Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, sur le dynamisme de la CCIM et les mesures du gouvernement en faveur de la compétitivité des entreprises en Martinique, à Fort-de-France le 7 avril 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, sur le dynamisme de la CCIM et les mesures du gouvernement en faveur de la compétitivité des entreprises en Martinique, à Fort-de-France le 7 avril 2016.

Personnalité, fonction : PAU-LANGEVIN George.

FRANCE. Ministre des outre-mer

Circonstances : Célébration des 250 ans de la Chambre de commerce et d'industrie de la Martinique (CCIM), à Fort-de-France (Martinique) le 7 avril 2016

ti : Monsieur le Président du Conseil exécutif de la CTM,
Monsieur le Président de l'Assemblée de Martinique,
Mesdames, Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Conseiller économique et social
Monsieur le Président de CCI France,
Madame la Présidente de l'ACCIOM,
Monsieur le Président de la CCI Martinique,
Messieurs les Chefs d'entreprises,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs,


C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai accepté l'invitation de Manuel Baudouin pour célébrer les 250 ans de la Chambre de commerce et d'industrie de la Martinique devant une assemblée qui témoigne à elle-seule de la richesse du tissu économique martiniquais. Au-delà de sa longévité, il faut souligner la capacité de la CCIM à accompagner et se réinventer pour faire face à plus de deux siècles et demi de mutations économiques et sociales.

L'histoire de la CCI c'est aussi celle de la Martinique et des Martiniquais, dans toute sa subtilité et sa complexité.

Elle a été, je crois, autant témoin qu'acteur d'un destin qui forge ses racines dans la Martinique des Habitations, se construit dans les incertitudes de la décadence du système de plantations, dans les épisodes de pénuries d'antan Robè, dans les espoirs de la départementalisation et se projette dans les doutes et les opportunités de la mondialisation.

En définitive, elle a traversé les siècles et accompagné la transformation d'une économie de l'aliénation à celle de la création autonome.


Toutefois, si la CCI est certes une institution chargée d'histoire, elle n'en est pas moins un acteur tourné vers l'avenir.

Se projeter dans le futur, c'est d'abord investir dans les jeunes générations. C'est pourquoi la CCIM consacre une grande partie de ses efforts à la formation initiale. Elle est à l'origine de la création du Centre de formation d'apprentis du tertiaire qui forme plus de 500 jeunes. La CCIM gère également l'École de Commerce de la Martinique, véritable outil d'excellence au service du dynamisme entrepreneurial du territoire.

Mais, se projeter dans le futur, c'est aussi s'ouvrir à la Caraïbe, aux Amériques et à l'International. La CCIM s'y consacre en participant à la gestion des infrastructures indispensables aux échanges avec l'extérieur à l'instar du Grand Port de Martinique et de la Société Aéroportuaire Aimé Césaire. Elle accompagne également les entreprises du territoire dans leur développement à l'international au travers du guichet unique export à l'attention des TPE et PME. Les évolutions constatées ces dernières années en matière d'intégration régionale doivent beaucoup à l'énergie déployée par la CCI.

Se projeter dans le futur, c'est anticiper les mutations auxquelles nos sociétés doivent faire face. À ce titre, je tiens à saluer le rôle très proactif que la CCI joue dans la structuration de la « silver economy » à la Martinique, c'est-à-dire le développement de biens et de services adaptés au contexte du vieillissement de la population.

Je dois le reconnaître, la chambre de commerce a été pionnière dans le diagnostic qu'elle a posé sur les opportunités liées à cette dynamique démographique, souvent vue comme un poids ou un handicap. L'anticipation de ces transformations passe aussi par l'accompagnement des entreprises dans l'étape de la transition numérique. La CCI s'est montrée à cet égard très active, s'appuyant sur un écosystème d'associations de professionnels dynamiques comme OPEN IT, MARTINIQUE TEC, MADE IN TIC et LERECA et capitalisant sur le succès de G2J. Elle œuvre au développement des usages numériques au travers par exemple du programme FACILITIC et de l'accompagnement de nombreux porteurs de projets du secteur. Elle a, à ce titre soutenu la création de Parallel 14, la première école d'animation 3D aux Antilles.

Se projeter dans le futur, enfin, c'est engager des réflexions de long terme sur l'avenir. C'était déjà toute l'ambition du projet « Confluence 91 », élaboré sous l'impulsion du président de l'époque ici présent, Marcel Osenat (Marcel Osenat a été conseiller du CESE). La CCI reste encore aujourd'hui un laboratoire d'idées. J'ai pu le constater, M Baudouin, lorsque vous m'avez remis tout récemment le premier « code de l'entreprise en Outre-mer » en votre qualité de président de l'ACCIOM. Et j'ai cru comprendre que votre créativité ne s'arrêtait pas là puisque vous travaillez déjà à la préfiguration d'un statut spécifique pour les entreprises ultramarines.


C'est ce dynamisme et cette volonté d'agir au bénéfice de l'intérêt général que l'État entend soutenir. Comme vous et en parfaite complémentarité avec votre action, il intervient pour créer les conditions favorables au développement des entreprises en tenant compte des atouts, des potentialités et des spécificités de la Martinique. Car nous n'avons pas vocation à nous substituer au secteur privé, nous cherchons simplement à créer l'écosystème favorisant l'émergence d'un tissu économique dynamique et agile.

À cette fin, j'ai élaboré une « feuille de route pour la croissance et l'emploi ». Elle ambitionne d'agir sur tous les déterminants de la compétitivité des entreprises.

