Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à une question sur les mesures envisagées par le gouvernement à l'encontre de mosquées salafistes radicalisées, à l'Assemblée nationale le 9 décembre 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à une question sur les mesures envisagées par le gouvernement à l'encontre de mosquées salafistes radicalisées, à l'Assemblée nationale le 9 décembre 2015.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Yves Albarello, député (Les Républicains) de Seine-et-Marne, à l'Assemblée nationale le 9 décembre 2015

ti : Monsieur le Député, le ministre de l'intérieur aurait pu répondre à votre question, mais il se trouve cet après-midi à Londres où il participe à une rencontre avec d'autres ministres de l'intérieur, afin de joindre tous les efforts pour lutter contre le terrorisme, contre l'État islamique qui s'attaque non seulement à la France, mais aussi à d'autres cibles en Europe et dans le monde.

Un certain nombre d'éléments nous ont conduits à réaliser, le 2 décembre dernier, une perquisition à la mosquée de Lagny-sur-Marne, ainsi que dix perquisitions administratives individuelles visant des personnes participant directement à sa gestion ou à son organisation. Cette mosquée, qui était déjà dans le collimateur de nos services - une procédure de fermeture avait déjà été engagée mais devait encore être approuvée en conseil des ministres -, a été fermée en vertu de la loi du 3 avril 1955. Les opérations menées ont permis de découvrir une structure scolaire totalement dissimulée, parfaitement illégale. L'État était donc fondé à invoquer cette disposition de la loi relative à l'état d'urgence.

Au-delà de ce seul motif, il est clairement établi que cette mosquée était un élément structurant d'une filière de recrutement djihadiste où l'on trouve un certain nombre de personnes dont un prêcheur de la haine faisant l'apologie du djihad et de la mort en martyr. Cet homme a joué un rôle majeur dans l'endoctrinement de personnes qui se sont, par la suite, portées volontaires pour le djihad en Syrie, aussi bien pour le compte de l'État islamique que du Jabhat al-Nosra. Cette personne avait déjà fait l'objet d'un gel administratif de ses avoirs, en qualité de gestionnaire de la mosquée. De nombreux éléments démontrent que cette filière était pérennisée.

Qu'il s'agisse de la mosquée de Lagny-sur-Marne ou d'autres mosquées, nous allons poursuivre, dans le cadre de l'État de droit et de l'état d'urgence, ces perquisitions et cette traque de l'islamisme radical, du salafisme qui corrompt une partie de notre jeunesse. Nous devons agir et être intraitables.

Vous l'avez dit, Monsieur le Député, les perquisitions du 2 décembre à la mosquée de Lagny-sur-Marne ont permis de saisir des documents relatifs au djihad, un disque dur dissimulé, plusieurs ordinateurs, ainsi qu'une arme et des munitions qui justifient des poursuites judiciaires. C'est vrai à Lagny-sur-Marne, mais cela peut aussi être le cas dans d'autres mosquées, dans d'autres lieux de culte, même si nous savons que la radicalisation s'opère aussi sur internet ou en prison.

Pour conclure, Monsieur le Député, je veux rappeler que les musulmans de France sont les premières victimes de l'islamisme radical.

Un certain nombre d'établissements, de mosquées, sont noyautés ou déstabilisés par des éléments qui cherchent à en prendre le contrôle. S'il n'est pas du ressort de l'État d'organiser la religion, il est de son devoir de veiller à éviter cette déstabilisation et d'agir efficacement, par la voie administrative ou judiciaire, chaque fois que c'est nécessaire.

Oui, notre adversaire, notre ennemi, c'est l'islamisme radical. Il doit savoir que l'État, fort du soutien de la représentation parlementaire, sera intransigeant et déterminé.

En même temps, je veux encore une fois envoyer un message de soutien à nos compatriotes musulmans. L'État se doit d'agir contre l'islamisme radical, mais il a aussi le devoir de protéger nos compatriotes et nos concitoyens musulmans pour éviter les amalgames qu'on entend de l'autre côté de l'Atlantique, mais aussi dans notre pays. C'est cela, la République ! Je voulais le dire, en ce jour d'anniversaire de la loi de 1905.


source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 14 décembre 2015

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