Interview de M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics, à "LCI" le 26 avril 2016, sur la vente de sous-marins à l'Australie, sur le taux d'impopularité du président de la République. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics, à "LCI" le 26 avril 2016, sur la vente de sous-marins à l'Australie, sur le taux d'impopularité du président de la République.

Personnalité, fonction : SAPIN Michel, CHABOT Arlette.

FRANCE. Ministre des finances et des comptes publics;

ti : HELENE LECOMTE
Lui aussi fait partie de ceux qui veulent donner l'envie, l'envie d'avoir envie de François HOLLANDE en 2017. Arlette CHABOT, vous recevez ce matin le ministre des Finances.

ARLETTE CHABOT
Bonjour Michel SAPIN.

MICHEL SAPIN
Bonjour.

ARLETTE CHABOT
On parle d'abord de la bonne nouvelle du matin : la commande sous-marins par l'Australie. Douze sous-marins et huit milliards qui arriveraient dans les caisses de la DCNS. Ça fait de l'argent pour l'Etat.

MICHEL SAPIN
Ça fait surtout du travail pour les Français, c'est ça qui compte avant toute chose. Ça veut dire que dans ce secteur-là, il y aura des embauches, il y aura des jeunes, il y aura des ingénieurs parce que ce sont des domaines qui demandent énormément de savoir-faire, le savoir-faire français. Au fond ce que j'aurais envie de dire aujourd'hui, ce n'est pas tant que ça va rapporter de l'argent, que ça montre ce qu'est la France. Aux yeux du monde, la France est un grand pays. Un grand pays économiquement ; un grand pays scientifiquement ; un grand pays en termes de capacité à passer des contrats sur le long terme, puisque là on passe un contrat sur le long terme. On nous fait confiance et j'aimerai que les Français s'en rendent compte, parce qu'ils ont parfois un peu trop peu confiance en eux-mêmes.

ARLETTE CHABOT
Oui. Ça, c'est le mal français. On n'est pas bien, on est pessimiste.

MICHEL SAPIN
Oui, mais il faut lutter contre cela. Je pense qu'il faut que chacun, et là ce n'est pas une histoire de couleur politique, mais il faut que chacun essaye. Regardons les réalités en face et les difficultés, la fierté de ce que nous sommes capables de faire - vendre par exemple autant de sous-marins sur le moyen terme et d'équipement. Il ne faut pas que cette fierté dissimule les difficultés, mais il ne faut pas non plus que les difficultés nous empêchent de comprendre qu'aux yeux du monde, aux yeux de l'Europe et aux yeux de beaucoup de Français aussi, nous sommes une grande puissance qui est capable de réagir et de réagir dans un monde ouvert. Là, nous vendons à l'extérieur.

ARLETTE CHABOT
A l'Australie. On est les meilleurs.

MICHEL SAPIN
Oui. Enfin, c'est eux qui font les choix. Je crois comprendre, compte tenu des caractéristiques de l'Australie - les gens pensent que c'est un petit pays, comme ça, comme une île dans un coin – non, c'est un immense continent entièrement entouré d'océans et qui a en termes de sécurité pour ses côtes des besoins considérables de sous-marins.

ARLETTE CHABOT
J'allais dire savoir-faire français, c'est vrai là pour les sous-marins. En revanche savoir-faire français pour le nucléaire, on a un sérieux doute. Là, ça va coûter de l'argent à l'Etat. Est-ce qu'il faut mettre au pot pour recapitaliser EDF ? Il va falloir aussi sauver AREVA. Ça, ça va coûter cher. Combien à peu près ?

MICHEL SAPIN
Oui. Alors là aussi il y a eu…

ARLETTE CHABOT
Il y a un contraste là.

MICHEL SAPIN
Oui. Le contraste est assez bienvenu. Je le reçois comme tel, tout à fait, même si ç'a été un savoir-faire extraordinaire. La France a été première mondiale dans ce domaine. Ce qui s'est passé, c'est que pendant plusieurs années et ensuite ça s'est arrêté puisqu'on n'avait plus besoin de construire en France, et parce que ce n'est pas vraiment en France que nous allons construire, qui que ce soit et en particulier pas nous, de nouvelles centrales nucléaires. Il n'y en a pas besoin, il faut diversifier. Et donc, on a un peu perdu de ce savoir-faire, de cette capacité à aller jusqu'au bout de nos projets. On voit bien ce qui se passe en Finlande, on voit bien ce qui se passe même sur notre territoire en France.

ARLETTE CHABOT
En France, Flamanville.

