
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non…

STÉPHANE LE FOLL
Moi j'ai assez de travail.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'ailleurs, quand sera-t-il nommé ?

STÉPHANE LE FOLL
Je l'avais dit lors d'un point de presse la semaine dernière, dans les jours qui viendront.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire, avant la fin du mois ?

STÉPHANE LE FOLL
Dans les jours qui viendront.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant la fin de la semaine ?

STÉPHANE LE FOLL
Dans les jours qui viendront.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, d'accord.

STÉPHANE LE FOLL
Vous savez, je suis assez têtu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je sais, ça, vous êtes têtu, comme nous sommes deux têtus…

STÉPHANE LE FOLL
Voyez les questions qu'on peut poser, Alain VIDALIES, première question, « aléatoires, ah oui, mais deuxièmement… », mais quand on se laisse, il faut toujours…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On se laisse emporter dans une interview, parfois…

STÉPHANE LE FOLL
Jamais emporter devant un journaliste, toujours rester sur sa ligne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ?

STÉPHANE LE FOLL
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon ! Mais il faut donner des informations, vous savez ?

STÉPHANE LE FOLL
Quand même, je n'arrête pas, je vais vous en donner une là ce matin, je vais vous en donner une ce matin sur la Banque de France en particulier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais y venir, mais enfin sur la souplesse donner aux entreprises, je n'ai rien après !

STÉPHANE LE FOLL
Dialogue social.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, d'accord, mais enfin ça c'est vraiment…

STÉPHANE LE FOLL
…oh oh, Monsieur BOURDIN, c'est essentiel. Regardez ce qui se passe en Allemagne…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, alors je vous demande…

STÉPHANE LE FOLL
Et en Suède…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous demande, le CICE, on est bien d'accord, ne concerne pas les agriculteurs chefs d'exploitation ?

STÉPHANE LE FOLL
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, est-ce que vous allez modifier cela ?

STÉPHANE LE FOLL
On a regardé hier, on a eu une discussion sur ce sujet, en fait, le CICE s'appuie sur la masse salariale, donc c'est quand vous avez des salariés. Par définition, un agriculteur qui est tout seul, le chef d'exploitation n'a pas de salarié. Donc il ne bénéficie pas d'une baisse de charges. Sauf que, dans le pacte de responsabilité, une partie des baisses de charges pour les indépendants, dont les agriculteurs qu'on avait négociées à l'époque, profitent donc aux chefs d'exploitation. Donc ce qu'on va regarder maintenant, c'est est-ce qu'on peut encore aller plus loin. Il y a déjà des choses qui ont été faites. Sur les baisses de charges, je le rappellerai tout simplement, aujourd'hui, si on était autour de 1,6 milliard quand on est arrivé en 2012, de baisses de charges, dans le domaine agricole et agroalimentaire, aujourd'hui, on a passé la barre des quatre milliards, voilà, en termes de baisses de charges…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous arrêtez les baisses…

STÉPHANE LE FOLL
Non, non, non, on va continuer…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez continuer…

STÉPHANE LE FOLL
Le pacte de responsabilité se met en oeuvre en 2015, je le rappelle, mais je voudrais rappeler à tout le monde que jamais il n'aura été fait autant, et d'ailleurs, si on regarde les baisses de charges depuis le départ, avec les lois AUBRY et BEREGOVOY, la gauche aura été celle qui aura le mieux assuré cette capacité de donner de la compétitivité…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Plan d'urgence de 600 millions d'euros, plan d'urgence.

STÉPHANE LE FOLL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il y aura une rallonge ?

STÉPHANE LE FOLL
Je l'ai dit, on l'a dit hier, le président de la République et le Premier ministre, parce que ce n'est pas le ministre de l'Agriculture qui en décide, on avait mis en place un plan de 600 millions d'euros, et en particulier, un plan sur ce qu'on appelle les allègements de charges directs, c'est-à-dire dépenses budgétaires de l'Etat pour alléger les charges de cinquante millions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Y aura-t-il une rallonge ou pas ?

