Interview de Mme Juliette Méadel, secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes, à Radio Classique le 17 mars 2016, sur le débat au Sénat à propos de la déchéance de la nationalité, la reconstitution de l'attentat du Bataclan, le suivi des dossiers des victimes du terrorisme et l'affaire Barbarin. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Juliette Méadel, secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes, à Radio Classique le 17 mars 2016, sur le débat au Sénat à propos de la déchéance de la nationalité, la reconstitution de l'attentat du Bataclan, le suivi des dossiers des victimes du terrorisme et l'affaire Barbarin.

Personnalité, fonction : MEADEL Juliette, DURAND Guillaume.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes;

ti : GUILLAUME DURAND
Je suis ravi de vous retrouver donc amis de Paris Première, nous sommes avec Juliette MEADEL. Bonjour. Merci d'être avec nous.

JULIETTE MEADEL
Bonjour.

GUILLAUME DURAND
Je rappelle qu'elle est secrétaire d'Etat chargée des victimes au gouvernement. Nous allons parler évidemment de la reconstitution ce matin au Bataclan, et puis, de tous les dossiers qui sont très nombreux et qui, malheureusement s'empilent dans ce domaine. La principale nouvelle en termes d'information, c'est évidemment la manifestation des étudiants et des lycéens aujourd'hui contre la loi El Khomri. Nous allons parler donc de tout ça, et puis du Salon du Livre avec, tout à l'heure, Philippe TESSON, et Josiane SAVIGNEAU, l'ancienne patronne du Monde des Livres, nous parlerons notamment de cette interview de Nicolas SARKOZY dans le train avec Christine ANGOT, alors qu'il va vers une signature du côté de Lille, et également de Vargas LLOSA, qui, vous le savez, est ce grand écrivain péruvien, et qui a été candidat à la présidence de la République, mais, ce qui est beaucoup mieux, est devenu Prix Nobel de littérature, et entre dans la pléiade aujourd'hui. Voici donc le programme, nous commençons avec vous, vous n'êtes pas encore Prix Nobel, mon cher Guillaume TABARD, choc au Sénat, c'est un sujet évidemment moins littéraire, entre Manuel et VALLS et la droite, à propos de la révision constitutionnelle, la question est simple : est-elle enterrée ?

/// Guillaume TABARD ///

GUILLAUME DURAND
Je vais être obligé de vous ménager, parce que, étant donné l'état de votre ventre, j'ai peur que vous n'accouchiez donc en direct. Tout à l'heure, on parlait effectivement avec Guillaume TABARD de cette affaire de la déchéance de nationalité, est-ce que vous considérez qu'elle est abandonnée, est-ce que vous attribuez la responsabilité à la droite et aux sénateurs ?

JULIETTE MEADEL
Je trouve que c'est vraiment un exemple caractéristique d'inconséquence politique de la droite, mais regardez ce qui se passe, au lendemain des attentats, la droite : moi, je soutiens l'union nationale en posant un certain nombre de conditions, notamment la question de la déchéance de nationalité. Nous avons donc…

GUILLAUME DURAND
Limitée aux binationaux.

JULIETTE MEADEL
On rentrera dans le détail après, mais le principe, c'est qu'elle dit : moi, je fais l'union nationale, si on vote la déchéance de nationalité. Il y a, à ce moment-là, une convergence, c'est-à-dire que toute la représentation nationale s'unit derrière le président de la République et dit : voilà, ce qui compte, c'est l'état d'urgence, et il faut qu'on soit tous unis. Bon, donc la gauche s'engage aussi derrière ce type de réforme, qui n'est pas facile, bon, et puis, au moment même il faut voter, que fait la droite, elle est incapable de respecter et ses engagements et d'être conséquente avec elle-même…

GUILLAUME DURAND
Mais parce qu'ils ne sont pas d'accord sur le texte, ils ont le droit de ne pas être d'accord sur le texte, puisqu'ils s'étaient engagés à le voter au départ !

JULIETTE MEADEL
Attendez, attendez, ils sont en train… et je trouve que c'est très choquant, on voit au Sénat des sénateurs de droite qui sont en train de faire de la politique politicienne alors qu'on leur a demandé une chose, faites l'union nationale…

GUILLAUME DURAND
Parce que vous pensez que François HOLLANDE ne fait pas de politique politicienne !

