Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France 2" le 4 novembre 2015, sur le projet de réforme du code du travail, sur le plan "Ecophyto". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France 2" le 4 novembre 2015, sur le projet de réforme du code du travail, sur le plan "Ecophyto".

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, SICARD Roland.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti : WILLIAM LEYMERGIE
… mais d'abord ce sont « Les 4 vérités », aujourd'hui Roland SICARD reçoit Stéphane LE FOLL, le ministre de l'Agriculture, porte-parole du gouvernement.

ROLAND SICARD
Bonjour à tous, bonjour Stéphane LE FOLL.

STÉPHANE LE FOLL
Bonjour.

ROLAND SICARD
C'est aujourd'hui qu'est présentée la réforme du Code du travail, est-ce que ce code trop épais, trop compliqué, c'est vraiment la cause de tous nos maux, est-ce qu'on n'exagère pas un petit peu ?

STÉPHANE LE FOLL
Ah ! Ce n'est pas la cause de tous les maux. Il y avait d'autres problèmes qui étaient posés à l'économie française, en particulier ces questions de compétitivité, il y a le Pacte de responsabilité, à redresser une économie et des entreprises qui avaient perdu depuis 10 ans des parts de marché à la fois à l'échelle européenne et à l'échelle mondiale, on retrouve avec le Pacte de compétitivité et de responsabilité un certain nombre de marges qui permettent aux entreprises d'investir et de créer de l'emploi. Le Code du travail c'est un sujet qui est en débat depuis longtemps et qui n'est pas…

ROLAND SICARD
Les patrons disent que c'est ce qui bloque tout aujourd'hui ?

STÉPHANE LE FOLL
Mais les patrons, les patrons disent toujours qu'il y a trop de charge, trop de normes, trop de droit, trop de protection… Bon ! Je comprends, donc il faut toujours dans ces débats ramener le sujet à l'objectif. Le Code du travail a une utilité c'était de donner aux salariés des protections et des règles qui devaient s'appliquer partout dans toutes les entreprises, on a besoin aujourd'hui – on le sait – de plus de capacités pour les entreprises à pouvoir s'adapter et à adapter aussi un certain nombre de règles parce que chacune des entreprises a un marché qui est différent et à besoin, à partir de là, de trouver des solutions qui peuvent plus adaptées. Qu'est-ce qu'on doit faire ?

ROLAND SICARD
Mais alors dans ce qu'on sait du projet il n'y a rien sur le contrat de travail….

STÉPHANE LE FOLL
Comment vous dites ça, monsieur SICARD, il n'y a pas rien…

ROLAND SICARD
Non ! J'ai dit dans ce qu'on sait du projet il n'y a rien sur le contrat de travail et rien sur les 35 heures…

STEPHANE LE FOLL
Oui !

ROLAND SICARD
Est-ce que là il ne fallait pas agir ?

STEPHANE LE FOLL
L'idée qui consisterait à dire qu'on allait bouleverser et le salaire minimum, et les 35 heures, et le contrat de travail ou le contrat à durée indéterminée, c'est quand même une idée qui consiste à dire : « on donne peu et on laisse une négociation s'ouvrir et tout est possible », non tout n'est pas possible, il y a des règles qui resteront et des protections pour les salariés qui resteront. En même temps – et c'est ça l'enjeu de la discussion, des propositions qui sont faites – on essaie aussi de trouver par la négociation et le dialogue social dans les entreprises, dans les branches, à tous les niveaux, le moyen de donner ces souplesses aux entreprises, dans une négociation qui respecte en fait quoi : l'intérêt de l'entreprise et l'intérêt des salariés, sachant que l'intérêt d'une entreprise qui se développe et qui crée de l'emploi c'est aussi l'intérêt des salariés et que les salariés ont besoin d'être protégés, d'avoir des droits et, en même temps, ils ont surtout une intention et une volonté c'est d'avoir un emploi et de le garder. Donc tout ça doit trouver sa convergence d'intérêts et cette discussion, ou les propositions que fera Myriam EL KHOMRI cet après-midi avec le Premier ministre, vont aller dans ce cens-là : la sécurité, des droits préservés, mais aussi de la souplesse pour les entreprises, elles en ont besoin.

ROLAND SICARD
Il y a d'autres réformes sur le tapis, notamment la taxe foncière pour les retraités qui ne la payaient pas, la réforme de l'allocation adulte handicapé, l'aide au logement, la réforme des donations aux communes, tout cela est abandonné, est-ce que ça veut dire que jusqu'aux élections il ne se passera plus rien ?

STÉPHANE LE FOLL
Non ! Ça veut dire que… d'abord dans le débat budgétaire qui s'est très bien passé, l'an dernier, si je me souviens – je ne suis peut-être pas venu à a même époque – mais, quand il y avait eu le débat budgétaire, c'était de savoir si on allait avoir une majorité pour voter notre budget, je rappelle simplement les questions que vous me posiez, là cette année il y a sur un certain nombre de sujets nécessité de prendre le temps, c'est le cas de la réforme de la DGF - enfin les dotations qui sont données aux collectivités – parce qu'on le sait on est dans une réforme lourde avec ce qui a été fait…

ROLAND SICARD
Mais il n'y a pas un rétropédalage du gouvernement…

STEPHANE LE FOLL
Mais non !

