Interview de Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, à Public Sénat le 10 mai 2016, sur la commémoration de l'abolition de l'esclavage, l'affaire Denis Baupin, le débat parlementaire à propos du projet de loi Travail et la situation à Mayotte. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, à Public Sénat le 10 mai 2016, sur la commémoration de l'abolition de l'esclavage, l'affaire Denis Baupin, le débat parlementaire à propos du projet de loi Travail et la situation à Mayotte.

Personnalité, fonction : PAU-LANGEVIN George, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Ministre des outre-mer;

ti : CYRIL VIGUIER
Aujourd'hui notre invitée c'est George PAU-LANGEVIN, bonjour Madame la ministre. Pour vous interroger ce matin, à mes côtés, Véronique JACQUIER de Sud-Radio et Gilles LECLERC de Public Sénat, bonjour à vous deux. George PAU-LANGEVIN, dans quelques heures au Sénat, à partir de 11H00 d'ailleurs, vous serez aux côtés de François HOLLANDE pour commémorer l'abolition de l'esclavage. On pouvait imaginer que cette question faisait consensus dans le monde politique, est-ce que vous êtes d'accord avec Cécile DUFLOT qui demande une commission pour examiner la question des réparations liées à ce même esclavage ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
C'est très intéressant que Cécile DUFLOT intervienne sur ce sujet parce que jusqu'ici on ne l'avait pas énormément entendue. Mais je crois que la commémoration du 10 mai, que nous célébrons depuis maintenant beaucoup d'années, a d'une part pour objectif de réintégrer cette mémoire de l'esclavage dans la mémoire commune des Français, de saluer les victimes qui durant des années ont souffert de cette affaire. Et surtout de rappeler aussi que dans notre pays il y a eu des gens de bonne volonté qui se sont élevés contre ce phénomène, nous allons par exemple, dans la semaine, rendre hommage à LAMARTINE qui a été non seulement un grand poète, mais qui a été aussi engagé dans la défense des droits de l'Homme, et par conséquent il s'agit de faire en sorte que chacun se sente comptable, se sente concerné par cette histoire. Il ne s'agit pas pour nous, en tout cas pour le gouvernement auquel j'appartiens, et pour les associations, auxquelles j'ai appartenu, de faire le procès de tel ou tel, il s'agit simplement de dire que ça a existé, que ça fait partie de notre passé commun, et qu'à partir de cela nous devons interroger, en quelque sorte, ce qu'il en reste dans notre société, c'est-à-dire les préjugés, les discriminations, les difficultés que rencontrent les uns et les autres. Mais moi je pense que nous avons intérêt à assumer cette histoire, non pour nous diviser, mais pour pouvoir essayer de bâtir un avenir commun.

GILLES LECLERC
Donc quand certains demandent réparation, ils se trompent à votre avis ? c'est-à-dire qu'au fond vous pensez qu'il y a un relatif consensus dans la société, il y a ce jour de la commémoration, c'est donc aujourd'hui, vous pensez que ça suffit et que ceux qui revendiquent encore quelque chose ils se trompent ?

VÉRONIQUE JACQUIER
Leur demande vous paraît recevable ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Alors il y a deux points qu'il faut noter. D'une part, moi je me réfère à certains grands esprits qui ont marqué les Outre-mer comme Aimé CESAIRE, comme FANON d'ailleurs, qui ont exclu cette question de réparation. Si vous prenez l'histoire des Antilles, les Antilles c'est un creuset – La Réunion c'est pareil – c'est un creuset, c'est un métissage, ce qui signifie que ma main droite va réparer ma main gauche, puisque nous sommes héritiers, tous, nous sommes héritiers de toute cette histoire, nous sommes héritiers des victimes, mais nous sommes aussi héritiers des autres, et par conséquent il faut que nous bâtissions un avenir commun à partir de cette affaire. Mais je crois que si on se dit qui va réparer qui, ce sera très difficile à l'intérieur des Antilles, ou de La Réunion, de trouver quelqu'un qui n'est pas descendant de l'un ou de l'autre.

