Interview de Mme Marylise Lebranchu, ministre de la décentralisation et de la fonction publique, à Sud Radio le 22 octobre 2015, sur le climat social, la situation à Air France et l'aide aux départements pour le financement du RSA. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marylise Lebranchu, ministre de la décentralisation et de la fonction publique, à Sud Radio le 22 octobre 2015, sur le climat social, la situation à Air France et l'aide aux départements pour le financement du RSA.

Personnalité, fonction : LEBRANCHU Marylise.

FRANCE. Ministre de la décentralisation et de la fonction publique

ti : CYRIL VIGUIER
Bonjour ! Bonne journée, c’est la matinale de Public Sénat et de Sud Radio avec la participation de la presse quotidienne régionale, aujourd’hui notre invitée c’est Marylise LEBRANCHU, bonjour, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique. Pour vous interviewer dans un instant aujourd’hui Perrine TARNEAUD de Public Sénat, bonjour Perrine...

PERRINE TARNEAUD, DE PUBLIC SENAT
Bonjour Cyril !

CYRIL VIGUIER
Et Christophe BORDET de Sud Radio, bonjour Christophe.

CHRISTOPHE BORDET, DE SUD RADIO
Bonjour ! Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Marylise LEBRANCHU, François HOLLANDE est partout, saisie de drogue il y est, à La Courneuve il y va, hier il intervient sur Moirans, pourtant est-ce qu’il est-ce qu’il est encore audible François HOLLANDE ?

MARYLISE LEBRANCHU
François HOLLANDE est audible, la preuve c’est que vous en parlez ce matin, donc vous l’avez entendu vous-même. La Courneuve s’était prévu depuis longtemps, on sait bien que toute la problématique des banlieues, des quartiers, des ghettos dont on a si souvent parlée, enfin un certain nombre de mesures sont prises et c’est lent, c’est, dit-il lui-même : « on ne va pas assez loin, on ne va pas assez vite », donc il encourage aussi tous ceux qui agissent sur les territoires, dont on ne parle pas souvent, toutes ces associations qui portent aussi des gens en difficulté mais la création d’emplois et donc avec son agence - son agence, enfin l’agence que nous allons créer - parce qu’il y tient absolument ce président de la République qui est sur le terrain vous l’avez dit – c’est aussi accompagner les entreprises. Je ne sais pas si vous avez regardé les chiffres, mais c’est un intéressant, dans une pépinière ordinaire, dans une ville équilibrée, il y a à peu près 630, 65, 70 % des entreprises qui réussissent, beaucoup moins dans ces zones-là, donc c’est important d’aller les aider parce que des créateurs il y en a autant et peut-être qu’on n’a pas assez cru en eux, on ne leur a pas assez donné confiance et le président de la République veut donner confiance aussi à ceux qui sont là et qui sont largement aussi intelligents que les autres.

CYRIL VIGUIER
Allez ! On va traiter l’actualité, Perrine TARNEAUD.

PERRINE TARNEAUD
Et pourtant, oui Marylise LEBRANCHU, quelle séquence quand même terrible ces derniers jours pour le gouvernement et terrible aussi pour cette précampagne présidentielle peut-être de François HOLLANDE - on y reviendra – avec d’abord la CGT, le président chahuté à La Courneuve, la grève des avocats qui met à mal quand même la garde des Sceaux, Moirans, c’est quand même l’autorité du gouvernement qui est mise à l’épreuve, à tel point qu’on a presque envie de reprendre le terme de chienlit ?

MARYLISE LEBRANCHU
C’est un terme qui a été utilisé par le Général De GAULLE il y a longtemps quand il y avait des millions de personnes dans la rue…

PERRINE TARNEAUD
Et dernièrement par Nicolas SARKOZY !

MARYLISE LEBRANCHU
Je n’ai pas vu de millions de personnes dans la rue et Nicolas SARKOZY avec gourmandise a repris ce mot. Je pense que, d’abord, ce n’est pas le gouvernement qui va mal, ni le président qui va mal…

PERRINE TARNEAUD
C’est la France qui val ?