JULIETTE MEADEL
Le président de la République a réuni toute la représentation nationale au congrès de Versailles…

GUILLAUME DURAND
Oui, on l'a vu…

JULIETTE MEADEL
Il a fait ce qu'on attend d'un président de la République. Il a été à la hauteur, il a été digne, et on voit des sénateurs de droite qui sont déjà dans la primaire, et qui oublient l'intérêt général. Moi, je trouve ça choquant…

GUILLAUME DURAND
Enfin, sauf que, pardonnez-moi, mais à terme, ou j'allais presque dire au niveau historique, maintenant, la non-réunion du congrès pour entériner cette affaire, c'est quand même un échec pour François HOLLANDE plus que pour les sénateurs.

JULIETTE MEADEL
Qui porte la responsabilité de la division de la représentation nationale ? Le Sénat…

GUILLAUME DURAND
Mais enfin, l'histoire dira François HOLLANDE. L'histoire ne dira pas le sénateur ou Gérard LARCHER et les autres.

JULIETTE MEADEL
Je ne partage pas votre analyse. François HOLLANDE a tendu la main, y compris à une partie de la droite, et c'est son travail, car le président de la République est au-dessus des partis, il leur a tendu la main le jour du congrès de Versailles, la gauche a été responsable, et vous savez que ça n'a pas été facile, la gauche a suivi, parce que, ce qui comptait, c'était l'union, c'était le lendemain des attentats, il fallait qu'on soit tous unis. Et qu'est-ce qu'on voit, on voit une droite qui est incapable de respecter ses propres engagements, je trouve ça choquant.

GUILLAUME DURAND
Question, est-ce que la reconstitution qui a lieu ce matin au Bataclan est une chose nécessaire, évidemment, probablement, oui, sur le plan de l'enquête et du déroulement, mais est-ce que – puisque c'est votre dossier au gouvernement, les victimes – c'est supportable pour les victimes d'entendre ou de revoir ou de re-continuer à revivre ces événements traumatisants ?

JULIETTE MEADEL
D'abord, c'est un exercice utile pour les besoins de l'enquête, donc c'est nécessaire à la fois du point de vue du ministre de l'Intérieur et du ministre surtout de la Justice, donc c'est un moment très important pour comprendre, ça n'est pas un exercice inutile également pour aller plus avant dans l'expérience qu'a l'Etat de la gestion de ce type d'événement qui était complètement inédit. Donc c'est nécessaire pour être encore plus efficace, du point de vue des victimes, évidemment, il faut faire très attention parce que ça peut être douloureux, mais la question du suivi des victimes maintenant, c'est celle de comment on les aide, comment on les accompagne, et c'est le travail du secrétariat d'Etat dont j'ai la responsabilité…

GUILLAUME DURAND
Que vous incarnez.

JULIETTE MEADEL
Comment on suit leur dossier administratif, parce que…

GUILLAUME DURAND
Alors, soyons clairs ce matin, est-ce que vous suivez famille par famille ce qui s'est passé, y compris ceux qui hurlent, parce qu'ils sont extrêmement blessés, et qui ont considéré qu'entre Charlie Hebdo et le Bataclan, il ne s'était, en gros, rien passé, vous le savez, ils vont vous le dire, et ils l'ont dit partout dans la presse.

JULIETTE MEADEL
Vous savez, j'ai rencontré énormément d'associations et de victimes, on ne peut pas dire que l'écrasante majorité des victimes, heureusement, se plaignent des conditions de leur suivi. Alors, il y a eu quelques cas, en effet, qui ont été problématiques, à un moment clef dans la vie d'un proche de victime, c'est le moment de l'identification du corps d'un décédé, ou bien le moment où on vous annonce une nouvelle dramatique. Ce moment est très important, et c'est le moment où l'Etat annonce. Et là-dessus, nous pouvons faire des progrès. Et c'est aussi le sens de ce secrétariat d'Etat, c'est-à-dire, comment on fait…

GUILLAUME DURAND
Pardonnez-moi de vous interrompre, mais certains parents, ce n'est pas simplement le problème de l'identification qui était épouvantable, c'est de se dire, au fond : mes enfants étaient au Bataclan, le Bataclan était menacé depuis 2008, il y a des photos sur Internet, où on voit justement des jeunes gens de banlieue avec des foulards représentant, au fond, la révolution palestinienne, qui viennent dire : on va faire sauter le Bataclan, on va faire sauter le Bataclan, on va faire sauter le Bataclan, et ils le disent à la caméra devant les victimes. Donc les gens qui ont vu ça, les parents, ils se disent : l'Etat n'a pas protégé le Bataclan ou le Bataclan ne s'est pas protégé !

