Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France Info" le 15 avril 2016, sur la prestation télévisée du président de la République, sur son autorité sur l'équipe gouvernementale. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France Info" le 15 avril 2016, sur la prestation télévisée du président de la République, sur son autorité sur l'équipe gouvernementale.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, ACHILLI Jean-François , SINTES Fabienne.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement; ;

ti : FABIENNE SINTES
L'invité politique de France Info ce matin est donc porte-parole du gouvernement, ministre aussi de l'Agriculture. Stéphane LE FOLL avec Jean-François ACHILLI et Guy BIRENBAUM.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Bonjour Stéphane LE FOLL.

STEPHANE LE FOLL
Bonjour.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Alors, ça va mieux ce matin ?

STEPHANE LE FOLL
L'économie, dans les grands agrégats, comme on les appelle, déficit budgétaire, il faut quand même se rappeler que quand on arrive, on est à plus de 5 %.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Ah vous démarrez au quart de tour, là !

STEPHANE LE FOLL
Ben oui, je démarre parce que j'essaie de justifier ce qu'a dit le président de la République. Oui.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous êtes resté jusqu'au bout devant votre téléviseur hier soir ?

STEPHANE LE FOLL
L'endettement est stabilisé, la croissance est revenue, oui, on s'améliore sur le front du chômage, pas suffisamment, mais on crée des emplois nets. Ça va mieux, et en même temps, on n'est pas au bout et il faut continuer.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous avez l'impression que cet exercice aura servi à quelque chose ? On a une sensation de quelque chose d'un peu difficile pour le président de la République, qui a été un peu secoué, interrompu, c'était un peu long.

STEPHANE LE FOLL
C'est toujours difficile…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous êtes resté jusqu'au bout ou pas ?

STEPHANE LE FOLL
Oui, bien sûr, je suis resté jusqu'au bout.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Obligé.

STEPHANE LE FOLL
Obligé, non, et puis parce que ça fait partie aussi de l'activité d'un gouvernement et d'un ministre, d'être quand même…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et du porte-parole.

STEPHANE LE FOLL
Et du porte-parole, d'être à l'écoute de ce que dit le président de la République.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous avez trouvé ça trop long ?

STEPHANE LE FOLL
Je pense que ce type d'émission est toujours très difficile, et long, et d'ailleurs, quatre Français, il y en avait six de prévus, je trouvais ça déjà long, heureusement qu'on était un peu sur un format un peu plus réduit. Donc ça, c'est pour le commentaire sur l'émission elle-même. Qu'est-ce que j'en tire comme élément d'analyses dans ce qu'a dit le président ? D'abord, c'est la cohérence, et sur tous les sujets, et c'était jamais facile, vous avez la question internationale, la question de la lutte contre le terrorisme, la question de la loi travail, la question des grands sujets posés par l'éducation. Cohérence. Et même sur la question de la déchéance de nationalité. Et deuxième élément qui me frappe, c'est la volonté d'être juste, juste dans les choix, dans l'équilibre que l'on doit trouver entre ce qu'on doit donner aux entreprises et ce qu'on doit donner aux salariés.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous savez qu'on peut tout lire à l'envers, on pourrait vous dire : le chômage est toujours très élevé, il augmente, les jeunes sont dans la rue, il y a même des violences, les « Nuit debout », ça se poursuit, les impôts, c'est une grosse pression pour les Français qui regardent ça d'un oeil très critique. On peut tout lire à l'envers. Tout.

STEPHANE LE FOLL
Oui, mais justement, on peut tout lire à l'envers, et je ferai grâce du fait que ce matin, j'écoutais beaucoup de gens qui disaient tout à l'envers, donc moi j'essaie de le remettre à l'endroit.

GUY BIRENBAUM
Vous êtes un avocat extraordinaire, le meilleur probablement de François HOLLANDE, et depuis très longtemps. Vous êtes un fidèle parmi les fidèles, mais ça n'imprime pas, monsieur LE FOLL.

