Interview de M. André Vallini, secrétaire d'Etat à la réforme territoriale, à Sur Radio le 28 octobre 2015, sur la stratégie électorale aux élections régionales, le droit de vote des étrangers, la charte des langues régionales et les futures compétences des régions en matière de développement économique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. André Vallini, secrétaire d'Etat à la réforme territoriale, à Sur Radio le 28 octobre 2015, sur la stratégie électorale aux élections régionales, le droit de vote des étrangers, la charte des langues régionales et les futures compétences des régions en matière de développement économique.

Personnalité, fonction : VALLINI André.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la réforme territoriale

ti : CYRIL VIGUIER
Bonjour, bonne journée, bienvenue dans la matinale d'infos de Public Sénat et de Sud Radio avec la presse de la presse quotidienne régionale, aujourd'hui notre invité c'est André VALLINI. Bonjour André VALLINI…

ANDRE VALLINI
Bonjour Cyril VIGUIER.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes secrétaire d'Etat chargé de la Réforme territoriale et vous serez interviewé ce matin sur l'actualité par Perrine TARNEAUD de Public Sénat, bonjour Perrine…

PERRINE TARNEAUD
Bonjour Cyril.

CYRIL VIGUIER
Et Véronique JACQUIER de Sud Radio, bonjour Véronique.

VERONIQUE JACQUIER
Bonjour Cyril, bonjour à tous.

CYRIL VIGUIER
André VALLINI, vous êtes juriste de formation, la fuite des deux pilotes Français condamnés à 20 ans de prison à Saint-Domingue pour trafic de drogue suscite de nombreuses interrogations depuis hier : premièrement, ont-ils eu raison de s'enfuir ? Comprenez-vous à titre personnel leur décision ? Je rappelle que Bruno ODOS – c'est l'un des deux pilotes – a de la famille à Grenoble.

ANDRE VALLINI
Je ne connais pas le détail du dossier ! Puisque vous avez dit que je suis juriste, un juriste et avocat de surcroit ne se prononce jamais sur un dossier sans le connaître précisément, donc moi je ne peux pas en dire plus que ce que vous avez dit. Ils ont voulu s'enfuir, lorsqu'on s'estime injustement condamné – et c'est leur cas – dans un pays étranger et dans des conditions pour le moins discutables, je parle du procès, on peut comprendre qu'ils aient voulu s'enfuir. Voilà ! Pour le reste, attendons d'en savoir plus.

CYRIL VIGUIER
Vous le connaissez Bruno ODOS, sa famille est originaire de Grenoble ?

ANDRE VALLINI
Non ! Je ne le connais pas, mais sa famille est originaire de Grenoble, il m'avait saisi de son cas bien sûr, le président de la République lui-même était informé de cette affaire, le quai d'Orsay aussi, mais à ce jour - à l'heure où nous parlons – je ne sais pas plus que vous ce qui s'est passé précisément lors de cette évasion.

CYRIL VIGUIER
L'actualité, Perrine TARNEAUD, avec les Régionales.

PERRINE TARNEAUD
Oui ! Et d'abord les déclarations de Manuel VALLS hier soir au Bondy blog : « il est hors de question de laisser le Front national remporter une Région » c'est ce qu'a déclaré le Premier ministre, est-ce que ça signifie André VALLINI qu'entre les deux tours – si le Parti socialiste arrive en troisième position derrière Les Républicains et le Front national – il doit se retirer ?

