Déclaration de Mme Annick Girardin, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, sur la question migratoire et l'Union européenne, à Luxembourg le 26 octobre 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Annick Girardin, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, sur la question migratoire et l'Union européenne, à Luxembourg le 26 octobre 2015.

Personnalité, fonction : GIRARDIN Annick.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au développement et à la francophonie

Circonstances : Conseil affaires générales (développement), à Luxembourg le 26 octobre 2015

ti :
Nous devons inscrire nos échanges à la fois dans la réponse urgente à une crise majeure mais aussi dans une réflexion structurelle sur la prise en compte de la question migratoire dans notre politique de développement. C'est le sens aussi des ODD.

L'enjeu immédiat est pour nous le sommet de La Valette : notre priorité est de mettre en place les conditions d'un partenariat durable et équilibré avec nos partenaires africains sur l'enjeu migratoire, qui constitue une préoccupation commune. Je voudrais ici féliciter la commission pour ses efforts à mettre en place le fonds fiduciaire d'urgence, qui est une des réponses essentielle, mais pas la seule, à ces défis. La France contribuera à ce fonds à hauteur de 3 millions d'euros.

L'articulation entre politiques migratoires et développement est réelle et nous le savons tous ici, mais nous devons le rappeler en dehors de cette salle.

Les politiques de développement ont notamment pour objectif de permettre aux populations de vivre chez elles décemment et dans la dignité, avec de réelles perspectives pour leurs jeunesses et, quand elles sont en situation de déplacement forcé, de pouvoir trouver dans leur pays d'origine les conditions qui inscriront leur retour ou leur intégration locale dans la durée.

La politique de développement doit contribuer à donner à chacun le choix.

Nous devons progresser vers cet objectif avec méthode. Nous devons définir notre politique avec les pays partenaires : la mobilisation doit être partagée, les objectifs communs et la mise en oeuvre conjointe. La Valette en est la première étape et devra faire l'objet d'une mise en oeuvre rapide et d'un suivi attentif. Mais attention, il ne s'agit pas de résumer le sujet du développement à celui des migrations.

Nous devons avoir à l'esprit trois éléments lorsque nous abordons cette question avec nos partenaires africains :

Tout d'abord les pays d'Afrique subsaharienne accueillent 12,5 millions de déplacés internes et plus de 3 millions de réfugiés. Ils font face à un défi démographique majeur : 400 millions de jeunes vont rentrer sur le marché du travail d'ici 15 ans. Par ailleurs l'essentiel des migrations économiques sont des migrations intra-africaines ; elles sont aujourd'hui perturbées et amplifiées par les zones de crise et par le terrorisme (Sahel, Boko Haram...). Enfin l'Afrique est particulièrement exposée aux conséquences parfois terribles du dérèglement climatique. Et ce n'est pas indépendant des enjeux migratoires !

Sur le fond, je crois que le sommet de La Valette devrait nous permettre de porter trois messages :

Premièrement agir sur les causes structurelles des migrations économiques irrégulières : nous devons cibler de façon plus précise les migrations économiques en concentrant nos actions dans les zones de très forte émigration, en travaillant à renforcer les pôles économiques régionaux et à offrir des perspectives à la jeunesse, notamment en termes d'emplois décents et de qualité de vie. Le travail avec les diasporas est également essentiel dans ce cadre, elles représentent un «pont» naturel entre pays partenaires, que nous devons valoriser.

Ensuite renforcer les capacités des pays partenaires, à la fois pour les aider à maximiser les bénéfices de la migration pour leur propre développement, pour mieux gérer les migrants qui se trouvent sur leur territoire et à lutter contre les réseaux de trafiquants. Il s'agit de mieux intégrer la migration et l'asile dans les politiques sectorielles de développement, mais aussi d'assurer une gestion optimale des flux migratoires et des frontières, et la protection des réfugiés, selon une approche globale alliant sécurité et développement qui pour nous est essentielle.

Enfin favoriser le retour et la réadmission des migrants irréguliers en mettant en place les conditions nécessaires à une réelle coopération avec les pays d'origine, qui passe par un appui à la réinsertion des migrants irréguliers mais aussi par des «programmes de soutien sur mesure» visant à intégrer les besoins et les spécificités de chacun.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 28 octobre 2015

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