Interview de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche à France-Info le 10 novembre 2015, sur la réforme de la carte scolaire et les nouvelles offres pédagogiques. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche à France-Info le 10 novembre 2015, sur la réforme de la carte scolaire et les nouvelles offres pédagogiques.

Personnalité, fonction : VALLAUD-BELKACEM Najat, ACHILLI Jean-François .

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche;

ti :


FABIENNE SINTES
Votre invitée, Jean-François ACHILLI, ce matin est donc ministre de l'Éducation nationale.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Bonjour Najat VALLAUD-BELKACEM.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Bonjour.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Allélou… Allez-vous, ça commence mal, j'allais dire…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM ET FABIENNE SINTES
Alléluia !

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Alléluia, c'est bizarre, on est sur France Info. Allez-vous vraiment réformer la carte scolaire, là c'est du sérieux, au nom de la mixité sociale ? Et pour casser les établissements ghettos vous lancez une expérimentation, je pèse mes mots, dans 17 départements pilotes - en fait de simples territoires - on va le préciser, qui vont allez réfléchir. Vous prenez votre temps Najat VALLAUD-BELKACEM, à quand la réforme, la vraie ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Il faut prendre son temps si on veut qu'ensuite les choses soient efficaces et aillent vite, c'est toujours bien de procéder comme ça.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Ah ! Quel paradoxe.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Alors très concrètement, Jean-François ACHILLI, oui nous voulons plus de mixité sociale dans les collèges de France. Jusqu'à présent la façon dont les pouvoirs publics avaient géré la question de la mixité sociale c'était à chaque fois en réformant à chaque fois la carte scolaire, soit on l'assouplit, soit on la rend plus rigide, en fait les deux solutions sont mauvaises, chacune des deux solutions est mauvaise. La libéralisation de la carte scolaire, telle que Nicolas SARKOZY par exemple l'avait voulue en 200,7 elle a été très préjudiciable aux établissements…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Là, qu'est-ce que vous allez faire concrètement ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Les plus en difficulté et elle a même mise en difficulté des établissements moyens.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Qu'est-ce que vous allez faire, là ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Une trop grande rigidité de la carte scolaire, elle, elle interdit de résoudre les inégalités et la ségrégation. Donc ce que nous allons faire c'est tester une autre voie et cette autre voie, comme par définition elle est neuve, nous voulons d‘abord l'expérimenter dans des départements pilotes pour voir au fond ce qui marche avant…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Parce qu'il y a juste 50 à 80 collèges…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
De diffuser cela à l'ensemble du pays.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Il y en a 7.000 en France, donc ça ne fait pas beaucoup ça ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Mais 17 départements… d'abord 17 départements c'est beaucoup, Jean-François ACHILLI…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui ! Mais ce sont des petits territoires dans les départements, ce n'est pas tous les départements en fait ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Mais en fait c'est 17 départements dans lesquels on regarde les territoires où il y a le plus de ségrégation, donc c'est ce qui nous intéresse - parce que les territoires où il y a moins de ségrégation entre collèges nous intéresse moins – donc, dans ces départements, on regarde le territoire où il y a le plus de ségrégation entre plusieurs collèges et on apporte des solutions diverses desquelles on va parler pour résoudre cette ségrégation…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Bon ! Ca, c'est le principe.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Dès la rentrée 2016, entendez-moi bien, dès la rentrée 2016 dans ces 17 départements et cela sera évalué...

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc, vous expérimentez dès la rentrée 2016...

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Oui ! Bien sûr.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Mais la réforme vous la prévoyez pour quand globalement pour tout le pays ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Mais l'idée c'est bien de faire autrement que ce qu'on a fait jusqu'à présent !

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
D'accord ! D'accord.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Donc, ça n'est pas une réforme…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous avez un peu une perspective ? 2017, 24…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Donc, ça n'est pas une réforme qui se décide du haut pour s'appliquer de façon uniforme à tous les territoires.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
D'accord !