ANDRE VALLINI
Je ne répondrais pas à cette question, madame TARNEAUD, je me refuse à répondre à des questions sur le deuxième tour tant que le premier tour n'est pas passé. Moi…

PERRINE TARNEAUD
C'est pourtant une question qui se pose, il y a des divergences au sein…

ANDRE VALLINI
Non ! Mais c'est vous qui posez cette question, ce sont les journalistes qui posent cette question. Sur le terrain, chez moi en Rhône-Alpes-Auvergne, dans toutes les Régions de France, les candidats socialistes, les militants socialistes, font une campagne acharnée pour faire le meilleur score possible au soir du premier tour, c'est au soir du premier tour que l'on verra les résultats, avant il serait incompréhensible pour les militants, pour les socialistes, pour les électeurs, qu'on anticipe sur le deuxième tour. Battons-nous, faisons le meilleur score possible au premier tour et on verra ce qui se passe. Qui vous dit…

PERRINE TARNEAUD
Mais, si vous ne souhaitez pas anticiper, ça veut dire que vous êtes mal à l'aise sur cette question ?

ANDRE VALLINI
Mais pas du tout ! Je ne suis pas mal à l'aise du tout, je dis qu'au soir du premier tour on peut avoir de bonnes surprises. Les sondages d'abord se trompent souvent, souvent, depuis une quinzaine d'années ils se trompent en France aussi.

PERRINE TARNEAUD
Là il faudrait qu'ils se trompent beaucoup, monsieur VALLINI.

ANDRE VALLINI
Ils se sont souvent trompés aux Etats-Unis, ils commencent à se tromper en France, premièrement ; Deuxièmement, nous avons plus d'un mois de campagne devant nous ; Et, troisièmement, nous allons – et je le fais moi à mon niveau parce que je suis justement chargé de la Réforme territoriale – nous allons tout faire pour faire comprendre aux Français, de gauche notamment, qu'il s'agit d'élections régionales, régionales, pour élire des exécutifs et des conseillers régionaux, alors assez de politisation nationale dans ce scrutin, ça nous a coûté cher aux Départementales, ça risque de nous coûter cher aux Régionales, il faut ramener les Régionales à ce qu'elles sont, c'est-à-dire élire des femmes et des hommes qui dirigeront les Régions françaises pendant six ans, les nouvelles Régions françaises, avec leurs nouvelles compétences, on a fait une réforme territoriale qui renforce les Régions françaises, il s'agit de ça et pas d'autre chose.

CYRIL VIGUIER
On va y venir ! Véronique JACQUIER.

VERONIQUE JACQUIER
Cela dit, André VALLINI, vous ne pouvez pas écarter quand même l'idée du contexte national, Manuel VALLS a relancé clairement l'idée hier soir d'un front républicain, quand il dit : « il ne faut pas laisser Marine LE PEN gagner, enfin le Front national gagner une Région », donc lui il se positionne clairement.

ANDRE VALLINI
Non !

VERONIQUE JACQUIER
Vous savez aussi qu'il y a des élus socialistes qui ne sont pas d'accord, vous êtes divisés entre vous, il y en a même qui parlent d'une fusion technique de listes entre Les Républicains et la gauche avec un accord sur une possible répartition des sièges, donc ils vont plus loin que vous ?

ANDRE VALLINI
Que les socialistes ne soient pas tous d'accord sur tous les sujets ce n'est pas un scoop, chacun a son appréciation de la situation et de la situation qui sera celle que nous connaîtrons dans les Régions françaises et les situations ne seront pas les mêmes d'ailleurs d'une Région à l'autre. Ce qu'a dit Manuel VALLS hier soir, je ne l'ai pas entendu en direct mais j'ai lu les déclarations qu'il a faites, il a dit qu'il faut tout faire, tout faire pour empêcher le Front national de gagner, je suis d'accord, tout faire ça veut dire faire la meilleure campagne possible au premier tour pour qu'au soir du premier tour le total des voix de gauche soit supérieur au total des voix de droite et peut-être aussi du Front national. Parce que si on s'aperçoit au soir du premier tour que les voix socialistes + les voix Front de gauche + les voix écologistes + les voix Divers gauche, tout ça additionné aboutit à un résultat potentiel qui nous permet de gagner la Région, pourquoi devrions-nous nous retirer ? Attendons le premier tour !

