Interview de Mme Fleur Pellerin, ministre de la culture et de la communication à France-Info le 6 janvier 2016, sur les attentats contre Charlie-hebdo et le Bataclan, la lutte contre le terrorisme et la défense de la liberté d'expression. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Fleur Pellerin, ministre de la culture et de la communication à France-Info le 6 janvier 2016, sur les attentats contre Charlie-hebdo et le Bataclan, la lutte contre le terrorisme et la défense de la liberté d'expression.

Personnalité, fonction : PELLERIN Fleur, ACHILLI Jean-François .

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication;

ti :


FABIENNE SINTES
Fleur PELLERIN, ministre de la Culture et de la communication avec nous ce matin, sur France Info avec Jean-François ACHILLI et Guy BIRENBAUM.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Bonjour Fleur PELLERIN.

FLEUR PELLERIN
Bonjour.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Cela fera demain un an l'attaque contre Charlie Hebdo, attaque meurtrière, puis, il y a eu Montrouge, puis, il y a eu Hyper Casher. Un an après les attentats, vous êtes toujours Charlie ?

FLEUR PELLERIN
Oui, ce qu'on appelle être Charlie, je crois que c'est un sursaut, le fait de se lever et de défendre ce qui fait la nation française, ce qui fait ses valeurs, ce qui fait ce contrat par lequel les Français décident de constituer une nation, c'est ça l'esprit Charlie. Et moi, je pense qu'il est plus que jamais vivace, je pense qu'il est plus que jamais aujourd'hui d'actualité de défendre la liberté d'expression, la liberté de création, de défendre la liberté d'impertinence…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est ce que vous disiez hier, l'année dernière, après les attentats, vous disiez : la liberté d'offenser, je vous pose la question, parce que l'union nationale avait été très vite oubliée à l'époque, souvenez-vous, il y avait eu la grande manifestation du dimanche, et puis ensuite, ça s'était délité.

FLEUR PELLERIN
Mais l'union nationale…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et tout le monde n'était pas dans la rue, vous vous rappelez…

FLEUR PELLERIN
On ne manifeste pas tous les jours pour signifier l'union nationale, moi, je ne crois pas du tout à ce que j'entends lorsque certains disent : l'esprit Charlie a vécu une quinzaine de jours, et après, s'est tu. Je crois, au contraire, que cet esprit, il est aujourd'hui plus que jamais vivace, qu'il est manifeste à travers beaucoup d'aspects du débat politique, je crois qu'il est encore indispensable de se défendre et de défendre nos valeurs, et de se battre pour la liberté d'expression, et la liberté de création. Quand je vois les débats qu'a suscités par exemple cette nouvelle Une de Charlie, je me dis, eh bien, oui, l'esprit Charlie, il est encore très vivace…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui, vous écrivez dedans, dans ce numéro, vous êtes dedans. Guy BIRENBAUM le brandit devant les caméras de France Info, sur le live France Info, vous avez signé une tribune à l‘intérieur, un billet ?

FLEUR PELLERIN
Oui, pas une tribune…

GUY BIRENBAUM
En dernière page…

FLEUR PELLERIN
Pas une tribune, quelques mots pour dire l'attachement que j'ai à la pérennité de ce journal, à son esprit.

GUY BIRENBAUM
Vous me permettez cette question : encore la religion à la Une, encore la religion ?

FLEUR PELLERIN
Oui, et alors ? L'esprit Charlie, c'est ça, moi, je souhaite que Charlie reste Charlie, qu'il puisse avoir encore cette impertinence, puisse avoir envie de parler de religion, de se moquer, de se moquer, non pas de la religion et de la liberté de conscience, mais voilà, du clergé, de ceux qui utilisent la religion à des fins politiques.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Alors, Fleur PELLERIN, nous avons senti une forme de frustration, d'agacement, de détresse parfois même dans les mots, de certains des acteurs de ce drame. Prenez Maryse WOLINSKI, je ne vous parle pas du « Y », l'erreur sur la plaque d'inauguration hier, de commémoration, mais les mots qu'elle a pu dire, l'épouse de Georges WOLINSKI, sur les failles de la sécurité, c'était également le propos d'Ingrid BRINSOLARO, l'épouse du policier qui a été tué avec les membres de Charlie, des questions demeurent sans réponses, on a l'impression qu'un an après, quelque chose n'est pas terminé dans cette histoire…