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
La nouveauté de notre démarche c'est de dire, au fond : « c'est dans les territoires que vont se construire les solutions », évidemment sous notre impulsion au ministère de l'Éducation nationale, en donnant à ces territoires les outils d'analyse, de diagnostic de la ségrégation sociale pour savoir comment faire pour y remédier.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Mais quelle est l'idée, c'est de rendre les choses un peu coercitives quand même, avec des quotas, des pourcentages ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Par exemple, je vais vous donner un exemple pour que vous compreniez.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui ! Parce que là c'est un peu flou.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Prenons un département, un territoire, dans lequel il y a mettons cinq collèges pas très éloignés les uns des autres entre lesquels il y a une ségrégation claire qui se joue, c'est-à-dire des collèges dans lesquels il n'y a que de la population défavorisée et d'autres que de la population plus favorisée…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Collèges de riches, collèges de pauvres.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Voilà ! Prenons un département comme cela, comme celui-là. Eh bien, dès lors qu'on y mène cette expérimentation, on va pouvoir y décider par exemple de créer un nouveau secteur qui sera un secteur multi-collèges au lieu d'être un secteur dans lequel il y a un seul collège et, au sein de ce secteur multi-collèges, on affectera les élèves dans les établissements pour respecter davantage de mixité sociale. Cela étant, pour pouvoir…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous affecterez, vous forcerez les élèves à aller dans les établissements…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Voilà ! La question…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est une question ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Le sujet c'est que moi je ne souhaite pas forcer les familles, je souhaite leur donner envie de mixité sociale. Donc au sein de ce périmètre nouveau, secteur multi-collèges, pour que les familles puissent avoir envie autant d'un établissement que d'un autre, il faudra travailler sur l'offre pédagogique des établissements…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous voulez rendre les établissements…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Plus attractifs !

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Plus attractifs.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Exactement ! Et donc, une fois qu'on a rendu les établissements plus attractifs au sien de ce secteur multi-collèges…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous savez ce que je vais vous dire là, vous allez supprimer les classes « bilangues » par exemple ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Mais les classes « bilangues » ne résolvaient pas cette question-là !

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Non ! Mais ça les rendait attractives.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Mais bien sûr que non ! Les classes « bilangues » ne résolvaient pas cette question-là. Les classes « bilangues », au fond, qu'est-ce qu'elles permettaient ? Elles permettaient à un établissement, permettez-moi de terminer ma phrase…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui ! Mais ce n'est pas le sujet central, mais enfin allez-y.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
A un établissement qui allait mal, de dire : « je veux conserver quand même quelques populations qui vont un peu mieux, plus aisées, et donc pour cela je leur ouvre des classes spécifiques - donc je donne des moyens spécifiques supplémentaires à ces élèves pour les rassurer, pour les garder » - mais en quoi ça résout le cas des autres élèves plus défavorisés présents dans l'établissement.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc, Najat VALLAUD-BELKACEM…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Alors demain, demain, ce que j'appelle offre pédagogique, ça va être le fait qu'un établissement qui va mal pourra par exemple oui développer un projet singulier, qui fasse son identité, par exemple je ne sais pas moi développer l'apprentissage du chinois…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc, vous avez les moyens ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Je dis n'importe quoi ! Mais qui sera…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Non ! Ce n'est pas n'importe quoi. Vous donnerez les moyens ou pas ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Mais bien sûr ! Mais qui sera ouvert à….

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous les avez ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Ecoutez-moi ! Qui sera ouvert à tous les élèves, c'est la différence, c'est-à-dire que tous les élèves qui fréquenteront cet établissement auront la possibilité de profiter de cette offre pédagogique originale et pas simplement ceux des classes aisées qu'on essaie d'attirer et…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc démarrage, on l'a bien compris, donc démarrage 2017 dans les secteurs concernés et mise en route de la réforme mystère et boule de gomme, autant dire que vous avez enjambé les Régionales quoi ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Non ! Pas du tout.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Eh bien si !