MARYLISE LEBRANCHU
C’est la société française, c’est l’Europe, c’est une crise grave qui a commencé en 2008, dont on connait les origines, qui est difficile à maîtriser, dont on sort petit à petit…

PERRINE TARNEAUD
Difficile à maîtriser par le gouvernement notamment ?

MARYLISE LEBRANCHU
Difficile à maîtriser parce que c’est une crise internationale et, vous le savez, on ne va pas refaire l’histoire. On remonte petit à petit, on arrive enfin à de la croissance positive, il fallait mettre toutes ses forces dans la bagarre, y compris vous le savez les marges des entreprises se reconstruisent - c’est quand même la première fois depuis 2008 qu’on a ce geste positif important de la part…

PERRINE TARNEAUD
Mais les déclarations d’autorité de la part du gouvernement ont peu d’effet quand même ces derniers jours ?

MARYLISE LEBRANCHU
Non ! A mon avis, voyez-vous, ce serait totalement injuste de continuer à faire croire aux Français qu’il n’y a plus de gouvernement, qu’on perd de l’autorité, que petit à petit on va faire la chienlit, d’abord parce qu’on aggraverait la crise - et à ce moment-là je ne vois pas comment le développement économique se fait quand on envoie que des messages de ce type – mais il faut que nous remontions toutes les pentes, j’ai parlé des pentes des entreprises, je parle de la pente de la police par exemple, 13.000 postes supprimés sous l’autorité de Nicolas SARKOZY…

CHRISTOPHE BORDET
Mais justement combien de créés sous François HOLLANDE, et combien de postes créés sous François HOLLANDE ?

MARYLISE LEBRANCHU
Je pense qu’il devrait être un peu plus modeste !

CHRISTOPHE BORDET
Combien de postes créés sous François HOLLANDE ?

MARYLISE LEBRANCHU
Par an sur la police, la gendarmerie, la justice + les postes der l’Education nationale, parce que l’école dans les quartiers…

CHRISTOPHE BORDET
Oui ! Mais les 13.000 n’ont pas été remplacés pour autant ?

MARYLISE LEBRANCHU
Eh bien quand vous arrivez derrière Nicolas SARKOZY avec 600 milliards de dette, 13.000 policiers en moins, l’école en grande difficulté, je vais vous dire il faut plus de trois ans et demi pour redresser la France. Donc, nous avons remis des effectifs partout, partout, mais il faut le faire effectivement année après année compte tenu de la situation budgétaire que nous avons trouvée, c’est pour ça qu’il y a un petit peu de facilité, pour lancer un président, de dire : « Ecoutez, je vous ai lancé 600 milliards de dette, j’ai oublié que j’avais enlevé 13.000 postes de police, mais c’est bizarre quand même vous avez des dettes et il vous manque des policiers ».

CHRISTOPHE BORDET
Cela étant, Moirans ce n’est pas lié à la crise internationale autant que je sache…

MARYLISE LEBRANCHU
C’est un autre sujet ! C’est un autre sujet.

CHRISTOPHE BORDET
Alors deux questions sur ce sujet : tout d’abord hier, hier soir j’ai décroché mon téléphone - puisque je suis journaliste la société m’intéresse forcément - et donc j’ai appelé des commerçants et l’Association des commerçants à Moirans pour avoir un peu leur sentiment sur ce qui s’était passé et ils ont tous utilisé la même expression : l’exaspération, l’impression que les gens du voyage qui ont brûlé les voitures bénéficient d’une certaine impunité, effectivement à l’heure qu’il est personne n’a été arrêté, c’est ça le problème à Moirans à l’heure qu’il est…

MARYLISE LEBRANCHU
Vous allez faire le même exercice, vous allez prendre votre téléphone, vous allez appeler les employés du centre des impôts de Morlaix et les commerçants de Morlaix, ils vont vous dire : « je suis exaspéré parce qu’il n’y a pas un seul agriculteur qui pour l’instant n’a été… certains ont été entendus au bout de quand même plus d’un an, largement, parce que l’enquête est longue, l’enquête est difficile…

CHRISTOPHE BORDET
Donc là ça veut dire, comme l’a dit le procureur hier, que ça va être très long et que peut-être même on n’arrivera pas à trouver les coupables à Moirans ?