GILLES LECLERC
On change complètement de sujet, l'affaire Denis BAUPIN, je ne sais pas s'il faut appeler ça comme ça, il dit qu'il va démission de son poste, ou il a démissionné de son poste de vice-président de l'Assemblée nationale. Est-ce que ça suffit à vos yeux, doit-il démissionner de son poste, de son mandat de député ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Alors, Denis BAUPIN est quelqu'un que je connais depuis longtemps, puisqu'il a été longtemps député du 20e, je crois que pour lui, comme pour n'importe quelle autre personne qui est mise en cause par des accusations, il faut que la justice fasse son travail, il faut que les gens portent plainte, il faut qu'on aille au fond des choses. En attendant, la présomption d'innocence existe et par conséquent il me semble que c'est à lui de voir ce qu'il doit faire, mais personnellement je pense que dans ce genre de problème il faut être attentif à ce que les choses soient dites clairement devant un juge et que ça ne soit pas simplement de la polémique politique.

VÉRONIQUE JACQUIER
Au-delà de l'affaire BAUPIN, est-ce que vous considérez qu'il y a une forme d'omerta par rapport à ces questions dans le monde politique, est-ce que ce qu'on voit là, c'est-à-dire une parole qui se libère, une parole de femme qui se libère, est-ce que pour vous c'est une première et il faut aller plus loin ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Moi j'ai toujours été très engagée sur tous les sujets qui concernent les femmes et l'émancipation des femmes. Très franchement, il me semble que le monde politique est peut-être un peu macho, mais il l'est comme une grande partie de la société, et l'avantage que nous avons, par exemple moi en tant qu'élue à l'Assemblée nationale, c'est que si vous avez un collègue qui est lourd ou insistant, en tant qu'élue on ne lui doit rien. Nous devons faire attention à une chose, dans les assemblées élues, c'est la situation des collaboratrices, parce que là, indiscutablement, si…

VÉRONIQUE JACQUIER
Pour vous il y a un sujet sur les collaboratrices d'hommes politiques ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Voilà, mais moi je suis surprise, je me dis personnellement, si je suis députée au même niveau qu'un autre homme, je ne vois pas pourquoi il y aurait quelque chose, enfin je n'ai pas de révérence à avoir à son endroit, s'il est mal poli ou s'il est insistant, je le renvoie dans ses cordes, c'est tout quoi !

GILLES LECLERC
Mais par exemple, par rapport à la Une de Libération là, qu'on voit sur cet écran, les 500 signataires qui appellent à lever l'omerta du harcèlement, surtout donc en politique, ça veut dire que c'est nécessaire d'en parler autant, c'est bien d'en parler ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Je pense qu'il faut lutter contre les harcèlements de toute nature, il faut lutter contre les harcèlements dans l'entreprise, mais je n'ai pas… enfin, j'ai peut-être été élue un peu tard, mais, franchement, je n'ai pas eu le sentiment, en ce qui nous concerne, en ce qui concerne les femmes élues, que nous soyons davantage harcelés qu'on pourrait l'être dans une entreprise ou ailleurs. Et surtout, encore une fois, quand on est une femme élue, on ne doit rien à ses camarades élus, donc…

VÉRONIQUE JACQUIER
Ce matin dans le monde politique, notamment chez les Verts, on entend beaucoup « tout le monde savait, mais personne n'a rien dit. » Est-ce que pour vous il y a une responsabilité des anciens dirigeants des Verts, c'est-à-dire une certaine complaisance par rapport à ce qu'aurait fait Denis BAUPIN ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Moi je suis toujours extrêmement atterrée de voir dire que tout le monde savait et qu'on n'a rien dit, on dit ça même quand il s'agit d'affaires pour des enfants, or beaucoup de gens doivent se dire que s'ils savent, s'ils connaissent un acte répréhensible, surtout sur des personnes vulnérables, il leur appartient de saisir la justice dans des délais raisonnables et pas d'attendre la prescription pour dire « je savais. » Si tout le monde savait, pourquoi personne parle ?

GILLES LECLERC
Est-ce que vous avez tout de même le sentiment qu'il aurait été protégé par son parti et éventuellement par son compagne Emmanuelle COSSE ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Qui connaissait Emmanuelle COSSE il y a 5 ans ?

GILLES LECLERC
Elle a été dirigeante…

CYRIL VIGUIER
Alors, Emmanuelle COSSE a déclaré sur France Info il y a quelques minutes, Gilles LECLERC, que tout ça devait se régler devant la justice.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Bien sûr.

GILLES LECLERC
Qu'elle n'avait pas connaissance des faits.

