Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur le maire du Mans, les efforts en faveur de la sécurité, les 24h du Mans et sur la situation des éleveurs de porc, au Mans le 13 juin 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur le maire du Mans, les efforts en faveur de la sécurité, les 24h du Mans et sur la situation des éleveurs de porc, au Mans le 13 juin 2015.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Déplacement dans la Sarthe à l'occasion des 24H du Mans, le 13 juin 2015

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LE PRESIDENT : Monsieur le maire, cher Jean-Claude BOULARD, vous m'accueillez dans votre hôtel de ville. Vous m'avez plusieurs fois reçu ici même, dans des fonctions, qualités qui n'étaient pas celles de président de la République. C'est la première fois.

Je connais bien la ville du Mans, je connais bien son maire. Jean-Claude BOULARD, je l'ai connu, j'étais étudiant et il était maître des requêtes au Conseil d'Etat et reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes de droit administratif. J'ai donc maintenant l'occasion de voir si son enseignement était particulièrement judicieux et si les principes qu'il m'a transmis, ont pu trouver une traduction dans la vie publique de notre pays. Je l'ai connu ensuite, il l'a rappelé, dans l'équipe de campagne de François MITTERRAND, en 1981. Il avait toujours cette impertinence, cette liberté de ton et généralement, ce sont des qualités qui sont reconnues mais qui ne sont pas toujours appréciées. On en sourit et on en garde quelquefois une trace dans la mémoire, ça peut arriver même à des grands hommes. Ce qui explique que Jean-Claude BOULARD a pu mener une vie politique et administrative quelquefois un peu en marge. Mais c'est souvent parce qu'on a un destin qui n'est pas toujours reconnu au plan national, qu'on peut donner le meilleur de soi-même dans une ville, la sienne.

J'ai connu Jean-Claude BOULARD candidat, parce qu'avant d'être maire ou président, il faut quand même bien le rappeler, il faut être candidat. Et il voulait accéder à la responsabilité qui est la sienne aujourd'hui. Et il l'a fait avec patience, il l'a fait avec ténacité et puis ensuite il est devenu maire du Mans et c'était pour lui, je crois, une très grande consécration.

Alors je viens aujourd'hui - je salue les parlementaires qui sont ici aussi pour m'accueillir selon une tradition républicaine bien établie- je viens avec deux ministres, le ministre de l'Intérieur – mieux vaut toujours venir avec le ministre de l'Intérieur, ça ne garantit rien mais ça protège de tout ! - et je veux saluer son action ; je le ferai tout à l'heure devant les services de police et de gendarmerie parce que Bernard CAZENEUVE a eu un rôle essentiel lorsque notre pays a été frappé par des attentats particulièrement sanglants. Il a su par cette mesure qui est la sienne et en même temps ce travail obstiné, donner aux services toutes les responsabilités pour agir, pour enquêter, mais aussi pour dissuader et encore aujourd'hui, toutes les précautions sont prises - vous savez que l'on a un plan Vigipirate au niveau maximal, qui mobilise beaucoup les forces de sécurité qui font face à une exigence, protéger nos concitoyens, ce qui suppose aussi de sécuriser bon nombre de lieux publics.

Je viens à l'occasion des 24 heures du Mans et là encore les forces de police et de gendarmerie ont été particulièrement sollicitées pour permettre que 250.000 spectateurs puissent être accueillis. Car c'est la raison de ma venue. Au-delà de l'amitié que je porte à la ville du Mans, à son maire, à ses élus, à la population, je viens pour saluer un grand événement ; un grand événement sportif, les 24 heures, un grand événement aussi technologique, industriel, car la ville du Mans est une ville qui a aussi une tradition industrielle et une tradition automobile. Je viens aussi dans un contexte que chacun connaît - la préparation de la conférence sur le climat (on pourrait me dire : « Mais comment, vous venez pour préparer la mutation du monde et vous assistez à une course automobile »), et bien les efforts qui ont été menés par les constructeurs, la volonté des organisateurs pour cette grande compétition, ça a été précisément de faire la conversion de moteurs qui aujourd'hui sont hybrides, il y aura même des véhicules électriques qui seront présentés et c'est cette mutation-là que je veux aussi encourager, sans que ça puisse altérer les règles de la compétition.

Je viens aussi parce que quand sont rassemblés 250.000 spectateurs, qu'il y a des retransmissions télévisées dans le monde entier, Le Mans est forcément aujourd'hui, non pas par ma présence mais par les 24 heures, le centre du monde, en tout cas du monde automobile et sportif. Et je pense que vous devez bien mesurer ce que ça peut représenter en termes d'attractivité et d'impact pour votre territoire. Vous en concevez une légitime fierté et vous avez raison.