JULIETTE MEADEL
Vous savez, c'est très toujours très facile après des événements comme ça de dire : ah, mais tout le monde savait, on n'a pas voulu…

GUILLAUME DURAND
Oui, mais ce sont des parents de victimes, ce n'est pas moi qui le dis…

JULIETTE MEADEL
Les victimes ne disent pas cela, Guillaume DURAND, les victimes ne disent pas : c'est la faute de l'Etat, pas du tout. Les victimes, qu'est-ce qu'elles disent, elles disent, 1°) : on a été globalement bien soigné, et bien pris en charge. Ça, c'est la première chose. 2°), elles disent : on a besoin d'un suivi plus humain et plus efficace dans notre parcours de reconstruction, en clair, je suis victime, par exemple, je suis handicapée, comment je fais maintenant pour me réinsérer, c'est-à-dire, pour avoir un nouvel emploi, donc une nouvelle formation, un nouveau logement, et comment je me reconstruis. Et 3°)…

GUILLAUME DURAND
Et les indemnisations…

JULIETTE MEADEL
Et 3°), juste, je termine. Et 3°) : évidemment, ça fait partie de l'indemnisation, elle fait complètement partie de ce parcours de reconstruction, sur lequel nous travaillons, mais sur lequel les choses ne sont pas si catastrophiques que ça, vous savez ce qui se passe quand vous êtes victime d'un attentat de ce type, il y a un fonds, qui s'appelle le FGTI, qui commence par vous reverser une provision, c'est-à-dire que tout de suite, c'est d'ailleurs le cas des victimes de l'attentat de Grand-Bassam, en Côte d'Ivoire, là, je me suis assurée que, dans les jours qui viennent, ils aient tout de suite – les proches des victimes – aient tout de suite une provision du FGTI…

GUILLAUME DURAND
Donc tous ceux du Bataclan, toutes les familles…

JULIETTE MEADEL
Donc, ceux…

GUILLAUME DURAND
Pardonnez-moi, tous ceux du Bataclan, toutes les familles, les journalistes de Charlie Hebdo, ils ont tous reçu une partie de leur indemnisation ?

JULIETTE MEADEL
Oui, tous ceux qui sont sur ce qu'on appelle la liste unique des victimes. C'est-à-dire que c'est le Parquet qui fait cette liste. Donc à partir du moment où vous êtes sur cette liste, vous recevez votre provision. Donc, il ne faut pas dire… franchement, il ne faut pas dire que les victimes ne sont pas prises en charge. On peut améliorer les choses, on peut améliorer la fluidité, on peut les aider à mieux s'y retrouver, pour éviter que chaque victime soit obligée d'aller taper à chaque administration, l'indemnisation, la santé, la Sécurité sociale, le travail, donc moi, mon travail, c'est ça, c'est d'avoir un référent unique, d'être ce référent unique, pour leur faciliter la vie et leur permettre de se reconstruire le plus vite possible.

GUILLAUME DURAND
Question qui nous sort de l'affaire évidemment du Bataclan, est-ce que vous considérez, puisque maintenant, toutes les matinées qui passent, on a de nouveaux témoignages dans l'affaire qui est devenue l'affaire BARBARIN, ce n'est pas lui qui est responsable évidemment de ces actes de pédophilie, mais enfin, évidemment on lui a beaucoup reproché et à lui, et maintenant probablement à l'ensemble de l'épiscopat français, d'avoir protégé donc des prêtres pédophiles qui ont été réinsérés ; est-ce que ce matin, vous considérez que tous ceux qui ont été victimes de ces prêtres sont des victimes qui justement sont du ressort de votre travail ?

