Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à diverses questions portant sur la coopération internationale et l'échange d'informations dans la guerre engagée contre l'Etat islamique, la lutte contre la radicalisation de la jeunesse et le renforcement des effectifs du renseignement, au Sénat le 26 novembre 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à diverses questions portant sur la coopération internationale et l'échange d'informations dans la guerre engagée contre l'Etat islamique, la lutte contre la radicalisation de la jeunesse et le renforcement des effectifs du renseignement, au Sénat le 26 novembre 2015.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Séance des questions au Gouvernement, au Sénat le 26 novembre 2015

ti : * Coopération internationale - Daech - Syrie

Monsieur le Sénateur, toutes les questions sont légitimes, qu'elles soient posées par les observateurs et commentateurs, par la représentation nationale ou, surtout, par les familles des victimes. Tous les Français, ces familles les premières, nous interrogent chaque fois que survient un événement de ce type. Ce n'est pas, malheureusement, la première fois.

Comme beaucoup d'entre vous, sans doute, j'ai assisté à des obsèques, ce matin, en compagnie de parlementaires de Paris ; le fils d'amis avait été tué sur la terrasse d'un café parisien. L'émotion, la dignité, l'incompréhension et la colère y dominaient ; tels sont les sentiments de nos compatriotes.

Aujourd'hui - je vous réponds le plus franchement possible, Monsieur le Sénateur -, l'action du gouvernement est tournée résolument vers un seul but : en finir avec Daech.

Cela doit se faire, tout d'abord, en Syrie et en Irak ; le Parlement en discutait hier et Laurent Fabius a présenté ici même la position du gouvernement. Je veux d'ailleurs saluer le vote plus que large du Sénat comme de l'Assemblée nationale en faveur de la poursuite de notre intervention en Syrie, car il représente un signe important.

Le deuxième volet de notre action est la traque des terroristes, en France, mais aussi par une coopération très étroite avec les autres pays européens, notamment la Belgique. Nous avons la volonté très forte de développer encore davantage cette coopération tant policière que dans le domaine du renseignement. Bernard Cazeneuve a pu rendre compte ici même, la semaine dernière, des avancées qui doivent encore être concrétisées par le Conseil Justice et affaires intérieures dans plusieurs domaines : le PNR, le contrôle aux frontières et la lutte acharnée contre le trafic d'armes.

Je veux en outre saluer l'ensemble des initiatives du président de la République, qui rencontre ce soir le président Poutine à Moscou. Ces initiatives ont pour objectif non seulement de créer cette coalition internationale, mais aussi d'accroître les moyens de lutte contre le terrorisme.

Par ailleurs, en ces moments, vous n'entendrez de ma part aucune parole qui puisse mettre en cause l'action des forces de l'ordre - police comme gendarmerie -, qui se sont comportées d'une manière tout à fait extraordinaire au Bataclan ou, voici quelques jours, à Saint-Denis.

Je ne mettrai pas en cause non plus les services de renseignement, qui sont engagés - les Français le savent - dans une tâche extrêmement difficile. En effet, nous faisons face depuis des mois à près de 1.800 individus déterminés à nous faire la guerre. Et je ne compte que les Français ou les résidents en France, et non ceux qui frappent ailleurs en Europe ou en Afrique du Nord.

Ce phénomène est inédit : nous devons combattre une hydre à deux têtes, qui sévit tant à l'extérieur - en Syrie et en Irak, mais aussi en Libye, ne l'oublions pas - que sur notre territoire. Ces individus sont déterminés et n'ont aucun sens de la vie : ils veulent frapper les Français, notre jeunesse, notre art de vivre et notre culture. Ils nous font la guerre. C'est pourquoi nous la leur faisons.

Toutes les questions qui ont été posées, parmi lesquelles les vôtres, Monsieur le Sénateur, trouveront sans nul doute une réponse dans le travail que le Parlement sera amené à faire ; c'est à lui d'en décider. Par ailleurs, M. François Molins, procureur de la République de Paris, rend régulièrement compte des avancées de l'enquête.

Dès lors, avant de parler de failles ou d'erreurs, attendons de connaître tous les éléments. Je vous ai trouvé bien trop catégorique, Monsieur le Sénateur.