CYRIL VIGUIER
Et pas devant les médias, a-t-elle précisé.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Oui, à mon avis, dans des histoires comme celle-là, moi…

CYRIL VIGUIER
Elle a également dit qu'elle avait confiance en son conjoint, c'est important que vous le sachiez.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Moi, vraiment, j'ai eu l'occasion de plaider à diverses reprises ce type d'affaire, et très franchement, il faut vraiment aller précisément dans le détail des choses pour comprendre ce qui s'est passé et pour savoir qui est responsable de quoi. Parce que très souvent, même après avoir plaidé une affaires, on sort en se disant « mais au fond, est-ce que je sais vraiment ce qui est arrivé ? » donc, ce sont des sujets sur lesquels il faut être très attentif, il ne faut rien laisser passer, mais en même temps il faut être prudent parce que souvent ça concerne, d'une part, il y a les questions d'intimité des gens, qu'il faut respecter, et par ailleurs il faut qu'on ne fasse pas de ce type de sujets des arguments politiques. Le fait que ça arrive maintenant est quand même un peu surprenant.

VÉRONIQUE JACQUIER
La loi Travail, les débats s'éternisent à l'Assemblée, pas de vote jusqu'à nouvel ordre, pas de vote possible sur les amendements demandant la suppression de l'article 1. Ça veut dire quoi, que François HOLLANDE va permettre à Manuel VALLS de dégainer l'article 49.3 ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
J'espère que nous trouverons une solution entre le gouvernement et sa majorité puisque c'est quand même un débat qui est important. Je conçois que c'est une évolution qui peut déplaire à un certain nombre de nos amis députés. Mais en même temps, je suis étonnée de voir que compte tenu de la situation dans laquelle nous sommes, où il y a un certain nombre de gens qui ne rentrent jamais sur le marché du travail, vous avez des jeunes qui sont exclus durablement du marché du travail, nous avons des jeunes qui depuis de nombreuses années partent pour un premier emploi en Angleterre. Il y a combien de jeunes Français en Angleterre, notamment des Français de la diversité ? je suis étonnée de voir qu'on n'essaye pas de changer un certain nombre de choses pour faire en sorte que davantage de monde puisse être dans le marché du travail, alors que là, pour l'instant, j'ai l'impression que parfois on protège beaucoup ceux qui sont inclus, et ceux qui sont exclus, eh bien on ne s'en préoccupe pas. Je crois que nous avons vraiment à reréfléchir et à essayer de voir si nous ne pouvons pas trouver des solutions nous permettant, peut-être, d'accepter une forme de flexibilité, mais permettant à davantage de gens de travailler.

GILLES LECLERC
Mais Madame George PAU-LANGEVIN, vous avez été députée socialiste, vous connaissez beaucoup de vos collègues à l'Assemblée, comment vous expliquez quand même cette attitude, vous parlez du fond, et vous avez sans doute raison, est-ce qu'il y aurait d'autres arrière-pensées éventuellement de la part d'un certain nombre de députés socialistes ? C'est ce qu'on entend un petit peu ici ou là.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Je crois que ce sont des sujets qui, pour beaucoup d'entre nous, sont en quelque sorte des marqueurs identitaires, et la liaison avec les syndicats, la défense du Code du travail, moi-même, quand j'étais au Barreau, j'ai fait beaucoup de Prud'hommes, par conséquent j'apprécie ce que fait le Prud'homme et je comprends l'importance, pour nous tous, d'avoir un droit du travail qui défende les salariés. Mais lorsqu'on est dans une situation comme aujourd'hui, où il y a beaucoup de gens qui n'ont jamais la chance de devenir salariés, parce qu'ils passent de petits boulots en petits boulots, y compris lorsqu'ils sont à bac+5, je crois qu'on doit se dire qu'on doit essayer de trouver autre chose pour permettre à ces personnes, soit les plus jeunes, soit les plus âgées…

VÉRONIQUE JACQUIER
Ça veut dire faire passer le texte en l'état avec le 49.3.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Moi je crois que nous avons intérêt à essayer de trouver des moyens d'avancer en harmonie, si on ne trouve pas, effectivement, il y a tous les moyens, qui sont prévus dans la Constitution, pour permettre à un gouvernement de faire passer un texte, et à ce moment-là, effectivement, pourquoi pas.