JULIETTE MEADEL
Bien entendu, c'est-à-dire que, une victime de ce type, qui est une victime d'une infraction pénale ou d'un crime, a vocation à être aidée par l'Etat, pour se reconstruire. Un mot sur le sens et la signification de ce que nous vivons, là, avec les déclarations du cardinal BARBARIN, je suis extrêmement étonnée de voir, et je ne me situerai pas sur le terrain judiciaire, car l'enquête est en cours, et puis, il y a une question de prescription, donc mon argument n'est pas juridique, mon argument est plutôt éthique, nous avons, là, quelqu'un qui a appris à demander pardon, puisque c'est au coeur même du christianisme, qui voit qu'il y a des prêtres qui sont sous sa responsabilité qui ont causé une immense souffrance à des vies qui sont brisées…

GUILLAUME DURAND
Le fameux PREYNAT, notamment…

JULIETTE MEADEL
Et qui vous dit : après tout, l'affaire n'est que juridique, et les faits sont prescrits. Mais enfin, de qui se moque-t-on ? Plus que n'importe qui, il devrait être sensible à la nécessité de demander pardon, il devrait leur demander pardon aux victimes…

GUILLAUME DURAND
Pardonnez-moi, pardonnez-moi, Juliette MEADEL, mais si on écoute…

JULIETTE MEADEL
Attendez, attendez, la souffrance, elle est claire, elle est caractérisée, comment se fait-il que, en 2016, alors même que dans toutes les institutions de la République, la lutte contre la pédophilie est aujourd'hui mise en place et assumée, l'Eglise continue à traîner les pieds, moi, je trouve ça, d'un point de vue éthique…

GUILLAUME DURAND
Donc pardonnez-moi…

JULIETTE MEADEL
Je trouve ça d'un point de vue éthique choquant, et y compris du point de vue des principes du christianisme, je trouve que c'est choquant.

GUILLAUME DURAND
Est-ce que vous considérez que BARBARIN, parce que c'est un peu ce qu'a dit Manuel VALLS, devait prendre ses responsabilités, c'est-à-dire partir ?

JULIETTE MEADEL
Mais évidemment, c'est la moindre des choses ! C'est-à-dire que, il devrait, en termes purement individuel, en tirer des conclusions importantes, et certainement pas se cacher derrière des arguties juridiques, ça n'est pas ce qu'on attend de l'Eglise. On n'attend pas de l'Eglise qu'elle dise : hep, hep, je vais demander à mon avocat son avis ! On attend qu'elle fasse amende honorable, et moi, je trouve que de ne pas être capable de demander pardon, ça n'est pas très chrétien.

GUILLAUME DURAND
Est-ce que ça veut dire aussi que le Pape François doit le sanctionner, parce que, finalement, il a beaucoup abordé ce sujet, y compris dans ses déplacements à l'étranger…

JULIETTE MEADEL
Oui, eh bien, c'est le Pape François qui, lui, est un homme éclairé…

GUILLAUME DURAND
Qui n'est pas le vôtre…

JULIETTE MEADEL
Qui lui est un homme éclairé, prendra ses décisions. Moi, j'attends de l'Eglise qu'elle ait un message très, très fort, encore une fois, ce n'est pas une question de… bon, la démission. Non, c'est le message, c'est vraiment : il devrait être capable de dire : ça ne doit jamais plus arriver, je le regrette, je demande pardon aux victimes, et ces faits sont inadmissibles. C'est ça qu'on attend.

GUILLAUME DURAND
Vous parliez du Pape François éclairé, ce matin, dans Le Parisien, je parle de votre Pape François, le président de la République, François HOLLANDE, il y a un article qui s'intéresse à Angela MERKEL, qui considère que non seulement, il n'a aucune chance d'être réélu, mais que maintenant, il ne faut plus tellement tenir compte dans les réunions internationales de ce qu'il dit, parce que, de toute façon, il est une sorte de président qui ne préside plus. C'est quand même très violent !

