Interview de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, à BFM TV le 6 novembre 2015, sur l'éventualité de confier à des prestataires privés l'utilisation des radars embarqués dans des véhicules banalisés, le rétablissement de l'ordre à Moirans (Isère), l'organisation de la conférence Climat, la crise migratoire et la lutte contre le trafic de drogue. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, à BFM TV le 6 novembre 2015, sur l'éventualité de confier à des prestataires privés l'utilisation des radars embarqués dans des véhicules banalisés, le rétablissement de l'ordre à Moirans (Isère), l'organisation de la conférence Climat, la crise migratoire et la lutte contre le trafic de drogue.

Personnalité, fonction : CAZENEUVE Bernard, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre de l'intérieur;

ti : Jean-Jacques BOURDIN
Notre invité ce matin, Bernard CAZENEUVE, ministre de l'Intérieur, bonjour.

Bernard CAZENEUVE
Bonjour.

Jean-Jacques BOURDIN
Séisme dans les Hautes-Alpes, 4,4 apparemment, près de Barcelonnette, à quelques kilomètres. Des dégâts, des victimes ?

Bernard CAZENEUVE
Non, pas de victime, pas de dégât qui ait encore été porté à notre connaissance, il est possible que dans les heures qui viennent des collectivités locales nous fassent part de tel ou tel impact sur leur territoire de ce séisme, mais il n'y a pas de nouvelle alarmante à l'heure qu'il est.

Jean-Jacques BOURDIN
Autre question d'actualité ensuite, le cœur de notre interview portera sur la migration. Est-il vrai que la vitesse sur les routes et autoroutes ne serait bientôt plus contrôlée par policiers et gendarmes, mais par des sociétés privées, concessionnaires d'autoroutes ou autres ?

Bernard CAZENEUVE
Non, pas du tout. J'ai pris une décision…

Jean-Jacques BOURDIN
Pas du tout ?

Bernard CAZENEUVE
Non. j'ai pris une disposition, enfin, le Premier ministre a accepté, dans le cadre du dernier conseil interministériel de la sécurité routière, de retenir une proposition que j'avais faite, et qui consistait, pour les véhicules dans lesquels il y a des radars embarqués, de confier à des réservistes de la gendarmerie, ou dans le cadre d'un cahier des charges établi par l'Etat, le soit à des structures privées, si nous n'y arrivons pas avec les réservistes, de procéder à ces contrôles embarqués. Mais pour ce qui concerne les motards qui interviennent sur les autoroutes, dans le cadre des autres contrôles de vitesse, pour ce qui concerne les radars qui sont mis en place par l'Etat, à la fois les radars leurres, les radars mobiles, c'est l'Etat qui continuera à exercer cela, bien entendu.

Jean-Jacques BOURDIN
Pour les radars embarqués, des sociétés privées pourraient intervenir.

Bernard CAZENEUVE
Pourraient. Mais, pourquoi est-ce que nous avons proposé cette disposition ? Pour une raison très simple, c'est que moi je souhaite, compte tenu du fait que nous avons un problème de respect de la vitesse sur les routes, que nous puissions accroître considérablement les contrôles, et ces contrôles sont extraordinairement chronophages et prennent beaucoup de temps pour les forces de l'ordre. Et j'ai en même temps besoin, moi, de concentrer les forces de sécurité sur le renseignement, sur la lutte contre le terrorisme, sur la maîtrise des flux migratoires, sur la sécurité publique. Et proposer à des réservistes, si nous n'y arrivons pas avec, proposer à des socités privées, dans le cadre d'un cahier des charges maîtrisé par l'Etat, de le faire, est une proposition que j'ai avancée il y a de nombreux mois, qui a été retenue par le Premier ministre, mais qui est une proposition qui n'a pas du tout vocation, contrairement à d'autres qui ont été formulées, à remettre en cause les prérogatives régaliennes de l'Etat sur les autoroutes en matière de contrôles routiers. Ça, je ne le ferai pas.

Jean-Jacques BOURDIN
Bien. Contrairement à ce que propose Nicolas SARKOZY, sur les autoroutes.

Bernard CAZENEUVE
Par exemple.

Jean-Jacques BOURDIN
Par exemple.

Bernard CAZENEUVE
Enfin, ce n'est pas du tout par volonté de m'opposer systématiquement à ce que dit Nicolas SARKOZY, ce n'est pas mon caractère, ni mon tempérament, mais je pense que ce n'est pas souhaitable que les services et les forces de sécurité se désengagent de leurs prérogatives régaliennes, dans la totalité de ces prérogatives, au profit de sociétés privées, c'est une très mauvaise idée.

Jean-Jacques BOURDIN
Vous partez pour Moirans, en Isère, tout à l'heure, avec Manuel VALLS…

Bernard CAZENEUVE
Oui, je vois que vous êtes aussi bien informé que moi.