STEPHANE LE FOLL
Oui, mais vous savez, dans tous ces moments politiques et surtout dans l'action politique, je le vois pour ce qui me concerne, pour imprimer quelque chose, quand vous êtes pris par une actualité, quand tous les jours il y a des choses qui arrivent, que vous n'avez pas forcément prévues, et ça arrive tout le temps, eh bien c'est difficile d'imprimer ce qui au fond est sous-jacent, à ce qui est l'actualité. Mais, c'est pas parce que c'est difficile, qu'il ne faut pas le faire. Il faut le faire, et cet exercice, aussi long qu'il a pu être, est nécessaire dans le sens où il faut toujours s'expliquer.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Stéphane LE FOLL, vous dites « c'est difficile d'imprimer », mais regardez, ce moment était très attendu, surtout chez vous, si je puis dire, au gouvernement. Vous avez François HOLLANDE qui dit hier soir, il l'a déjà dit maintes et maintes fois, « Je veux réformer jusqu'au bout », et au même moment, le même jour, vous avez Emmanuel MACRON, le ministre de l'Economie, qui dit à Londres « Nous avons décidé d'arrêter une partie des réformes ». Comment est-ce que l'on peut travailler, comme ça, au gouvernement ? Qu'est-ce que vous pensez de la sortie d'Emmanuel MACRON ?

STEPHANE LE FOLL
Eh bien moi je pense que, et je l'ai déjà dit aussi, donc je vais me répéter…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est pas grave.

STEPHANE LE FOLL
C'est pas grave. Je pense que dans une action politique, il y a, et c'est ce qu'a fait le président de la République hier, il doit y avoir de la cohérence, tout le temps, tout le temps. On peut penser qu'on peut s'échapper à un moment. Non, il faut rester cohérent et rester dans un esprit collectif. Donc la seule parole qui vaille, c'est celle du président de la République.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et celle d'Emmanuel MACRON à Londres ?

STEPHANE LE FOLL
Mais moi, je reprendrai ce qu'a dit le président de la République hier soir, « Emmanuel MACRON a été mon conseiller, et il y a un contrat de loyauté entre lui et moi ».

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Pan !

GUY BIRENBAUM
Oui, mais on comprend très bien ce que vous dites, et on comprend très bien d'où vous le dites. Mais regardez, on prend….

STEPHANE LE FOLL
Moi je le dis d'ici, de Paris.

GUY BIRENBAUM
J'ai bien compris. Oui oui.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Sur France Info.

STEPHANE LE FOLL
Et sur France Info.

GUY BIRENBAUM
Manuel VALLS, dans Libération, qui laisse entendre qu'il va y avoir, qu'il pourrait y avoir une loi sur le voile. Le président dit « non, pas du tout », on a donc… on n'avait pas compris. Le cannabis, l'autre jour, vous avez vous-même recadré. Bon. Là, on a monsieur MACRON, comme vient de le rappeler Jean-François ACHILLI, il y a un énorme problème d'autorité, en vérité, c'est pas un problème de cohérence, c'est un problème d'autorité.

STEPHANE LE FOLL
C'est pas vrai, parce qu'au fond, tout ça, ça fait partie aussi d'une forme de liberté qui est laissée à chaque ministre, et c'est nécessaire d'avoir ces souplesses, cette capacité à pouvoir aussi exprimer un certain nombre de choses. Je prends la question du cannabis, sur Jean-Marie LE GUEN, c'est vrai que ça a surpris sûrement beaucoup de monde, même moi, parce que je suis arrivé le matin, je n'avais pas vu ce qui avait été dit la veille au soir, et j'ai vu qu'en arrivant, c'était la Une du journal. Bon, bref. Donc j'ai répondu…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Mais une grosse interview du Premier ministre, juste avant l'exercice télévisuel du président.

STEPHANE LE FOLL
Ah, le Premier ministre, sur l'interview du Premier ministre, oui, mais sur l'interview du Premier ministre, grosse interview, oui.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Grosse interview.

STEPHANE LE FOLL
Oui, qui est assez cohérente, dans ce qu'a toujours exprimé le Premier ministre, parce que là-dessus il n'y a pas de discussions, qui était parfaitement dans le cadre de la politique qui est conduite, sauf sur un point précis, qui était la question de l'université, du voile, sur lequel il dit d'ailleurs lui-même, « c'est pas facile, et ça sera pas facile à faire, parce que constitutionnellement, on n'a pas le droit », donc il avait parfaitement mesuré ce qu'il disait. Donc on peut avoir, sur cette question de l'interview du Premier ministre, beaucoup de discussions mais je trouve qu'elle était là pour poser ce qu'a été l'action du Premier ministre, dans le gouvernement, et sous l'autorité du président de la République. Parce que ce point-là, oui, mais sur tout le reste, quand même, il y avait une grande cohérence.