VERONIQUE JACQUIER
Manuel VALLS a enterré hier soir l'idée d'un référendum sur le droit de vote des étrangers, le Premier ministre a reconnu qu'il n'y aurait pas la majorité au congrès et que de toute façon les Français voteraient massivement « non » si on leur posait la question lors de ce référendum. C'est la peur, là aussi, de la montée du Front national qui explique des propos aussi francs de la part du Premier ministre ?

ANDRE VALLINI
Manuel VALLS il est toujours franc, il est carré, il dit les choses, c'est ce que j'apprécie entre autres beaucoup chez lui.

VERONIQUE JACQUIER
Mais enfin, jusqu'à présent, c'était un serpent de mer à gauche cette question ?

ANDRE VALLINI
Oui ! On en parle depuis les années Mitterrand du droit de vote des étrangers. Nous sommes toujours favorables nous les socialistes au droit de vote des étrangers aux élections locales, nous n'avons pas changé, le problème c'est que le contexte n'est pas favorable à cette idée aujourd'hui en France, prendre le risque d'un référendum qui échouerait ce serait prendre le risque d'enterrer pour très longtemps cette réforme qu'il faudra faire un jour. Donc, Manuel VALLS considère – et il a raison – que l'état de l'opinion publique aujourd'hui ne permet pas d'envisager un référendum sur ce sujet.

PERRINE TARNEAUD
André VALLINI, le Sénat a rejeté hier le projet de loi constitutionnel pour ratifier la charte des langues régionales, vous le regrettez ?

ANDRE VALLINI
Je le regrette et je comprends l'argumentation des sénateurs et des députés demain qui s'opposeront peut-être, sans doute, à cette charte des langues régionales. Moi je suis comme vous…

PERRINE TARNEAUD
La droite, ici, ils ont dénoncé une mesure électoraliste quelles que soient les élections.

ANDRE VALLINI
Oui ! Eux ne font jamais d'électoralisme, tout le monde le sait. Non ! Plus sérieusement, je pense qu'il y a une crispation qui n'a plus lieu d'être sur cette affaire des langues régionales. Chacun craint toujours dans ce débat, dans ce genre de débat, pour l'unité de la République, pour son indivisibilité, nous sommes tous les héritiers de la Révolution française, d'un Etat unitaire, d'une République une et indivisible – ça remonte à 1789, à ROBESPIERRE, aux Jacobins, à Napoléon BONAPARTE, à la IIIème République - pour avoir une référence moins sulfureuse que celle de ROBESPIERRE nous sommes les héritiers de tout ça et nous sommes très attachés à l'unité de la République. Pour autant, est-ce que le fait de reconnaître et même de valoriser les langues régionales, qui font partie du patrimoine culturel de nos régions, de nos anciennes provinces, est-ce que c'est un vrai risque pour la République ? Je ne le crois pas ! Donc, je regrette les crispations, même si je les comprends – parce que vous avez dit madame TARNEAUD que certains accusent la droite de faire de l'électoralisme avec ça, la droite nous reproche la même chose d'ailleurs – je pense qu'à droite comme à gauche, parce qu'à gauche tout le monde n'est pas d'accord non plus avec cette réforme, avec cette reconnaissance des langues régionales, je pense qu'il y a des crispations qu'il faut comprendre…

PERRINE TARNEAUD
Là aussi, c'est peut-être le timing qui n'est pas très bon ?

ANDRE VALLINI
Et qu'il faut apaiser. Oui ! Mais ce n'est pas de notre fait s'il a fallu autant de temps pour inscrire ce texte à l'ordre du jour…

PERRINE TARNEAUD
Non ! Pas forcément.

ANDRE VALLINI
Au Sénat.

PERRINE TARNEAUD
Il a été remis un peu à l'ordre du jour aussi par le gouvernement, par l‘Exécutif, il aurait pu être inscrit un petit peu plus tôt ?

ANDRE VALLINI
Oui ! Enfin il fallait aussi l'accord du Sénat, ce qui n'était pas le cas.

