Interview de M. Jean-Vincent Placé, secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et à la simplification, à Public Sénat le 29 mars 2016, sur le débat parlementaire au sujet de la déchéance de la nationalité, la polémique à propos du nombre de "Molenbeek français" et la poursuite de la dématérialisation des procédures administratives. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Vincent Placé, secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et à la simplification, à Public Sénat le 29 mars 2016, sur le débat parlementaire au sujet de la déchéance de la nationalité, la polémique à propos du nombre de "Molenbeek français" et la poursuite de la dématérialisation des procédures administratives.

Personnalité, fonction : PLACE Jean-Vincent, LECLERC Gilles, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et à la simplification; ;

ti : CYRIL VIGUIER
Bonjour à tous, et bienvenue dans notre matinale d'infos avec la presse quotidienne régionale, aujourd'hui, notre invité, c'est Jean-Vincent PLACE. Bonjour.

JEAN-VINCENT PLACE
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la Réforme de l'Etat et de la simplification. Merci d'être notre invité ce matin. Pour vous interroger, à mes côtés, Gilles LECLERC, de Public Sénat, et Véronique JACQUIER, de Sud Radio. Bonjour à vous.

VÉRONIQUE JACQUIER
Bonjour.

GILLES LECLERC
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Jean-Vincent PLACE, la déchéance de la nationalité n'a pas été votée de la même manière par les deux Assemblées, le chef de l'Etat peut décider de présenter une version allégée du texte, ne conservant que les points sur lesquels les deux Assemblées sont tombées d'accord. Vous, qui êtes proche du chef de l'Etat, est-ce que vous pouvez nous éclairer un peu sur la décision qu'il doit prendre et que l'on dit imminente ?

JEAN-VINCENT PLACE
Moi, je ne suis pas son porte-parole, pour ma part, j'étais d'ailleurs, il y a quelques semaines sénateur, j'ai évidemment suivi cela avec attention, nous nous sommes tous levés pour applaudir le discours du chef de l'Etat au Congrès de Versailles en novembre. Alors moi, la question que je me pose, c'est : est-ce que tout le monde a bien écouté ce qu'il a dit, parce que quand il y a une telle unanimité pour faire une fameuse standing ovation au chef de l'Etat à un moment aussi difficile pour le pays, trois jours après les attentats du 13 novembre, on aurait pu s'attendre à une forme d'unité et de rassemblement des parlementaires, sinon d'unité ou de rassemblement national, du moins, celle des parlementaires dont on aurait pu espérer une forme de responsabilité par rapport aux enjeux, on voit que nous sommes évidemment dans une lutte permanente, incessante contre le terrorisme, qu'il soit d'ailleurs tant sur le plan militaire ou diplomatique, avec y compris les avancées qu'on peut saluer aujourd'hui en Syrie et en Irak, autant à Palmyre qu'à Mossoul, quand même, le débat s'est lourdement enlisé à l'Assemblée et au Sénat, à l'Assemblée, je le dis très clairement, la majorité de gauche a fait des efforts, y compris d'ailleurs en ayant un coup politique sur la gauche de notre majorité, on a fait un effort politique pour aller vers les arguments, y compris développés par les députés UMP, qui, pour la moitié du groupe UMP, ont voté à l'Assemblée nationale. Et là, on arrive, et je le dis avec le respect que je dois au président LARCHER, à Bruno RETAILLEAU, et à mes collègues ici de la droite républicaine, pour lesquels j'ai de l'estime, ce n'est pas un propos politicien, mais on a quand même un peu l'impression d'un jeu du chat et de la souris pour mettre le gouvernement dans l'embarras, et puis, très franchement, pas que le gouvernement, peut-être aussi Nicolas SARKOZY, qui est assez peu représenté à la Haute Assemblée dans le groupe des Républicains…

VÉRONIQUE JACQUIER
Mais comment ça va se terminer ? Comment ça va se terminer, Jean-Vincent PLACE, parce que Gérard LARCHER était à votre place jeudi dernier, il a dit : le Sénat ne se déjugera pas, qu'est-ce que ça veut dire, la balle est dans le camp de l'Assemblée, ça veut dire qu'on va vers un congrès à minima avec…

