Déclaration de M. Emmanuel Macron, ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, sur les défis de la "French Tech" en 2016, Paris le 29 janvier 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Emmanuel Macron, ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, sur les défis de la "French Tech" en 2016, Paris le 29 janvier 2016.

Personnalité, fonction : MACRON Emmanuel.

FRANCE. Ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique

Circonstances : Voeux du ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique aux acteurs de la French Tech, à Paris le 29 janvier 2016

ti : Bonjour à toutes et tous,


13 labels « French Tech » ont été donnés en France, à 13 métropoles. Plusieurs sont en ce moment en duplex, et je veux les saluer. A Cannes, en particulier, il y a plusieurs centaines d'entrepreneurs qui sont derrière leur écran, rassemblés autour de leur maire. Et je veux tout particulièrement aussi les saluer parce qu'ils sont de coeur ce soir avec nous, à Bercy.

Et puis au-delà de ces 13 métropoles, il y a les hubs internationaux que nous avons créés en réseau, et que nous allons annoncer ce soir.

5 ont déjà été annoncés : San Francisco, de mémoire en février 2014 par le Président de la République ; New York ; Tokyo, nous l'avons annoncé il y a quelques mois avec le Premier ministre ; Israël, on l'a fait là aussi à la fin de l'été et Moscou que nous avons annoncé en début de semaine. Voilà les 5 labels d'ores et déjà rendus officiels.

Quoi de neuf maintenant ? Cape Town, bravo à vous ! Abidjan, Montréal, Londres, Barcelone, Hong-Kong.

Je vous rassure, j'ai deux bonnes nouvelles au moins. La première c'est que je ne vais pas être long puisque vous êtes venus pour vous retrouver et pour discuter, profiter aussi du buffet. Et vous avez d'abord pu rencontrer qui des investisseurs, qui des ETI, et étoffer votre réseau.

Et la deuxième chose, c'est que nous touchons à la fin du mois de janvier et je pense que c'est donc parmi les dernières cérémonies de voeux que vous avez à vivre pour 2016. Et je partage cette bonne nouvelle avec vous, parce que moi aussi je trouve que c'était beaucoup.

Mais je voulais être avec vous en cette fin de semaine et cette fin de mois, parce que c'est toujours faire le plein d'énergie que d'être au milieu de la French Tech, de cette grande famille et avec celles et ceux qui se sont aussi de l'autre côté de la caméra.

C'était un peu long parce que l'année 2015 a été lourde, elle a été difficile, elle a parfois été tragique. Ce dont on a besoin pour commencer l'année 2016, ce n'est pas de retrouver une insouciance parce que ce serait un vain mot, mais c'est de l'aborder avec beaucoup d'envie, d'appétit, d'audace. Et c'est ça finalement que j'ai envie de vous proposer pour cette année 2016 et que j'attends de vous.

Parce qu'au fond, qu'est-ce que c'est la French Tech ? C'est un mot un peu étrange et il faut rendre hommage à Fleur PELLERIN, qui a beaucoup oeuvré pour lancer le label quand elle était en fonction ici, et qui a vraiment donné cette impulsion et qu'ensuite avec Arnaud MONTEBOURG d'abord, puis moi-même et Axelle LEMAIRE, nous avons repris.

Alors la French Tech, ça n'est pas Paris puisqu'il y a – on l'a vu – 13 métropoles qui sont d'ailleurs là dans la salle et de l'autre côté de la vidéo, c'est maintenant 11 hubs internationaux, donc c'est la grande famille de l'entrepreneuriat français.

Lorsqu'on était ensemble à Las Vegas en tout début d'année, nous étions la première délégation non-américaine. J'ai pris le défi que l'année prochaine, nous serons devant les Américains et c'est tout à fait jouable, tout à fait.

