Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur l'action du gouvernement dans la lutte contre la radicalisation religieuse, à l'Assemblée nationale le 2 mars 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur l'action du gouvernement dans la lutte contre la radicalisation religieuse, à l'Assemblée nationale le 2 mars 2016.

Personnalité, fonction : CAZENEUVE Bernard.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Question au gouvernement posée par Mme Laurence Arribagé, députée (Les Républicains) de Haute-Garonne, à l'Assemblée nationale le 2 mars 2016

ti : Madame la Députée, la question que vous posez est absolument centrale dans la lutte antiterroriste. Nous avons pris un grand nombre de mesures s'agissant du renforcement des forces de sécurité, et des moyens supplémentaires ont été donnés à nos services de renseignement. Mais notre action en matière de sécurité n'aura pas l'impact attendu si nous n'engageons pas des actions structurelles dans le domaine de la déradicalisation.

Vous me demandez d'être précis. Premier point : nombre de jeunes se radicalisent sur internet, comme nous l'avons vu à Marseille où un jeune lycéen s'en est pris à un enseignant d'une école juive suite à une auto-radicalisation sur le web.

Afin de faire face à une telle situation, nous avons instauré le blocage administratif des sites, nous avons engagé une relation très étroite avec les grands opérateurs internet américains, avec lesquels nous définissons des modalités de retrait des contenus, vidéos, sites et blogs illicites. Nous avons également mis en place un site, Stop-djihadisme qui mobilise les familles - Mme la ministre Laurence Rossignol est très impliquée dans ce dossier - et vise à prévenir la radicalisation des jeunes.

Deuxième point : avec le garde des Sceaux, nous avons envoyé il y a quelques mois une circulaire à l'ensemble des préfets et des procureurs de la République afin que, après que des jeunes ont été signalés sur la plateforme gérée par le ministère de l'intérieur, tous les services de l'État au sein des territoires puissent se mobiliser pour mettre en place des dispositifs individualisés de déradicalisation en fonction de chaque territoire et de chaque profil.

Troisième point : il est absolument indispensable que nous mobilisions les musulmans eux-mêmes. La semaine prochaine, nous mettrons en place une instance de dialogue avec les représentants du culte musulman pour engager ces derniers dans cette action de déradicalisation. Ils sont très partant pour cela, ils ont signé une charte qui les engage, nous aurons de bons résultats.

J'ajoute que l'installation de deux centres de déradicalisation est prévue, l'un pour des jeunes qui s'y rendraient volontairement, l'autre pour ceux qui rentreraient de Syrie.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 7 mars 2016

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