PERRINE TARNEAUD
Oui !

VERONIQUE JACQUIER
Pour la prochaine Présidentielle, le député socialiste Jean-Jacques URVOAS propose que la liste des 500 parrainages des candidats soit rendue publique, jusqu'à présent certains noms étaient tirés au sort, c'est une façon évidemment pour que les élus assument politiquement leur choix, vous êtes d'accord avec cette proposition ?

ANDRE VALLINI
Oui ! Totalement, totalement, il faut pratiquer la transparence – c'est un mot à la mode – il faut qu'un élu, un élu de la République : maire, conseiller général, conseiller régional, lorsqu'il décide de parrainer la candidature d'une femme ou d'un homme à la présidence de la République, rende public ce parrainage bien sûr.

VERONIQUE JACQUIER
C'est le Front national qui est dans la ligne de mire ?

ANDRE VALLINI
Oh ! Mais pas du tout, il ne s'agit pas de se cacher, on ne doit pas se cacher, quand on est élu de la République on assume ses responsabilités, on assume ses actes, donc je suis favorable à la transparence dans ce domaine.

PERRINE TARNEAUD
On va revenir peut-être sur les chiffres du chômage, sur la baisse du chômage, Manuel VALLS a jugé que c'était évidemment le fruit des réformes du gouvernement, mais après, à partir là de 2016, quelles nouvelles réformes pour amplifier peut-être cette baisse du chômage ?

ANDRE VALLINI
Pourquoi de nouvelles réformes, toujours de nouvelles réformes ? Faisons déjà vivre, appliquons déjà, faisons réussir…

PERRINE TARNEAUD
Donc, vous estimez que la croissance est suffisante aujourd'hui en France ?

ANDRE VALLINI
Faisons réussir les réformes qui ont été votées. J'entendais ce matin à la radio, sans doute sur Sud Radio, en venant…

CYRIL VIGUIER
Absolument ! Vous avez tout à fait raison là-dessus.

ANDRE VALLINI
En venant dans votre studio, j'entendais des éléments d'information sur le coût du travail en France et en Allemagne, le coût du travail est maintenant en France un peu inférieur à ce qu'il est en Allemagne, le coût du travail, on a souvent dit…

PERRINE TARNEAUD
Il reste encore un peu inférieur !

ANDRE VALLINI
On a trop souvent dit que le travail coûtait trop cher, que la France n'était pas compétitive sur le plan économique parce que le travail coûtait trop, nous avons inversé cela, nous avons fait en sorte… avec le Crédit compétitivité, impôt compétitivité emploi, nous avons fait en sorte que les entreprises bénéficient de 30 milliards, 30 milliards, d'allégement de charges.

PERRINE TARNEAUD
Mais vous avez vu que selon la même étude, André VALLINI, le marché du travail est aussi plus précaire en France…

ANDRE VALLINI
Oui !

PERRINE TARNEAUD
Ça c'est inquiétant peut-être, non ?

ANDRE VALLINI
C'est inquiétant ! Bien sûr la précarité ce n'est jamais souhaitable. Il faut que le marché du travail soit le moins précaire possible et, en même temps, lorsque nous avons un chômage de masse, il faut aussi parfois savoir en passer par des phases de précarité de: contrat à durée déterminée ou d'intérim pour ensuite obtenir un CDI, il faut être réaliste, ne pas se cacher la réalité. Donc, le coût du travail est maintenant à un niveau raisonnable. Le Crédit impôt compétitivité emploi, mesure importante, 30 milliards d'euros d'allégement de charges, commence à porter ses fruits. Donc, si d'autres réformes sont nécessaires pour rendre le marché du travail plus compétitif encore, nous les ferons, mais je le répète madame TARNEAUD nous avons décidé beaucoup de choses qui commencent à monter en puissance, qui commencent à porter leurs fruits.

