Déclaration de Mme Martine Pinville, secrétaire d'Etat au commerce, à l'artisanat, à la consommation et à l'économie sociale et solidaire, sur la transformation des réseaux consulaires, Paris le 25 janvier 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Martine Pinville, secrétaire d'Etat au commerce, à l'artisanat, à la consommation et à l'économie sociale et solidaire, sur la transformation des réseaux consulaires, Paris le 25 janvier 2016.

Personnalité, fonction : PINVILLE Martine.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au commerce, à l'artisanat, à la consommation et à l'économie sociale et solidaire

Circonstances : Forum national des Chambres de commerce et d'industrie (CCI), à Paris le 25 janvier 2016

ti : Monsieur le président de CCI France,
Monsieur le président du Medef,
Madame et monsieur les vice-présidents de la CGPME,
Mesdames et Messieurs les représentants des CCI,
Mesdames et Messieurs,


Je crois que chacun peut le constater, les réseaux consulaires sont à l'image de notre économie, à l'image de notre société : en pleine transformation.

Nous abordons aujourd'hui la question cruciale de la parité - et il faut se réjouir de l'étape que nous nous apprêtons à franchir sur ce point - mais nous savons par ailleurs que les Chambre de commerces et d'industrie mènent un effort significatif de rationalisation, d'adaptation à la carte régionale et de redéfinition de leurs missions.

Cet effort est indispensable et je suis ici pour le saluer et rappeler mon engagement total au parlement, au ministère et auprès des chambres pour accompagner au mieux cette transformation.


I. [1ère transformation : donner plus de place aux femmes au sein des chambres]

Les chambres remettent d'abord en question leurs principes de représentativité.

Je le sais pour être moi-même élue, c'est peut-être ce qu'il y a de plus difficile à réformer. Lorsqu'on touche aux règles d'une élection, les habitudes et les pesanteurs sont fortes. Les idées reçues aussi ; surtout en ce qui concerne la parité. Disons-le clairement : l'argument selon lequel les élections sont ouvertes à tous et que, dès lors, il n'y a pas de raison d'agir pour donner plus de place aux femmes, a longtemps prévalu.

Pourquoi c'est une erreur ?

Parce que ce serait oublier que les chambres ont justement la responsabilité d'être exemplaires en la matière. C'est aux chambres d'agir contre les préjugés et d'encourager les femmes à prendre toute leur place au sein de l'économie.

Cette place, nous le savons, elles sont en train de la prendre, mais trop lentement. Le simple fait que les femmes soient aujourd'hui plus diplômées que les hommes, mais ne représentent qu'un tiers des dirigeants d'entreprises, montrent bien qu'il y a encore du chemin à parcourir.

Les femmes représentent un potentiel de compétences, de talents et d'idées aujourd'hui sous-exploité. Et cette situation tient autant à des barrières institutionnelles, qu'aux barrières que les femmes s'imposent à elles-mêmes. À nous donc de lever les barrières institutionnelles pour permettre aux femmes de prendre leurs responsabilités et de révéler enfin toute l'ampleur de leur potentiel.

C'est animé de cette conviction que le Gouvernement a souhaité engager une politique ambitieuse en faveur de la représentation féminine.

La loi du 4 août 2014 pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes en est la traduction et introduit un binôme titulaire-suppléant mixte à l'élection des membres des Chambres de Commerce et d'industrie régionales (CCIR). Le prochain renouvellement général qui aura lieu à la fin de cette année sera l'occasion d'appliquer rapidement cette disposition.

Je veux souligner que le réseau des CCI a pris toute la mesure de cet enjeu en lançant des actions dans ce sens avant même le passage de la loi. Il s'agit désormais de concrétiser cette dynamique en suscitant des vocations chez les femmes entrepreneurs et en leur accordant des places de choix dans les binômes. Car, nous le savons, le diable se cache dans les détails, et la réforme n'aura de sens que si elle n'est pas détournée de son objectif initial par la pratique. Je compte sur le réseau des CCI pour se mobiliser contre cet écueil, mais aussi sur les femmes éligibles pour se porter candidates.


