Déclaration à la presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la situation en Syrie, à Tanger le 7 octobre 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration à la presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la situation en Syrie, à Tanger le 7 octobre 2015.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Déplacement à Tanger (Maroc) pour la réunion ministérielle du dialogue de la Méditerranée occidentale, le 7 octobre 2015

ti : Q - Une question qui s'adresse à Monsieur Fabius sur la situation en Syrie. Vladimir Poutine affirme que lors des entretiens à l'Elysée, François Hollande aurait proposé une alliance entre l'armée syrienne et l'opposition modérée, pour être plus efficace. Est-ce que Vladimir Poutine dit vrai ou est-ce qu'il ment ?

R - Je n'ai pas vu cette déclaration mais je crains qu'il n'y ait là une confusion. J'ai participé à ces entretiens. Qu'elle est la position du président français ? Le président français considère qu'il faut une transition politique. Il y a bien sûr des actions militaires à mener, contre Daech notamment, et contre Jabhat al-Nosra. C'est ce que fait la France. C'est ce que, théoriquement, doit faire la Russie, même si jusqu'à présent, il semble que ces attaques aient été menées essentiellement contre des rebelles modérés.

Donc il y a une action militaire à mener et puis il y a une transition politique à opérer puisque notre conviction est la suivante : tant que M. Bachar al Assad sera aux responsabilités, il ne sera pas possible d'obtenir l'unité nécessaire en Syrie à cause des crimes qu'il a commis. Tant qu'il reste au pouvoir, il n'y a pas de coopération possible avec l'armée syrienne.

Je vous réponds précisément. Mais, en revanche, si, et c'est la base de Genève I, il y a une transition politique, qui consisterait en quoi ? Il faut qu'il y ait un gouvernement d'union nationale entre certains éléments du régime, y compris bien sûr des cadres de l'armée et l'opposition non terroriste. Dans ce cadre-là, j'espère que je suis précis et clair, à ce moment-là il sera tout à fait possible - M. Bachar al-Assad étant appelé à quitter ses responsabilités au pouvoir - de travailler avec les Syriens, avec l'armée syrienne, pour se retourner contre Daech.

J'espère avoir été clair pour éviter la confusion. Et les présidents russe et français nous ont demandé à mon collègue russe M. Sergueï Lavrov et à moi-même, de travailler ensemble pour voir ce qui était possible dans cette direction. Donc j'espère que la réponse était assez claire pour éviter toute confusion.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 14 octobre 2015

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