FABIENNE SINTES
Mais ce que ça veut dire, c'est que, à l'extérieur, donc, avec les gens qui votent, mais à l'intérieur aussi du gouvernement, on entend le président, mais on ne l'écoute pas, et finalement ça se passe exactement pareil à l'intérieur du gouvernement, qu'en ce moment avec les Français.

STEPHANE LE FOLL
Oui, mais si vous allez jusqu'au bout, faudrait-il que ce que vous dites, se traduise dans des actes, qui feraient qu'une décision du président de la République, ne serait pas appliquée, ou que des choix qui n'auraient pas été faits par le président de la République, se mettraient en oeuvre sans qu'il ait donné son accord. Donnez-moi un seul exemple, sur tous les sujets, et c'est pour ça que je parle de cohérence, où au fond, au-delà des petites discussions qui animent les matinales, il y aurait des décisions que le président de la République n'aurait pas prises. C'est ça aussi qu'il faut rappeler. Et je connais François HOLLANDE assez bien, c'est vrai que sous cet aspect de décision et de la mensure qu'est la sienne, parce que c'est un homme qui cherche la mesure, et c'est vrai…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et la synthèse ?

STEPHANE LE FOLL
Et alors, la synthèse, ça c'est encore autre chose, mais la mesure, on l'a bien vu dans le débat sur l'immigration, qu'est-ce qu'il dit à un électeur du Front national, c'est quand même, voilà, la première fois qu'on avait direct, comme ça, quelqu'un qui l'assumait, très bien, qui avait même voté à gauche, qui avait voté à droite, etc.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Qui était anciennement PS, oui.

STEPHANE LE FOLL
Oui. Il a cherché à lui expliquer, et il lui a dit : « Vous pensez que vous avez un remède ? Faites attention, le remède peut être pire que le mal ». La mesure, et c'est pas le fracas, c'est pas la brutalité, mais c'est vrai que la perception de la mesure, je me souviens de beaucoup de moments où ça a toujours été difficile, et toujours, quelque chose justement qui n'apparait pas aussi clairement que le fracas ou la brutalité. Voilà. Mais ça donne de l'autorité, et ça donne de l'autorité, surtout, sur la distance, sur le temps.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Mais Stéphane LE FOLL, vous parlez, ça ne répond pas complètement à ce qu'a dit Guy BIRENBAUM…

STEPHANE LE FOLL
Non, pas complètement. Pas complètement.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et ce n'est pas une question politicienne…

GUY BIRENBAUM
Non non, du tout.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Quand vous avez monsieur MACRON, j'y reviens, qui dit aussi, à Londres toujours, qui était très bavard, et qui dit qu'il est compliqué, et il n'a pas tort, de lancer des réformes en fin de mandature. Et pendant ce temps vous avez un président qui lui, dit : « Je réforme, je réforme, je réforme jusqu'au bout ». C'est quand même le ministre de l'Economie, il est très populaire, les Français, les gens écoutent ça, ils entendent ça. Il y a une forme de contradiction qui est quand même manifeste.

STEPHANE LE FOLL
Il y a là…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Il faut faire un peu le ménage, ou pas ?

STEPHANE LE FOLL
Ah ah, faire un peu le ménage…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Ah ben, non mais, répondez.

STEPHANE LE FOLL
On ne va pas faire de ménage, mais j'ai toujours été là, et vous l'avez dit à plusieurs reprises, pour rappeler ce qu'est l'engagement de chacun, la responsabilité de chacun, et dans cet engagement et dans cette responsabilité, la première des choses c'est d'être au service des choix qui sont faits, collectivement, et au service du pays qu'on est là pour servir. Voilà.

GUY BIRENBAUM
Oui mais, monsieur LE FOLL, tout le monde… on est dans un sprint où tout le monde est dans son couloir. On voit très bien que monsieur MACRON est en train de s'échapper dans son couloir, monsieur VALLS a son couloir, et puis Monsieur le Président, il est là, au milieu, dans le couloir du centre, tout le monde le voit, on ne peut pas se cacher les yeux !