MICHEL SAPIN
Donc il faut – parce qu'on ne va pas dire : « Puisque ça ne marche pas, tac !, allez, tout le monde à la poubelle », ce n'est pas possible. Il y a aussi des filiales extraordinaires et de l'emploi en quantité, donc il faut aujourd'hui réagir. Alors il faut réagir contre une dépréciation qui s'est faite depuis des années et des années. Et pour réagir, il faut restructurer au bon sens du terme, répartir autrement les responsabilités entre AREVA et EDF et s'il y a besoin – et s'il y a besoin puisque nous sommes le principal actionnaire mais comme tout actionnaire dans toute autre entreprise, nous aurons à mettre au pot, ce qui est normal en termes…

ARLETTE CHABOT
Combien ?

MICHEL SAPIN
En investisseur parce que nous voulons redresser pour pouvoir demain faire en sorte qu'EDF gagne de l'argent, crée des emplois là encore, apporte de la richesse aux Français.

ARLETTE CHABOT
On a déjà dit trois milliards, quatre milliards, plus. Avec AREVA, ça fera dix au total.

MICHEL SAPIN
Ce n'est pas tout à fait de même nature et surtout que chacun comprenne bien. Il ne s'agit pas de puiser dans la caisse de l'Etat, j'allais dire des contribuables, pour mettre à EDF ou de mettre à AREVA. Il s'agit de puiser dans les biens de l'Etat. Nous avons des actions dans d'autres domaines, dans beaucoup d'autres domaines, dans beaucoup d'autres entreprises. Je ne vais pas vous dire aujourd'hui lesquels parce que par définition on ne peut pas les désigner à l'avance. C'est dans ces entreprises que nous avons un bien et ce bien-là, on peut le vendre de manière à pouvoir l'investir dans des domaines où ça paraît nécessaire.

ARLETTE CHABOT
Alors Michel SAPIN, j'ai aussi envie de vous demander ce matin si vous croyez encore au miracle politique. Il y a eu un miracle pour François HOLLANDE, 2011-2012 ; est-ce qu'il peut y avoir un autre miracle, 2017 ? Il peut ressusciter et même en ayant un taux de popularité ou plutôt d'impopularité aussi fort être réélu ? Vous y croyez franchement ?

MICHEL SAPIN
Moi par principe et personnellement je ne crois pas au miracle. Je pense à l'action, je crois à l'action. Je crois à la capacité dans le combat politique, pour les hommes là aussi, de droite ou de gauche – on en a vu aussi dans d'autre cas – être en capacité de réagir, mais il faut réagir. Cette réaction est nécessaire aujourd'hui. Vous savez quand on est dans l'action, quand on est dans la gestion, quand on est face aux difficultés, quand il y a des difficultés qu'on connaissait à l'avance mais d'autres qu'on ne connaissait pas à l'avance – le terrorisme, ce n'est pas quelque chose auquel nous nous étions préparés et pourtant je crois que personne ne peut critiquer François HOLLANDE, son gouvernement, son Premier ministre, le ministre de la Défense ou le ministre de l'Intérieur sur la manière dont la France a réagi face au terrorisme. Personne ne fait cette critique. Donc il fallait s'attaquer à cela, faire face à cela. Et dans ces cas-là, on oublie mais c'est, je le répète comme ça pour tout le monde, on oublie au fond la perspective, on oublie de donner du sens à ce que l'on fait. Parce qu'on n'agit pas au jour le jour, on agit parce qu'on a pris des engagements, on agit parce qu'on a une couleur politique, on a des valeurs politiques à défendre, et on agit aussi avec une perspective pour demain.

ARLETTE CHABOT
Donc il n'a pas trahi la gauche François HOLLANDE ? Il n'a pas trahi ses promesses de 2012 ?

MICHEL SAPIN
Non. Je trouve que ce sont des procès en trahison qui sont injustes et injustifiés. D'ailleurs ce qui est étrange et dommageable, c'est que souvent les premières critiques vis-à-vis de l'action gouvernementale ne viennent pas de l'opposition ou de la droite, elles viennent d'une partie de la gauche. D'une partie de la gauche qui n'aime pas la difficulté de l'exercice du pouvoir. Ce n'est pas simple d'exercer le pouvoir et je ne connais pas d'autre manière de changer la réalité que d'exercer le pouvoir. Dans une municipalité, dans un département, dans une région, tout le monde dit : « Il faut être aux manettes pour pouvoir apporter le meilleur de nous-mêmes ». Là, c'est la même chose. La gauche doit être aux manettes pour apporter le meilleur d'elle-même mais il y a une partie de la gauche qui trouve que c'est fatigant, que c'est gênant. Oui, parce que c'est difficile parfois de gérer un pays et c'est ça la grandeur de la responsabilité.

ARLETTE CHABOT
Oui. Alors He Oh la gauche !, il faut réveiller la gauche ?

MICHEL SAPIN
Il faut réveiller la gauche. Parce que la gauche elle est là, elle se demande où elle en est, qui en est, qu'est-ce qui se passe à gauche, est-ce qu'on est vraiment bien à gauche. Il faut redonner du sens.