II. [2ème transformation : adapter le réseau des CCI à la nouvelle carte régionale]

Les CCI remettent en question leurs principes de représentativité, mais remettent aussi en question leur organisation générale.

Ici encore, il s'agit de s'adapter à un monde en mouvement et notamment à des territoires en cours de redéfinition. L'État a engagé une profonde réforme de la carte régionale du pays pour plus de lisibilité, plus d'efficacité et pour atteindre une échelle qui ait un sens au niveau international.

Pour des raisons de cohérence évidentes, les chambres ont suivi ce mouvement de rationalisation et de mutualisation. Tout l'enjeu est d'achever cette mue avant les élections consulaires de la fin d'année.

Via une ordonnance et un projet de loi dédiés, qui est actuellement en cours d'examen au Sénat, le gouvernement et plus particulièrement mon secrétariat d'État, faisons en sorte de doter les réseaux consulaires des outils nécessaires à cette mue.

Le projet de loi donne notamment aux schémas directeurs des CCIR, qui sont les documents qui déterminent les cartes consulaires des différentes circonscriptions, un caractère opposable.

Je le rappelle, cette réforme a fait l'objet d'une concertation avec le réseau et doit donc se concrétiser rapidement.

Déjà, les deux CCIR de Normandie se sont rapprochées et sont en train de recomposer le paysage des CCIT qui leurs sont associées. Il est désormais essentiel que les CCI dans les autres régions se mettent en ordre de marche en vue des prochaines élections consulaires.

Je sais que c'est la volonté des réseaux, et je voulais rappeler aujourd'hui ma détermination à les accompagner jusqu'au bout dans ce processus.


III. [3ème transformation : amplifier l'action en faveur de l'entrepreneuriat et de l'apprentissage]

L'ensemble de ces transformations, électives et organisationnelles, il faut le rappeler, s'inscrivent dans le cadre d'une réflexion plus générale quant aux missions des CCI.

Nous le savons, la question des moyens a beaucoup cristallisé les débats ces derniers temps. C'était un débat nécessaire, un débat qui a eu lieu d'ailleurs avec l'ensemble des opérateurs liés à l'État.

Aujourd'hui, nous devons revenir aux fondamentaux. L'année 2016 doit être celle d'un recentrage du débat sur les missions des chambres dans un environnement économique en profonde mutation.

Le Président de la République a engagé la semaine dernière un plan d'urgence en faveur de l'emploi. Parmi les mesures annoncées, l'accent a été mis en particulier sur l'apprentissage et l'entrepreneuriat.

Nous sommes là au coeur de l'activité des CCI.

Par votre connaissance des territoires, de leurs acteurs économiques, de leurs particularités, de leurs faiblesses et de leurs atouts, et par votre expertise, vous êtes les plus à même de promouvoir l'apprentissage et de permettre l'acte d'entreprendre. Vous êtes les plus à même d'accompagner les jeunes actifs vers un projet professionnel réussi. Vous êtes les plus à même d'aider les futurs champions de notre économie, de l'apparition d'une idée jusqu'à la transmission d'une entreprise robuste.

Déjà, vous avez soutenu en 2014 plus de 151 000 projets de création d'entreprise et formé 600 000 jeunes et adultes. C'est un travail considérable et qu'il faut amplifier en informant et en sensibilisant autour des mesures qui ont été annoncées dans le plan d'urgence.

Pour reprendre les mots du président de la République « nous devons libérer dans notre pays la capacité de création », dans tous les territoires, urbains et ruraux, dans tous les quartiers et au sein de toutes les populations.


Bien sûr, et je terminerai ici mon intervention, les femmes doivent être une force active de ce mouvement en faveur de l'entrepreneuriat, en tant que créatrices et chefs d'entreprises, et aussi, à partir des prochaines élections consulaires, en tant qu'élues.

Je vous remercie


source http://www.cci.fr, le 2 mars 2016

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