Communiqué de la Présidence de la République, en date du 2 juillet 2016, sur le décès de Michel Rocard. | vie-publique.fr | Discours publics

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Communiqué de la Présidence de la République, en date du 2 juillet 2016, sur le décès de Michel Rocard.

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Une grande figure de la République et de la Gauche vient de disparaître.

Michel Rocard ne dissociait jamais son action de ses idées. Il s'était engagé très tôt pour le socialisme. Un socialisme exigeant et moral. Un socialisme qui conciliait la part d'utopie sans laquelle il n'y a pas d'espoir et la part de modernité sans laquelle il n'y a pas de réussite.

Doté d'une personnalité exceptionnelle, il avait entrainé derrière lui de nombreuses générations et avait cherché à réformer et à apaiser la France. Sa méthode fut celle du dialogue, du compromis. Il nous inspire encore aujourd'hui.

Il a servi la République comme haut fonctionnaire avant de mettre ses grandes compétences dans l'exercice de ses mandats de parlementaire et d'élu local, comme maire de Conflans-Sainte-Honorine, de ministre, avant de devenir Premier ministre. Pendant trois ans, il aura apporté la paix en Nouvelle Calédonie, réformé le financement de notre système de protection sociale, instauré le Revenu minimum d'insertion et soutenu réellement l'Education nationale et la Recherche.

Michel Rocard avait une conception élevée de la responsabilité politique. Il tenait au « parler vrai ». Cette franchise a pu lui coûter pour accéder aux plus hautes responsabilités de notre pays. Mais c'était son honneur et sa fierté.

Michel Rocard était un rêveur réaliste, un réformiste radical, animé par le mouvement des idées, le sort de la planète et de la destinée humaine.

Jusqu'à son dernier souffle, il a continué à avancer des idées et à proposer ses solutions. Jamais il n'exprimait une nostalgie ou un regret. Seul comptait l'avenir.

Michel Rocard a réussi à être un homme d'Etat respecté, un intellectuel brillant et un militant fidèle à l'idéal pour lequel il avait très jeune décidé de consacrer sa vie.

J'exprime, au nom de notre pays, à son épouse Sylvie, à ses enfants, mes condoléances attristées et adresse à tous les amis de Michel Rocard, et ils sont nombreux, ma solidarité. Leur chagrin est à la mesure de la fierté qu'ils éprouvaient à le suivre.


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