Jean-Jacques BOURDIN
Le Premier ministre – c'est mon métier. 20 octobre dernier, violences, voitures incendiées, une gare et un restaurant saccagé par des gens du voyage, nous sommes le 6 novembre. 20 octobre/ 6 novembre, aucune interpellation, pourquoi ?

Bernard CAZENEUVE
Parce que simplement les interpellations elles sont conduites sous l'autorité du procureur de la République. Et puisque vous m'interrogez sur ce sujet, je vais me permettre une mise au point à votre antenne. Il y a toute une série de polémiques qui sont engagées sur l'autorité de l'Etat et la capacité des forces de l'ordre à maintenir l'ordre là où elles sont. Que s'est-il passé à Moirans ? Et en même temps que je vous raconte ce qui s'est passé à Moirans, je vous fais part de l'irresponsabilité de ceux qui, sur ce sujet-là, ont engagé des polémiques qui n'avaient pas lieu d'être.

Jean-Jacques BOURDIN
Qui est irresponsable ?

Bernard CAZENEUVE
Mais, la droite notamment, a engagé, sur ce sujet, des polémiques qui n'avaient pas lieu d'être. La droite aurait été mieux inspirée, si elle est attachée à l'autorité de l'Etat, de remercier, de féliciter, les gendarmes qui sont intervenus, avec les policiers et les pompiers, dans des conditions extrêmement difficiles, pour rétablir l'ordre en 2 heures. Et je veux rappeler à ceux qui font des commentaires sur ce sujet qu'il fut une époque où il y a eu des émeutes dans les quartiers sensibles pendant 3 semaines, et qu'on a déclaré l'état d'urgence. A ce moment-là j'étais dans l'opposition, mais comme j'ai un certain sens de l'Etat, et de l'intérêt général, je me suis abstenu de faire des commentaires hasardeux. Ça a duré 3 semaines, là ça a duré 2 heures. Que s'est-il passé très précisément ? Il y a des gens du voyage qui commettent des exactions, des actes qui sont absolument intolérables, je délègue immédiatement sur place des unités de forces mobiles, parce que lorsque nous rétablissons l'ordre nous rétablissons l'ordre dans des conditions qui doivent être rapides et qui en même temps doivent éviter le moindre incident, le moindre mort. Le rétablissement de l'ordre suppose cela. Et pour avoir vécu la tragédie de Sivens je suis particulièrement attentif à ces sujets. Parce que, souvenez-vous, qu'à ce moment-là, aussi, il y avait eu des polémiques, de la part de ceux qui n'aiment que les polémiques. Nous sommes donc en situation de rétablir l'ordre après l'arrivée des forces mobiles, en 2 heures, et 3 heures après, c'est-à-dire 1 heure après que l'ordre a été rétabli, pour ce qui me concerne je suis sur place. Et qu'est-ce que je vois sur place ? je vois des gendarmes qui ont exposé leur vie pour assurer la sécurité, aux côtés des services du département, d'incendie et de secours, et des policiers, je vois des élus, qui pour une grande partie d'entre eux, dans cette partie du département de l'Isère, appartiennent à l'opposition, au parti des Républicains, qui remercient l'Etat pour le travail qui a été accompli et la célérité avec laquelle l'ordre a été rétabli. Et, quelques heures après, je vois d'autres responsables du parti Républicains qui enclenchent des polémiques. Et vous me dites pourquoi est-ce que les interpellations n'ont pas eu lieu ? Parce que nous sommes dans un Etat de droit. Tous les éléments qui sont à disposition de la gendarmerie ont été communiqués au Parquet, le procureur de la République a dit qu'il conduisait les enquêtes, parce que c'est l'Etat du droit.

Jean-Jacques BOURDIN
Il y aura des interpellations ?

Bernard CAZENEUVE
Mais, il y aura des interpellations, parce que nous avons des éléments qui permettent de procéder aux interpellations, mais…

Jean-Jacques BOURDIN
Des interpellations vont être réalisées ?

Bernard CAZENEUVE
Mais à chaque fois, vous m'entendez Jean-Jacques BOURDIN, à chaque fois qu'il y a un acte de ce type, qui est commis, les forces de l'ordre donnent à la justice l'ensemble des éléments de manière à ce que l'action publique soit enclenchée. Le procureur de la République de Moirans, qui s'est exprimé, l'a fait avec le sens du droit, le respect du droit et des procédures.

Jean-Jacques BOURDIN
Est-ce que des personnes ont déjà été interpellées, sans qu'on le sache ?

Bernard CAZENEUVE
Je n'ai pas à répondre à cela, parce que si vous ne le savez pas, c'est que le procureur de la République…

Jean-Jacques BOURDIN
Mais vous le savez, vous.