JEAN-VINCENT PLACE
Oui, je connais assez bien Gérard LARCHER, et je sais sa détermination, je sais qu'elle est réelle, à un moment, vous savez, il y a eu des précédents, il y a eu le président POMPIDOU qui avait fait d'ailleurs un aller-retour, si j'ose dire, à l'Assemblée et au Sénat, qui d'ailleurs, a même réussi à faire voter dans les deux chambres le fait qu'on fasse tout de suite le quinquennat. Donc ça s'est fait, mais vingt ans plus tard. Mais ça, c'est un autre problème. Et il avait acté le fait qu'il n'y avait pas les trois cinquièmes, voilà. Donc c'est d'ailleurs la vie parlementaire, vous savez, il y a une habitude à la 5ème République, où on se dit que si on ne passe pas à tout prix, c'est un échec, il n'y a pas un échec…

GILLES LECLERC
Mais par exemple…

VÉRONIQUE JACQUIER
Donc pour vous…

GILLES LECLERC
Un Congrès à Versailles avec uniquement l'article 1, c'est-à-dire la constitutionnalisation de l'état d'urgence, ça vous irait finalement, ça peut être une porte de sortie, on va dire, entre guillemets, honorable ?

JEAN-VINCENT PLACE
Ça peut être une porte de sortie honorable, comme vous dites…

GILLES LECLERC
Par le haut, comme on dit ?

CYRIL VIGUIER
Vous y croyez à ça ?

JEAN-VINCENT PLACE
Avec peut-être aussi le rajout du texte sur le Conseil supérieur de la magistrature…

GILLES LECLERC
Du Conseil supérieur de la magistrature…

JEAN-VINCENT PLACE
Mais bon, par ailleurs…

GILLES LECLERC
Ça, ça vous paraît plausible…

JEAN-VINCENT PLACE
Il n‘est pas encore voté. Moi, pour ma part, je considère que la priorité, c'est la question de la lutte contre le terrorisme, s'il faut constitutionnaliser l'article 1, pourquoi pas, mais je le dis aussi, à un moment, il faut savoir acter le fait que les chambres ont des avis contradictoires, et c'est la démocratie parlementaire, c'est dommage, c'est dommage, parce que je pense que…

GILLES LECLERC
Mais vous avez des regrets ce matin quand même, plus que ça…

JEAN-VINCENT PLACE
Ah mais, je regrette très clairement que le Sénat n'ait pas eu le souci unitaire et de rassemblement de voter conforme. Mais je comprends qu'il l'ait fait, mais c'est pour ça aussi, il faut essayer de dépassionner, c'est ce que j'ai dit déjà aussi dans le processus de la loi El Khomri. C'est que dès qu'il y a un écueil de la démocratie française, et c'est un vrai problème, ce n'est pas d'ailleurs depuis, moi, qui le dis, c'est, je pense même depuis Valéry GISCARD D'ESTAING, qui, déjà, le disait dans un livre qui s'appelait « 2 Français sur 3 », alors, ça ne nous rajeunit pas, mais c'est… bon, il faut vraiment essayer de retrouver un souffle de la démocratie française, parce que je vous le dis, dès qu'il y a un écueil, il y a des cris d'orfraie, il y a une manifestation, il y a des hurlements, essayons d'apaiser le débat, vous savez, bon, moi, je ne suis pas content du vote du Sénat, mais enfin, j'en tiens compte, je suis membre du gouvernement, j'ai le plus profond des respects pour le vote des Assemblées parlementaires.

VÉRONIQUE JACQUIER
Les suites des attentats de Bruxelles, selon Patrick KANNER, le ministre de la Ville, il y aurait en France une centaine de villes qui présenteraient des similitudes avec Molenbeek, c'est-à-dire un risque de dérives islamiques, est-ce que vous partagez cet avis ?

CYRIL VIGUIER
Une déclaration qui a fait beaucoup de bruit.

JEAN-VINCENT PLACE
Alors Molenbeek, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, aujourd'hui, symbolise l'extrême radicalisation d'une forme de territoire en Europe aujourd'hui, avec des services publics qui ont disparu, une forme de désespérance sociale, un taux de chômage extrêmement fort, un taux de criminalité aussi…

VÉRONIQUE JACQUIER
Mais selon vous, il y a des Molenbeek en France, ce n'est pas une question taboue ?