STEPHANE LE FOLL
Vous savez que dans les 800 m, on part avec des couloirs et on finit après ensemble.

GUY BIRENBAUM
Oui, on finit tous ensemble.

STEPHANE LE FOLL
Je vous garantis, je vous ai dit, c'est la distance…

GUY BIRENBAUM
Ils vont tous finir ensemble.

STEPHANE LE FOLL
Mais oui ! Parce qu'il y en a, vous savez, il y a des sprinteurs, mais quand on est… la politique, ce n'est pas un sprint, c'est une course de fond, donc il y a un moment où ça doit se rassembler, sous le couloir, parce que sinon, de toute façon, vous finissez tout seul et vous faire le tour par le périmètre le plus large de la piste, et là vous avez perdu.

GUY BIRENBAUM
A l'extérieur.

STEPHANE LE FOLL
A l'extérieur.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Heureusement, vous avez des grandes jambes, et heureusement qu'il vous a, le président, puisque vous organisez, vous, Stéphane LE FOLL, un meeting de soutien hollandais, le 25 avril…

STEPHANE LE FOLL
Non non, pas hollandais, parce que vous verrez qu'il y aura beaucoup plus de monde.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Attendez, ça s'appelle «Hé, oh, la gauche».

FABIENNE SINTES
Français.

STEPHANE LE FOLL
Oui, à gauche.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est comme ça qu'on dit : « Hé, oh », ça fait un peu Nino FERRER, « Oh ! He ! Hein ! Bon ! ».

STEPHANE LE FOLL
Oui, on m'a dit aussi que c'était…la chanson, je ne m'en rappelais…

GUY BIRENBAUM
Mais c'est la chanson des nains, c'est les nains !

STEPHANE LE FOLL
Voilà !

GUY BIRENBAUM
Hé, oh, on rentre du boulot !

STEPHANE LE FOLL
Voilà, on rendre du boulot. Bon, on va s'expliquer.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Mais c'est quoi ce truc ?

STEPHANE LE FOLL
C'est quoi. L'idée qui est derrière, c'est de se dire que de temps en temps, les procès qui sont faits par une partie de la gauche, par une partie des frondeurs, sur ce qu'on a fait, méritent qu'on leur prouve…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Aïe, je croyais que vous alliez dire autre chose.

STEPHANE LE FOLL
Oui, méritent qu'on leur prouve de temps en temps, qu'ils ont tort et qu'ils ne veulent pas regarder ni défendre ce qui a été fait. Hier, il y avait la question de la prime d'activité. 2 millions… je crois que c'est un peu plus de 2,5 millions de personnes, c'est-à-dire qu'on va aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin que ce qu'on avait imaginé. Complément de salaire, pouvoir d'achat, 93, 100 €, pour quelqu'un qui est au SMIC. J'ai quelqu'un qui, dans ma famille, travaille dans une pizzeria, 93 à 97 €, quand vous gagnez 1 140 € par mois, c'est quelque chose de très appréciable. Sur la santé et la Sécurité sociale, il l'a dit, et ça c'est la cohérence, je modernise mais en même temps je préserve un modèle social. Non seulement je le préserve, on l'a adapté le modèle social, mais on a ouvert des nouveaux droits. Dans un moment de difficultés, quand j'entendais toutes les sornettes sur l'austérité, qu'on nous a fait des procès sur l'austérité, qu'on a réduit les déficits, celui de la Sécurité sociale par trois…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Là vous parlez de vos amis frondeurs…

STEPHANE LE FOLL
Non non mais pas… de mes amis, et puis de ceux qui sont à la gauche de la gauche. J'ai entendu des gens comme MELENCHON, dire…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous les avez perdus ceux-là, ils sont perdus.

