Interview de Mme Ségolène Royal, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, à France Inter le 24 novembre 2015, sur la décision d'installer des portiques de sécurité pour le Thalys dans les gares reliant notamment la France, la Belgique et les Pays-Bas. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de Mme Ségolène Royal, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, à France Inter le 24 novembre 2015, sur la décision d'installer des portiques de sécurité pour le Thalys dans les gares reliant notamment la France, la Belgique et les Pays-Bas.

Personnalité, fonction : ROYAL Ségolène, COHEN Patrick.

FRANCE. Ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie;

ti : PATRICK COHEN
Bonjour Ségolène ROYAL.

SEGOLENE ROYAL
Bonjour.

PATRICK COHEN
Le président de la SNCF, Guillaume PEPY, vous a remis la semaine dernière un ensemble de propositions pour améliorer la sécurité des trains et des gares : portiques, contrôles, fouille des bagages, agents armés en patrouille. Qu'avez-vous décidé ?

SEGOLENE ROYAL
D'abord, peut-être un mot d'explication, parce que je vois beaucoup de questions, pour les auditeurs qui se demandent pourquoi la ministre de l'Ecologie et du Développement durable s'occupe des transports. Simplement pour dire que le développement durable, c'est aussi l'équipement et effectivement il y a dans ma responsabilité ministérielle, avec le Secrétaire d'Etat, les transports. Par conséquent, j'ai demandé en effet au dirigeant de la SNCF des propositions qu'il m'a d'ailleurs rendues et que nous avons examinées hier avec le ministre de l'Intérieur et même le Premier ministre, le Secrétaire d'Etat aux Transports. Un certain nombre de décisions ont été prises. Je dois d'abord dire que ces propositions sont bonnes, elles vont dans la bonne direction. Elles reprennent dans un premier temps ce que j'avais déjà demandé après les tentatives d'attentat dans le Thalys. C'est-à-dire que d'abord protégeons les trains internationaux mais pas que les trains internationaux. Sur ce sujet-là, et comme vous l'avez vu aussi, la Belgique a pris la même décision concernant le contrôle des clients Thalys gare du Nord et d'Anvers. La décision donc qui est prise par le gouvernement, c'est d'installer les portiques pour le Thalys à Lille et à Paris avant le 20 décembre.

PATRICK COHEN
Et ce sera fait à Bruxelles symétriquement.

SEGOLENE ROYAL
Ce sera fait à Bruxelles, Amsterdam, à Cologne bien évidemment.

PATRICK COHEN
Il faut que l'Allemagne et les Pays Bas suivent aussi pour que ce soit complet.

SEGOLENE ROYAL
Oui. Mais franchement, d'abord la Belgique a déjà suivi et les autres bien sûr le feront. Ce que j'ai dit, c'est au besoin la France installera les portiques pour qu'ils soient cohérents avec ceux qui sont installés à Paris et ensuite, il y aura la répartition des frais entre les différentes gares. Vous voyez donc, des décisions rapides et efficaces.

PATRICK COHEN
Donc chaque passager de cette ligne Thalys devra…

SEGOLENE ROYAL
Comme ça se fait pour le train qui va à Londres et comme ça se fait d'ailleurs sur les trains qui vont en Espagne. L'Espagne a déjà mis en place un certain nombre de portiques.

PATRICK COHEN
Il y aura à la fois un contrôle d'identité et un contrôle de bagages.

SEGOLENE ROYAL
De bagages essentiellement, oui. La deuxième décision qui est prise, c'est de regarder effectivement sur toutes les gares qui reçoivent des trains à dimension internationale de voir rapidement comment également renforcer la sécurité, la faisabilité sur tous les autres trains internationaux. En particulier est mise à l'étude la possibilité de mettre en place les systèmes de billet nominatif. Vous savez que c'est une question qui avait déjà été évoquée. Là, la décision qui a été prise hier par le gouvernement dans la configuration que j'expliquais tout à l'heure, c'est de rapidement regarder comment sur les trains comme sur les avions d'ailleurs on peut diffuser maintenant des billets nominatifs. La troisième décision, c'est une décision assez simple qui existe déjà d'ailleurs, nous avons tous eu l'occasion de prendre le train et puis un jour, il y a eu un barrage filtrant. C'est-à-dire on ouvre les sacs et on nous demande : « Pourquoi vous venez sur le quai ? Est-ce que vous avez votre billet ? » Donc là, la décision c'est de déployer des barrages filtrants en s'appuyant sur les moyens de la SNCF qui, je le rappelle, a une direction de la Sécurité très compétente, importante, qui peut d'ailleurs s'adjoindre aussi des entreprises et des adjoints assermentés d'entreprise, et donc c'est de déployer les barrages filtrants. Pourquoi ? Parce que ces barrages filtrants sont très sécurisants pour les voyageurs. Je reçois beaucoup de courriers et d'appels me disant : « Finalement, les trains sont d'accès quand même très, très libres. Personne ne nous demande, même en montant dans un train, si on a un billet ».

