Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur l'urgence d'une réponse de l'Union européenne face au terrorisme après les attentats de Bruxelles, à l'Assemblée nationale le 22 mars 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur l'urgence d'une réponse de l'Union européenne face au terrorisme après les attentats de Bruxelles, à l'Assemblée nationale le 22 mars 2016.

Personnalité, fonction : CAZENEUVE Bernard.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Michel Zumkeller, député (UDI) du Territoire de Belfort, à l'Assemblée nationale le 22 mars 2016

ti : Monsieur le Député, vous venez de poser les vraies questions, celles qui se posent aux pays et aux institutions de l'Union européenne face au risque terroriste.

Je veux comme vous rappeler l'urgence à prendre rapidement les décisions qui s'imposent et à appliquer celles qui ont déjà été prises. Notre agenda doit pour cela être extrêmement précis.

Nous devons, si nous voulons être efficaces contre le risque terroriste, renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l'Union européenne. L'agence FRONTEX doit monter en puissance ; mon homologue allemand et moi-même avons fait savoir que nous étions prêts à dépêcher plusieurs centaines de collaborateurs de nos administrations auprès de la Grèce et de l'Italie pour assurer l'efficacité de ces contrôles.

Par ailleurs, le système d'information Schengen doit être systématiquement, je dis bien systématiquement interrogé. Cela signifie que la modification de l'article 7, paragraphe 2, du code frontières Schengen doit être rigoureusement appliquée.

Le fichier Schengen doit être connecté aux autres fichiers criminels. Nous avons proposé la mise en place d'une task force européenne de lutte contre les faux documents, car des milliers de passeports vierges ont été récupérés par Daech et servent à fabriquer des faux documents pour permettre aux terroristes de se fondre dans le flux de leurs victimes et de frapper les pays de l'Union européenne. Nous devons aussi absolument - c'est une urgence, c'est une nécessité - mettre en oeuvre la décision que nous avons déjà prise de modifier la directive relative à la lutte contre le trafic d'armes, car malgré cette décision, un certain nombre de lobbies agissent aujourd'hui sur les pays et sur la Commission européenne pour empêcher cette modification.

Enfin, je le dis très clairement et très fermement, il est irresponsable de retarder le vote au Parlement européen sur la mise en place du fichier PNR - le passenger name record, fichier européen des données des passagers aériens -, car sans ce vote nous ne serons pas en situation de protéger l'Union européenne contre le risque terroriste.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 mars 2016

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