JEAN-VINCENT PLACE
Je ne reprends pas cette formule à mon compte. Elle appartient à Patrick KANNER, et je ne la commente pas non plus. Je dis juste qu'il faut faire attention quand on fait des comparaisons de ce type-là avec la médiatisation qui est celle d'aujourd'hui. Et moi, je ne veux stigmatiser aucun des quartiers, je suis… j'allais dire, je suis sénateur de l'Essonne, j'étais sénateur de l'Essonne, et je connais des quartiers dans des situations très difficiles, après, ces situations très difficiles, je ne veux pas qu'on dise que cela pourrait amener à la radicalisation et encore moins au terrorisme…

GILLES LECLERC
Donc vous nous dites ce matin que c'est des propos finalement pas très utiles, pas très efficaces…

JEAN-VINCENT PLACE
Non, non, mais…

GILLES LECLERC
Ce n'est pas ça ?

JEAN-VINCENT PLACE
Gilles LECLERC, ce sont les formules que j'ai utilisées, vous, je vous laisse les vôtres, c'est bien normal, vous faites votre travail depuis bien longtemps comme journaliste…

CYRIL VIGUIER
Vous voulez dire que vous êtes dans la solidarité gouvernementale, comme dit Gilles LECLERC ?

JEAN-VINCENT PLACE
Non, je ne suis pas dans la solidarité gouvernementale particulièrement sur les propos des uns et des autres, moi, je suis dans la solidarité gouvernementale sur les décisions prises par le président de la République et le Premier ministre. Donc après, je ne veux pas rentrer dans le jeu des commentaires. Et en revanche, j'essaie d'être dans l'analyse, et je le dis très clairement ici, nous, notre objectif, c'est d'être d'ailleurs, sans complaisance, et je le dis très clairement, dans la répression la plus maximale, et dans les sanctions les plus maximales lorsqu'on tombe sur des terroristes, et dans le combat contre les terroristes et les complices des terroristes, et y compris celles et ceux qui nourrissent financièrement le terrorisme, parce qu'on voit bien, avec ce qui s'est passé à Molenbeek qu'il y a toute une espèce d'économie parallèle, une société parallèle, qui entretient aussi les aides financières à celles et ceux, très minoritaires, très minoritaires, qui malheureusement tombent dans le terrorisme. Alors c'est pour cela qu'aujourd'hui, dans les quartiers, il y a un travail à faire qui, d'ailleurs, disons-le, n'a pas été fait depuis vingt, vingt-cinq ans, et celui qui a eu le mérite de prendre le problème à bras-le-corps, je suis désolé de le dire, c'est le Premier ministre de la République, Manuel VALLS, qui a été l'un des premiers, en particulier à gauche, dans la gauche républicaine, à dire : voilà les réalités de ces quartiers, lui, permettez-moi de vous dire…

GILLES LECLERC
Il avait même employé l'expression ghetto !

JEAN-VINCENT PLACE
Apartheid social.

GILLES LECLERC
Apartheid social…

JEAN-VINCENT PLACE
Il avait dit apartheid social. A ce moment-là, tout le monde lui était tombé dessus, et au fond, c'est lui qui avait raison, on est dans une situation aujourd'hui où il n'y a plus de mixité sociale, et on a entassé dans des quartiers, parce que ça arrangeait bien tout le monde en réalité d'entasser dans ces quartiers des gens qui étaient dans la difficulté, et évidemment, tout cela s'est entretenu, et puis, l'économie parallèle s'est mise en place, et quand on disait ça, on était là à dire : on stigmatise. Non, personne ne stigmatise, nous, notre objectif dans la République d'aujourd'hui, et je considère que ça regroupe beaucoup de gens, les Républicains, le centre, la gauche, il y a des maires que je connais dans mon départements, qui sont des Républicains, qui se battent énormément sur la même ligne que nous, qui est la ligne de la République, pour essayer, je viens de vous le dire, de remettre des boulots, de remettre du service public, dans mon portefeuille, par exemple, j'ai la réforme de l'Etat, on essaie de créer cette année mille maisons de services au public pour remettre les services publics, aussi bien les gens de LA POSTE, de Pôle emploi, des assurances-maladies, des assurances-familles, dans les quartiers ruraux où il y a de moins en moins de personnes malheureusement, et aussi dans les quartiers en banlieue, dans les quartiers difficiles. Donc il faut réinvestir, et y compris la police, la gendarmerie. A un moment, disons-le, la police et la gendarmerie, on ne les voyait plus dans ces quartiers. Eh bien, il faut qu'on revienne en attaque, en dynamique sur ces quartiers pour appréhender, mais positivement, positivement.