MARYLISE LEBRANCHU
Oh, à Morlaix, toujours pas… Voilà ! Ce sont toujours…

CHRISTOPHE BORDET
Eh bien oui, justement, cet exemple est intéressant.

MARYLISE LEBRANCHU
C’est intéressant ! Ce sont des situations difficiles, pourquoi ? Parce que quand la manifestation commence, que ce soit la manifestation des agriculteurs exaspérés eux-mêmes à Morlaix ou bien celle des gens du voyage à Moirans, vous n’êtes dans la manifestation, parce que vous n’êtes pas un manifestant, vous n’êtes pas dans la manifestation avec un appareil photo et à prendre des cartes d’identité. Après il faut être précis, pourquoi ? Parce que si vous vous trompez, si quelqu’un est arrêté et qu’il n’a pas participé à ces exactions, qui était simplement là, eh bien l’affaire va finir mal.

CHRISTOPHE BORDET
Dites-moi, avant qu’on parle…

MARYLISE LEBRANCHU
Donc moi ce que je souhaite c’est que l’enquête soit précise, je sais qu’elle le sera - le procureur l’a dit - et qu’on trouve réellement les coupables mais dans tous les cas d’exactions, de la destruction des portiques jusqu’à cette terrible manifestation de Moirans.

CHRISTOPHE BORDET
Dites-moi, avant qu’on évoque AIR FRANCE, avec ce genre d’images - celles que l’on a vues, ces voitures qui flambaient dans une commune de France…

MARYLISE LEBRANCHU
Oui ! Comme… rappelez-vous du viaduc à Morlaix.

CHRISTOPHE BORDET
Oui ! Mais bon.

MARYLISE LEBRANCHU
Eh oui !

CHRISTOPHE BORDET
Est-ce que François HOLLANDE n’est pas chaque jour un peu plus décrédibilisé, est-ce que son image n’en prend pas encore un coup-là ?

MARYLISE LEBRANCHU
Moi j’ai la malchance d’habiter dans une région où les manifestations où tout brûle, les ponts sont fermés, les villes détruites, ça arrive assez souvent…

CHRISTOPHE BORDET
Vous êtes habituée oui.

MARYLISE LEBRANCHU
Je trouve que c’est terrible qu’on accepte in fine parfois un peu la violence, mais je peux vous dire que dans ce cas-là comme dans celui de l’autoroute bloquée, ou d’autres, le président de la République est déterminé, les messages passés au procureur et aux policiers sont très clairs : « on ne peut pas tolérer ce type d’action », on n’a jamais, jamais – je dis bien jamais – une raison…

CHRISTOPHE BORDET
On ne peut pas tolérer mais on ne peut pas éviter non plus ?

MARYLISE LEBRANCHU
On peut éviter aussi ! Parce que, parmi les gens du voyage, nous avons aussi de bons relais vous le savez, des associations très travaillent bien, des pasteurs qui nous aident, élus locaux comme membres du gouvernement, à essayer de canaliser une certaine forme de violence qui existe, que personne ne nie. Ceci étant, il faut nous-mêmes ne pas mettre ici et là ce matin de l’huile sur le feu, parce qu’un pays qui veut se redresser doit gérer cette affaire : le procureur, les policiers, les gendarmes, tout le monde va s’en occuper, mais un pays qui veut se redresser ne doit pas passer son temps à dire : « Bon ! Là il y a eu des choses absolument inacceptables, une violence… elle est inacceptable, elle est… elle nous met en colère, moi comme vous, comme tout le monde » mais attention c’est un fait à Moirans, ce n’est pas la France entière, attention à ce que nous faisons nous-mêmes lorsque nous ne parlons que de cet incident pendant qu’effectivement des choses peut-être vont mieux ailleurs et, comme on ne parle jamais de ce qui va mieux, ça devient un petit peu terrible.

CYRIL VIGUIER
Perrine TARNEAUD sur AIR FRANCE !

