Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la position de l'Union européenne concernant le conflit israélo-palestinien et la situation en Libye et sur l'attentat terroriste en Côte d'Ivoire, à Bruxelles le 14 mars 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la position de l'Union européenne concernant le conflit israélo-palestinien et la situation en Libye et sur l'attentat terroriste en Côte d'Ivoire, à Bruxelles le 14 mars 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Conseil de l’UE, à Bruxelles (Belgique) le 14 mars 2016

ti : " Il y a un constat unanime sur la situation au Proche Orient qui ne cesse de se dégrader chaque jour, qui inquiète tout le monde, et qui nécessite une initiative politique. La proposition que j’ai présentée a été bien et largement accueillie. La conclusion, c’est que nous allons nous mettre au travail ensemble. L’Envoyé spécial Pierre Vimont, qui travaille sous ma responsabilité est actuellement au Proche Orient, va se rendre à Washington. Donc nous multiplions tous les contacts, en accord d’ailleurs avec les participants qui ont salué son travail.

Nous voulons évidemment créer un consensus politique pour la première étape, puisque la conférence que nous proposons d’organiser se ferait dans un deuxième temps avec les parties, mais le préalable c’est que nous soyons bien d’accord sur le diagnostic de la situation, sur les objectifs et le calendrier. Et pour cela il faut beaucoup travailler à partir de ce qui a déjà été entrepris par l’Union européenne, qui est un partenaire de la Palestine et d’Israël, mais aussi des travaux du Quartet, dont il faudra tenir compte.

Nous avons déjà beaucoup travaillé sur le consensus politique. J’étais la semaine dernière au Caire. J’ai rencontré les responsables de la Ligue arabe qui ont approuvé la démarche, dans l’esprit que je viens de vous indiquer. J’ai également échangé hier avec John Kerry. La conférence islamique qui s’est réunie à Djakarta a aussi exprimé un avis favorable. Il était donc important que cette étape du Conseil des Affaires étrangères de l’UE soit l’occasion d’expliquer la démarche française. C’est pour cela que je pars avec confiance -même si je mesure l’immense travail qu’il reste à faire- avec l’approbation des ministres des affaires étrangères qui ont été très nombreux à s’exprimer, et très positivement, et de façon très constructive et très déterminée.

Nous avions par ailleurs d’autres sujets à l’ordre du jour. Au moment du déjeuner nous avons rencontré Martin Kobler, l’Envoyé spécial des Nations unies en Libye. Là aussi il s’est dégagé un consensus sans difficultés autour d’une volonté très claire : il faut maintenant aller très vite pour installer ce gouvernement d’union nationale. Le premier ministre, M. Sarraj, est conscient de ses responsabilités. Il souhaite s’installer le plus vite possible à Tripoli. Nous l’encourageons. Nous souhaitons que ceux qui résistent – et il y en a encore- comprennent le message. Donc le message d’aujourd’hui est très fort : la situation en Libye –je l’évoquais en arrivant à cette réunion du Conseil- est extrêmement dangereuse. On voit la progression de Daech. On voit la déstabilisation intérieure de la Libye et la déstabilisation des pays voisins, en particulier la Tunisie, où je me rendrai à la fin de la semaine.

Donc il y a des risques majeurs et il faut agir. Le travail qui a été fait par Martin Kobler est remarquable. Il nous en a fait un compte rendu détaillé, sur l’ensemble des questions, qui a recueilli l’approbation des participants. Mais encore une fois, j’insiste : il n’y a plus de temps à perdre.


Q - Cela signifie qu’il y aura bientôt des sanctions européennes prises ?

Elles ont été évoquées très franchement comme une possibilité. C’est pourquoi le message qui ressort, c’est un message qui est sans ambiguïté. Il n’y a pas eu une seule hésitation sur l’objectif : il faut un gouvernement d’union nationale installé à Tripoli et pour lequel nous apporterons les conditions de sécurité pour qu’il puisse travailler, prendre des initiatives et à la fois réorganiser le pays, qui en a bien besoin, amener de la stabilité, et en même temps travailler avec nous à la lutte contre Daesh, qui menace toute une région, et qui menace aussi l’Europe.

Q - Vous allez également vous rendre en Côte d’Ivoire demain. Un mot sur ce déplacement ?

Tout le monde a été profondément ému par ce qui s’est passé. Beaucoup de morts. Des Français. Mais aussi beaucoup de ressortissants de la Cote d’Ivoire mais aussi des pays africains de la région, qui viennent souvent se reposer, passer un bon moment dans cette station balnéaire, qui est très populaire et qui a été la cible des terroristes.

La cible, c’est à la fois les Européens, dont la France, mais c’est aussi la Côte d’Ivoire. La Cote d’Ivoire qui est un pays qui est sorti de ses difficultés politiques dramatiques et qui est en train de se reconstruire politiquement mais aussi économiquement, et qui est en quelque sorte un pays leader sur le plan économique dans cette région, et c’est aussi ce changement, cet espoir qui est attaqué par les terroristes.

Je me rendrai demain sur place avec le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, à la fois pour exprimer la solidarité avec le gouvernement, le Président Ouattara, et le peuple ivoirien, mais aussi me recueillir à la mémoire des victimes, soutenir le mieux possible l’action qui est engagée.

Je tiens à saluer le travail remarquable qui a été fait par les forces spéciales ivoiriennes, qui ont réagi très vite. Mais la menace est là. La France est prête à apporter son concours pour faire face à la menace terroriste. Elle nécessite une mobilisation générale. Donc cette visite, c’est aussi un message de solidarité, c’est un message de combativité.

Merci beaucoup".


Source http://www.rpfrance.eu, le 16 mars 2016

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