Déclaration à la presse de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la promotion du patrimoine gastronomique de la France, à Paris le 21 mars 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration à la presse de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la promotion du patrimoine gastronomique de la France, à Paris le 21 mars 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Opération « Goût de / Good France 2016 », le 21 mars 2016

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D'un côté, il y a les grands chefs : Alain Ducasse en est l'initiateur ; on va le voir tout à l'heure au Meurice. J'ai voulu ici montrer qu'il y a aussi des jeunes chefs qui prennent des risques et qui s'engagent. C'est là, je crois, une aventure tout à fait exceptionnelle. Avec ce jeune chef d'origine brésilienne, c'est une création d'entreprise qui apporte aussi la touche de son pays. Sa cuisine est un mélange. Il a été formé aux techniques françaises par plusieurs grands chefs, dont Alain Ducasse, puis il s'est associé à un jeune qui travaillait dans une banque et qui a décidé d'arrêter la banque pour créer une entreprise. J'ai donc voulu saluer cela.

Je crois qu'il est très important de montrer qu'il y a énormément de ressources dans notre pays et que le patrimoine gastronomique, la valorisation des territoires, c'est-à-dire le savoir-faire culinaire mais aussi la qualité des produits - les produits, ce sont à la fois les produits pour fabriquer des repas mais ce sont aussi les vins français -, que cette qualité-là n'est pas tournée vers le passé : elle est porteuse d'espoir et d'avenir. Et elle contribue fortement, si on en assure la promotion à l'échelle mondiale - ce que nous faisons ce soir, jusqu'à 1715 repas organisés par des chefs partout dans le monde, des grands chefs, des grands restaurants mais aussi des bistros, des petits restaurants de qualité -, à montrer que ce savoir-faire participe et contribue à l'attractivité de la France.

C'est cela que j'ai voulu ce soir promouvoir et montrer : que la jeunesse de notre pays a du talent, et qu'elle veut le mettre en oeuvre en France. Bien sûr, un cuisinier, lorsqu'il apprend son métier, va parcourir le monde, il va apprendre des choses nouvelles ailleurs. Mais ce qui est formidable, c'est que cela se passe aussi en France et que la France est capable d'entreprises nouvelles et est capable aussi d'inventer des choses nouvelles ; c'est cela qui fait aussi son charme, et ce charme, c'est celui du vivre ensemble et de la qualité.


Q - Vous allez poursuivre la «gastro-diplomatie» qu'a initié votre: prédécesseur ?

R - Oui. J'ai cité Talleyrand qui avait dit à Napoléon : «donnez-moi de bons cuisiniers, je vous ferai de bons traités».

Mais je crois que cela participe aussi à la qualité de la relation : hier soir, je recevais mon homologue japonais, on a partagé un dîner ensemble - c'est aussi la qualité de l'accueil qui fait qu'une relation peut se construire - et, à la fin, il m'a dit : «j'aimerais bien que l'on puisse s'appeler par nos prénoms». Je ne sais pas si c'est le dîner qui y a contribué, mais c'était un moment intense où nous avons abordé beaucoup de choses. C'était un dîner de travail mais, en même temps, c'était un moment agréable. Je crois que c'est important.

Ici, à Paris, c'est aussi un message : le 13 novembre, il y a eu ces terribles attaques qu'on ne peut même plus qualifier tellement elles sont horribles et, en même temps, la France ne renonce pas, la France ne baisse pas les bras et Paris en premier lieu. Donc, ce soir, c'est aussi une manière de dire non, une manière de dire oui à la vie.

Dans le réseau français de nos ambassades, il y a 150 pays aujourd'hui qui vont participer à cette opération «Goût de / Good France» dans les résidences des ambassadeurs très souvent mais aussi dans les airs puisque Air France, la compagnie nationale, va organiser des dîners. Il y a même une compagnie de croisière, la compagnie du Ponant qui organise des dîners sous pavillon français.

L'idée n'est pas une idée nationaliste, c'est au contraire une idée d'ouverture au monde, de partage : on partage la qualité des produits, on partage un savoir-faire, on partage la qualité des vins français et on veut la faire partager aux autres. Et comme nous voulons aussi que notre pays soit attractif, qu'il accueille de nouveaux investisseurs, qu'il accueille de nouveaux créateurs, qu'il accueille des touristes, c'est une manière de leur dire : venez en France, venez apprécier non seulement la qualité de la gastronomie mais aussi un certain art de vivre ; c'est l'originalité de la France, qui est aussi universelle.

C'est un peu un message d'espoir ce soir, c'est le début du printemps, il est important que l'on puisse aussi adresser ce message qui est un message de confiance.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 mars 2016

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