Bernard CAZENEUVE
Je n'ai pas à répondre à cette question parce que l'autorité de l'Etat et le respect des règles de droit ça marche ensemble, et je le dis aussi à tous ceux qui ont l'air de considérer qu'on pourrait faire plus d'autorité de l'Etat en respectant moins l'indépendance de la justice, moins les principes de droit, moins les prérogatives des procureurs de la République. Comme l'a dit excellemment le Premier ministre dans une tribune publiée ce matin : l'autorité de l'Etat c'est le respect du droit, c'est le respect de la séparation des pouvoirs, c'est le respect des prérogatives des juges. Et c'est aussi, permettez-moi de le dire comme ministre de l'Intérieur avec solennité, c'est la capacité de ceux qui sont investis de la responsabilité publique, et qui ont parfois exercé les plus hautes responsabilités dans l'appareil d'Etat, d'être capables de dire aux forces de l'ordre, lorsqu'elles exposent leur vie, pour assurer le rétablissement de l'ordre : merci pour le travail républicain que vous avez accompli.

Jean-Jacques BOURDIN
Vous voulez dire que vous avez été choqué par les propos de Nicolas SARKOZY ?

Bernard CAZENEUVE
Mais, je ne suis pas…

Jean-Jacques BOURDIN
Vous voulez dire que… je ne veux pas engager de polémique, Bernard CAZENEUVE, mais dites franchement les choses, vous n'avez pas aimé ce qu'a dit Nicolas SARKOZY.

Bernard CAZENEUVE
Vous comprendrez, Jean-Jacques BOURDIN, qu'ayant une certaine idée de l'Etat, étant habité au plus profond de moi-même par le sens de l'Etat, je n'ai pas envie d'enclencher, à votre antenne, et tous les jours, des débats avec ceux qui contribuent, par leurs propos, à abaisser l'Etat constamment. Parce que lorsque l'on remet en cause l'indépendance de la justice…

Jean-Jacques BOURDIN
On abaisse l'Etat, Nicolas SARKOZY abaisse l'Etat ?

Bernard CAZENEUVE
Pourquoi me parlez-vous de Nicolas SARKOZY ? Vous êtes la proie à des idées fixes.

Jean-Jacques BOURDIN
Ce n'est pas une idée fixe, vous y faites allusion, c'est le fond de votre pensée Bernard CAZENEUVE.

Bernard CAZENEUVE
Mais si ce n'était que Nicolas SARKOZY, le sujet serait anecdotique. Lorsqu'un responsable des Républicains, sous prétexte qu'il y a une primaire et qu'on est à la course au démago-populisme, indique, dimanche, que nous concentrons volontairement des migrants à Calais, alors qu'il y a une crise migratoire considérable, et que toute l'énergie qui est la mienne consiste à faire en sorte de désengorger Calais pour réserver à ceux, qui relèvent du statut de réfugié en France, le meilleur accueil dans notre pays, ça s'appelle comment cela ? Ça s'appelle un abaissement de la parole publique. Pourquoi ? Parce que, en faisant cela, on réveille des instincts dont la République n'a nul besoin, on convoque des contrevérités plutôt que, dans la plus grande rigueur intellectuelle, regarder les faits. Et moi je considère que le sens de l'Etat, l'autorité de l'Etat, la rigueur intellectuelle, l'adéquation du discours tenu par rapport à la réalité des faits, ça compte, parce que j'ai été élevé à la politique dans la lecture des textes de Pierre MENDES FRANCE et pas dans les outrances du démago-populisme.

Jean-Jacques BOURDIN
Sur Moirans, je termine et je referme Moirans, il y aura donc des interpellations, vous ne m'en direz pas plus, on est bien d'accord ?

Bernard CAZENEUVE
Mais comment voulez-vous qu'un ministre de l'Intérieur, qui tous les jours donne des instructions extrêmement strictes aux préfets, et aux directeurs généraux des forces de l'ordre, pour qu'en tous points du territoire le droit passe, puisse considérer que lorsque des actes aussi graves se sont produits, et alors même que la gendarmerie et la police nationale ont communiqué, comme cela est le droit, aux autorités judiciaires, l'ensemble des éléments qui permettent de procéder aux interpellations, je puisse vous dire, à cette antenne, qu'il faudrait qu'il n'y en ait pas ?

Jean-Jacques BOURDIN
Donc il y en aura. Bernard CAZENEUVE, est-il vrai que la France va fermer ses frontières ?

Bernard CAZENEUVE
Non, la France va fermer ses frontières pendant quelques semaines à l'occasion…

Jean-Jacques BOURDIN
Ah ! Donc vous confirmez. La France va fermer ses frontières. Oui.

Bernard CAZENEUVE
Jean-Jacques BOURDIN, faisons un peu de pédagogie si vous le voulez bien.

Jean-Jacques BOURDIN
Faites-le.

Bernard CAZENEUVE
Donc vous allez me laisser développer ma réponse.