STÉPHANE LE FOLL
On l'a dit hier, le budget sera ajusté aux besoins.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il y aura une rallonge ?

STÉPHANE LE FOLL
Donc il y aura si besoin est une rallonge.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y aura une rallonge si besoin est. 1.000 tracteurs à Paris le 3 septembre, qu'est-ce que vous dites aux agriculteurs qui vont venir manifester, ne venez pas ?

STÉPHANE LE FOLL
Mais, malheureusement, je ne peux pas leur dire de ne pas venir, je sais même qu'il y aura des slogans qui vont être très sympathiques à mon encontre, j'en suis déjà parfaitement convaincu. Je suis capable de le supporter, il y aura cette manifestation, elle a été organisée, donc je ne peux pas dire autre chose, je suis simplement là pour dire que moi, depuis le départ, j'ai été présent, j'ai mouillé ma chemise depuis longtemps, que ça soit sur le lait, il y a déjà plusieurs années, que ça soit sur cet étiquetage…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais vous en parler, je vais sortir mon pin's que vous m'avez donné…

STÉPHANE LE FOLL
Sur cet étiquetage sur viande de France 2014, tout ça, pour faire en sorte qu'on tienne deux lignes, un soutien au travers d'un engagement collectif, là aussi, je reviens sur le dialogue par rapport aux prix et à la production, et la structuration d'une traçabilité qui fasse qu'on puisse identifier les produits d'origine française.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le 7 septembre, Bruxelles, Conseil européen de l'agriculture, est-ce que vous allez demander la levée de l'embargo du porc ou d'autres produits européens vers la Russie ?

STÉPHANE LE FOLL
Alors, on va essayer de travailler…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Franchement…

STÉPHANE LE FOLL
La levée de l'embargo, il y a deux choses qui sont assez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui…

STÉPHANE LE FOLL
Bon, qu'on soit simple, il y a l'embargo lié aux sanctions qu'a prises l'Europe par rapport à la Russie…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, vous demandez, là, la levée de cet embargo-là ?

STÉPHANE LE FOLL
Non, il y avait un autre embargo qui avait été fait juste avant…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je sais…

STÉPHANE LE FOLL
Qui était sanitaire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sanitaire…

STÉPHANE LE FOLL
A cause de la peste porcine. Sur ce sujet-là, je pense, et je ferai tout pour qu'on avance, et pour qu'on lève …

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur les deux ?

STÉPHANE LE FOLL
Sur l'embargo sanitaire, le deuxième, c'est un embargo diplomatique, je suis ministre de l'Agriculture…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais enfin, vous pouvez demander…

STÉPHANE LE FOLL
Mais bien sûr, tous les ministres de l'Agriculture le 7 septembre, on va discuter diplomatie avec… avec qui ? Le commissaire européen sur l'Agriculture ? Non ! Donc ce que je vais cibler, c'est l'embargo sanitaire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais vous pouvez demander à Manuel VALLS…

STÉPHANE LE FOLL
Oui, oui, oui, ah mais bien sûr, mais la France…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ou à François HOLLANDE…

STÉPHANE LE FOLL
On a fait, je travaille…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que la France, alors, est-ce que la France demande la levée de l'embargo vers la Russie ?

STÉPHANE LE FOLL
Aujourd'hui, la situation en Ukraine… je vous répète, il y a deux types d'embargo, il y avait un embargo sanitaire sur lequel il faut qu'on travaille, qui permettrait déjà de dégager et de retrouver des capacités à exporter sur la Russie. Et puis après, il y a le débat diplomatique, plus global, sur la question de l'Ukraine, et d'un embargo qui avait été pris parce que l'Europe avait pris des sanctions vis-à-vis de la Russie, et la Russie a pris des décisions d'embargo. Bon, voilà. Et ce n'est pas le ministre de l'Agriculture qui peut régler ça. On le demande. Je suis pour qu'on applique les accords de Minsk, je suis pour que les choses, au niveau de l'Ukraine, se détendent et qu'on trouve une solution politique, qu'on réouvre bien sûr le marché russe, ça, je suis pour, dans l'absolu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il n'y aura pas de demande officielle pour l'instant, je ne sais pas…

STÉPHANE LE FOLL
Si, sur l'embargo sanitaire, je vous ai dit…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Uniquement sur l'embargo sanitaire ?

