Déclaration de Mme Annick Girardin, secrétaire d'Etat au développement et à la francophonie, sur la francophonie et le développement durable, à New York le 26 septembre 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Annick Girardin, secrétaire d'Etat au développement et à la francophonie, sur la francophonie et le développement durable, à New York le 26 septembre 2015.

Personnalité, fonction : GIRARDIN Annick.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au développement et à la francophonie

Circonstances : 70e Assemblée générale des Nations unies ; Objectif 2030 : une dynamique francophone pour le succès du Programme de développement durable d'ici 2030, à New York (Etats-Unis) le 26 septembre 2015

ti : Mesdames et Messieurs les Ministres,
Madame la Secrétaire générale de l'OIF,


Nous vivons des jours historiques, avec l'adoption des objectifs de développement durable, qui consacrent notre volonté d'aller vers un monde sans carbone et sans pauvreté. Je suis fière du rôle joué par la Francophonie avec les états membres de l'OIF bien sur, mais avec sa société civile francophone, qui ont largement contribué à dessiner cet agenda ambitieux, universel et exhaustif.

Je voudrais ce matin partager deux idées avec vous :

La première, c'est que nous devons maintenant nous consacrer à la mise en oeuvre des ODD, et bien sûr de l'accord d'Addis Abeba sur le financement du développement.

Nous avons là une ambition collective, qui je le crois peut servir de base à nos réflexions communes au sein de la Francophonie. Je pense que nous pouvons collectivement, avec le soutien de l'OIF, travailler concrètement, rapidement et efficacement à la mise en oeuvre de l'agenda post-2015.

Ce sera, à n'en pas douter, un de nos sujets de discussion lors du prochain sommet de la francophonie, à Madagascar. Je pense à plusieurs pistes : la couverture sanitaire universelle, l'emploi pour les jeunes, en particulier dans le monde rural, les financements innovants et participatifs qui peuvent s'épanouir au sein de la francophonie. Voilà des chantiers sur lesquels nous pouvons construire une francophonie de l'action.

La seconde idée c'est que lutter contre le dérèglement climatique, c'est donner une chance à tous de se saisir des opportunités offertes par le développement durable.

L'espace francophone doit se saisir de ces opportunités. À Paris, l'accord universel que nous construisons collectivement sera complété par des actions très concrètes, des solutions au dérèglement climatiques, et des opportunités à saisir, bénéficiant à tous, y compris aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables.

Je voudrais vous donner deux exemples précis :

Le premier, ce sont les énergies renouvelables en Afrique. Vous le savez, sous l'impulsion de l'Union africaine, et avec le soutien du G7, nous espérons que la COP21 sera le point de lancement d'une grande initiative pour les énergies renouvelables en Afrique. Je crois que la Francophonie doit s'en saisir, car c'est une occasion unique de construire, avec des financements conséquents, une stratégie vers le zéro carbone, zéro pauvreté.

Soutenir les énergies renouvelables en Afrique, c'est agir pour l'accès universel à l'électricité et à l'énergie moderne, en particulier dans les zones rurales.

Soutenir les énergies renouvelables, c'est aussi participer à la croissance économique du continent, soutenir l'emploi, la formation de jeunes ingénieurs et techniciens africains.

Dans cette grande initiative, la Francophonie peut être une force, parce que le français peut être une langue de formation, de partage des connaissances, de mobilisation des financements. Mais pour cela, il faut que la Francophonie s'en saisisse.

Mon deuxième exemple, c'est l'adaptation. Pour les pays vulnérables, c'est une priorité évidente. À Paris, nous écrirons un accord qui reconnaitra la parité politique entre l'adaptation et l'atténuation.

Cette parité, nous devons la traduire dans les faits. Pour cela, nous avons lancé une initiative concrète sur les systèmes d'alertes, avec un objectif simple : équiper tous les PMA, les petits États insulaires et les pays africains de systèmes d'alertes d'ici 2020, pour anticiper les catastrophes climatiques.

Là aussi la langue française peut être un atout, parce que sur les aspects techniques, comme les prévisions météorologiques, par exemple, le français peut être la langue des échanges et du partage. Je vous invite donc aussi à vous saisir de cette initiative.

Nous organiserons mardi un évènement parallèle sur les systèmes d'alertes, et j'espère vous y voir nombreux, vous ministres de la Francophonie, du Nord comme du Sud.

La Francophonie est un atout pour nous projeter ensemble dans l'agenda post 2015. À nous, Chers Collègues, de nous en saisir.

Et puis je voulais vous dire que vous savez combien il est important que la Francophonie soit aussi une Francophonie politique. Que nous puissions ensemble prendre des engagements politiques forts. Et je crois honnêtement qu'avec les Objectifs de développement durable nous avons démontré que nous étions capables de prendre une position politique tous ensemble.

Il y a deuxième exemple qui sera pour moi tout aussi parlant. C'est la capacité que nous avons à nous réunir derrière une position, c'est le positionnement que nous aurons à Paris lors de la Conférence Paris Climat 2015.

Est-ce la Francophonie, est-ce que les pays francophones, sauront parler d'une seule voix ? Je crois que c'est un formidable test pour savoir si nous sommes aujourd'hui prêts, tel que vous le souhaitez Madame la Secrétaire générale de l'OIF, à nous exprimer d'une seule voix mais surtout à peser de tout notre poids. Nous sommes 80 pays. La voix de 80 pays unis peut faire une différence.


Je vous remercie.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 7 octobre 2015

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