PERRINE TARNEAUD
Ca suffira pour inverser la courbe du chômage…

ANDRE VALLINI
Je l'espère ! Le chômage a commencé…

PERRINE TARNEAUD
C'est la promesse de François HOLLANDE…

ANDRE VALLINI
Le chômage a commencé à diminuer.

PERRINE TARNEAUD
Qui pourrait éventuellement se représenter en 2017 ?

ANDRE VALLINI
Oui ! J'ajoute que lorsqu'on regarde les choses de près, en Aquitaine, en Aquitaine – et Dieu sait si Alain ROUSSET mène une politique très active en matière d'emploi, très active, c'est vraiment le président de Région qui donne le la, qui est souvent suivi par d'autres en matière de dynamisme économique – en Aquitaine le chômage a baissé deux fois plus qu'au niveau national, les dernières statistiques montrent que c'est en Aquitaine que le chômage baisse le plus ; et je reviens aux Régionales, cela montre que quand un président de Région fait le maximum pour dynamiser économiquement sa région, ça peut marcher, donc parlons des enjeux régionaux et cessons la politique parisienne..

PERRINE TARNEAUD
Mais les Régions n'ont pas la main sur…

ANDRE VALLINI
Les Régions n'ont pas la main sur le chômage, madame TARNEAUD.

PERRINE TARNEAUD
Non ! Sur l'emploi, sur l'emploi.

ANDRE VALLINI
Sur le développement économique, sur l'économie. Elles vont avoir le quasi-monopole, l'exclusivité des politiques économiques. C'est la réforme territoriale, ce sont les Régions qui en France demain, comme en Allemagne aujourd'hui, ce sont les Régions qui seront responsables du développement des entreprises, de leur innovation, de leur internationalisation. Ce seront les Régions de demain.

PERRINE TARNEAUD
Vous avez refusé ici, au Sénat, que les Régions puissent avoir la main sur la politique de l'emploi.

ANDRE VALLINI
Je souhaitais qu'elles aient davantage la main sur la politique de l'emploi. Je le souhaitais, c'est vrai. Le débat a eu lieu au Sénat, à l'Assemblée aussi, nous avons fait un pas. Elles seront davantage associées à la politique nationale de l'emploi. Je pense que demain, il faudra aller plus loin encore.

VERONIQUE JACQUIER
La politique nationale justement, André VALLINI. Que faut-il que le président fasse pour l'emporter en 2017 ? Vous êtes en train de nous donner de petits éléments de réponse. Est-ce qu'il faut assumer une ligne social-libérale, assumer donc la fameuse ligne Macron, ou réunir une gauche qui est complètement éclatée en ce moment ?

ANDRE VALLINI
Réunir la gauche, c'est toujours nécessaire quand c'est possible. Quand je vois les déclarations des communistes ou de certains écologistes, je me dis que ce ne sera pas facile, en tout cas au premier tour. Tout reste possible au deuxième tour, y compris aux régionales, donc je ne suis pas pessimiste pour les régionales. Pour le reste, la ligne social-libérale, je ne sais pas ce que c'est Moi, je suis socialiste. Socialiste. Et pour moi, socialiste c'est une contraction de social et de réaliste. Aujourd'hui les socialistes au pouvoir, le gouvernement auquel j'appartiens, ce sont des socialistes bien sûr fidèles à l'idéal de justice sociale, d'égalité républicaine et en même temps réalistes. Nous prenons en compte la réalité économique : la mondialisation bien sûr, la nécessité de faire en sorte que nos entreprises soient plus compétitives – allègement des charges, crédit impôt compétitivité. Le socialisme d'aujourd'hui, le socialisme de François HOLLANDE, c'est du socialisme qui s'adapte à la réalité économique.

VERONIQUE JACQUIER
Donc vous aurez du mal à convaincre une certaine gauche.