ARLETTE CHABOT
Vous êtes de gauche toujours ?

MICHEL SAPIN
Moi, je n'ai aucun doute sur moi-même.

ARLETTE CHABOT
Il y a un clivage gauche-droite qui existe toujours pour vous.

MICHEL SAPIN
Oui. Mais on doit savoir dépasser ces clivages lorsqu'il y a un certain nombre d'intérêts profonds qui sont en jeu. Je parlais du terrorisme, je parlais de la nécessité pour notre armée d'être présente à l'extérieur en prenant des risques, y compris des risques pour leur propre vie, donc on doit se rassembler derrière les policiers ou derrière les soldats et on le fait. Tout n'est pas droite-gauche mais il y a des sujets dans le domaine économique, social, dans le domaine de la justice sociale, dans le domaine de l'égalité, qui sont des sujets droite-gauche où des différences existent et il faut qu'elles existent. Parce que sinon, notre démocratie qu'est-ce qu'elle serait ? Dans un système français que chacun connaît bien, qui est un système majoritaire ? Si dans un système majoritaire il n'y a pas une droite et une gauche, il n'y a pas de choix. Quand il n'y a pas de choix, qu'est-ce qui se passe ? On choisit ce qui est ailleurs. Et ce qui est ailleurs, c'est soit l'extrême droite, soit l'extrême gauche et ça ne construit rien.

ARLETTE CHABOT
Alors ceux qui ont assisté au meeting ou ont entendu le compte-rendu, ils ont bien compris hier qu'on ne parlait justement que des réformes sociales, le Pacte de responsabilité, le CICE. Je ne parle pas la loi Travail : Myriam EL KHOMRI, on met ça de côté ? C'est un peu plus compliqué ? C'est un peu honteux ? On préfère parler d'autre chose ?

MICHEL SAPIN
Il se trouve que j'y étais. Mais quelle est parfois la critique qui est faite à la gauche ? Ce serait de mener une politique d'austérité qui voudrait dire que ça empêche de progresser socialement. Que ça empêche d'avoir une meilleure santé. Que ça empêcherait d'avoir une meilleure solidarité. Que ça empêcherait d'avoir des dispositifs pour accompagner les jeunes dans l'emploi. Non, c'est l'inverse. Nous arrivons – c'est quand même du travail, ça ne tombe pas du ciel – à diminuer les déficits, beaucoup plus que nos prédécesseurs de droite. Nous diminuons les impôts, les charges des entreprises…

ARLETTE CHABOT
Vous les aviez beaucoup augmentés, donc vous les réduisez un peu.

MICHEL SAPIN
Oui mais enfin, les autres les avaient augmentés d'autant. Là aujourd'hui, nous sommes arrivés au point où nous commençons à diminuer le niveau des impôts par rapport à ce que nous avons connu à l'arrivée, nous, mais ils les avaient beaucoup augmentés avant, monsieur SARKOZY et d'autres avec lui, monsieur FILLON. Donc nous baissons les impôts et nous faisons face aux dépenses qui sont des dépenses de solidarité - de sécurité d'abord - et des dépenses de solidarité qui sont indispensables. C'est au fond ça la caractéristique, me semble-t-il, d'une gestion sérieuse des dépenses de la France au service du social, au service des plus démunis.

ARLETTE CHABOT
Mais vous savez bien, quand le président de la République dit : « Ça va mieux l'économie », c'est comme la météo. Il y a la réalité, les chiffres, et puis il y a le ressenti. Le ressenti des Français, c'est que ça ne va pas mieux. Et c'est le chômage : tant qu'il n'y aura pas de baisse du chômage, c'est fini.

MICHEL SAPIN
Oui, bien sûr, je suis tout à fait d'accord. Le « ça va mieux » est pris presque comme une forme d'injure.

ARLETTE CHABOT
Oui.

MICHEL SAPIN
Comme une forme d'injure. Mais il faut le prendre comme quelque chose qui est un processus qui est en cours. Si vous demandez à des spécialistes de la situation économique : est-ce que ça va mieux du point de vue de la croissance ? Oui. Est-ce que ça va mieux du point de vue de l'activité économique ? Oui. Est-ce que ça va mieux même du point de vue de la création d'emploi ? Oui. On n'a jamais créé autant d'emplois dans le privé, dans l'entreprise, que l'année dernière. Plus de cent mille emplois ont été créés. Sauf que la France – en France, c'est le seul pays d'Europe – il y a cent cinquante mille actifs de plus, des jeunes en plus. Donc quand on ne crée pas cent cinquante mille emplois, vous avez un problème avec le chômage mais on est en train d'arriver à ce niveau de cent cinquante mille, donc les choses vont mieux.

