Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, sur le centenaire de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, à Paris le 2 mars 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, sur le centenaire de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, à Paris le 2 mars 2016.

Personnalité, fonction : TODESCHINI Jean-Marc.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire

Circonstances : Centenaire de l'ONAC-VG, le 2 mars 2016

ti :
Madame la Directrice générale de l'ONAC-VG,
Messieurs les officiers généraux,
Messieurs les vice-présidents de l'ONAC-VG,
Mesdames et Messieurs les membres du conseil d'administration,
Mesdames et messieurs les directeurs départementaux,
Mesdames et messieurs les directeurs, chefs de service et personnels de l'administration centrale et des services déconcentrés,
Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants d'associations,
Mesdames et messieurs, chers amis,


« Ces petites croix éparses dans les champs […] sont le gage de ton bonheur à venir », écrit Raymond Renefer à sa fille, plongé au cœur de la Grande Guerre.

« Patriotisme et civisme, ce sont bien ces deux notions qui furent les motivations majeures de mon engagement dans la Résistance » nous apprend Denise Vernay, au lendemain de son retour de Ravensbrück.

« J'ai foulé à nouveau le sol de la France en avril 1957. J'étais soulagé d'être parmi les miens », raconte Joseph Duret, à son retour d'Algérie.

« La richesse des contacts humains et l'utilité de la présence militaire française dans des pays déstabilisés ont donné du sens à mon travail », nous dit encore Henri Guillou, envoyé en ex-Yougoslavie.

Nous écouterons tout à l'heure ces témoignages, qui sont autant de parcours de vie ayant traversé les guerres et les épreuves. Je remercie très sincèrement les élèves de Janson de Sailly qui en prêtant leurs voix à ces femmes et ces hommes, rendront un visage à la mémoire de l'Office national des Anciens combattants et victimes de guerre. Une mémoire qui se construit depuis 100 ans.

L'Office trouve ses origines dans les affres et les tourments de la Grande Guerre. Votre présence aujourd'hui nous montre qu'il a su sillonner l'histoire des combattants tout en l'accompagnant.

Oui, l'ONAC-VG a aujourd'hui 100 ans et l'Office méritait un anniversaire à la hauteur de ses missions, de son importance, de ses enjeux.

Un siècle après sa création le 2 mars 1916, alors que la Grande Guerre a déjà son cortège de morts, de blessés, de mutilés, de traumatisés, il y a encore des femmes et des hommes qui ont besoin de l'attention, de l'écoute et du soutien dont l'ONAC-VG fait chaque jour la preuve.

Aujourd'hui, des soldats continuent de faire le choix de s'engager, au péril de leur vie, de mourir pour la défense de la France, de revenir marqués dans leur chair et dans leur âme. Des femmes et des hommes pleurent un proche disparu. D'autres tombent sous les coups de la barbarie humaine.

Ce centenaire est un moment privilégié pour rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont fait hier et font encore aujourd'hui la richesse de l'Office national.

Ils sont plus que des ressortissants. Ils sont l'histoire et la mémoire de l'ONAC-VG. Ils sont son identité, son visage, sa force.

J'ai eu l'honneur il y a quelques années de travailler une première fois dans ce ministère, à leurs côtés. Je me souviens tout particulièrement de ma rencontre avec Lazare Ponticelli, cet immigré italien qui en s'éteignant faisait disparaître le dernier poilu de la Grande Guerre.

Au moment de ma nomination comme Secrétaire d'Etat en 2014, je n'avais pas pleinement conscience du potentiel dont est doté l'Office national. Je l'ai mesuré chaque jour, dans mes déplacements, mes entretiens, mes échanges.

J'ai rencontré des anciens combattants, de la campagne de France de 1940 aux opérations les plus récentes, qui m'ont frappé par leur humilité et à qui l'ONAC-VG apporte, comme au premier jour de sa création, reconnaissance et réparation.

J'ai rencontré des victimes de guerre, qui portent le deuil et l'empreinte de l'engagement dans la chair.

Des conjoints survivants dont l'altruisme et l'abnégation forcent l'admiration. Des orphelins qui apprennent à grandir sans leur modèle. Des femmes et des hommes qui trouvent auprès de l'ONAC-VG une oreille attentive et une aide matérielle.

J'ai rencontré aussi ceux pour qui l'ONAC-VG est récemment devenu le guichet unique : les harkis et leurs familles mais aussi les rapatriés. Ces femmes et ces hommes à l'histoire si singulière exige que nous renforcions l'écoute et le soutien qu'ils ont attendus trop longtemps.