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Non ! Ce qui fait la nouveauté de la démarche…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous êtes d'accord, c'est un sujet qui aurait pu énerver tout le monde avant les élections régionales ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Mais enfin vraiment, alors là, je crois que vous ne me connaissez pas très bien si vous pensez vraiment que c'est le genre de chose qui m'arrête. Moi ce qui m'intéresse c'est l'efficacité…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est-à-dire que vous vous braquez, c'est ça en fait ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Eh bien moi je pense que nous devons avancer sur le sujet de la mixité sociale et que ce n'est pas les échéances électorales qui doivent guider notre politique en la matière, moi ce qui m'intéresse c'est l'efficacité, donc la démarche que je suis en train de vous présenter elle est nouvelle et elle s'accompagne qui plus est d'une évaluation scientifique comme on en a jamais connue jusqu'à présent en la matière, c'est-à-dire que les 17 départements qui vont être testés…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Avec des experts, il y a toujours des experts partout.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Non ! Mais, écoutez-moi, qui vont tester les solutions, ils vont être accompagnés dans leur démarche par des scientifiques qui travaillent sur le sujet depuis des années, qui connaissent parfaitement les mécanismes par lesquels on résout l'absence de mixité sociale et qui vont évaluer au fur et à mesure les résultats de leurs solutions innovantes. Une fois cette évaluation faite, cela sera rendu public, de telle sorte que d'autres départements à leur tour seront tentés de recourir à ces solutions. C'est ça en fait notre idée, c'était qu'à la rentrée 2016 on teste…...

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc, en fait, vous prenez le temps – on peut le saluer – mais vous ne prenez pas de risque ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Non ! Mais à la rentrée 2016 on teste, en décembre 2016 on évalue, et là ça donne envie à d'autres départements de s'engager à leur tour car ils auront…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc, c'est sur la base du volontariat ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Mais bien sûr ! Car je rappelle Jean-François ACHILLI que la sectorisation par exemple est de la compétence des départements, mais comprenez cela…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Des départements, oui tout à fait, tout à fait.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Sur ce sujet mixité sociale, si on ne regarde pas sérieusement le sujet, on ne peut pas le résoudre. Donc, là, je pense que la nouveauté elle est dans l'expérimentation, dans le fait de l‘accompagner d'une évaluation scientifique…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
On a bien compris !

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Et d'y associer les parents, et d'y associer les parents, j'insiste sur ce point.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et vous enjambez les élections régionales, bien joué.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Et d'y associer les parents, chose très importante, car je crois que la mixité sociale ça ne s'impose pas, si on cherche à l'imposer on la rend détestable et moi je veux qu'elle soit désirée et je pense qu'elle peut être désirée quand on explique aux parents que même leur propre enfant a tout à gagner d'être dans une classe mixte et diverse.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Alors, Najat VALLAUD-BELKACEM, des syndicats de l'Education s'émeuvent de certains cours d'enseignement moral et civique mis en place après les attentats de janvier sur le mode : « imaginez que vous êtes dans une cité ou encore imaginez que vous êtes un groupe terroriste ennemi irréductible de la France », assez entendu ça et là, il y aurait pas mal de maladresses commises, est-ce que vous contrôlez ce type de sujet et est-ce que vous comptez faire le ménage ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Le ménage a déjà été fait, de fait, puisque vous faites allusion à une fiche d'accompagnement pédagogique qui avait été fournie par l'académie en question qui était très maladroite je le reconnais aisément. Ce que les gens doivent comprendre, parce que j'ai vu les choses circuler sur les réseaux sociaux, c'est que la ministre de l'Éducation nationale ne valide pas chaque outil d'accompagnement pédagogique qui est proposé aux enseignements…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc, faites le ménage.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Donc c'est très bien que les enseignants eux-mêmes, quand ils tombent sur une fiche qui leur parait absurde, la mettent de côté ou nous alertent et nous faisons le ménage bien entendu.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous êtes membre du gouvernement, vous êtes ministre de l‘Éducation nationale, gouvernement qui a multiplié les reculades ces derniers temps en matière fiscal, également sur la dotation globale de fonctionnement envers les communes, est-ce que vous allez tenir encore 18 mois comme ça, est-ce que vous êtes soumise désormais au diktat des élections Najat VALLAUD-BELKACEM, c'est un peu le cas d'ailleurs avec votre réforme – on ne va pas en reparler, on ne va pas remettre une couche là-dessus – on a l'impression que ce gouvernement recule aujourd'hui ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Sur quo il recule ?

