Déclaration de M. Emmanuel Macron, ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, sur les difficultés du groupe EDF, à l'Assemblée nationale le 8 mars 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Emmanuel Macron, ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, sur les difficultés du groupe EDF, à l'Assemblée nationale le 8 mars 2016.

Personnalité, fonction : MACRON Emmanuel.

FRANCE. Ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique

Circonstances : Séance de questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le 8 mars 2016

ti : Madame la Députée, tout d'abord, les difficultés financières du groupe EDF sont-elles liées à Hinkley Point ? Non. Elles sont liées - j'ai eu l'occasion de le rappeler ici à plusieurs reprises - à l'historique du groupe, et surtout à la profonde transformation du marché de l'électricité ces dernières années.

Il y a deux ans, seuls 20% du chiffre d'affaires du groupe EDF étaient à des prix non régulés, c'est-à-dire aux prix du marché. Aujourd'hui, du fait de décisions successives, largement prises, d'ailleurs, à la demande du marché européen, c'est 66% du chiffre d'affaires. Et dans le même temps, le marché du prix de l'électricité s'est effondré, avec un prix du mégawattheure qui est passé de plus de 50 euros à 25 ou 30 euros aujourd'hui.

La difficulté tient à l'état du marché, marqué par une surproduction mondiale et une sous-consommation due à une croissance trop atone dans nombre de nos économies : c'est de là que vient, avant tout, la difficulté du groupe EDF. Face à cela, il y a l'entretien du parc nucléaire, les nouveaux investissements dans l'énergie renouvelable, la cohérence de la filière nucléaire, qui est essentielle, le rachat d'Areva NP et le projet d'Hinkley Point.

Dans ce contexte, il convient de faire des efforts collectifs. L'État, en tant qu'actionnaire, en a fait, en renonçant à son dividende en numéraire pour le demander en actions. L'entreprise doit en faire également. Très longtemps, le compromis social sur EDF a été fait aux dépens de tout le monde, dans l'intérêt des seuls salariés - je vous le dis en toute franchise. Ce n'est plus durable. Il faut, enfin, céder des actifs non stratégiques, ce que le nouveau dirigeant a justement décidé de faire, depuis le début de son mandat.

Faut-il, dans ce contexte, renoncer à Hinkley Point ? Non, parce qu'Hinkley Point est le grand projet d'Europe occidentale et du monde développé en matière nucléaire. Si l'on croit au nucléaire, il faut faire Hinkley Point. C'est, pendant trente-cinq ans, une garantie de prix - sans volatilité des prix à l'achat - par le gouvernement britannique et une rentabilité de plus de 9% pour EDF. C'est donc bon pour EDF, mais il faut, à court terme, donner toutes les garanties financières à tous égards.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 mars 2016

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