Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, en réponse à diverses questions portant sur l'intervention des forces de l'ordre à Saint-Denis et les contrôles aux frontières, à l'Assemblée nationale le 18 novembre 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, en réponse à diverses questions portant sur l'intervention des forces de l'ordre à Saint-Denis et les contrôles aux frontières, à l'Assemblée nationale le 18 novembre 2015.

Personnalité, fonction : CAZENEUVE Bernard.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Séance des questions au Gouvernement, à l'Assemblée nationale le 18 novembre 2015

ti : * Intervention des forces de l'ordre à Saint-Denis

Monsieur le Député, une enquête est en cours, qui est conduite, sous l'autorité du procureur antiterroriste, par les services de la police judiciaire. Cette enquête a conduit ce matin 110 policiers du Raid et de la BRI à intervenir à Saint-Denis, de manière à démanteler un réseau d'acteurs terroristes. Cette intervention s'est faite dans des conditions extrêmement difficiles, et les policiers de la BRI et du RAID que j'ai rencontrés m'ont dit que, jamais dans leur carrière, ils n'avaient essuyé un feu d'une telle violence.

Je veux leur dire la fierté qui est la nôtre ; je veux leur dire qu'ils sont des grands ; je veux leur dire qu'ils sont des courageux ; je veux leur dire l'admiration que j'ai pour eux et qui est partagée, j'en suis convaincu, par l'ensemble des Français, au moment où nous nous battons contre le terrorisme. Cinq d'entre eux ont été blessés, que j'irai visiter tout à l'heure. Les habitants de Saint-Denis ont été, eux aussi, extrêmement courageux et ont fait preuve d'une grande maîtrise, comme l'ensemble des pompiers et acteurs médicaux qui sont intervenus sur le site.

Cette opération a permis sept interpellations, et les personnes interpellées sont en cours d'identification. Il y aurait au moins deux morts, et peut-être davantage, dont une personne qui s'est fait sauter par des explosifs. Ces arrestations ont été conduites à l'égard de personnes qui auraient pu frapper de nouveau. Ce sont donc, une fois de plus, des crimes, des meurtres, la barbarie qui ont été évités. Cela a été rendu possible, aussi, par le travail des services de renseignement, auxquels je veux rendre hommage.

Je veux également profiter de cette réponse pour dire à la représentation nationale que je suis à la disposition de chacun de ses groupes et de ses commissions pour rendre compte de l'action qui a été conduite. Je veux aussi dire ma fierté d'être à la tête d'un ministère qui compte des personnels aussi engagés, aussi valeureux et aussi magnifiquement républicains.


* Contrôles aux frontières - PNR européen - Espace Schengen

Comme vous le savez, Monsieur le Député, j'ai demandé dimanche la convocation d'une réunion extraordinaire des ministres de l'intérieur de l'Union européenne. Elle se tiendra vendredi à Bruxelles. J'ai souhaité que son ordre du jour soit extrêmement précis.

Premier point : le PNR européen. Sur le métier depuis de nombreuses années, il est désormais dans la phase de «trilogue», c'est-à-dire qu'il fait l'objet de discussions entre le Parlement européen, la Commission européenne et le Conseil de l'Union européenne.

Pour être efficace, ce PNR européen doit traiter de tous les sujets dont nous avons besoin pour assurer la traçabilité des terroristes à leur retour sur le territoire européen. Il doit notamment prendre en compte les vols intracommunautaires et concerner des personnes associées non seulement aux organisations terroristes, mais aussi à un certain nombre d'organisations criminelles, compte tenu de la porosité entre les acteurs du terrorisme et ceux du banditisme, du trafic de drogue et de stupéfiants. C'est la raison pour laquelle nous demanderons vendredi que les trois institutions européennes trouvent un accord autour des objectifs que je viens d'indiquer.

Deuxièmement, la France demande, depuis le 30 août 2014, que des contrôles systématiques et coordonnés soient assurés aux frontières de l'Union européenne. Nous n'avons pas besoin de modifier les accords de Schengen pour cela. Il faut aller plus loin : ces contrôles doivent être non seulement systématiques et coordonnés, mais aussi obligatoires. Il faut que l'Union européenne comprenne et intègre cette nécessité, car il y a trop d'atermoiements sur ce sujet.

Troisièmement, j'ai souhaité mettre en oeuvre une grande action en matière de lutte contre le trafic d'armes. Là aussi, une directive est sur le métier depuis de nombreux mois : elle doit désormais aboutir.

Lors du conseil Justice et affaires intérieures de vendredi, nous serons inflexibles sur ces sujets.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 novembre 2015

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