FLEUR PELLERIN
Mais bien sûr, beaucoup de questions demeurent sans réponses, des questions, probablement que se posent les proches des victimes, c'est bien normal, et d'ailleurs, Bernard CAZENEUVE a indiqué – le ministre de l'Intérieur – hier que c'était naturel de se poser ces questions, et que toutes les réponses possibles devaient être trouvées et apportées à ceux qui se les posent bien naturellement. D'autres questions, beaucoup plus vastes, restent sans réponses, le sens de tout cela. Moi, j'ai vu ce très beau documentaire « Du côté des vivants », qui passait hier à la télévision, le sens des actes de ceux qui ont commis ces crimes, tout ça n'a pas de réponse simple, et donc c'est normal que des questions restent, et qu'elles soient posées notamment par ceux qui sont les plus proches des victimes.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Que dit la ministre de la Culture sur la déchéance de nationalité désormais qui serait étendue, ça reste en discussion à venir, pour tous les auteurs des attentats, c'est voulu par le chef de l'Etat, et la France va produire désormais des apatrides ?

FLEUR PELLERIN
Ecoutez, je crois vraiment qu'on se trompe de débat, on pose un débat juridique là où il n'y a qu'un débat politique. Le débat juridique, il est à mon avis très simple, et je suis assez surprise de voir d'ailleurs tous ceux qui s'improvisent ces derniers temps professeurs de droit international public ou experts en droit constitutionnel…

GUY BIRENBAUM
Ah, c'est normal que tout le monde se documente sur un sujet pareil !

FLEUR PELLERIN
Oui, mais justement, je pense qu'il y a beaucoup de choses fausses qui sont dites, et que si on faisait la chose très simple que d'aller voir sur Internet ce que sont ces textes, on ne se tromperait pas autant. Donc ce débat, il n'est pas juridique, pourquoi ? Parce que, en réalité, aucun des textes qui sont cités ces derniers jours n'interdit de produire des apatrides…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui, d'accord, mais il est symbolique le débat…

FLEUR PELLERIN
Aucun, justement, il n'est pas juridique. Donc aucun de ces textes, que ce soit la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 48, que ce soit les deux conventions de l'ONU, qui définissent le statut des apatrides ou qui visent à réduire le nombre de cas d'apatridie, de 54 et de 61…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
La France n'a pas ratifié à l'époque, en 61, d'accord, mais…

FLEUR PELLERIN
Mais peu importe, la France est un pays des Droits de l'Homme, elle respecte des instruments internationaux, même si elle ne les a pas ratifiés formellement ou signés. Mais ce qui est important, c'est que, aucun de ces textes n'empêche de produire des apatrides. Et la raison d'ailleurs, c'est que la convention de 1954 prévoit le statut des apatrides. Donc c'est qu'elle prévoit bien que cette situation est possible. Donc le débat, il n'est pas juridique. Quand vous regardez la convention de 61 par exemple, elle dit, dans un article 8, que l'Etat, les Etats ne fabriquent pas d'apatrides, mais il existe un certain nombre de circonstances dans lesquelles ils le peuvent, et par exemple, lorsque des individus portent un préjudice grave aux intérêts essentiels de l'Etat. Est-ce que, un acte de terrorisme, est-ce que prendre les armes contre ses concitoyens, ce n'est pas porter un préjudice grave aux intérêts essentiels de l'Etat, je crois que si. Donc ce débat, il n'est pas juridique, il est politique seulement, il est politique seulement…

GUY BIRENBAUM
Pour vous, c'est politique pure…

FLEUR PELLERIN
Il n'y a que deux questions qui vaillent, les deux questions qui vaillent, c'est qu'est-ce que la nation ? Qu'est-ce que c'est faire nation ? Qu'est-ce que c'est vouloir vivre ensemble ? Et la conception qu'a la France de la nation, c'est une conception politique, ce n'est pas seulement une conception organique ou biologique ou ethnique, c'est une conception politique, depuis RENAN et Fustel de COULANGES, c'est le fait de vouloir vivre ensemble, de savoir où on va, de regarder dans la même direction. Donc c'est ça…