J'ai rencontré des victimes des attentats qui ont touché notre pays et notre République en leur cœur. L'inhumanité de ces actes abominables nous a frappés de stupeur. Mais elle a aussi renforcé l'esprit de solidarité de la Nation et notre détermination à lutter contre le terrorisme.

J'ai rencontré en janvier dernier, en présence de la directrice générale, des pupilles de la Nation, pour écouter leurs récits, leurs histoires, les obstacles surmontés et les espoirs retrouvés. Pour m'assurer également que leurs droits seront toujours défendus. L'Office national s'y emploie avec force.

Je veux remercier tout particulièrement celles et ceux qui s'engagent au sein de l'Office pour les victimes d'attentat et qui sont particulièrement sollicités ces derniers mois.

J'ai rencontré des soldats en opérations extérieures, dont le courage, l'esprit de sacrifice et la valeur nous protègent là où la patrie est menacée. Ils sont les nouveaux visages du monde combattant. Ils sont animés de la même ardeur que leurs aînés, fidèles à l'héritage qui leur a été confié.

Je me souviens en particulier des soldats du 1er Régiment d'infanterie de Sarrebourg, engagés en République Centrafricaine avec qui j'ai passé les fêtes de noël en 2014. Je me souviens de l'émotion de certains d'entre eux lorsque je leur remis dans leur régiment, en octobre dernier, la carte du combattant. Leur fierté répondait à la mienne. L'ONAC-VG, c'est aussi cela : la solidarité après l'épreuve, la confiance dans le respect.

J'ai mesuré enfin tout le travail réalisé en faveur de la transmission de la mémoire.

Je pense à la remise des prix des concours des « Petits Artistes de la Mémoire » et « Bulles de Mémoire », cérémonie au cours de laquelle j'ai vu les jeunes générations témoigner avec enthousiasme et fierté de leur reconnaissance à l'égard de leurs aînés tout en développant leur esprit de créativité.

Je pense aussi à cet échange dans une classe du lycée Marc Bloch de Strasbourg autour de l'exposition « Parcours de harkis » réalisée par l'ONAC-VG. Oui, l'Office national c'est également cela : la transmission de la mémoire, le dialogue entre les générations.

Rien de tout cela ne serait possible sans le dévouement depuis toutes ces années des personnels de l'Office, de ses anciens dirigeants, de madame la directrice générale, des personnels de l'administration centrale, des services de Caen et de Metz, des établissements médico-sociaux, des écoles de reconversion.

Je veux aussi bien sûr saluer l'action des 105 services de proximité, en France et en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Grâce à cet inestimable ancrage territorial, l'Office national est présent au cœur des départements et se tient à l'écoute de ses ressortissants.

En février 2015, j'avais rencontré les directeurs départementaux à Neuvy-sur-Barangeon. Il y avait parmi eux Philippe Pagès, qui m'avait accueilli deux mois plus tard à Alger. Permettez-moi d'avoir une pensée pour lui en cet instant et je sais que je peux tous vous associer à cet hommage.

Sachez, mesdames et messieurs, que je continuerai à me battre pour que ce maillage territorial soit confirmé et renforcé. Il n'y a pas d'Office national sans services départementaux.

Parce que l'engagement au service de la nation demeure, parce que les Français ont besoin de se retrouver autour de valeurs communes, l'ONAC-VG est plus indispensable que jamais. Chacune et chacun d'entre vous fait vivre l'Office, le fait respirer.

Cent ans ont passé. Mais la même exigence demeure. C'est parce que nous en sommes tous conscients que nous sommes réunis ce soir. Grâce à votre initiative, madame la directrice, et à la mobilisation de vos équipes, nous célébrons cet anniversaire qui rassemble bien au-delà des personnels et ressortissants de l'Office.

Le 20 novembre 1917, Georges Clemenceau déclarait : « Ces Français que nous fûmes contraints de jeter dans la bataille, ils ont des droits sur nous. (…) Nous leur devons tout, sans aucune réserve. » Cette obligation demeure et l'ONAC-VG en est encore l'illustration.

A toutes et à tous, je vous souhaite une très belle soirée et un très beau centenaire sous le signe de la reconnaissance, de la réparation, de la solidarité et de la mémoire. Sous le signe des valeurs qui fondent l'Office national. Des valeurs que vous continuez de défendre, qui nous rassemblent et se partagent.


Source http://www.defense.gouv.fr, le 16 mars 2016

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