CYRIL VIGUIER
George PAU-LANGEVIN, François HOLLANDE dit « ça va mieux. » Quand on regarde la situation et les chiffres, notamment du chômage en Outre-mer, ça n'a pas l'air du tout d'aller mieux.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Alors là vous vous trompez, parce que justement, s'il y a un endroit où ça va mieux c'est quand même dans les Outre-mer. Alors, je vous concède que nous sommes partis d'un niveau stratosphérique, et que par conséquent aujourd'hui il est tout à fait important que ce cancer, qui est quand même la plaie dans les Outre-mer, puisse se résorber. Mais justement, nous sommes sur des régions où, quoi qu'on en dise, le chômage a beaucoup diminué, et notamment le chômage des jeunes, puisque, encore une fois…

CYRIL VIGUIER
La situation à Mayotte, par exemple, pose problème, il y a beaucoup de…

GEORGE PAU-LANGEVIN
Alors Mayotte c'est autre chose si vous voulez, à Mayotte nous sommes sur un marché du travail qui se structure. Il y a 50 ans, ou 30 ans, à Mayotte, les gens ils construisaient leur maison, ils pêchaient du poisson, ils faisaient leurs champs, on n'était pas dans une économie totalement monétaire. Là, nous sommes, avec le rattrapage, on a expliqué qu'il fallait faire des bilans de compétence, qu'il fallait faire ceci, qu'il fallait faire cela, trouver du travail, donc le marché du travail est en train de se structurer. Mais nous sommes vraiment sur des personnes qui ont toujours eu une activité, mais qui n'étaient pas rentrées dans le salariat, ce qui explique les difficultés que nous avons aujourd'hui, les émeutes que nous avons eues, parce qu'aujourd'hui vous avez des gens qui arrivent à la retraite et qui se rendent compte qu'ils ne vont rien avoir, alors que le problème c'est qu'il n'y a pas eu de cotisations avant. Donc on a à faire beaucoup de rattrapage.

VÉRONIQUE JACQUIER
Donc Égalité réelle pour Mayotte avec la métropole.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Oui.

VÉRONIQUE JACQUIER
Alors, à ce propos, François HOLLANDE prévoit un geste pour les 2 millions d'électeurs ultramarins, il a annoncé, il y a une dizaine de jours, quand il a annoncé par ailleurs une baisse d'impôt pour les personnes les plus modestes l'an prochain, il a annoncé une loi Egalité réelle Outre-mer. Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Alors, c'est vrai que l'égalité a toujours été une sorte de fil conducteur dans les demandes des ultramarins et aujourd'hui dans la politique qu'on essaye de mener. Si vous prenez l'Histoire, et notamment si on se réfère à l'esclavage, il y a d'abord eu des luttes considérables pour avoir la liberté déjà, et pour exister en tant que citoyen politique. Ensuite, il y a eu une lutte qui a été dure et longue, pour arriver à avoir une égalité de droits sociaux, et ce n'est que récemment que ça a pu arriver à son terme, et ce n'est pas totalement fini, il y a encore un certain nombre de droits sociaux qui ne sont pas acquis dans les Outre-mer. Et maintenant le désir de beaucoup d'ultramarins c'est d'arriver à une sorte d'égalité économique, une égalité réelle.

GILLES LECLERC
Donc ça signifie bien que, si on a besoin d'une loi, c'est qu'il n'y a pas encore… ça ne va pas aussi bien que vous semblez le dire.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Non, non, on n'y est pas encore, mais c'est vrai aussi que c'est un très long chemin, et je pense que nous savons depuis…

VÉRONIQUE JACQUIER
Mais ça peut se traduire comment ?

GILLES LECLERC
Ça pourrait aller mieux.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Nous savons depuis des générations que, si vous voulez, se battre pour l'égalité ce n'est jamais acquis, il faut toujours aller un peu plus loin et continuer à se battre.

VÉRONIQUE JACQUIER
Oui, mais économiquement ça peut se traduire comment ? Parce que, par exemple à Mayotte, ça se traduit, pour la fin de l'année, à un CMU Mayotte. Donc là, l'Outre-mer, à la fin de l'année, les annonces de François HOLLANDE, ça pourrait porter sur quoi ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Alors pour Mayotte, il est clair que nous partons de beaucoup plus loin, Mayotte est arrivé dans l'ensemble français en 1841, alors que les autres territoires sont français depuis le 17e siècle, et par ailleurs Mayotte est resté un territoire un peu à la marge longtemps. Il n'y a pas très longtemps que la démarche d'égalité a commencé à Mayotte. Donc, pour Mayotte, je me dis que, comme pour les autres, nous sommes en chemin, le chemin n'est pas forcément facile, mais il y a encore à faire des progrès, et moi je ne doute pas, que même si c'est plus difficile pour Mayotte parce que justement on part de plus loin, je ne doute pas qu'on va progresser comme on a progressé dans les autres Outre-mer.