Jean-Jacques BOURDIN
Allez-y.

Bernard CAZENEUVE
Nous avons une manifestation qui s'appelle la COP21. Cette manifestation, qui s'appelle la COP21, est une manifestation qui va rassembler de très nombreux chefs d'Etat et de gouvernement, des délégations d'organisations non-gouvernementales, des personnalités issues d'organisations internationales, dans un contexte de menaces, terroristes, ou de risques de troubles à l'ordre public, qui pourraient venir entacher cette grande manifestation internationale, qui porte, par ailleurs, un grand message pour l'Humanité. Nous avons pris la décision, comme cela a été le cas dans d'autres pays au moment de l'organisation de la Conférence climat, pendant la Conférence climat, de procéder à un contrôle aux frontieres, de telle sorte à ce que, un certain nombre de personnes susceptibles de porter atteinte au bon déroulement de cette manifestation…

Jean-Jacques BOURDIN
Les altermondialistes par exemple.

Bernard CAZENEUVE
Il y a des altermondialistes qui sont dans une parole pacifique, qui appartiennent à des organisations non-gouvernementales…

Jean-Jacques BOURDIN
Oui, mais il y en a qui sont violentes.

Bernard CAZENEUVE
Et pour lesquelles, même, nous facilitons l'obtention des visas à travers des procédures simplifiées.

Jean-Jacques BOURDIN
Donc vous allez suspendre la libre circulation des citoyens de l'Union européenne, pendant combien de temps ?

Bernard CAZENEUVE
Pendant le déroulement de la conférence.

Jean-Jacques BOURDIN
Un mois ?

Bernard CAZENEUVE
A peu près.

Jean-Jacques BOURDIN
Pendant 1 mois ?

Bernard CAZENEUVE
Voilà.

Jean-Jacques BOURDIN
Donc, pendant 1 mois, suspension de Schengen.

Bernard CAZENEUVE
Pendant 1 mois nous allons établir des contrôles aux frontières, ce qui n'est pas du tout une suspension de Schengen, parce que, comme vous le savez, parce que vous avez l'esprit de rigueur, Schengen prévoit, dans un de ses articles, la possibilité, pour des Etats, de le faire, dans des circonstances particulières, qui correspondent à ceux de la COP21.

Jean-Jacques BOURDIN
… signataires.

Bernard CAZENEUVE
Je vois très bien où vous voulez m'engager, on passe maintenant au deuxième sujet que vous voulez aborder, qui est celui des migrations…

Jean-Jacques BOURDIN
Evidemment. C'est bien, votre perspicacité est réelle.

Bernard CAZENEUVE
Et vous êtes en train de m'expliquer, vous êtes en train de me conduire à vous expliquer que ceux qui préconisent qu'il faut suspendre…

Jean-Jacques BOURDIN
C'est mon rôle.

Bernard CAZENEUVE
Bien entendu, et c'est mon rôle de vous y répondre, voyez que je le fais…

Jean-Jacques BOURDIN
Exactement, et bien me répondre.

Bernard CAZENEUVE
Avec un certain bonheur. Ce n'est pas parce que nous allons suspendre pendant quelques semaines la libre circulation en mettant en place des contrôles aux frontières, qui sont prévus par le code frontières Schengen, que nous nous engageons dans un chemin qui consisterait…

Jean-Jacques BOURDIN
A poursuivre cette suspension.

Bernard CAZENEUVE
Face à une crise migratoire majeure, à remettre en cause les principes de Schengen.

Jean-Jacques BOURDIN
Enfin, c'est François HOLLANDE qui dit quand même « je veux rendre la frontière encore plus étanche », ce n'est pas qui le dit, c'est le président de la République.

Bernard CAZENEUVE
Le président de la République, quand il dit cela, je ne sais pas de quelle déclaration est issu ce propos, mais pour lui parler très souvent…

Jean-Jacques BOURDIN
Il a dit ça au début de la semaine.

Bernard CAZENEUVE
Non, mais pour lui parler très souvent je sais quelle est sa pensée, et ce qu'il faut rendre étanche, et c'est un combat que je mène depuis de nombreux mois et sur lequel je vais mettre le paquet, comme l'on dit, à l'occasion de la réunion des ministres de l'Intérieur lundi, c'est qu'il faut rendre étanche, ou en tous les cas davantage contrôler, les frontières extérieures de l'Union européenne. Parce que, si nous ne sommes pas capables de contrôler les frontières extérieures de l'Union européenne, alors nous ne serons pas capables d'accueillir durablement ceux qui relèvent du statut de réfugiés, en Europe, et il n'y aura bientôt plus de capacité de maintenir la libre circulation à l'intérieur…

Jean-Jacques BOURDIN
Alors qu'allez-vous proposer ?