GUY BIRENBAUM
Sans insulter les terroristes, je ne me permettrais pas, je ne pense pas qu'ils aient lu RENAN ou Fustel de COULANGES, et je pense qu'ils se moquent comme de l'an 40 qu'on les déchoit de leur nationalité…

FLEUR PELLERIN
Absolument, mais c'est pour ça que la vraie question qui se pose, c'est qu'est-ce qui fait une nation et est-ce que des individus qui prennent les armes contre la liberté d'expression, qui tuent des journalistes, parce qu'ils sont journalistes, qui tuent des juifs parce qu'ils sont juifs, qui tuent des Français…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Des policiers…

FLEUR PELLERIN
Des policiers…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Parce qu'ils sont policiers…

FLEUR PELLERIN
Parce qu'ils portent l'uniforme des forces de l'ordre…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et des militaires…

FLEUR PELLERIN
Qui tuent des gens qui sont à une terrasse de café ou à un concert, parce qu'ils représentent la liberté de vivre et d'un mode de vie qui fait la nation française, est-ce que des personnes qui font cela, qui sont Françaises, quelle que soit la manière dont ils ont acquis la nationalité française, ne sont pas des gens qui se placent en dehors de la nation, eh bien, moi, je crois que si ! Alors, c'est ça le débat politique qui est posé, c'est ça le débat politique qui a été posé par le président de la République, et par le Premier ministre. Le reste, c'est des arguties juridiques, tout ça, ce n'est qu'un écran de fumées pour masquer le vrai débat qui est un débat politique. Est-ce qu'on est d'accord sur la conception de la nation, une conception qui n'est pas encore une fois organique, biologique ou ethnique, mais qui est une conception politique, c'est vouloir vivre ensemble, c'est choisir tous les jours d'avoir un destin commun…

FABIENNE SINTES
Mais Fleur PELLERIN, pardonnez-moi…

FLEUR PELLERIN
Et est-ce que certaines personnes qui prennent les armes contre les valeurs qui incarnent la France, contre les valeurs qui fondent la République française et la nation française, ne doivent pas être considérées comme étant en dehors de la nation, moi, je crois que si, je comprends qu'on pense le contraire, mais qu'on ne se réfugie pas derrière des arguties juridiques pour défendre un point de vue contraire.

FABIENNE SINTES
Mais l'autre question derrière, c'est qu'est-ce qui fait le droit, et est-ce que c'est le symbole qui fait le droit ? Et vous le disiez, effectivement, ces lois, et tout le monde dit d'ailleurs, ne serviront pas à grand-chose en soi, puisque, apatride ou pas, peu importe, si cette personne est en prison, de toute façon, est en prison probablement jusqu'à la fin de sa vie…

FLEUR PELLERIN
Mais, on pourrait dire la même chose…

FABIENNE SINTES
Donc qu'est-ce qui fait le droit, est-ce que c'est le symbole ?

FLEUR PELLERIN
Proclamer le fait que les Français naissent et demeurent libres et égaux en droit, est-ce que c'est utile ? C'est beau, c'est du symbole, mais ces symboles-là, ils sont aussi utiles…

FABIENNE SINTES
Mais c'est un droit fondamental, ça s'appelle le droit fondamental…

FLEUR PELLERIN
Mais moi, je crois que ce n'est pas utile pratiquement pour un policier qui va lutter contre le terrorisme dans la rue, et dans le quotidien, mais c'est utile pour savoir pourquoi les Français sont ensemble et forment un peuple et forment une nation ; moi, je crois que ces symboles-là, ils sont extrêmement importants. Et je pense que c'est pour ça d'ailleurs que le président a posé ce débat devant le Congrès, parce que c'est important qu'on sache aujourd'hui, alors que les terroristes veulent s'en prendre justement à ce qui fait l'unité nationale, veulent créer de la fragmentation et de la guerre civile dans notre société, c'est important de rappeler ce qui fait nation, ce qui fait qu'on est un peuple et une nation, c'est très important.