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oh ! Vous savez il y avait les retraités modestes, il y a eu plusieurs réformes qui ont été mises…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Non ! Les retraités modestes, pardon, on parle d'une mesure adoptée sous l'ère Sarkozy qui produit ses effets néfastes aujourd'hui et donc pour laquelle le gouvernement en toute responsabilité a décidé de surseoir à cette mesure, de faire en sorte que les personnes concernées puissent ne pas payer ou se faire rembourser le temps de la modifier structurellement, je ne vois pas en quoi c'est un recul, c'est un recul par rapport aux décisions de Nicolas SARKOZY oui

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Mais vous êtes consciente qu'il y a des élections régionales qui arrivent quand même ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Non ! Non. Je crois qu'il y a un story telling qui est en train de s'écrire, enfin comme on le constate très souvent avec beaucoup d'observateurs qui, du coup, reprennent le même thème, mais ça n'en fait pas une vérité pour autant et moi je pense par exemple – je vais vous donner un exemple dans lequel parfois vos collègues observateurs ont qualifié ça de reculade…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui ! Vite fait, oui.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Sur les APL étudiants le fait qu'il y ait un amendement parlementaire qui propose de restreindre les APL étudiants et que le gouvernement dise non…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
D'accord ! On a bien compris, ce n'est pas un recul…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
C'est un débat entre le gouvernement et sa majorité, ça n'est pas un recul.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et puis il y a le soutien-gorge, l'essayiste BRIGHELLI, Jean-Paul BRIGHELLI, un proche de « Debout la France » - il faut le préciser - dans un article publié par Le Point titré « les dessous chics de la réforme du collège » eh bien il s'attaque à vous, il vous accuse d'user d'une stratégie de communication : rouge à lèvres, pendentif, dit-il, pour soi-disant esquiver les questions à l'Assemblée, il parle même de ligne visible du soutif – c'est écrit noir sur blanc – qu'est-ce que vous répondez à ce monsieur ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
D'abord, je voudrais remercier tous ceux qui se sont exprimés en soutien et pour dénoncer ces propos ; ensuite, vraiment je vous invite à ne pas vous encombrer l'esprit avec ce monsieur qui ne le mérite pas...

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Non ! Je vous pose la question…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Qui ne le mérite pas, parce que…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Parce que c'est partout, donc c'est normal d'en parler, ce serait stupide de ne pas poser la question.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Oui ! Oui, non, non, mais moi je ne m'encombre pas l'esprit avec lui. Je vais vous dire quelqu'un qui comme lui se croit autoriser à donner des leçons sur l'école et commence par la qualifier de fabrique du crétin c'est vous dire la finesse légendaire du personnage, donc moi il ne m'intéresse pas et je vais beaucoup mieux depuis que je l'ai fait disparaitre de mon champ de vision.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Merci à vous Najat VALLAUD-BELKACEM…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Merci.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et je ne conclurai pas en disant : « Alléluia », nous sommes dans un pays laïc…

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Non ! S'il vous plait, pas deux fois.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc stop, merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 novembre 2015

Rechercher