Bernard CAZENEUVE
Je pense qu'il faut faire monter en puissance FRONTEX aux frontières extérieures de l'Union européenne. J'avais fait une proposition, qui avait été retenue comme tout à fait intéressante par le Conseil justice affaires intérieures, il y a quelques semaines, de mettre en place un véritable corps de gardes frontières et de gardes côtes aux frontières extérieures de l'Union européenne. Moi je suis favorable à ce que FRONTEX monte en puissance et je suis très favorable à ce que l'Europe comprenne qu'il y a une temporalité de la crise migratoire, qui n'est pas la temporalité de la prise de décisions au sein de l'union européenne. Et pour dire les choses simplement, je considère que l'Union européenne a mis trop de temps à prendre les bonnes décisions, en dépit de l'énergie que nous avons mise, la France, à les lui faire prendre, et qu'elle met trop de temps à les appliquer.

Jean-Jacques BOURDIN
Alors concrètement, que faudra-t-il faire ?

Bernard CAZENEUVE
Il y a pour moi deux décisions majeures à prendre, Jean-Jacques BOURDIN, et sur lesquelles je vais beaucoup insister à l'occasion du Conseil justice affaires intérieures de lundi. Première décision, il faut un véritable dispositif de contrôles aux frontières extérieures de l'Union européenne. Le Premier ministre, le président de la République, ont dit leur disponibilité, je la confirmerai lundi, pour que l'on donne des moyens, français, à FRONTEX, pour conforter les effectifs de FRONTEX et lui permettre de mettre en place ce dispositif, et au Bureau européen de l'asile. Ça c'est la première décision.

Jean-Jacques BOURDIN
Un genre de douane européenne en quelque sorte.

Bernard CAZENEUVE
Des gardes côtes européennes, des gardes frontières européennes, parce que ce que nous faisons en matière d'accueil…

Jean-Jacques BOURDIN
Un corps de gardes frontières européen ?

Bernard CAZENEUVE
Absolument, c'est une proposition que j'ai avancée, j'y tiens beaucoup, je pense qu'elle doit être poussée, je pense que FRONTEX doit être en situation d'avoir les moyens d'assurer le contrôle des frontières extérieures de l'Union européenne. Et la deuxième chose que je crois urgente, c'est de rehausser significativement les moyens des ONG et du HCR pour assurer un niveau d'aide humanitaire dans les camps, au Liban, en Jordanie, et en Turquie, qui permettent de maîtriser la situation migratoire. Voilà les deux urgences.

Jean-Jacques BOURDIN
Bien. Calais, combien, aujourd'hui, dans la fameuse « jungle » ? D'ailleurs il n'y a pas que la « jungle » de Calais, il y a plusieurs endroits où se concentrent les migrants, ou les réfugiés. Combien sont-ils aujourd'hui ?

Bernard CAZENEUVE
Le prochain comptage aura lieu mardi, mais ce que je peux vous dire c'est que nous avons assisté, au cours des derniers jours, à une diminution du nombre de migrants à Calais. Pourquoi est-ce que nous avons assisté à une diminution du nombre de migrants à Calais ? D'abord parce que moi j'ai une solution humanitaire pour Calais, qui est une vraie solution humanitaire pour Calais, et qui consiste, plutôt que de concentrer des milliers de personnes à Calais, qui est une impasse pour ceux qui ont déjà connu la détresse et les chemins de l'exode. Je préfère, parce que c'est ça la vraie solution humanitaire, concentrer par petites unités, avec un véritable accompagnement social, une véritable stratégie d'accompagnement vers l'asile, les migrants qui relèvent du statut de réfugiés en France. C'est ce que nous avons fait la semaine dernière en proposant ce type d'accueil dans une trentaine de communes de France, qui se sont déclarées volontaires, à à peu près 900 migrants qui étaient à Calais. Je me suis rendu hier à Vitry-le-François, pour constater sur place les conditions dans lesquelles cet accueil humanitaire est réalisé. Et j'ai vu des réfugiés, qui étaient d'abord dans l'émotion de pouvoir trouver enfin un peu de calme et d'accompagnement, de la part des services sociaux qui étaient mis à leur disposition, et j'ai vu des conditions humanitaires qui sont sans commune mesure avec celles qu'on pourrait mettre en place à Calais si on inventait le meilleur des camps de réfugiés du monde. Je pense que Calais n'a pas à supporter seule toutes ces difficultés, que nous sommes en situation, dans un pays…

Jean-Jacques BOURDIN
900, et bientôt plusieurs milliers ?

Bernard CAZENEUVE
Attendez, je termine… mais, mon objectif c'est cela, et j'appelle…

Jean-Jacques BOURDIN
Les 6000.