GUY BIRENBAUM
Alors justement, sur ce sujet, ce matin, dans Le Figaro, l'académicien français, Alain FINKIELKRAUT, écrit, et je le cite, parce que je ne veux pas travestir sa pensée : cette guerre civile, les djihadistes la veulent, et ils ne sont pas les seuls, les harangues de certains rappeurs y invitent expressément, il cite sa liste : Ministère Amer, Monsieur R, BOOBA, etc. Que dit la ministre de la Culture sur cette remarque d'Alain FINKIELKRAUT ?

FLEUR PELLERIN
Je dis qu'il y a une différence entre des gens qui prennent des kalachnikovs et qui vont tuer une centaine de personnes au Bataclan, et des chanteurs qui peuvent exprimer des choses dans un texte ou à la Une d'un journal. Je pense qu'il y a une différence de degrés, il me semble, dans l'atteinte aux principes et aux valeurs fondamentales de la République. Mais là où je rejoins complètement Alain FINKIELKRAUT, c'est que, il a raison de dire que les terroristes veulent créer la guerre civile, ou en tout cas, de la fragmentation, dans notre société. Et c'est bien à cela qu'il faut répondre, et moi, je ne suis pas du tout d'accord avec ceux qui disent ou qui invoquent les Droits de l'Homme ou qui invoquent l'héritage révolutionnaire de notre pays pour dire : ce débat sur la déchéance de nationalité, encore une fois, pas sur l'apatridie, ce débat sur la déchéance de nationalité n'est pas digne de la France des Droits de l'Homme, c'est au contraire complètement dans la lignée de notre histoire. Je pense que c'est une réflexion sur la nation.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Pour rebondir sur ce que vient de dire Guy BIRENBAUM, Fleur PELLERIN, il n'est pas question d'excuser des crimes aussi odieux, mais le président HOLLANDE a fait de la jeunesse l'une de ses priorités aujourd'hui, et les jeunes sont confrontés à un chômage massif, et dans les cités, dans les quartiers, il y a des jeunes qui sont complètement hors de la République, personne ne s'en occupe ; est-ce que ce sont les oubliés du quinquennat ?

FLEUR PELLERI
Ecoutez, ce ne sont pas les oubliés du quinquennat, puisque, vous l'avez dit, le président de la République…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Pas question d'excuser des crimes, attention, on est bien d'accord…

FLEUR PELLERIN
Ah non, non, le président de la République a fait de la jeunesse sa priorité, c'est la raison pour laquelle nous travaillons sur la généralisation du service civique, c'est la raison pour laquelle chacun, dans notre domaine, chacun, à notre place, nous, membres du gouvernement, nous travaillons pour apporter des solutions, mais on l'a dit tout à l'heure, aucune solution n'est simple parce que le problème lui-même n'est pas simple, s'il y avait une seule solution à la radicalisation, à la dérive, au fait, pour certains quartiers, pour certains membres de la communauté nationale de se sentir relégués ou exclus, s'il n'y avait que des réponses simples à cela, eh bien, évidemment, elles seraient apportées, mais ces questions sont extrêmement complexes, qu'est-ce qui fait que, aujourd'hui, certains Français se sentent en dehors de la communauté nationale, ne se sentent pas avoir les mêmes chances à l'école, ne se sentent pas avoir le même accès à la culture, ne se sentent pas avoir la même capacité à trouver un emploi, c'est à ceux-là que nous sommes en train d'apporter des réponses. Et nous y travaillons, donc il ne faut pas dire que rien n'est fait, mais ce ne sont pas des réponses simples, ce ne sont pas des réponses simples, et ce sont des choses qui prennent du temps, vous voyez bien que par exemple sur le chômage des jeunes, il y a beaucoup de progrès qui ont été faits, que la tendance est meilleure, voilà, donc, tout est fait, mais les effets sont parfois longs à se manifester.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Alors, sur les progrès en cours, dans un tout autre sujet, je me tourne vers Guy BIRENBAUM, on parle de parité ce matin.

GUY BIRENBAUM
Oui, eh bien, il y a Riad SATTOUF, le dessinateur, qui refuse sa nomination au Grand Prix d'Angoulême parce que, il n'y a aucune femme nommée, je pense que ça vous touche ?

