Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à une question sur la position de la France concernant l'évolution des négociations entre le Royamue-Uni et l'Union européenne au sujet du Brexit, à l'Assemblée nationale le 17 février 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à une question sur la position de la France concernant l'évolution des négociations entre le Royamue-Uni et l'Union européenne au sujet du Brexit, à l'Assemblée nationale le 17 février 2016.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Pierre Lequiller, député (Les Républicains) des Yvelines, à l'Assemblée nationale le 17 février 2016

ti : Je vous réponds bien volontiers, Monsieur le Député, parce que c'est une manière d'éclairer le Parlement, mais, honnêtement, sur ces questions qui plus est, il me paraît totalement inutile de mettre en cause l'action du président de la République, surtout à la veille d'un Conseil européen particulièrement important.

Nous entrons dans la dernière ligne droite des négociations. Demain et après-demain se tient à Bruxelles un Conseil européen qui sera notamment chargé de trouver un accord sur la question britannique.

Un accord est-il possible ? Nous le croyons et nous l'espérons, parce que le départ de la Grande-Bretagne serait un choc dont on a du mal à imaginer les conséquences pour l'Europe mais, surtout, la crise entraînée par le départ de l'un des pays membres changerait le regard que le monde porte sur elle.

Nous espérons qu'il y aura un accord parce que, comme j'ai déjà eu l'occasion de l'expliquer ici même, l'intérêt de l'Europe, l'intérêt de la France, l'intérêt du Royaume-Uni lui-même, c'est que ce dernier reste dans l'Union.

Le paquet proposé par le président Tusk, en lien avec la Commission européenne, contient des éléments permettant d'avancer et, même si nous ne sommes pas encore au bout de la discussion, de trouver des solutions satisfaisantes pour tout le monde, dans chacun des quatre domaines évoqués par David Cameron lui-même : la gouvernance économique, la compétitivité, la souveraineté et l'immigration. Mais, à la veille de cette échéance importante, je tiens à redire très clairement que la France, et donc le président de la République, sera particulièrement vigilante sur les deux points les plus difficiles de la négociation, le secrétaire d'État chargé des affaires européennes a déjà eu l'occasion de le souligner.

Nous suivons un principe clair, l'Europe doit demeurer un espace de solidarité entre les États, et l'on ne peut pas choisir à la carte en fonction de ce qui arrange. L'Europe est un tout, que l'on peut adapter mais que l'on ne peut pas aménager uniquement en fonction de ses intérêts propres. Sinon, une ligne est franchie.

Le premier point sur lequel nous serons vigilants, ce sont les relations entre les pays de la zone euro et les autres. Nous pouvons comprendre les demandes britanniques : intégrité du marché intérieur, absence de discrimination ou d'exposition budgétaire des États hors zone euro. Elles sont logiques. Mais, dans le même temps, la zone euro ne doit pas être privée de la possibilité de s'intégrer davantage car elle en a besoin. Je dirai même que toute l'Europe en a besoin au nom de la stabilité financière. Nous veillerons également à garantir l'unité du marché intérieur et des services financiers.

Second point sur lequel nous serons vigilants : la libre circulation, principe fondamental qui ne peut pas être remis en cause, et l'accès aux prestations sociales.

Ce qui est aujourd'hui proposé, c'est de clarifier certaines règles, de lutter contre les abus et d'établir un mécanisme de sauvegarde pour que les États qui subissent un afflux très important de travailleurs d'autres États membres puissent supporter le choc.

Telles sont, Monsieur le Député, les voies possibles d'un compromis, mais ce compromis se joue à Bruxelles dans les heures qui viennent, avec un double souci pour le président de la République, préserver les intérêts de l'Europe et ceux de la France.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 22 février 2016

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