GILLES LECLERC
A propos de police, il y a un autre outil pour combattre le terrorisme, c'est le renseignement, le fameux PNR au Parlement européen qui est bloqué, Manuel VALLS a désigné notamment des écologistes, mais aussi des socialistes au Parlement européen…

JEAN-VINCENT PLACE
Et les parlementaires socialistes.

GILLES LECLERC
Voilà. Est-ce que vous, vous avez une influence auprès de vos collègues écologistes ou députés européens pour qu'on avance ?

JEAN-VINCENT PLACE
Je sais que je parle avec eux depuis plusieurs mois, depuis notamment, notamment les attentats de janvier 2015 ; je sais que, aussi, même s'ils y mettent, comme toujours un peu de lenteur, quelques amendements, mais c'est aussi la vie parlementaire, il faut le respecter, je sais qu'ils progressent sur cette idée, parce que, aujourd'hui, au-delà de l'aspect "partidaire" ou "sensibilitaire" sur la question, moi, je suis aussi attaché que les parlementaires socialistes et écologistes sur la question des Droits de l'Homme, et à la question de la dangerosité peut-être de certains fichiers qui peuvent être trop ouverts, et je le dis d'autant plus que je suis en charge de l'Open Data au sein du gouvernement, et justement, ma politique est plutôt d'ouvrir les données ; mais sur ce sujet-là, il faut à un moment arrêter, on connaît à peu près tout de la vie de vos déplacements, des miens, on est enregistré partout, et à la fin, les seuls qui n'auront pas les renseignements consolidés, ça va être les services de renseignements européens, déjà, on devrait avoir, moi, je le dis, un FBI européen, on doit avoir au niveau des frontières Frontex, qui est renforcé, donc on doit contrôler davantage aux frontières, on doit pouvoir suivre les gens à l'intérieur, on doit pouvoir les suivre sur… avec le PNR, le fameux Personal Name Record, et on doit pouvoir effectivement les traquer, enfin, c'est évident. C'est évident. Et là, on s'est trop posé de questions. L'Europe, pour le coup, est trop lente, il y a un sujet sur lequel, le ministre de l'Intérieur revient régulièrement dans les réunions, en disant que : même sur le trafic d'armes, il y a des grands spécialistes à Bruxelles qui nous disent : ah oui, mais attention, c'est le libre échange, alors, on est chez les fous. On est chez les fous, il y a le libre échange sur les armes, donc on ne peut pas contrôler. Enfin, bon, il y a quand même une traçabilité des armes qu'on doit avoir aussi.

CYRIL VIGUIER
Jean-Vincent PLACE, on va parler un peu de votre département ministériel, donc vous êtes chargé de la Réforme de l'Etat et de la simplification dans ce gouvernement, auprès du Premier ministre. Il vous reste un an, qu'est-ce que vous allez faire de ce département ministériel ?

JEAN-VINCENT PLACE
Alors, c'est une tâche énorme qui me passionne, j'ai la chance d'avoir eu des prédécesseurs qui ont fait beaucoup déjà, donc Thierry MANDON et Clotilde VALTER, et je crois que, aujourd'hui, il y a, on vient d'en parler, un éloignement, c'est un euphémisme, des Françaises et des Français par rapport à nos responsables politiques, par rapport même au gouvernement, disons les choses telles qu'elles sont, mais aussi par rapport à l'administration, et donc moi, j'essaie de faire en sorte d'aider à réformer l'Etat, pour le rendre plus accessible, plus proche des citoyens, tant d'ailleurs humainement, parce qu'il faut un retour à l'humain…