Bernard CAZENEUVE
Mon objectif c'est, dans un pays de 65 millions d'habitants, qui compte 36.000 communes, avec un peu de volonté, et d'humanité, et de responsabilités, on peut être en situation de répartir ceux qui sont à Calais. Il faut, pour cela, que tout le monde tire dans le même sens. Et j'appelle toutes les organisations non-gouvernementales, toutes les associations, dont je sais l'engagement, dont je sais la bonne foi, à m'aider à réussir ce pari, et je les invite aussi à se rendre dans les petits centres que nous avons créés, pour entendre le discours qui m'a été tenu hier soir par les réfugiés qui sont en France. Pourquoi ? Parce que la vraie solution humanitaire elle est là, elle n'est pas dans la concentration de la précarité et de la misère à Calais.

Jean-Jacques BOURDIN
La lutte contre la drogue. 13 mai dernier vous êtes à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, vous annoncez des mesures chocs pour éradiquer le trafic de drogue. Aujourd'hui les dealers se sont réinstallés ?

Bernard CAZENEUVE
Non, mais j'ai vu votre reportage tout à l'heure, qui m'a un peu agacé…

Jean-Jacques BOURDIN
Oui, j'ai vu votre colère.

Bernard CAZENEUVE
Non, la colère n'est pas dans…

Jean-Jacques BOURDIN
L'agacement.

Bernard CAZENEUVE
La colère n'est pas dans mon tempérament, mais je réagis…

Jean-Jacques BOURDIN
Le reportage montre que le deal se poursuit.

Bernard CAZENEUVE
Non, non, je vais…

Jean-Jacques BOURDIN
Non ? Alors, allez-y.

Bernard CAZENEUVE
Sur ces sujets, faisons de la pédagogie.

Jean-Jacques BOURDIN
Il faut être précis, alors allez-y.

Bernard CAZENEUVE
Des trafiquants se sont enkystés depuis des années dans des quartiers où les trafics font la loi, et les trafiquants font la loi. Je ne peux pas l'accepter. C'est la raison pour laquelle, après que le Premier ministre, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, a mis en place des Zones de Sécurité Prioritaires, à Marseille, nous avons engagé une action globale qui consiste à saturer les quartiers, où ces trafics ont lieu, de forces de sécurité, de donner à ces forces de sécurité les moyens d'éradiquer ces trafics. Et nous avons, au cours de l'année 2014, obtenu des résultats, en matière de lutte contre le trafic de drogue, que ce pays n'avait jamais obtenus. Je prends des exemples concrets. En matière de cocaïne, c'est 7 tonnes de cocaïne, qui ont été saisies, 1 tonne d'héroïne, et pour ce qui concerne le cannabis, on est passé de 44 à 47 tonnes, et nous avons saisi des avoirs criminels dans des proportions dans lesquelles nous ne les avions jamais saisis. Qu'est-ce que j'ai fait à Saint-Ouen ? A Saint-Ouen j'ai décidé de mobiliser toutes les administrations de l'Etat, non seulement celles qui dépendent de mon ministère, mais grâce au concours de Michel SAPIN et de Christian ECKERT, les douanes. Et nous avons, par cette action, depuis qu'elle est engagée, et elle est appelée à se poursuivre dans la durée parce que c'est dans la durée qu'on obtient des résultats, réussi à arrêter 900 personnes, dont beaucoup étaient des consommateurs, à peu près 700, une centaine étaient des trafiquants. La justice est passée, cette action va se poursuivre, et elle se poursuit sur tous les départements de France où la drogue s'est enkystée, et plus particulièrement dans la circonscription de sécurité publique dans laquelle je vais me rendre. Et pour montrer l'importance du travail fait par la police, à laquelle je vais rendre hommage tout à l'heure, le 2 novembre, nous avons arrêté 14 trafiquants, qui étaient des trafiquants enkystés dans le quartier, qui tentaient de faire régner leur loi, notamment sur le quartier, la ZSP, sur le quartier de la gare à Saint-Denis, et ils pourvoyaient chaque jour de la drogue auprès de 200 consommateurs dans la cité Péri à Saint-Denis. Eh bien ces 14 personnes ont été arrêtées, sont aujourd'hui en garde à vue, et parce que le travail d'enquête et d'investigations a été total, parfait, complet, nous avons réussi à identifier aussi quelle était la source de ce trafic, situé Outre-mer, en Martinique. Eh bien ces actions-là, qui peuvent d'ailleurs aussi conduire, quand le périmètre des trafiquants de drogue se réduit, à des règlements de comptes, dans un premier temps, plus importants que par le passé, parce que c'est aussi ce qui a pu conduire à des règlements de comptes, le rétrécissement du trafic, le manque d'oxygène sur les périmètres de ce trafic, de ceux qui en étaient à l'origine, eh bien tout cela doit se poursuivre, doit s'intensifier. Et quand on parle de ces sujets, mettons en perspective l'action, montrons d'où l'on part, ne perdons pas l'objectif à atteindre, et là aussi rendons compte de l'action conduite et saluons les forces de l'ordre lorsqu'elles accomplissent des prouesses, comme celles qui ont été accomplies, à travers l'arrestation de 14 trafiquants en Seine-Saint-Denis il y a quelques jours.