ROLAND SICARD
Sur l'ensemble de ces réformes ?

STEPHANE LE FOLL
Je prends la DGF ! Je vais aller jusqu'au bout. DGF c'est une réforme très lourde qui concerne toutes les collectivités, donc ce changement nécessite qu'on prenne le temps, en particulier parce qu'il y a une reconfiguration des intercommunalités, premier point ; deuxième point, sur le handicap et les sujets qui étaient posés sur l'allocation, l'A.A.H, là le sujet était qu'une simplification du versement de cette allocation avait des conséquences pour un certain nombre de personnes qui la touchaient en termes de revenus et pouvait avoir des conséquences en termes d'accès à cette allocation, donc il faut recaler et revoir notre dispositif ; et puis sur la question des retraités et de la fiscalité liée à l'abandon de la ½ part par la droite en 2008 et ses conséquences sur les impôts locaux, là il dallait aussi, après que les conséquences se soient enchaînées les unes derrière les autres, avec des résultats que l'on sait, faire en sorte que les retraités ne paient pas cette taxe d'habitation…

ROLAND SICARD
Il n'y a pas un petit peu d'amateurisme, comme ça se dit à droite ?

STEPHANE LE FOLL
Il n‘y a pas d'amateurisme du tout ! Je vous le dis. L'an dernier la seule question qui était posée, c'était : est-ce que vous avez une majorité ? Cette année la question qui est posée, c'est : est-ce qu'il y a de l'amateurisme ? Non ! On ajuste, on écoute et on avance, voilà le principe et la méthode.

ROLAND SICARD
Autre sujet ! L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, il faut le faire, il ne faut pas le faire ?

STÉPHANE LE FOLL
C'est un sujet qui, depuis le début de ma carrière politique… alors elle n'est pas si longue que ça, mais elle a commencé quand même quand j'étais assez jeune, puisque j'ai été élu dans un petit village à 23 ans, dont j'entends parler, et ça fait très longtemps. Le sujet c'est qu'il y a des règles qui doivent être respectées, en particulier sur toutes les procédures d'expropriation, il y a un certain nombre de règles qui ont été appliquées qui doivent être respectées et on n'exproprie pas simplement pour le plaisir d'exproprier, il y a une justification, la justification c'était un engagement sur un aéroport, donc on respecte toutes les procédures et ce qui a été décidé par le Premier ministre c'est simplement le respect de l'ensemble des procédures, en particulier vis-à-vis de ceux qui ont été expropriés ; Ensuite ce débat il devrait être posé sur l'intérêt aussi général qui est posé dans cette région des Pays de Loire, avec une grande ville comme Nantes qui voit des avions passer au-dessus de la tête des habitants et qui voit son aéroport aujourd'hui être de plus en plus utilisé, donc comment on fait pour avoir sur cette question un débat qui soit apaisé ? Je comprends que certain s'y opposent pour des raisons qui ont pu être justifiées et qui ont fait qu'on a corrigé ce projet, mais je comprends aussi que d'autres se disent : « Mais, attendez, sur un enjeu pareil on doit trouver ce qui va pour l'environnement, ce qui respecte les règles et ce qui fait aussi qu'on porte un peu un intérêt général et un intérêt de développement.

ROLAND SICARD
Ce matin vous présentez un plan, un plan qui s'appelle « Ecophyto », ça veut dire moins de pesticides dans les cultures, pas facile à faire passer pur les agriculteurs ?

STÉPHANE LE FOLL
Non ! Ce n'est pas facile à faire passer et je voudrais ce matin leur dire aux agriculteurs que ce plan il n'est pas du tout fait contre les agriculteurs, au contraire ce plan pour diminuer l'utilisation des pesticides il est fait pour les agriculteurs. On parle beaucoup de la compétitivité, on parle des charges à juste raison, on a aussi des charges opérationnelles, quand vous achetez des phytos c'est un coût pour les agriculteurs, le fait de réduire à la condition qu'on ait les alternative ça sera à la fois bon pour l'environnement et économiquement bon pour les agriculteurs. C'est ça que je vais expliquer et c'est ça que je veux expliquer, parce que c'est les deux qui font le sens de ce plan « Ecophyto version 2 » puisqu'il y avait eu un plan « Ecophyto version 1 » qui a donné des résultats pas en terme global mais sur un certain nombre d'expérimentations qui ont été produites, donc j'utilise les résultats des expérimentations et je développe un plan deuxième version pour aboutir à faire baisser d'ici 2025 50 % l'utilisation des phytosanitaires.

ROLAND SICARD
Merci !

STÉPHANE LE FOLL
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 novembre 2015

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