FLEUR PELLERIN
Oui, en tant que femme, ça me touche, en tant que ministre de la Culture, ça me touche aussi. Moi, je…

GUY BIRENBAUM
Alors, on parle de bande dessinée, bien sûr…

FLEUR PELLERIN
Oui, enfin, on parle de bande dessinée comme on pourrait parler de musique classique, de direction d'orchestre, de beaucoup de choses, moi, c'est vrai que je suis très préoccupée par cela, pas par militantisme, mais parce que je considère que la culture doit être exemplaire en matière de parité, de représentation de la diversité aussi, et que le compte n'y est pas tout à fait. Donc quand je vois, c'est vrai, un grand prix qui récompense toute une carrière ou qui récompense une trajectoire, je me dis que c'est quand même un peu étonnant, même si, probablement, les femmes sont sous représentées parmi les auteurs de bandes dessinées, qu'on n'ait pas trouvé sur trente noms un seul nom de femme à honorer, dont la carrière sera honorée…

GUY BIRENBAUM
Donc vous soutenez SATTOUF ?

FLEUR PELLERIN
Donc moi aussi, je suis un peu perturbée par le fait que, voilà, sur trente nominés, on n'ait pas une seule femme, je trouve ça assez anormal.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous avez eu à gérer le dossier Agnès SAAL, on en a beaucoup parlé, l'ancienne patronne de l'Ina…

FLEUR PELLERIN
Oui, on en a suffisamment parlé, je crois…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc six mois d'exclusion, vous la reprenez ensuite au ministère de la Culture, c'est ça l'histoire ?

FLEUR PELLERIN
Elle sera réintégrée à la Fonction publique, c'est ça la sanction, il y a eu une faute grave, grave, il y a des procédures pénales qui sont actuellement en cours, dont on verra ce qu'elles vont donner, il y a eu une procédure qui a été respectée pour déterminer une sanction. Cette sanction a été déterminée, voilà.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Bon, c'est dit. Fleur PELLERIN, 2016, année de bouleversements dans le Paf, vous savez, le Paysage Audiovisuel Français, une vieille expression…

FLEUR PELLERIN
Ça fait longtemps qu'on n'avait pas entendu cette…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Je l'ai fait exprès parce qu'en fait...

GUY BIRENBAUM
C'est vintage…

FLEUR PELLERIN
Oui…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui, c'est bien ça. Ce qui change, c'est l'arrivée de nouvelles chaînes d'information continue, ou du moins, l'accession de LCI en clair, et puis, et puis, il y a le mariage France Télévisions-Radio France, ici-même, France Info, chaînes d'information continue, dites-nous quelque chose là-dessus, vous avez le regard de ministre de la Culture sur ce dossier ou vous laissez faire ?

FLEUR PELLERIN
Eh bien, non seulement, j'ai le regard, mais vous savez que – avant la désignation de la nouvelle présidente de France Télévisions – j'avais déterminé ce que je souhaitais être les grandes missions de l'audiovisuel public…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Delphine ERNOTTE…

FLEUR PELLERIN
A horizon cinq ou dix ans, à moyen terme. Et j'avais dit que l'information, le décryptage de l'information étaient une priorité pour moi, et que je trouvais essentiel que le service public ait une place singulière dans le paysage audiovisuel français, en matière d'information et de décryptage de l'information. Donc j'y suis extrêmement favorable. Et donc c'est bien dans cette…

GUY BIRENBAUM
Une chaîne indépendante du pouvoir économique !

FLEUR PELLERIN
Oui, c'est bien dans cette... une chaîne du service public qui fasse de l'information, je trouvais que c'était une idée à explorer, donc c'est bien dans ce cadre-là que la réflexion a été lancée, d'ailleurs, je rencontrerai demain France Télévisions, enfin, les dirigeants de France Télévisions, de Radio France, mais aussi d'autres entreprises du service public, France 24, pour voir, faire un point d'étape, pour voir où on en est sur cette question. Donc moi, j'y suis extrêmement favorable, et je pense que, il y a un besoin, il y a une place pour la singularité du service public, indépendante, d'intérêt économique, pour le traitement de l'information.

GUY BIRENBAUM
Voilà, eh bien, si vous avez un point d'étape, on sera ravis d'être au courant nous aussi, merci beaucoup !

FLEUR PELLERIN
Je vous en informerai évidemment !

FABIENNE SINTES
Merci Fleur PELLERIN.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 7 janvier 2016

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