GILLES LECLERC
Vous pouvez nous citer une mesure que vous laisseriez, je dirais…

CYRIL VIGUIER
Oui, une mesure PLACE…

GILLES LECLERC
Voilà, signée Jean-Vincent PLACE…

JEAN-VINCENT PLACE
Alors, une mesure très simple dans l'année, une mesure dans l'année, j'espère pouvoir réussir d'ici à la fin de l'année à accélérer tellement les procédures qu'on divise les délais par deux d'à peu près toutes les procédures administratives en les dématérialisant. Donc à partir de la fin de l'année prochaine, neuf – de cette année – neuf procédures administratives sur dix seront dématérialisées, et seront accélérées. Mais de la mme manière, on essaiera, parce que justement, tout le monde n'est pas sur le numérique, d'aider les plus modestes qui sont par rapport à l'éloignement, par rapport au numérique, peut-être les plus anciens, enfin, vous voyez qu'il y a un type de public qui est plus éloigné que l'autre du numérique, même si, par exemple, chez les jeunes, ça devient très fréquent, eh bien, ça, c'est un de mes sujets, c'est dématérialisation, division par deux des procédures, et c'est valable aussi pour la vie des entreprises, et la vie des usagers.

GILLES LECLERC
Et vous êtes concerné par exemple par la simplification de la feuille de paie, là, c'est pour bientôt, et le prélèvement à la source, c'est plutôt Bercy, non, que vous ?

JEAN-VINCENT PLACE
Oui, ça, c'est Bercy qui va mettre en oeuvre, mais en revanche, l'aspect opérationnel du prélèvement à la source passera par mon portefeuille ministériel, parce que nous, nous avons tout à la fois la modernisation de l'action publique, donc par exemple le bulletin de paie simplifié, ça vient directement de chez moi, il y avait 34 lignes sur le bulletin de paie d'aujourd'hui, il n'y en aura plus que 17, et ça sera extrêmement lisible, par rapport à ce qu'on paie et pourquoi. Et ça, c'est l'explication de ce qu'est l'administration centrale, je vous parlais rapidement des maisons de services au public, réattaquer, si j'ose dire, reconquérir les territoires ruraux, les banlieues difficiles, pour remettre du service public de proximité…

CYRIL VIGUIER
A un an de la présidentielle, c'est possible tout ça ?

JEAN-VINCENT PLACE
Oui, parce que, et ça, c'est des honneurs du gouvernement, qui continue à réformer, moi, je le dis souvent, je dis, effectivement, on a sur la loi El Khomri des difficultés à expliquer, on a au moins un mérite, c'est que même dans la situation difficile que nous avons aujourd'hui, parce que c'est quatre ans de présence au gouvernement, c'est vrai que généralement, les contestations se déploient, eh bien, on continue à réformer, et ça, moi, je peux vous dire que je le ferai jusqu'au bout, et je le dis jusqu'à dernière heure, je l'aurai dans mon portefeuille…

VÉRONIQUE JACQUIER
Jean-Vincent PLACE, vous parlez de réforme. Oui, Jean-Vincent PLACE, vous parlez de réforme, vous êtes entré dans ce gouvernement en tant qu'écologiste, est-ce que vous l'êtes toujours ?

JEAN-VINCENT PLACE
Oui, j'ai toujours été écologiste.

VÉRONIQUE JACQUIER
Vous êtes à la tête de l'Union des démocrates et des écologistes, mais il y a des tas de chapelles maintenant chez les Verts, puisque le 9 avril prochain, la ministre du Logement, Emmanuelle COSSE, va lancer le Club Refonder une écologie responsable. Alors, franchement, où sont passés les Verts ?

JEAN-VINCENT PLACE
Ecoutez, il y a eu, de facto, et c'est réel, une division, un éclatement des Verts, donc qui est devenu aujourd'hui plutôt…

VÉRONIQUE JACQUIER
Ah mais vous, vous êtes le poisson pilote pour ramener les Verts à François HOLLANDE pour 2017 ? Comment ça se passe ?

JEAN-VINCENT PLACE
Non, mais j'oeuvre à cela, avec patience d'ailleurs, et puis, une forme de sérénité, avec mon ami François de RUGY, avec Jean-Luc BENNAHMIAS également, avec demain Denis BAUPIN et Emmanuelle COSSE, et à terme, nous voulons constituer, mais je le dis aussi, ça doit être clair sur le fond, ça ne doit pas être un énième appendice des Verts. Moi, je veux créer très clairement un parti écologiste de centre gauche y compris entrepreneurial et libéral, pro-européen, avec un positionnement qui est clair…

GILLES LECLERC
Avec un candidat en 2017 ou pas, là ?

