Déclaration de M. Harlem Désir, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur l'Union européenne et la Turquie, à l'Assemblée nationale le 16 décembre 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Harlem Désir, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur l'Union européenne et la Turquie, à l'Assemblée nationale le 16 décembre 2015.

Personnalité, fonction : DESIR Harlem.

FRANCE. Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes

Circonstances : Questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le 16 décembre 2015

ti :
Monsieur le Député, la Turquie est un partenaire stratégique de la France car elle se trouve au carrefour de crises et d'enjeux stratégiques majeurs. Elle est notre alliée dans la recherche d'une solution politique en Syrie, et elle a un rôle majeur à jouer dans la réponse européenne à la crise migratoire ainsi qu'à la menace terroriste. Notre intérêt commun est donc de poursuivre le dialogue engagé avec elle, depuis maintenant plusieurs années, sur l'ensemble de ces questions.

Le sommet qui a réuni, le 29 novembre dernier à Bruxelles, l'ensemble des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne et le Premier ministre turc a précisément eu pour objet la poursuite de ce dialogue. Notre intérêt est également de soutenir la Turquie dans l'effort qu'elle fournit pour accueillir les réfugiés - plus de 2 millions de Syriens - sur son territoire.

Tel est le sens du plan d'action commun conclu entre l'Union européenne et la Turquie, qui vise notamment à renforcer notre coopération afin de garantir des conditions de vie dignes et humaines aux réfugiés qui sont accueillis sur le sol turc, de lutter contre les réseaux de passeurs et de renforcer le contrôle de nos frontières extérieures.

En parallèle, nous apportons à la Turquie un appui financier accru, de l'aide humanitaire et des fonds destinés à améliorer l'hébergement, l'insertion professionnelle et la formation des réfugiés. Cet engagement de l'Europe est indispensable mais ne change rien à nos exigences vis-à-vis de la Turquie pour ce qui concerne - je réponds en cela à votre question, Monsieur le Député - la libéralisation des visas ou les chapitres de négociation.

Il s'agit d'un pays candidat à l'adhésion depuis 1999, sous la présidence de Jacques Chirac : des négociations ont depuis lors été engagées sur quatorze chapitres - dont treize ont été ouverts au cours de la présidence de Nicolas Sarkozy - sur lesquels la Turquie a engagé avec l'Union européenne un certain nombre de coopérations.

Un nouveau chapitre a été ouvert. Cela ne préjuge en rien de l'issue de ce processus puisqu'en tout état de cause, un référendum serait organisé en France si la question de l'adhésion de la Turquie se posait, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

La position du gouvernement est donc claire : oui à la coopération avec la Turquie dans la lutte contre le terrorisme et pour le contrôle des frontières.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 décembre 2015

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