GILLES LECLERC
On est déjà en période préélectorale, ou sinon électorale, vous ne craignez pas qu'on dise c'est encore un cadeau, cette fois aux DOM-TOM, c'est-à-dire un cadeau électoral, vous ne craignez pas que vous puissiez entendre ce discours-là à la rentrée ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Il me semble que, vraiment, la politique que j'essaye d'impulser, au ministère des Outre-mer depuis plusieurs années, est mue par cette idée d'arriver à l'égalité. Et s'agissant de Mayotte, je rappelle que je ne suis pas vraiment inquiète pour la continuité d'une politique d'égalité, puisque quels que soient les gouvernements successifs, même s'ils ont eu à chaque fois des interrogations sur la possibilité d'arriver à l'égalité à Mayotte, tous les gouvernements, de droite, comme de gauche, ont tenté d'aller dans le même sens.

GILLES LECLERC
Puisqu'on parle élections, vous souhaitez que François HOLLANDE soit à nouveau candidat ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Oui, personnellement oui. Je considère que ce que nous faisons, avec François HOLLANDE depuis 4 ans, a été une politique qui était conforme aux valeurs que nous avions défendues dans la campagne de 2012, que nous avons progressé sur la voie que nous avions tracée, et par conséquent, effectivement, je pense qu'il n'a pas du tout à rougir de son bilan.

CYRIL VIGUIER
Une déclaration qui ne va pas l'aider. Vous êtes ancienne députée de Paris, vous êtes considérée comme proche d'Anne HIDALGO, elle a dit à propos d'Emmanuel MACRON qui commémorait, vous le savez, Jeanne d'Arc ce week-end, je cite : « j'en ai rien à foutre. » Est-ce que ça vous a choquée, d'abord, qu'elle s'exprime comme ça, en tant que maire de Paris ça peut poser problème, et puis en même temps c'est des propos sur le ministre de l'Économie qui vont poser problème et qui pourrait être utile, lui-même, le ministre de l'Économie, dans la campagne de François HOLLANDE.

GEORGE PAU-LANGEVIN
C'est vrai qu'on n'a pas l'habitude d'entendre…

CYRIL VIGUIER
« J'en ai rien à battre. »

GEORGE PAU-LANGEVIN
On n'a pas l'habitude d'entendre Anne HIDALGO s'exprimer de la sorte, mais moi j'ai l'impression que ce n'est pas tellement un message pour François HOLLANDE ou pour nous, j'ai l'impression que c'est plutôt un espèce d'emballement médiatique autour d'Emmanuel MACRON…

CYRIL VIGUIER
Mais il peut être utile à la campagne de François HOLLANDE, Emmanuel MACRON ?

GEORGE PAU-LANGEVIN
Bien sûr, bien sûr, mais si vous voulez, tout le monde, dès qu'on arrive quelque part on vous dit Emmanuel MACRON a fait, Emmanuel MACRON a dit, donc peut-être que c'est…

CYRIL VIGUIER
Parce qu'il est très populaire.

VÉRONIQUE JACQUIER
Mais en même temps la réponse, « j'en ai rien à battre »…

GEORGE PAU-LANGEVIN
Je ne sais pas, mais c'est peut-être cet enthousiasme journalistique autour d'Emmanuel MACRON qui nous amuse un peu quoi !

VÉRONIQUE JACQUIER
En même temps vous ne pouvez pas cautionner le « j'en ai rien à battre » qui est particulièrement inélégant.

GEORGE PAU-LANGEVIN
Moi je ne m'exprime pas comme ça, mais bon… peut-être que justement elle est un peu excédée qu'on lui parle beaucoup de MACRON.

CYRIL VIGUIER
Voilà. On pourra suivre la journée de commémoration de l'esclavage sur Public Sénat à partir de 11H00, en direct.

GEORGE PAU-LANGEVIN
C'est important.

CYRIL VIGUIER
Merci George PAU-LANGEVIN d'avoir été notre invitée ce matin dans cette matinale d'info.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 11 mai 2016

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