PERRINE TARNEAUD
AIR FRANCE, oui effectivement le dossier AIR FRANCE, avec cette réunion sous haute tension on peut dire quand même ce matin entre la direction et les syndicats. J’ai vu que les frondeurs du Parti socialiste demandaient la tête du président Alexandre de JUNIAC, il a même géré ce dossier selon vous ?

MARYLISE LEBRANCHU
Le dossier a donné une impression, je dis bien une impression parce que je ne suis pas dans l’entreprise, a donné une impression effectivement de difficulté lorsque sur toutes les antennes et dans les journaux passaient – et sur vos télévisions – l’idée que parce qu’une négociation avait échoué avec les pilotes et qu’on n’avait pas réussi à trouver un accord avec eux, on disait : « C’est dommage ! On va se retourner vers les autres pour supprimer des emplois » et on s’est trouvés, enfin les personnes concernées d’abord, avant nous, les personnes concernées se sont retrouvées avec l’impression – sinon la certitude - de devoir payer, soit dans leurs salaires, soit dans leurs emplois, pour un accord qui ne s’était pas fait avec des pilotes. Ce qui va beaucoup mieux aujourd’hui c’est que l’ensemble des salariés accepte d’être autour de la table, tous, donc on a franchi une étape difficile.

PERRINE TARNEAUD
Et beaucoup demande une intervention accrue de l’Etat !

MARYLISE LEBRANCHU
L’Etat a 17 % effectivement à l’intérieur d’AIR FRANCE, je pense que l’actionnaire Etat a un souci, il faut qu’AIR FRANCE se redresse et se redresse le plus vite possible…

PERRINE TARNEAUD
Donc l’actionnaire Etat doit intervenir plus dans ce dossier, quelle est votre position ?

MARYLISE LEBRANCHU
Je pense qu’il intervient à la hauteur de ce qu’il est ! Il faut aussi… on pourrait regretter qu’on ne soit pas actionnaires à 100 % si on voulait vraiment intervenir totalement, on est, l’Etat pardonnez-moi, pas on, l’Etat est un actionnaire à 17 %, il est présent. Mais il est aussi présent d’un autre côté, c'est-à-dire que pour toutes les grandes entreprises françaises on essaie aussi quand on est un gouvernement – et non pas l’Etat cette fois – quand on est un gouvernement d’être médiateur d’autant plus, il faut...

PERRINE TARNEAUD
Mais là ça se passe mal, c’est quand même un fleuron de notre industrie, ça représente la France, est-ce qu’il faut quand même que l’Etat-là intervienne dans les entreprises ?

MARYLISE LEBRANCHU
Je pense que l’Etat est médiateur dans ce sujet actuellement et qu’il doit aussi non seulement être actionnaire et vigilant sur les résultats d’AIR FRANCE mais il doit être aussi un médiateur, ce qu’il est à mon avis aujourd’hui.

PERRINE TARNEAUD
Donc pas aller plus loin sur cette position de médiateur ?

CHRISTOPHE BORDET
Une question quand même…

MARYLISE LEBRANCHU
Eh bien plus loin que… il demande des résultats bien évidemment, il demande un accord équilibré entre tous les salariés, ce qui est important – un accord je dis bien équilibré avec tous les salariés - en espérant qu’il y ait vraiment un accord, ce que souhaitent les membres du gouvernement et non pas l’actionnaire Etat seulement c’est d’avoir un accord équilibré où chacun sorte en ayant non pas l’impression d’avoir été humilié mais d’avoir réussi à sauver son entreprise, c’est quand même ce que tout le monde attend, y compris les Français.

CHRISTOPHE BORDET
Juste une question ! D’un côté on dit, le gouvernement dit maintenant : « il faut éviter de supprimer des postes » et là aujourd’hui en comité d’entreprise on va discuter de la suppression de 1.000 postes ?

MARYLISE LEBRANCHU
Voilà ! On a déjà beaucoup moins que ce qu’on avait entendu, on était à 2.900…

CHRISTOPHE BORDET
Oui ! D’accord, mais quand même.

MARYLISE LEBRANCHU
C’est ça aussi la médiation…

CHRISTOPHE BORDET
C’est une suppression de postes quand même.