ARLETTE CHABOT
Il va baisser le chômage vraiment ? Vous y croyez, vous, toujours ? Après avoir tant promis quand vous étiez ministre du Travail, l'inversion de la courbe ?

MICHEL SAPIN
Il faut toujours faire attention compte tenu des expériences qui sont les nôtres sur ce point parce que 2014 a été l'année terrible, alors qu'en 2013 on amorçait une baisse du chômage, l'année 2014 ç'a été une reprise du chômage, donc ça a effacé tous les efforts que nous avions réussis auparavant. Mais 2015, c'est l'année de la stabilité et je suis persuadé que 2016 sera l'année de la baisse.

ARLETTE CHABOT
Vous souhaitez bien sûr que François HOLLANDE soit candidat en 2017, c'est une évidence. C'est le meilleur.

MICHEL SAPIN
Je le souhaite mais ce n'est pas par attachement vis-à-vis d'une personne.

ARLETTE CHABOT
Il y a de ça aussi quand même.

MICHEL SAPIN
On a le droit mais je fais toujours la différence entre ce qui est l'action politique et le domaine du privé et de l'amitié. Non, mais parce que je pose la question : est-ce qu'il y a aujourd'hui un candidat à gauche qui est plus capable que lui de gagner ? Je n'entends pas de nom.

ARLETTE CHABOT
Emmanuel MACRON ?

MICHEL SAPIN
J'entends des noms nouveaux.

ARLETTE CHABOT
Oui. Il ne sera pas candidat contre François HOLLANDE à votre avis ?

MICHEL SAPIN
Non, il ne sera pas candidat contre François HOLLANDE.

ARLETTE CHABOT
Sûr ? Vous en êtes sûr ?

MICHEL SAPIN
Je ne suis pas Emmanuel MACRON donc vous lui poserez la question quand il sera à ma place, mais je l'entends dire qu'effectivement, il est loyal vis-à-vis de François HOLLANDE. Je ne connais personne à gauche qui soit capable comme François HOLLANDE, quelles que soient les critiques qui ont été faites y compris à gauche contre lui, de rassembler la gauche. Et comme le premier problème, la première question, le premier enjeu c'est de rassembler la gauche pour être présent au deuxième tour, il vaut mieux quelqu'un qui rassemble.

ARLETTE CHABOT
Assez vite. On dit nouvelles dépenses, les cadeaux du gouvernement pour les jeunes, l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires. On dit quatre milliards, six milliards. Vous avez financé tout ça ?

MICHEL SAPIN
Oui mais je vous le disais, on baisse les déficits, on baisse les impôts et on fait face aux dépenses nouvelles. On l'a fait l'année dernière. D'ailleurs les mêmes questions ont été posées l'année dernière de la même manière : « Comment allez-vous faire face à telle ou telle dépense ? » On y a non seulement fait face mais on a même diminué les déficits plus rapidement qu'il n'était prévu. Il en ira de même en 2016.

ARLETTE CHABOT
Oui. Procès du Luxleaks aujourd'hui : dans votre loi qui sera discutée au mois de mai, loi sur la transparence, la lutte contre la corruption, la modernisation de l'économie, on parle du statut des lanceurs d'alerte. Que faut-il faire pour vous ? Il faut les payer ? Il faut les sécuriser ? Il faut les rémunérer ?

MICHEL SAPIN
Il faut d'abord les protéger. La première des protections, c'est l'anonymat. Donc là, ce qu'on permettra, c'est qu'il y ait à un endroit une agence où on puisse anonymement faire valoir un certain nombre d'informations, puis c'est cette agence – les gens y sont des fonctionnaires – qui saisiront ensuite la justice si ça leur paraît nécessaire. La deuxième chose c'est que, oui, ils peuvent être parfois dans de très grandes difficultés personnelles. Que ce soit du point de vue judiciaire, il faut prendre en charge les procès ; que ce soit aussi du point de vue personnel, il faudra apporter des aides. Après, la question de la rémunération est autre chose. Un lanceur d'alerte, c'est quelqu'un qui ne fait pas ça pour gagner de l'argent : c'est quelqu'un qui fait ça parce qu'il défend l'intérêt général et qu'il pense que c'est au fond une obligation morale pour lui. Il doit d'autant plus être protégé.

ARLETTE CHABOT
Oui, juste un mot. Le ministre des Finances du Panama était dans votre bureau hier après les Panama Papers. Il est sorti content ou pas content ?

MICHEL SAPIN
Pas content parce que je lui ai demandé de faire des efforts pour qu'on puisse y voir clair. Que les Français qui cachent de l'argent là-bas puissent payer des impôts en France, ce qui est quand même la moindre des choses.

ARLETTE CHABOT
Merci Michel SAPIN.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 avril 2016

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