Aujourd'hui - je vous le dis clairement -, la tâche du gouvernement et de l'État est de rendre coup pour coup, de répondre à l'attaque que nous avons connue, d'écraser Daech et de mettre hors d'état de nuire les terroristes. Pour autant, je n'ai cessé de dire depuis le mois de janvier que nous courions un risque, et la vérité oblige à dire aux Français que ce risque est durable. En effet, quand on mène une guerre, il faut s'attendre à ce que l'ennemi cherche de nouveau à nous atteindre.

Je vous adresse donc, Mesdames, Messieurs les Sénateurs, un appel au rassemblement, à la vigilance, au sérieux, au sang-froid et à la dignité. Au-delà, je l'adresse aux Français, qui doivent pouvoir compter non seulement sur la détermination du gouvernement, mais aussi sur l'engagement de la représentation nationale dans ce qui est une guerre. Cette guerre, ensemble, nous la gagnerons !

Monsieur le Sénateur, vous avez eu ce débat hier, et je ne doute pas que nous le poursuivrons. M. le président de la République aura bien sûr l'occasion d'en rendre compte et d'établir un bilan, dont nous espérons tous qu'il sera positif, après ses nombreuses initiatives.

Je veux insister ce qu'a rappelé M. le ministre des affaires étrangères ici même ou moi-même à l'Assemblée nationale à l'occasion de ce débat important. La donne a changé, malheureusement, le 13 novembre dernier, avec les attentats de Paris, et depuis la constatation par les Russes, au lendemain des attentats qui nous ont frappés, que l'explosion d'un avion d'une compagnie russe au-dessus du Sinaï était bien due à un attentat, d'ailleurs revendiqué par Daech.

Nous avons toujours adopté une attitude très solidaire, mais en matière de coopération et d'échange d'informations, nous sommes enfin allés plus loin avec les Américains pour nos frappes en Syrie comme en Irak.

Les choses ont changé pour ce qui concerne les Russes, mais laissons le président de la République et Vladimir Poutine en parler ce soir à Moscou, puisqu'une résolution voulue par la France a été votée à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies. Il faut maintenant des actes. L'objectif du président de la République est, comme auparavant, de détruire Daech.

La France n'a jamais frappé le régime syrien au cours de ces deux dernières années, particulièrement au cours de ces derniers mois. Nous n'avons fait que frapper Daech depuis un an dans le cadre d'une coalition engagée en Irak, et depuis quelques semaines en Syrie, où nous avons intensifié ces frappes ces derniers jours.

Il faut réunir une coalition sans exclusive, sans réanimer les fractures, déjà bien vivantes, entre chiites et sunnites, car c'est l'une des clefs de compréhension du problème. Il serait extrêmement dommageable que de nous appuyer uniquement sur un axe chiite ou sur un axe Moscou-Bagdad-Téhéran. Ce n'est pas du tout ce que vous proposez, mais ce serait une erreur fondamentale pour la suite. Quant à l'idée, que vous n'avez pas évoquée, de combattre au sol ou de s'allier par exemple au Hezbollah, elle mérite, me semble-t-il, une certaine réflexion...

Il faut que tout le monde clarifie ses objectifs, et sur ce point vous avez parfaitement raison. C'est pourquoi dans cette coalition, comme c'est le cas en Irak, où les Russes ne sont pas présents, nous obtenons des résultats, même si c'est très difficile et que cela le restera. Des frappes ont lieu et des troupes agissent au sol - les troupes irakiennes, les milices chiites et les valeureux combattants kurdes, qui ont repris certaines villes, coupant ainsi des axes stratégiques entre Mossoul et Raqqa. Il faut continuer et agir de même en Syrie.

Si nous voulons être efficaces, il faut en effet, de la part de l'opposition modérée, des Kurdes, de tous ceux qui s'engageront, mais sans que nous reproduisions les mêmes erreurs qu'en Libye ou en Irak, éviter toute ambiguïté. Autrement dit, tous les pays, y compris la Turquie, doivent dire bien que l'objectif, c'est Daech. La condition sine qua non, pour réussir cette guerre, est de sortir des ambiguïtés, d'entrer dans une coalition, dans une coordination, avec ce seul objectif : détruire Daech !

Monsieur le Sénateur, vous avez eu ce débat hier, et je ne doute pas que nous le poursuivrons. M. le président de la République aura bien sûr l'occasion d'en rendre compte et d'établir un bilan, dont nous espérons tous qu'il sera positif, après ses nombreuses initiatives.