MARYLISE LEBRANCHU
Vous savez moi je viens d’aider comme médiatrice aussi un petit conflit d’une filiale d’AIR FRANCE à Morlaix, on était partis de plus de 100 suppressions de poste…

CHRISTOPHE BORDET
Donc, il n’y a pas le choix ?

MARYLISE LEBRANCHU
On est arrivés à 53, donc on a amélioré les choses, il y a des moments où moi je n’ai pas tous les comptes d’AIR FRANCE là sur la table, sinon je les regarderais avec vous avec plaisir, mais…

CHRISTOPHE BORDET
Mais il n’y a pas le choix pour sauver l’entreprise ?

MARYLISE LEBRANCHU
Moins il y aura de licenciements et si possible s’il n’y en avait pas, c'est-à-dire que si on avait simplement des départs volontaires -, je pense que c’est ça le souhait de l’Etat actionnaire – c’est que les comptes se rétablissent uniquement et si possible avec des départs volontaires, ce serait l’idéal, pas l’idéal…

CYRIL VIGUIER
Marylise LEBRANCHU, si les résultats financiers d’AIR FRANCE ne sont pas si mauvais, que doit faire l’Etat dans ce cas-là ?

MARYLISE LEBRANCHU
Si, pardonnez-moi…

CYRIL VIGUIER
Si les résultats financiers ne sont pas mauvais d’AIR FRANCE, qui vont arriver bientôt, qu’est-ce qui va se passer ?

MARYLISE LEBRANCHU
L’Etat, enfin l’Etat, le chef du gouvernement s’est exprimé à l’Assemblée nationale en disant : « est-ce qu’on peut éviter ? Je souhaite, je veux qu’on évite le maximum de licenciements », il peut y avoir des départs volontaires, ça se discute au vu des résultats d’AIR France - c’est mieux, ce n’est pas encore parfait nous disent les spécialistes comme vous – mais voilà si on a des départs volontaires, pas de licenciements, c’est l’idéal, l’idéal serait qu’on garde tous les emplois, on n’en n’est pas là aujourd’hui. Mais je pense quand même qu’on a une marche franchie, on est partis de 2.900, on arrive à 1.000, et peut-être qu’avec un accord, un peu plus de façon de gérer l’ensemble des personnels salariés, peut-être qu’on pourrait éviter les licenciements, c’est en tout cas notre souhait.

PERRINE TARNEAUD
Le dossier des collectivités locales et cette grogne des élus qui n’est pas endiguée par rapport évidemment à la baisse des finances locales, la baisse des dotations de l’Etat, vous avez promis une aide urgente auprès des départements concernant le RSA - les départements qui n’arrivent plus à payer le RSA – deux questions précises : combien de départements vont être aidés et à combien va s’élever cette aide ?

MARYLISE LEBRANCHU
C’est 9 ou 10 immédiatement qui peuvent…

PERRINE TARNEAUD
9 ou 10 ?

MARYLISE LEBRANCHU
Non ! Parce que vous savez que quand on vérifie les comptes on les vérifie avec le président du Département et certains… on est encore autour de la table.

PERRINE TARNEAUD
D’accord !

MARYLISE LEBRANCHU
Disons c’est 10 ! Mais il y en a quelques-uns en plus qui sont j’ai envie de dire en équilibre difficile, d’où l’intérêt pour nous de discuter sur tous les autres, 10 qui doivent être aidés, 40 qui sont en difficulté, d’où vient la difficulté…

PERRINE TARNEAUD
Donc vous confirmez ce chiffre de 40 en difficulté, notamment sur l’année 2016 ?

MARYLISE LEBRANCHU
Voilà ! D’où vient - il faut qu’on regarde avec l’ensemble des présidents – d’où vient la difficulté. Parce qu’il y a aussi à l’intérieur des départements de France certains qui disent : « moi j’ai fait des économies de gestion, j’ai économisé sur ceci ou sur cela, si vous aidez tout le monde sans condition j’aurais l’impression d’avoir fait des économies de gestion et d’avoir eu tort », donc il faut que nous soyons juste, très juste, l’aide publique supplémentaire doit répondre à un certain nombre de critères pour qu’il n’y ait aucune contestation de la part des autres.