STÉPHANE LE FOLL
Eh bien oui, parce que le reste, ça faisait l'objet d'ailleurs d'une discussion hier…

JEAN-JACQUES BOURDIN
… Il y a l'Etat…

STÉPHANE LE FOLL
Il y avait une discussion hier avec Angela MERKEL…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je sais, mais je sais !

STÉPHANE LE FOLL
Bon, vous avez bien vu !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et alors, elle est contre ?

STÉPHANE LE FOLL
Mais je pense qu'elle… mais, elle est contre, c'est une position européenne par rapport à l'Ukraine, vous êtes d'accord ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais d'accord, mais elle a une idée !

STÉPHANE LE FOLL
Ah mais il n'y a pas de sujet Ukraine…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elle a une idée Angela MERKEL…

STÉPHANE LE FOLL
Mais bien sûr, mais…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elle est contre ?

STÉPHANE LE FOLL
Elle est contre quoi ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
La levée de l'embargo.

STÉPHANE LE FOLL
On est sur la même ligne entre la France et l'Ukraine sur la question de l'Ukraine…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon…

STÉPHANE LE FOLL
Ah !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon. Viande de France, alors, qu'est-ce slogan ?

STÉPHANE LE FOLL
Ça, ça a été mis en place en 2014 avec l'interprofession, suite à la fameuse crise des lasagnes avec le…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je me souviens, oui…

STÉPHANE LE FOLL
C'était : assurer la traçabilité, puisque, à l'échelle européenne, même si le Parlement s'est positionné sur l'étiquetage de l'origine dans les produits transformés, on avait décidé de mettre en place avec INTERBEV, Dominique LANGLOIS, une stratégie de valorisation de la traçabilité de l'origine française des viandes. Et aujourd'hui, c'est un enjeu pour pouvoir assurer et la rémunération des producteurs et les débouchés nécessaires sur le marché national. Et c'est pour ça que cette journée aujourd'hui est faite pour valoriser viande de France !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais j'ai une dernière question.

STÉPHANE LE FOLL
Oui ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
A ce propos, je suis consommateur, je vais dans une grande surface, je vais acheter du jambon, dans 50 % des cas, je ne connais pas l'origine de la viande de porc.

STÉPHANE LE FOLL
Alors dans 50 %, c'est déjà très bien, aujourd'hui, dans à peine 10 % des cas, donc l'origine est en train de… mais oui, parce que sur le jambon…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi ne pas imposer…

STÉPHANE LE FOLL
Mais on est en train de le faire ! On ne peut pas l'imposer, je vais répéter, l'étiquetage et l'obligation d'étiqueter, c'est une décision européenne. Aujourd'hui, il y a une majorité au Parlement européen, il y a des pays qui s'opposent à ce qu'on aille jusqu'à l'étiquetage des produits transformés, type jambon…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable ? Vous êtes favorable à l'étiquetage ?

STÉPHANE LE FOLL
Bien sûr que j'y suis favorable. Et comme je n'ai pas obtenu tout de suite cet étiquetage, eh bien, on a engagé cette logique nous-mêmes, et de plus en plus, je le dis aux consommateurs, vous pouvez aller voir, sur le jambon, il commence à y avoir l'origine française, et on va continuer, et c'est pour ça que cette journée est importante, pour faire en sorte qu'on valorise une origine, et qu'on dise à l'Europe : eh bien, il n'y a peut-être pas une réglementation qui aille jusqu'au bout, mais nous, on est capables volontairement, par un engagement collectif de la grande distribution, des industriels, de valoriser l'origine française des viandes, donc l'origine tout simplement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Stéphane LE FOLL.

STÉPHANE LE FOLL
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 août 2015

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