Je veux insister ce qu'a rappelé M. le ministre des affaires étrangères ici même ou moi-même à l'Assemblée nationale à l'occasion de ce débat important. La donne a changé, malheureusement, le 13 novembre dernier, avec les attentats de Paris, et depuis la constatation par les Russes, au lendemain des attentats qui nous ont frappés, que l'explosion d'un avion d'une compagnie russe au-dessus du Sinaï était bien due à un attentat, d'ailleurs revendiqué par Daech.

Nous avons toujours adopté une attitude très solidaire, mais en matière de coopération et d'échange d'informations, nous sommes enfin allés plus loin avec les Américains pour nos frappes en Syrie comme en Irak.

Les choses ont changé pour ce qui concerne les Russes, mais laissons le président de la République et Vladimir Poutine en parler ce soir à Moscou, puisqu'une résolution voulue par la France a été votée à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies. Il faut maintenant des actes. L'objectif du président de la République est, comme auparavant, de détruire Daech.

La France n'a jamais frappé le régime syrien au cours de ces deux dernières années, particulièrement au cours de ces derniers mois. Nous n'avons fait que frapper Daech depuis un an dans le cadre d'une coalition engagée en Irak, et depuis quelques semaines en Syrie, où nous avons intensifié ces frappes ces derniers jours.

Il faut réunir une coalition sans exclusive, sans réanimer les fractures, déjà bien vivantes, entre chiites et sunnites, car c'est l'une des clefs de compréhension du problème. Il serait extrêmement dommageable que de nous appuyer uniquement sur un axe chiite ou sur un axe Moscou-Bagdad-Téhéran. Ce n'est pas du tout ce que vous proposez, mais ce serait une erreur fondamentale pour la suite. Quant à l'idée, que vous n'avez pas évoquée, de combattre au sol ou de s'allier par exemple au Hezbollah, elle mérite, me semble-t-il, une certaine réflexion...

Il faut que tout le monde clarifie ses objectifs, et sur ce point vous avez parfaitement raison. C'est pourquoi dans cette coalition, comme c'est le cas en Irak, où les Russes ne sont pas présents, nous obtenons des résultats, même si c'est très difficile et que cela le restera. Des frappes ont lieu et des troupes agissent au sol - les troupes irakiennes, les milices chiites et les valeureux combattants Kurdes, qui ont repris certaines villes, coupant ainsi des axes stratégiques entre Mossoul et Raqqa. Il faut continuer et agir de même en Syrie.

Si nous voulons être efficaces, il faut en effet, de la part de l'opposition modérée, des Kurdes, de tous ceux qui s'engageront, mais sans que nous reproduisions les mêmes erreurs qu'en Libye ou en Irak, éviter toute ambiguïté. Autrement dit, tous les pays, y compris la Turquie, doivent dire bien que l'objectif, c'est Daech. La condition sine qua non, pour réussir cette guerre, est de sortir des ambiguïtés, d'entrer dans une coalition, dans une coordination, avec ce seul objectif : détruire Daech !


Monsieur le Sénateur, vous avez eu ce débat hier, et je ne doute pas que nous le poursuivrons. M. le président de la République aura bien sûr l'occasion d'en rendre compte et d'établir un bilan, dont nous espérons tous qu'il sera positif, après ses nombreuses initiatives.

Je veux insister ce qu'a rappelé M. le ministre des affaires étrangères ici même ou moi-même à l'Assemblée nationale à l'occasion de ce débat important. La donne a changé, malheureusement, le 13 novembre dernier, avec les attentats de Paris, et depuis la constatation par les Russes, au lendemain des attentats qui nous ont frappés, que l'explosion d'un avion d'une compagnie russe au-dessus du Sinaï était bien due à un attentat, d'ailleurs revendiqué par Daech.

Nous avons toujours adopté une attitude très solidaire, mais en matière de coopération et d'échange d'informations, nous sommes enfin allés plus loin avec les Américains pour nos frappes en Syrie comme en Irak.

Les choses ont changé pour ce qui concerne les Russes, mais laissons le président de la République et Vladimir Poutine en parler ce soir à Moscou, puisqu'une résolution voulue par la France a été votée à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies. Il faut maintenant des actes. L'objectif du président de la République est, comme auparavant, de détruire Daech.

La France n'a jamais frappé le régime syrien au cours de ces deux dernières années, particulièrement au cours de ces derniers mois. Nous n'avons fait que frapper Daech depuis un an dans le cadre d'une coalition engagée en Irak, et depuis quelques semaines en Syrie, où nous avons intensifié ces frappes ces derniers jours.

