Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, sur les demandes de la France concernant les mesures de lutte contre le terrorisme à adopter au niveau européen à la suite des attentats perpétrés à Paris et à Saint-Denis, Bruxelles le 20 novembre 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, sur les demandes de la France concernant les mesures de lutte contre le terrorisme à adopter au niveau européen à la suite des attentats perpétrés à Paris et à Saint-Denis, Bruxelles le 20 novembre 2015.

Personnalité, fonction : CAZENEUVE Bernard.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Arrivée à la réunion extraordinaire du Conseil Justice et Affaires Intérieures, à Bruxelles le 20 novembre 2015

ti : « Nous sommes ensemble à Bruxelles avec la Garde des sceaux Christiane Taubira parce que nous avons demandé aujourd'hui la tenue d'un Conseil des ministres de la justice et de l'intérieur de l'UE. Nous avons demandé cette réunion parce que nous souhaitons que l'Europe, qui a trop perdu de temps sur un certain nombre de questions qui relèvent de l'urgence, prenne aujourd'hui les décisions qui s'imposent.

Ces sujets, nous les connaissons. Il s'agit tout d'abord de lutter ensemble contre le trafic d'armes. La France a demandé depuis longtemps qu'une directive, des dispositions règlements soient prises. Elles doivent l'être aujourd'hui, avec un calendrier extrêmement précis qui doit nous permettre de mieux contrôler le trafic des armes pour pouvoir l'éradiquer, car le trafic des armes est à l'origine d'un très grand nombre d'actes terroristes.

Deuxième point, nous souhaitons que le PNR européen -sur lequel j'avais sollicité la Commission des libertés civiles du Parlement européen en me rendant devant cette Commission, et qui est aujourd'hui dans le trilogue, c'est à dire dans le débat entre la Commission, le Conseil de l'UE et le Parlement européen- soit adopté dans les meilleurs délais et avec un contenu qui le rende efficace. C'est la raison pour laquelle, sur la durée de masquage des données, sur la prise en compte des vols intra-européens, la France a exprimé depuis longtemps ses positions. Il faut un PNR qui serve à quelque chose.

Enfin, et c'est un sujet essentiel, nous souhaitons, sur le contrôle aux frontières, dans un contexte de crise terroriste extrêmement important, que des dispositions soient prises. Les dispositions que nous souhaitons, on les connaît : c'est une amélioration, un renforcement considérable du contrôle aux frontières extérieures de l'Union européenne par une montée en puissance des moyens de Frontex. C'est des contrôles aux frontières à l'intérieur de l'UE parce que les terroristes traversent les frontières au sein de l'UE. Et c'est aussi, et c'est absolument essentiel, la possibilité, au moment du passage, d'interroger le système d'information Schengen (SIS), parce que c'est la seule possibilité, avec le PNR, d'établir la traçabilité du retour des terroristes et de pouvoir les neutraliser avant qu'ils n'agissent.

Sur ces questions on ne peut plus prendre de temps. Il y a urgence. Le temps des décisions est venu. Et à l'occasion de ce Conseil justice/affaires intérieures, nous serons, avec la Garde des Sceaux, absolument inflexibles, pour que les décisions qui s'imposent soient prises dans l'urgence ».


source http://www.rpfrance.eu, le 23 novembre 2015

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