Jean-Jacques BOURDIN
Bernard CAZENEUVE, je ne voulais pas vous interroger sur Myriam EL KHOMRI, parce que je ne veux pas revenir sur ce qu'elle avait dit, ou mal dit, ou pas dit…

Bernard CAZENEUVE
Si vous ne voulez pas m'interroger, ne m'interrogez pas. Vous n'êtes pas obligé.

Jean-Jacques BOURDIN
Si, je vous interroge parce que, vous savez pourquoi, parce qu'après, dans la cour de l'Elysée, après le Conseil des ministres, elle a tenu des propos qui mettent en cause ma rigueur journalistique. Ecoutez et regardez.

Myriam EL KHOMRI
Jean-Jacques BOURDIN avait préparé son coup, il voulait son buzz, il a eu son buzz, je ne suis pas la première, je ne serai pas la dernière. Est-ce que je dois réciter l'intégralité des articles du code du travail en allant sur une émission de Jean-Jacques BOURDIN ? Ce n'est pas mon rôle. Est-ce que parce que j'ai répondu 3 au lieu de 2, alors que c'est 3 contrats, je suis incompétente ? C'est le buzz, c'est le temps médiatique, voilà.

Jean-Jacques BOURDIN
Ce n'est pas du buzz, Bernard CAZENEUVE. Quel conseil lui donnez-vous ?

Bernard CAZENEUVE
Mais c'est une fille épatante Myriam EL KHOMRI.

Jean-Jacques BOURDIN
Je n'ai jamais pensé qu'elle n'était pas épatante.

Bernard CAZENEUVE
Non, mais puisque vous m'interrogez sur elle, je vais vous dire ce que j'en pense. C'est une fille qui a, vraiment au plus profond du cœur, de la sincérité. C'est une jeune femme qui travaille sans compter son temps, c'est une jeune femme qui témoigne d'une grande compétence, et vous savez, Jean-Jacques BOURDIN ? Si on se met à jouer au Trivial Pursuit, tous les deux, on peut…

Jean-Jacques BOURDIN
Mais c'est du Trivial Pursuit que de demander…

Bernard CAZENEUVE
L'un d'entre nous peut perdre.

Jean-Jacques BOURDIN
Non, mais attendez…

Bernard CAZENEUVE
Et ça n'aura aucune signification…

Jean-Jacques BOURDIN
Là, je ne peux pas vous laisser passer ça…

Bernard CAZENEUVE
Ça n'aura aucune signification sur le niveau de compétences de l'un ou de l'autre.

Jean-Jacques BOURDIN
Je ne peux pas vous laisser passer ça.

Bernard CAZENEUVE
Mais, Jean-Jacques BOURDIN…

Jean-Jacques BOURDIN
Ce n'est pas du Trivial Pursuit que de demander…

Bernard CAZENEUVE
Jean-Jacques BOURDIN, permettez-moi de vous répondre.

Jean-Jacques BOURDIN
Je vous pose la question, parce que ça…

Bernard CAZENEUVE
Jean-Jacques BOURDIN, permettez-moi de vous répondre.

Jean-Jacques BOURDIN
Allez-y.

Bernard CAZENEUVE
Si c'est votre émission, je peux partir, permettez-moi de vous répondre.

Jean-Jacques BOURDIN
Allez-y, vous pouvez partir, c'est votre choix.

Bernard CAZENEUVE
Jean-Jacques BOURDIN, je suis un ministre qui travaille tout le temps, et j'essaie…

Jean-Jacques BOURDIN
Et moi je suis un journaliste qui travaille tout le temps.

Bernard CAZENEUVE
Peut-être, mais j'essaie, sur tous les sujets qui relèvent de ma compétence, d'être parfaitement précis, mais il peut y avoir tout à fait, dans une émission, à un moment…

Jean-Jacques BOURDIN
Alors ne parlez pas de quizz.

Bernard CAZENEUVE
Il peut y avoir, à un moment donné, dans une émission, pour des raisons qui tiennent ici à de la fatigue, là à de l'émotion, il peut y avoir à un moment donné ….

Jean-Jacques BOURDIN
…ignorer…

Bernard CAZENEUVE
Ce n'est pas de l'ignorance. Myriam EL KHOMRI n'est pas une jeune femme ignorante, ce n'est pas une ministre incompétente, et de déduire de …

Jean-Jacques BOURDIN
Mais je n'ai pas dit qu'elle était incompétente, j'ai dit qu'elle était ignorante.