ANDRE VALLINI
Je ne désespère pas que cette certaine gauche comme vous dites devienne réaliste et prenne en compte les réalités d'aujourd'hui, le fait que la France s'est engagée dans une compétition internationale sur le plan économique. On peut très bien, et c'est ce que nous faisons, réarmer la France sur le plan industriel, la rendre compétitive sur le plan économique, sans renoncer aux acquis sociaux. Il n'y a pas d'austérité en France. Regardez ce qui s'est passé en Espagne, au Portugal, en Grèce, là il y a eu de l'austérité, là il y a eu des reculs sociaux. Depuis que François HOLLANDE est au pouvoir, depuis 2012, aucun recule social, aucun renoncement à quelque acquis social que ce soit, mais une modernisation économique.

VERONIQUE JACQUIER
Donc vous pouvez nous dire que c'est la ligne Macron qui l'emporte ?

ANDRE VALLINI
Mais il n'y a pas de ligne Macron ou de ligne untel. Moi, je suis membre du gouvernement de Manuel VALLS qui réforme la France, qui la rend plus compétitive, dans la fidélité avec François HOLLANDE aux idéaux de la République, de la République sociale.

PERRINE TARNEAUD
Une dernière question sur la dotation globale de fonctionnement. Les élus locaux continuent de batailler contre votre projet de réforme. Est-ce que vous craignez un congrès mouvementé, le congrès de l'association des maires à la mi-novembre ? Est-ce que vous ne craignez pas également d'être désavoué lors de l'examen du projet de loi de finances 2016, vu le nombre d'amendements déposés contre cette réforme ?

CYRIL VIGUIER
Je rappelle un chiffre : onze milliards de moins en trois ans. C'est ce qui fait peur.

ANDRE VALLINI
Onze milliards de moins en trois ans, c'est vingt pourcent du plan d'économies de cinquante milliards que le gouvernement a décidé et vingt pourcent, c'est le poids que pèsent les dépenses locales dans la dépense publique nationale. C'est vingt pourcent. J'ajoute que la droite propose, elle, un plan d'économies de cent à cent cinquante milliards d'euros, plan d'économies qui ferait peser vingt-cinq à vingt-huit milliards sur les collectivités locales. La droite dénonce notre plan d'économies, notre diminution des dotations aux collectivités locales. Elle ferait bien plus et, j'allais dire, bien pire encore.

PERRINE TARNEAUD
Mais vous, vous n'avez pas désamorcé pour l'instant la grogne des élus.

ANDRE VALLINI
Les élus ne sont pas contents, on baisse les dotations.

PERRINE TARNEAUD
Donc ça va être chaud au congrès des maires ?

ANDRE VALLINI
Ça va être sans doute un peu difficile. On y sera, on fera front.

CYRIL VIGUIER
Vous y serez avec qui ? François HOLLANDE ou Manuel VALLS ?

ANDRE VALLINI
Je ne sais pas encore, Manuel VALLS devrait venir au congrès des maires, nous serons plusieurs ministres. Moi, je fais le tour de France. Je vais dans les départements les plus ruraux, les plus enclavés, les plus éloignés des centres urbains, ceux qui se disent abandonnés par Paris. J'étais dans le Cher, dans le Tarn, la Lozère, le Cantal, la Haute-Loire. Partout j'affronte les élus locaux et ça se passe bien. Ils ont compris qu'il fallait que l'argent public étant devenu plus rare, qu'on fasse tous des économies sur le fonctionnement de nos collectivités, alors nous irons au congrès des maires leur expliquer pourquoi nous baissons les dotations et pourquoi nous réformons la DGF. C'était votre question madame TARNEAUD. La DGF est devenue illisible, très compliquée et injuste. Elle aggrave les inégalités. Donc quand il y a moins d'argent, il faut aussi qu'il y ait plus de justice et c'est pourquoi nous allons faire cette réforme de la dotation globale de fonctionnement.

CYRIL VIGUIER
Merci André VALLINI. Vous êtes secrétaire d'Etat chargé de la réforme territoriale. A bientôt sur ce plateau.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 octobre 2015

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