Il s'agit en premier lieu du coût du travail. Nul ne peut nier aujourd'hui l'effort considérable que l'État a consenti en la matière. Il s'est d'abord traduit par la montée en charge du CICE progressivement porté à 9% dans les Outre-mer. Rien qu'en Martinique, l'effort de l'État s'élève à plus de 72 millions avec un nombre d'entreprises bénéficiaires ayant triplé en un an, preuve du succès du dispositif. Cette action volontariste s'est également concrétisée par la mise en place de l'aide à l'embauche du premier salarié, dont le montant s'élève ici à 4 000 euros contre 2000 euros dans l'Hexagone.

Enfin, nous sommes parvenus à préserver à 95% les exonérations de cotisations patronales, en plus des nouvelles aides que je viens de mentionner, pour rendre le dispositif encore plus favorable pour les secteurs exposés à la concurrence à savoir notamment le tourisme, l'agroalimentaire, les nouvelles technologies et les énergies renouvelables. C'est ce que nous avons appelé l' « équivalent CICE 12% ».

Vous le voyez, l'État a été au rendez-vous de ses promesses. Et, bien que la bataille de la lutte contre le chômage soit loin d'avoir été gagnée, je ne peux que me réjouir de l'embellie observée sur le marché du travail en Martinique qui semble indiquer que nos efforts commencent à porter leurs fruits. Je le rappelle, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A a diminué de 2,3% en un an à la Martinique et a enregistré un recul de 9,4% pour les moins de 30 ans sur la même période.

Autre déterminant de la compétitivité des entreprises, le coût du capital et l'accès des entreprises aux financements. Là encore, l'État a répondu « présent » Outre-mer. Je me suis personnellement engagée pour que la prolongation du dispositif de défiscalisation pour les investissements productifs soit actée dans le PLF 2016. C'est désormais chose faite, puisqu'il sera maintenu au moins jusqu'en 2020 dans les DOM et 2025 dans les COM. En parallèle, nous travaillons au développement d'un mécanisme de préfinancement du crédit d'impôt pour les investissements productifs. Je l'ai dit, cette mesure doit s'accompagner d'un renforcement de la présence de BPI, voire d'un déploiement en son nom propre, dans les Outre-mer et du développement d'outils de financement davantage adaptés aux réalités de nos territoires. Je pense notamment aux instruments de capital-risque et de capital-développement adaptés aux réalités de notre tissu de TPE et PME qui demandent à être renforcés.

Mais, faut-il le rappeler, une entreprise ne saurait prospérer dans un environnement durablement hostile. Tout autant que ses facteurs internes, les conditions dans lesquelles elle évolue sont déterminantes. J'entends par « conditions » les procédures administratives, les services publics dont elle bénéficie au quotidien, les infrastructures matérielles et immatérielles qui favorisent sa compétitivité hors coûts.

En ce qui concerne l'administration, vous le savez, le Gouvernement a souhaité initier un choc de simplification. Il a annoncé, pour les entreprises, 90 nouvelles mesures de simplification en février 2015 relatives notamment au recrutement, aux obligations fiscales et douanières, à l'aménagement et à la construction et à de nombreux enjeux qui préoccupent les entrepreneurs. Le plan TPE/PME a prévu également d'autres dispositions notamment pour faciliter l'accès aux marchés publics et aux financements par subvention et pour réduire les délais de paiement. Je suis persuadée qu'il nous reste encore des marges de progrès, particulièrement en ce qui concerne les dispositifs spécifiques aux Outre-mer, qu'il s'agisse de l'aide au fret ou des dossiers d'agrément pour la défiscalisation.

Concernant les infrastructures en tant que telles, de nombreux projets structurants seront financés dans le cadre des programmes opérationnels européens mais aussi du contrat de plan État-Région pour la période 2015-2020.

Je pense notamment aux infrastructures de très haut débit, à l'extension des quais du Grand Port de Martinique, aux aménagements de l'aéroport Aimé Césaire, à la construction du Pôle Universitaire de santé etc. Je crois qu'il sera également déterminant de promouvoir les initiatives de mutualisation interentreprises de certaines fonctions à l'instar de ce que propose ici Innovagro pour les services à l'export et l'acquisition des intrants à destination des entreprises de l'agroalimentaire.

L'évolution des principaux indicateurs économiques en Martinique semble montrer que les efforts engagés sont payants. Le nombre d'entreprises créées a cru significativement en un an de même que le chiffre d'affaire total enregistré sur le territoire qui a augmenté de 2,8% sur la même période. Il s'agit là d'un motif de satisfaction. Mais n'y voyez pas un quelconque triomphalisme ; je sais pertinemment que cette tendance doit être consolidée dans le temps et qu'elle ne saurait être considérée comme un acquis.

Vous le voyez, nous partageons avec la CCIM le même objectif : promouvoir le développement de la Martinique notamment en favorisant la prise d'initiative et l'accompagnement des entrepreneurs.

De nombreux combats ont été gagnés en ce sens. Tout aussi nombreux sont ceux qu'il reste à mener.

J'entends y mettre toute mon énergie et m'impliquer au service des martiniquaises et des martiniquais en mobilisant au mieux cet outil remarquable de développement que constitue la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Martinique, à qui je souhaite ce soir, encore de nombreuses années de dynamisme, d'efficacité et de progrès.


Je vous remercie.


Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 15 avril 2016

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