Bernard CAZENEUVE
Mais alors pourquoi faire tant de bruit sur un sujet de ce type ? Pourquoi considérer que l'on puisse, à partir d'une interview comme celle-ci, avec….

Jean-Jacques BOURDIN
Pourquoi accuser ce qui poser la question d'avoir préparé la question volontairement pour la faire tomber ? Pourquoi ? Au lieu de dire clairement les choses !!

Bernard CAZENEUVE
Mais Jean-Jacques BOURDIN, est-ce que vous pouvez me laisser vous dire ce que je pense de cela.

Jean-Jacques BOURDIN
Allez-y.

Bernard CAZENEUVE
Je pense que la politique, le travail de journaliste, le débat public ne peut pas être systématiquement dans la convocation de la malveillance. Je ne parle pas de la votre, je parle de tous les commentaires qui ont eu lieu depuis que cet évènement, qui est un non évènement, s'est déroulé à votre antenne. Ce qui s'est passé hier à votre antenne peut arriver à n'importe qui. Il peut même arriver à un journaliste de se tromper, de convoquer des faits qui ne sont pas exacts.

Jean-Jacques BOURDIN
Evidemment.

Bernard CAZENEUVE
On peut pendant des heures et des heures faire autour d'un évènement de ce type, qui est un non évènement, un bruit considérable. Ca abime des êtres et je considère que ce ‘n'est pas nécessaire d'abimer des êtres, ni des journalistes, ni des ministres, parce qu'on peut avoir un haut niveau du débat public sans chercher à porter atteinte à l'autre. Et ça vous me pardonnez de considérer à votre antenne que c'est mon éthique de la politique. Lorsque j'ai des adversaires en face de moi, et y compris des adversaires qui me combattent rudement, la première question que je me pose lorsque je m'adresse à eux, c'est de savoir si la parole que je vais tenir à leur égard ou à leur encontre est une parole qui est de nature à les blesser. Autant je considère qu'il est absolument indispensable que nous portions le débat politique au plus haut niveau dans la confrontation, dans la convocation de l'intelligence, pourquoi même dans la convocation de la rhétorique, dans al convocation des concepts, autant je considère que tout ce qui relève de la volonté d'atteindre l'autre, de porter atteinte à ces personnalités…

Jean-Jacques BOURDIN
Une question comme celle là porte atteinte volontairement à l'intégrité de l'autre, ou ….

Bernard CAZENEUVE
Mais je vous confirme que tout ce qui se passe autour de ce non évènement blesse une personne, et alors ça ne vous fait rien vous ? Moi je ne cherche ….

Jean-Jacques BOURDIN
C'est à elle de connaitre la réponse…

Bernard CAZENEUVE
Je suis désolé, lorsqu'il y a autant de bruit sur un non évènement, ça peut blesser une personne, un ministre, un responsable politique quelle que soit sa sensibilité politique, qui s‘engage sincèrement en donnant le meilleur de lui-même dans l'action publique. Je sais, je n'ai aucune naïveté la dimension de férocité de l'action publique, je considère que cette férocité qui conduit parfois à beaucoup de malveillance ne contribue pas à élever le niveau du débat public. Et je considère que la République mérite mieux que cela. Vous avez le droit de poser toutes vos questions, vous avez le droit d'exiger des ministres qu'ils y répondent et moi j'ai le droit de vous dire ce que je pense d'autant de bruit et d'autant de vacarme…

Jean-Jacques BOURDIN
La question était naturelle ou pas ?

Bernard CAZENEUVE
Quand on est ministre toutes les questions sont naturelles. Et c'est précisément la raison pour laquelle je mets autant de soin à répondre à vos questions.

Jean-Jacques BOURDIN
Merci d'y répondre.

Bernard CAZENEUVE
Et de la part d'un ministre, lorsque la question est posée, la sincérité de la réponse, pas simplement la langue de bois, pas simplement les approximations, pas simplement le bidouillage qui peut conduire parfois à l'éloigner d'un certain nombre d'exigences éthiques lorsqu'on répond à une question, peut être convoquée. Et moi j'estime qu'il y a dans la vie politique française trop de malveillance, trop peu d'exigence éthique, trop de …

Jean-Jacques BOURDIN
…Mais la responsabilité est partagée par mes interlocuteurs et par moi-même.

Bernard CAZENEUVE
Je pense que ce qui se passe après cette interview d'hier autour de Myriam EL KHOMRI n'est pas digne. Et vous me posez la question de savoir ce que j'en pense, je vous le dis. Et si Myriam EL KHOMRI était dans l'opposition je prendrais plus de force encore pour défendre la personne en question, parce que la politique ce n'est pas cela, et la malveillance n'est pas nécessairement la bonne manière d'élever le débat dans la République.

Jean-Jacques BOURDIN
Merci Bernard CAZENEUVE d'être venu nous voir.


Source http://www.interieur.gouv.fr, le 6 novembre 2015

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