Il faut réunir une coalition sans exclusive, sans réanimer les fractures, déjà bien vivantes, entre chiites et sunnites, car c'est l'une des clefs de compréhension du problème. Il serait extrêmement dommageable que de nous appuyer uniquement sur un axe chiite ou sur un axe Moscou-Bagdad-Téhéran. Ce n'est pas du tout ce que vous proposez, mais ce serait une erreur fondamentale pour la suite. Quant à l'idée, que vous n'avez pas évoquée, de combattre au sol ou de s'allier par exemple au Hezbollah, elle mérite, me semble-t-il, une certaine réflexion...

Il faut que tout le monde clarifie ses objectifs, et sur ce point vous avez parfaitement raison. C'est pourquoi dans cette coalition, comme c'est le cas en Irak, où les Russes ne sont pas présents, nous obtenons des résultats, même si c'est très difficile et que cela le restera. Des frappes ont lieu et des troupes agissent au sol - les troupes irakiennes, les milices chiites et les valeureux combattants Kurdes, qui ont repris certaines villes, coupant ainsi des axes stratégiques entre Mossoul et Raqqa. Il faut continuer et agir de même en Syrie.

Si nous voulons être efficaces, il faut en effet, de la part de l'opposition modérée, des Kurdes, de tous ceux qui s'engageront, mais sans que nous reproduisions les mêmes erreurs qu'en Libye ou en Irak, éviter toute ambiguïté. Autrement dit, tous les pays, y compris la Turquie, doivent dire bien que l'objectif, c'est Daech. La condition sine qua non, pour réussir cette guerre, est de sortir des ambiguïtés, d'entrer dans une coalition, dans une coordination, avec ce seul objectif : détruire Daech !


* Lutte contre la radicalisation

Vous tenez des propos parfaitement justes, lorsque vous évoquez, de manière générale, la nécessité de faire de l'éducation une priorité, de s'engager en faveur de la formation, de donner un avenir à la jeunesse au travers de l'école, de l'accès à l'emploi, de la culture, des loisirs. En un mot, de donner du sens, tout simplement, à la notion d'engagement !

Il existe une demande très forte d'engagement de la part de la jeunesse, cette jeunesse qui, précisément - c'est probablement ce qui motive votre question -, a été visée par les terroristes. Ces derniers s'en sont pris à son mode de vie, à son envie de s'amuser, de partager un spectacle ou un moment de convivialité, à son souhait de pouvoir vivre librement. Le terrorisme s'attaque à la France parce que nous sommes un peuple libre et que la jeunesse française veut vivre dans la liberté, et avec exigence !

Pour vous répondre le plus franchement possible, oui, Monsieur le Snateur, bien sûr, il ne faut faire aucun amalgame. Toutefois, j'ai dans la tête les mots d'un jeune garçon, que j'ai rencontré deux jours après les attentats. Il avait reçu une balle dans le bras et avait vu son ami mourir sur la terrasse du restaurant où ils se trouvaient. Il m'a dit : «Arrêtez avec les discours sur les amalgames. Nous, nous n'en faisons pas !»

Pour ma part, je réitère les propos que j'ai tenus, hier, à l'Assemblée nationale : nous avons des priorités à traiter pour le bien de notre jeunesse, vous avez raison de le souligner, mais ce n'est parce qu'il y aurait des difficultés dans nos quartiers populaires et que notre jeunesse n'aurait pas d'avenir - ce n'est évidemment pas ce que vous avez dit - que l'on pourrait trouver la moindre excuse ou justification aux événements survenus. Ou alors, cela signifierait qu'un jeune en difficulté, ayant connu l'échec scolaire, un jeune d'origine étrangère, de confession ou de culture musulmane, voire ayant été converti - il ne faut pas oublier le poids de l'islamisme et du salafisme dans les quartiers - se radicaliserait automatiquement, du fait de ces difficultés ?

Non ! Il faut bien sûr mener une lutte implacable contre la radicalisation, mais, je vous le dis, Mesdames, Messieurs les Sénateurs, j'en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses et des explications culturelles ou sociologiques aux événements qui se sont produits !

Bien entendu, notre priorité doit aller à la jeunesse, et c'est la préoccupation du gouvernement. Toutefois, il ne faut rien excuser, et aucun d'entre nous, ici, ne fait le moindre amalgame !