Depuis Georges POMPIDOU, aucun président n'était venu pour les 24 heures. Je voulais vraiment rattraper ce retard et je veux que les Français comprennent bien le sens de ce déplacement parce qu'il y aura encore des interrogations sur la place du sport automobile et les 24 heures ont toujours été, au-delà de ce qu'a pu être l'avenir des circuits de formule un, toujours été une constante dans notre pays ; jamais il n'y a eu de débat sur les 24 heures, parce que cela fait partie de notre patrimoine.

Je viens également avec le ministre de l'Agriculture et nous échangions tout au long de ce court trajet, sur la situation notamment des éleveurs de porcs. Il fait face, mais ce sont surtout les éleveurs qui font face, à une situation extrêmement grave, dramatique même et il fait tout, tout ce qu'il est possible de faire, parce que là encore ce n'est pas l'Etat qui détermine les prix, mais il fait tout pour qu'il puisse y avoir des réponses. Le ministre de l'Agriculture que je connais bien, que j'ai connu même avant – ça n'échappera à personne - qu'il ne soit ministre de l'Agriculture, ne lâche rien, je le sais. C'est ça d'ailleurs le problème que nous avons avec Stéphane LE FOLL, c'est qu'il ne lâche jamais rien. Et il fait en sorte que l'agriculture française puisse être défendue, il l'a bien montré au plan européen et il le montre encore au plan national mais je sais aussi que ça n'apaise pas toutes les tensions, même s'il faut avoir du courage. C'est un mot qui revient souvent, le courage, parce que quand on est dans l'épreuve, quand on est dans des circonstances éprouvantes ou difficiles, il faut du courage. On ne peut pas toujours tout réussir mais il faut toujours faire ce qu'on a à faire avec courage, parce que c'est ce qui fait la différence. Il y en a qui réussissent sans courage, il y en a qui peuvent ne pas réussir avec courage, ce qu'il faut, c'est réussir en étant courageux, parce que le courage ne suffit pas s'il ne se traduit pas, on ne peut pas simplement en faire une vertu ; le courage doit être mis au service d'une politique et de résultats. Et c'est ce que Stéphane LE FOLL fait pour ce qui le concerne. Il a été discuter avec les éleveurs de porcs et même s'il n'a pas pu leur donner toutes les réponses qu'ils attendaient, il était là.

Alors vous, Monsieur le Maire, vous avez le sens de la réalité. L'affection, vous l'avez témoignée mais vous avez toujours dit « il faut venir avec une annonce ». Heureusement, Madame le Préfet m'avait prévenu et donc je l'en remercie, elle mérite donc vos compliments. Alors je suis venu avec le ministre de l'Intérieur, mais ce n'est pas là la seule annonce et le seul cadeau que je peux vous faire…

Jean-Claude BOULARD : C'est déjà formidable !

LE PRESIDENT : Et si vous êtes comblé par cette seule présence, je ne vais pas plus loin dans mon propos… Non, je sais que depuis plusieurs années - je dis bien plusieurs années - une restructuration des services administratifs de l'Etat a été engagée et que vous attendez depuis trop longtemps qu'il puisse y avoir un hôtel de police digne de ce nom pour la ville du Mans. Le ministre de l'Intérieur a travaillé sur ce dossier et m'en a plusieurs fois donné l'état précis. Aujourd'hui donc, je suis prêt à annoncer parce que nous avons rassemblé les financements, que l'hôtel de police sera donc engagé, sera donc financé, sera donc construit et que les travaux commenceront dans peu de temps puisque les études sont maintenant d'ores et déjà lancées.

(Applaudissements)

Pour que vous mesuriez bien ce que cela peut représenter dans le budget du ministère de l'Intérieur, c'est 30 millions d'euros, en deux étapes, qui seront affectés à cette opération. Mais elle a un sens, si je puis dire, elle a un double sens : donner aux fonctionnaires de police les moyens de travailler efficacement et de rassembler ce qui était aujourd'hui dispersé, mais cela a un autre sens, c'est que ça vous permettra dans la ville du Mans, d'avoir sur le même lieu, cette ancienne caserne, tous les services de l'Etat et améliorer ainsi le service à l'usager. Nous avons engagé une grande réforme territoriale dans le cadre, vous le savez, de plusieurs lois, notamment la dernière, la loi NOTRE et nous voulons que les services de l'Etat puissent être renforcés dans cette réorganisation de notre territoire et de son administration. Et c'est la raison pour laquelle ce commissariat ne vient pas se greffer comme cela ou n'est pas simplement dans le cadre d'une visite présidentielle, une bonne nouvelle que je viendrais lancer, cela s'inscrit dans une action que vous aviez déjà engagée avec les services de l'Etat et qui va trouver sa traduction.

Voilà, je ne peux pas rester 24 heures, hélas, au Mans, ce serait un grand plaisir, mais je ferai finalement des déplacements fractionnés, donc peut-être qu'à la fin de mon mandat, j'aurai fait 24 heures au Mans. Merci.

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