JEAN-VINCENT PLACE
Non…

GILLES LECLERC
Non, pas forcément.

JEAN-VINCENT PLACE
Non, je l'ai dit très clairement, moi, je soutiens le président de la République, je ne suis pas son porte-parole…

VÉRONIQUE JACQUIER
Et un président de la République qui, selon le dernier sondage…

JEAN-VINCENT PLACE
Je souhaiterais qu'il soit candidat…

VÉRONIQUE JACQUIER
Attendez, Jean-Vincent PLACE, un président de la République qui, selon le dernier sondage ODOXA, est impopulaire pour 81 % des Français, il peut se représenter franchement ?

JEAN-VINCENT PLACE
Moi, je ne fais pas de la politique fiction, et je ne regarde… je regarde les sondages, je ne vais pas vous dire qu'on s'en moque, ce n'est pas vrai, donc on regarde les sondages évidemment avec attention, François HOLLANDE est le chef de l'Etat, c'est un bon président de la République, moi, je vois la situation dans laquelle nous sommes, je vois l'estime qui lui est portée, peut-être plus d'ailleurs, il y avait… on regardait cela tout à l'heure, un article, une Une, en disant : François HOLLANDE populaire, trois petits points, en Allemagne. Je sais aussi qu'il est très populaire dans le monde entier par rapport à son action diplomatique et militaire, par rapport aussi à la réussite de la COP21, il n'y a à peu près que les Verts, dans le monde, qui disent que ce n'est pas un succès, mais c'est un succès extraordinaire, partout où je vais, moi, on me dit : bravo pour la réussite de la COP21…

VÉRONIQUE JACQUIER
Ce n'est pas ce que vont regarder les Français…

JEAN-VINCENT PLACE
Eh bien, nous verrons l'année prochaine, Madame JACQUIER, parce que je vais vous dire une chose très simple, c'est que j'ai l'impression que monsieur CHIRAC, en 94 et en 2001, et même François HOLLANDE, en 2011, étaient plus en difficulté que ne l'est aujourd'hui le président de la République, à un an aujourd'hui de l'élection présidentielle, donc ça laisse tous les espoirs…

CYRIL VIGUIER
Jean-Vincent PLACE, vous ne vous en êtes jamais caché, vous êtes entré en politique pour exercer des responsabilités, vous êtes ministre maintenant…

JEAN-VINCENT PLACE
Oui, d'ailleurs, j'aimerais bien dire que tous ceux qui font de la politique souhaitent exercer des responsabilités, parce que la…

CYRIL VIGUIER
Voilà, on dit que c'était d'ailleurs votre souhait le plus cher…

JEAN-VINCENT PLACE
Non, non, mais la responsabilité…

CYRIL VIGUIER
Qu'est-ce que vous allez faire après ?

JEAN-VINCENT PLACE
Eh bien, je vais continuer, et je l'espère, auprès de François HOLLANDE.

CYRIL VIGUIER
Et vous voulez grimper dans la hiérarchie gouvernementale, c'est ça votre…

JEAN-VINCENT PLACE
Déjà, je vais vous dire, je suis très heureux de faire ce que je fais, c'est un grand honneur qui m'est donné, c'est épuisant, mais voilà. Vous savez, vendredi matin, j'étais à… inaugurer, féliciter la nouvelle offre de proximité de la direction des titres et des séjours de la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Donc ça paraît un petit peu administratif ce que je viens de dire, non, parce que, à l'époque, il y avait des centaines de queues, des gens qui prenaient des tickets pour les revendre, parce que le fait d'être dans la queue, ça faisait gagner 20 à 30 euros. Aujourd'hui, on a rationalisé le service, on a mis des agents du service civique juste avant pour faire les dossiers, ensuite, on a des fonctionnaires remarquables derrière, maintenant, c'est fluidifié, il n'y a plus aucun problème. Donc les gens sont contents, tout à la fois, les gens qui attendent leur titre de séjour, et même les fonctionnaires qui étaient très heureux, et auxquels j'ai remis un joli prix sur la qualité de leur préfecture.

CYRIL VIGUIER
Merci Jean-Vincent PLACE, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la Réforme de l'Etat et de la simplification, qui était notre invité ce matin dans cette matinale d'info.


source : Service d'information du Gouvernement, le 5 avril 2016

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