Dans le même temps, nous estimons qu'il appartient à l'islam de France de se lever et d'affirmer que l'islamisme et le salafisme doivent être combattus, par les armes, bien sûr dans le cadre de l'État de droit, mais également sur les plans théologique, idéologique et culturel.

Donc, oui, Monsieur le Sénateur, priorité à la jeunesse, mais aussi, aujourd'hui, priorité à cette démarche qui vise à remettre, partout, la République debout !


* Renseignement

Le président de la République et moi-même avons effectivement pris des engagements forts, dans le sens de la poursuite du renforcement des effectifs et moyens matériels de l'ensemble des services participant à la sécurité dans notre pays, et pas seulement de la police et de la gendarmerie.

La question des services de renseignement est évidemment cruciale dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Grâce au travail du Parlement, Assemblée nationale et Sénat, nous avions tiré les enseignements des événements de Toulouse et Montauban : la Direction générale de la sécurité intérieure a été créée et nous avons voulu remettre sur pied un véritable renseignement territorial. Il est effectivement essentiel, dans les moments que nous connaissons, de pouvoir capter les «signaux faibles» dans notre société. C'est le travail des services territoriaux de police et de gendarmerie.

À la suite des attentats du mois de janvier dernier, nous avions déjà décidé de renforcer notre dispositif de lutte contre le terrorisme. D'importantes créations de postes ont été actées : quelque 2 680 entre 2015 et 2017, au bénéfice de nos forces de sécurité - 1.400 postes -, mais aussi de nos services de justice, de défense ou de douane.

À cela s'est ajoutée une augmentation des moyens des renseignements, car les policiers ne suffisent pas à eux seuls. Il faut aussi des «hackers» et des spécialistes des nouvelles technologies de la communication, notamment des réseaux sociaux, qui peuvent faire face aux nouvelles formes prises par les attaques terroristes.

Ces créations d'effectifs ont été accompagnées de moyens supplémentaires en investissement et en équipement, à hauteur, je veux le rappeler, de 425 millions d'euros de crédits.

À la suite des attentats du 13 novembre, conformément aux décisions du président de la République, les services dont je viens de parler, à savoir la police, la gendarmerie, la justice et les douanes seront encore renforcés de 8 500 nouveaux postes en 2016 et 2017.

Concernant le renforcement de nos forces de sécurité et de justice, le gouvernement a d'ores et déjà déposé ce matin deux amendements devant votre assemblée. Il en déposera un troisième pour les douanes d'ici à la fin de la semaine.

Sans entrer dans le détail, nous réunirons tous les quinze jours à Matignon, vous le savez, les présidents des deux assemblées, les présidents des commissions concernées et les présidents des groupes pour donner des informations précises concernant la lutte contre le terrorisme sur le territoire national, ainsi que nos interventions extérieures. En outre, tous les quinze jours, en alternance avec cette réunion, le ministre de l'intérieur rencontrera les responsables des groupes qui suivent plus particulièrement les questions de sécurité. Il pourra donc répondre plus précisément à votre question. Et bien sûr, le Parlement exerce son contrôle sur la mise en oeuvre de l'état d'urgence.

Sans entrer dans le détail, ces renforts iront bien sûr en priorité aux forces de sécurité intérieure - police, gendarmerie, sécurité civile -, qui bénéficieront de 5.000 créations de postes sur deux ans et de moyens nouveaux - ce point est tout à fait essentiel - en équipement et en investissement.

La justice, je veux le souligner, bénéficiera de 2.500 postes, ce qui portera à plus de 6.100 le nombre de créations nettes d'emplois depuis 2012. La consolidation du pôle antiterroriste de Paris est pour nous une priorité, comme celle de l'administration pénitentiaire et la lutte contre la radicalisation en prison.

Mesdames, Messieurs les Sénateurs, vous aurez donc à discuter ces trois amendements dans le cadre des débats sur le projet de loi de finances pour 2016. Je le redis, nous assurerons les moyens nécessaires et adaptés à nos services de renseignement et à nos forces armées. Le gouvernement devrait déposer deux amendements en ce sens d'ici à la fin de la semaine.

Je sais, Monsieur le Sénateur, que, en tant que membre de la délégation parlementaire au renseignement que préside avec efficacité et discrétion M. Jean-Pierre Raffarin, vous serez particulièrement attentif à cette décision et à cet effort. Le gouvernement associera pleinement le Parlement, notamment la délégation, car nous savons que, sur ces questions, il faut faire front ensemble.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 2 décembre 2015

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