JULIETTE MEADEL
Ecoutez, ça, d'abord, c'est vous qui le dites…

GUILLAUME DURAND
Non, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Le Parisien…

JULIETTE MEADEL
Oui, bon, c'est Le Parisien qui le dit…

GUILLAUME DURAND
Frédéric GERSCHEL, l'article…

JULIETTE MEADEL
Ecoutez, oui, je crois qu'il faut aborder les sujets avec un tout petit peu de sérieux et de sens des responsabilités, là, on est…

GUILLAUME DURAND
Vous pensez que madame MERKEL n'est pas sérieuse, vous ?

JULIETTE MEADEL
Nous avons eu, là, des attentats terroristes qui se sont déroulés en Côte d'Ivoire et qui visaient clairement la France, on est dans un contexte complexe, l'économie française est en train, progressivement, de s'améliorer, et moi, le « Hollande bashing » ou tout ce qui consiste à clouer au piloris le pouvoir en place, à mon avis, dessert la France. Le président de la République…

GUILLAUME DURAND
Enfin, quand Emmanuel MACRON a dit hier, chez nos confrères d'Europe 1, qu'il était le candidat, en gros, naturel de la gauche, je ne dis pas que ça fait sourire tout le monde, parce que ça serait désagréable, mais enfin, plus personne n'y croit, Juliette MEADEL, plus personne n'y croit, les observateurs, les militants de gauche, les sondages, et la plupart des… de son camp, autrement, CAMBADELIS n'aurait pas demandé à tous ceux qui, justement, dirigent la gauche, de prendre position pour HOLLANDE sans aucun résultat jusqu'à présent.

JULIETTE MEADEL
Mais vous ne pouvez pas empêcher les velléités d'acquisition du pouvoir ou les bisbilles de s'étaler dans la presse ! Ça fait partie de la vie quotidienne, maintenant, franchement, on a un président de la République qui a été élu pour cinq ans, alors, on peut, à chaque jour du quinquennat, se demander : est-ce qu'on a bien fait ou pas, mais il y a un moment donné où la seule légitimité, c'est le vote, François HOLLANDE a été élu pour cinq ans, son gouvernement est un gouvernement qui respecte…

GUILLAUME DURAND
Mais ça, personne ne le conteste…

JULIETTE MEADEL
Eh bien, moi, je vais vous dire une chose, heureusement qu'on a des institutions solides, franchement, parce quand on voit la façon dont certains se comportent, dans tous les bords, on se dit qu'on a vraiment besoin de stabilité en France pour faire avancer les réformes…

GUILLAUME DURAND
Vous voulez dire que l'opposition serait une sorte de putschiste, seraient des putschistes rampants, comme au Sénat actuellement ?

JULIETTE MEADEL
Je pense que l'opposition est irresponsable, moi, j'aimerais bien qu'on arrive…

GUILLAUME DURAND
Mais qui est irresponsable, JUPPE, SARKOZY, tous ?

JULIETTE MEADEL
Le spectacle qu'ils ont donné, au Sénat et on vient d'en parler, sur la déchéance de nationalité est significatif. Moi j'aimerais bien qu'à un moment donné, on arrive à montrer aux Français…

GUILLAUME DURAND
On termine…

JULIETTE MEADEL
Qu'on est capable, sur certains sujets, de se mettre tous d'accord, parce que c'est l'intérêt de la France avant tout.

GUILLAUME DURAND
Dernier point, vous trouvez normal que les étudiants manifestent, ce MARTINET par exemple, il descend dans la rue, alors que…

JULIETTE MEADEL
Mais attendez, ils ont bien le droit de manifester, c'est leur sujet. Mais moi, je voudrais leur dire une chose…

GUILLAUME DURAND
Parce qu'ils ont obtenu une garantie, et ils continuent à descendre dans la rue…

JULIETTE MEADEL
Je voudrais juste leur dire une chose, ils ont besoin, tous, d'un CDI, donc ils ont besoin d'avoir un marché du travail qui les accueille, et je ne crois pas que ce soit en refusant ce projet de loi qu'ils vont aider leurs congénères à s'inscrire dans l'avenir.

GUILLAUME DURAND
Merci beaucoup Juliette MEADEL, d'être venue donc ce matin sur l'antenne de Radio Classique et de Paris Première. Je rappelle que vous êtes chargée donc des victimes dans le gouvernement de Manuel VALLS.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 mars 2016

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