STEPHANE LE FOLL
Ils sont perdus, eux. Moi, ce que je cherche à rattraper ou à convaincre à nouveau, c'est les électeurs, parce que dans ce débat politique, je sais qu'il y en a qu'on ne rattrapera pas, et on ne va pas s'échiner, ni à les convaincre, ni à la rattraper. Ce qu'il faut qu'on rappelle, c'est ce qu'on a fait, parce que ça concerne des électeurs. La question de la retraite, moi j'ai été sur un chantier, je m'en suis aperçu, départ à 60 ans. Donc : « Hé oh », la gauche ne te trompes pas. Parce que, pendant que tu nous critiques, la droite prépare l'alternative et ça c'est normal. Mais quand on regardera, et c'est ça qu'on va rappeler, quand on va regarder ce qu'elle propose, et il y en a un qui est très transparent, il a au moins ce mérite, il vient de la Sarthe, c'est François FILLON, il met les choses sur la table, eh bien il l'a dit d'ailleurs « on va casser la baraque ». Casser la baraque, au fond, c'est quand même casser le modèle social. Donc chacun doit être rappelé un tout petit peu, un tout petit peu, à sa responsabilité et à la vérité. « Hé oh », la gauche, regarde.

GUY BIRENBAUM
Oui, mais vous dites, pendant ce temps-là la droite prépare l'alternative.

STEPHANE LE FOLL
Mais oui…

GUY BIRENBAUM
Je vais vous fâcher, il n'y a pas que la droite qui prépare l'alternative, il y a aussi le ministre de l'Economie et il y a aussi le Premier ministre. Pardon de vous fâcher !

STEPHANE LE FOLL
Oh, ça… ça ne me fâche pas.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Le ministre de l'Economie avec Paris Match, vous avez vu…

GUY BIRENBAUM
La Une de Match.

STEPHANE LE FOLL
Oui oui, j'ai vu la Une de Paris Match.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Ça vous a plu, ça.

GUY BIRENBAUM
Vous adorez Paris Match.

STEPHANE LE FOLL
Je suis un grand lecteur assidu de Paris Match.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Non mais, c'est un bon journal…

STEPHANE LE FOLL
Un très bon journal.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Mais, vous l'avez lu ?

STEPHANE LE FOLL
Je l'ai lu, oui.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est une bêtise ou pas ?

STEPHANE LE FOLL
Je crois qu'il l'a dit lui-même, Emmanuel MACRON.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui, non mais c'est…

STEPHANE LE FOLL
Oui, mais parce que moi, il y en a d'autres, vous savez, je connais parfaitement le sujet sur le renouveau de la politique. Ceux qui comment par dire qu'ils vont renouveler la manière de faire de la politique, vous avez déjà compris que justement, ils en feront comme tout le monde.

FABIENNE SINTES
Ah… En faisant du porte à porte alors.

GUY BIRENBAUM
Ah ben voilà.

STEPHANE LE FOLL
Voilà. Parce que le porte à porte, là aussi, enfin, je veux dire…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Stéphane LE FOLL, et « Hé oh », il est …

STEPHANE LE FOLL
Donc quand vous parlez comme ça, vous êtes même, peut-être, parce que c'est un besoin de se justifier, plus politicien encore que ceux qui assument le fait de faire de la politique.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Ça c'est dit.

STEPHANE LE FOLL
C'est très bien dit, hein, et très clair.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et vite cite, « Hé oh », il est candidat ?

STEPHANE LE FOLL
Mais… je ne crois pas !

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Allez, dites-le.

STEPHANE LE FOLL
Non.

FABIENNE SINTES
Ah ah !

STEPHANE LE FOLL
Qui ?

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
François HOLLANDE.

STEPHANE LE FOLL
Ah, je pensais qu'on parlait de…

GUY BIRENBAUM
Non non non non.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
François HOLLANDE.

STEPHANE LE FOLL
Ah ! Mais il a dit qu'il répondrait à la fin de l'année. Bon. Donc, moi, je ne répondrai pas avant, ni pour lui.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est un meeting de lancement de campagne, « Hé oh ».

STEPHANE LE FOLL
Non, c'est, je le dis, une manière de rappeler que dans le débat politique, la question de la droite et de la gauche, c'est une question aussi de valeurs, de choix, de grands choix. Voilà, c'est tout, et c'est démocratique. Et au bout du compte, la démocratie, quoi qu'on en dise, il n'y a qu'à regarder partout dans le monde, c'est quand même peut-être la meilleure manière d'arriver à faire des choix, à les assumer et à faire en sorte que l'on vive tous ensemble.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est la conclusion à 08h00. Magnifique.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 avril 2016

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