PATRICK COHEN
Les accès aux quais sont libres.

SEGOLENE ROYAL
Les accès aux quais sont libres, vous avez tout à fait raison.

PATRICK COHEN
Sur toutes les gares sauf l'Eurostar.

SEGOLENE ROYAL
Voilà. Donc l'idée, c'est de… Alors on ne peut pas le faire du jour au lendemain partout, les contrôles aléatoires d'ailleurs sont assez efficaces aussi, mais c'est petit à petit de déployer, d'intensifier les contrôles aléatoires, d'intensifier les barrages filtrants aléatoires et de sécuriser ainsi les voyageurs qui aiment bien savoir qu'à côté d'eux dans le train, il y a des gens qui sont montés dans le train ne serait-ce qu'avec un billet et puis l'ouverture du sac. Ça se fait d'ailleurs de façon très simple à l'entrée par exemple de salles de spectacle. L'idée, c'est de dire : au fond, les lieux très fréquentés comme les gares peuvent être parfaitement contrôlés de la même façon que les autres lieux à forte fréquentation.

PATRICK COHEN
Mais pour l'instant il n'est pas question de restreindre l'accès au quai aux seuls voyageurs ?

SEGOLENE ROYAL
A terme, c'est l'idée, mais il faut aussi être pragmatique, c'est-à-dire ça, ça ne peut pas se faire du jour au lendemain, mais le principe-même du barrage filtrant, c'est comme dans une salle de spectacle, vous rentrez dans cette salle que si vous avez un billet, donc l'idée quand même, à terme, c'est de faire en sorte que rentrent dans les trains les gens qui ont les billets, ça paraît d'ailleurs tout à fait…

PATRICK COHEN
C'était le cas il y a quelques décennies, Ségolène ROYAL, sans doute avez-vous connue cette époque, en tout cas je l'ai connue, il fallait acheter un ticket de quai pour accéder aux abords du train.

SEGOLENE ROYAL
Mais oui, oui, même les accompagnants ne pouvaient pas accéder au quai, il fallait un ticket de quai. Et le dernier point ce sont les contrôles aléatoires en utilisant les nouvelles technologies. Vous savez peut-être qu'il y a maintenant des portiques mobiles, à l'intérieur des gares, donc ça c'est assez efficace, parce qu'il n'y a pas à la fois les problèmes de ralentissement du flux de voyageurs, parce que vous voyez, la problématique c'est comment on concilie le flux de voyageurs et en même temps la sécurité, et, bien évidemment, des contrôles par scanner et par des patrouilles aléatoires. Et je voudrais dire, pour terminer, que le contrôle par les forces engagées dans le cadre du plan Sentinelle reste bien évidemment à son maximum…

PATRICK COHEN
C'est-à-dire avec le déploiement de l'armée.

SEGOLENE ROYAL
Voilà, et d'ailleurs les voyageurs peuvent voir ces patrouilles présentent, et ça je crois que c'est très rassurant pour les voyageurs.

PATRICK COHEN
Ce sont donc des décisions qui vont s'appliquer, pour certaines immédiatement, pour d'autres progressivement, dans les prochaines semaines ?

SEGOLENE ROYAL
Bien sûr, ce sont des décisions qui vont être appliquées immédiatement, qui ont donc été décidées hier, je vous l'ai dit, par une réunion dans le bureau du Premier ministre, avec le ministre de l'Intérieur et moi-même, et je voudrais saluer d'ailleurs la mobilisation de la SNCF qui a fait ses propositions sans tarder et qui va les mettre très rapidement en application.

PATRICK COHEN
Ségolène ROYAL on va revenir, sûrement, en détail sur ces décisions avec les auditeurs de France Inter et puis évidemment sur d'autres questions qu'on n'a pas eu le temps d'aborder dans cette première partie, le défi climatique et l'ouverture de la COP21, dans quelques jours, lundi prochain, évidemment près de Paris, au Bourget.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 novembre 2015

Rechercher