PERRINE TARNEAUD
Et vous savez à combien va s’élever cette enveloppe d’aide ?

MARYLISE LEBRANCHU
Je pense que ce n’est pas une très grosse somme très honnêtement mais ce qui est important c’est de mettre sur la table le débat public du RSA, c’est ça notre sujet majeur que le Premier ministre a ouvert.

PERRINE TARNEAUD
Alors justement, justement, il y a des parlementaires de droite à l’Assemblée et au Sénat qui ont déposé une proposition de loi pour aider à lutter contre la fraude au RSA, ils veulent notamment avoir des moyens les départements pour lutter contre cette fraude, est-ce que vous êtes d’accord, ils estiment que la Caisse d’allocations familiales..

MARYLISE LEBRANCHU
Oui ! Depuis longtemps, depuis longtemps.

PERRINE TARNEAUD
Qui gère le contrôle n’a pas les moyens ?

MARYLISE LEBRANCHU
Ce n‘est peut-être pas tout à fait aussi juste que ça, parce qu’il y a eu des…

PERRINE TARNEAUD
Vous êtes prête à les soutenir ?

MARYLISE LEBRANCHU
D’autant que je suis une des premières maires à avoir supprimé des RMI que je jugeais abusives et j’ai - avec l’aide d’un président de Département socialiste - et franchement on n’a eu aucun état d’âme, si quelqu’un ne doit pas avoir l’allocation, cette personne ne doit pas avoir l’allocation. Après il faut surtout faire un suivi suffisant des personnes, organiser le suivi des personnes, et c’est là qu’on sait très, très vite s’il y a de la fraude ou pas. Mais malheureusement, parce qu’on peut lutter contre la fraude à 100 %, ce qu’on va récupérer ne sera peut-être pas tout à fait suffisant pour régler la question de toutes nos allocations de solidarité, il faut qu’il y ait un vrai débat avec les Français qu’on ne réussir pas avoir parce que c’est difficile à ouvrir : qui doit prendre en charge les solidarités, les 100 % de l’APA, le RSA, etc. ? C’est un débat qui devrait je pense devenir débat public.

CYRIL VIGUIER
Rapidement Perrine TARNEAUD !

PERRINE TARNEAUD
Oui ! Juste dans quelques semaines le congrès des maires de France, ni le Premier ministre, ni le président de la République n’ont confirmé leur présence, ils ont peur de venir affronter les élus sur ces questions ?

MARYLISE LEBRANCHU
On n’a pas peur des maires de France, ils sont républicains…

PERRINE TARNEAUD
Mais est-ce qu’ils vont venir François HOLLANDE ou Manuel VALLS ?

MARYLISE LEBRANCHU
Oh ! Je pense oui, enfin on en parlait avec Manuel VALLS…

PERRINE TARNEAUD
On dit beaucoup qu’ils n’ont pas envie de venir, c’est vrai ?

MARYLISE LEBRANCHU
Mais enfin on n’est pas… je pense qu’on n’est pas des enfants et on n’est pas à l’école…

PERRINE TARNEAUD
D’accord !

MARYLISE LEBRANCHU
Voilà ! On ne va pas chercher des bonnes notes et des mauvaises notes…

PERRINE TARNEAUD
Donc, il y aura une présence du Premier ministre et du président de la République ?

MARYLISE LEBRANCHU
Je pense que sur l’ensemble collectivités locales il y a un effort important qui est demandé, ça c’est pour participer aux 50 milliards d’euros, ceux qui critiquent le plus demandent que l’effort de 50 milliards passe à 100 milliards, donc je pense que tout le monde est au moins d’accord, il faudra interroger les personnalités du parti appelé Les Républicains, s’ils font 100 milliards jamais ils ne rendront les dotations, donc ils sont d’accord avec la baisse des dotations et à partir de ce moment-là on peut discuter ensemble pour voir comment on le fait bien et on le fait avec justice et en luttant contre les inégalités territoriales qui elles existent encore.

CYRIL VIGUIER
Merci Marylise LEBRANCHU d’avoir été notre invité ce matin dans « Territoires d’infos », à bientôt.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 octobre 2015

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