Ils étaient un peu moins de 200, on était 190 entreprises dont 127 start-up. Les Britanniques devaient être une douzaine, les Israéliens de mémoire 10 et les Allemands à peu près pareil. Donc on peut encore faire mieux et on va continuer à faire mieux.

Mais les 2/3 des start-up qui m'accompagnaient, 2/3 venaient de tout le territoire de la province et de toutes les métropoles qui ont été labellisées. Donc il y a cette énergie, ce dynamisme et la French Tech c'est véritablement la France tout entière et même au-delà, on vient de le voir.

Ensuite la French Tech, ça n'est pas un secteur, ce n'est pas le numérique, d'abord parce que le numérique ça n'existe pas comme secteur. Et donc c'est aussi la biotech, il y en a qui s'y retrouveront, c'est les objets connectés, c'est le big data, c'est parfois du hardware, c'est de l'industrie lourde aussi et du manufacturing, de l'impression 3D, c'est du software, c'est du jeu vidéo et j'en oublie énormément, mais donc c'est toute l'économie française, c'est toute l'économie française.

Je ne veux pas faire des frustrés, j'en vois qui hochent de la tête parce que je n'ai pas dû citer… c'est aussi la fintech, ne soyez pas exclusif. Donc c'est cet esprit d'ouverture et au fond c'est quoi ? C'est l'esprit français, c'est-à-dire celui de l'entrepreneuriat, de la volonté d'innover et d'aller plus loin. Et au fond, c'est l'ambition retrouvée de vouloir changer le monde parce que c'est ça qui caractérise l'esprit français.

Eh bien ! C'est un peu de cet état d'esprit qui est dans la French Tech. Et ça vraiment ce que je vous demande, c'est de le garder, c'est de ne rien lâcher, de ne pas céder un millimètre de ce vrai esprit français qui est de l'ambition pour le reste du monde.

Alors une fois que j'ai dit ça, quelles sont les bonnes résolutions qu'on doit prendre pour l'année 2016 et c'est en quelque sorte la stratégie qu'on doit se donner ? D'abord de continuer à travailler toutes et tous ensemble, en réseau comme on l'a fait là, en échangeant, en créant des relais, des liens, en brisant les chapelles.

Et c'est aussi ça le dynamisme de la French Tech, c'est vous, ce sont les entrepreneurs, les entrepreneures, ce sont les investisseurs de tous âges, de toutes géographies qui ont réussi aussi à briser les chapelles qui peuvent parfois exister.

C'est aussi les équipes de l'Etat et je veux ici les en remercier, c'est l'Agence du numérique et au sein de cette agence, la mission French Tech. Merci pour tout le travail qui est fait à longueur d'année pour vous aider, faire vivre cette collectivité, faire vivre justement cet esprit au quotidien.

C'est la Banque publique d'investissement et Nicolas DUFOURCQ est avec nous, parce qu'il finance, il accompagne, il était là aussi à Las Vegas. Il fait grandir les licornes, il aide à innover.

C'est Business France également qui joue un rôle essentiel pour vous aider à aller à l'international, c'est la Caisse des Dépôts dans son rôle d'investisseur à nos côtés.

Et puis c'est tout le collectif humain de bienveillance en quelque sorte que la French Tech a créé autour d'elle.

Avec les Business Angel – j'ai vu entre autres messieurs CHAMBOREDON et GRANJON dans la salle, Marie EKELAND était avec nous aussi aux Etats-Unis, et j'en oublie, ces quelques figures qui consacrent une partir de leur temps, de leur énergie à investir, à tirer les autres vers le haut. C'est aussi Xavier NIEL, et je veux le remercier, on devait passer un petit film mais il a le goût de la discrétion.

On le passera en temps voulu, mais il a décidé de financer la Halle Freyssinet, qui va être le premier incubateur mondial, à quelques mètres d'ici, le premier incubateur mondial. Et ça aussi, c'est pour faire respirer la French Tech c'est pour véritablement donner une chance à toutes et tous.

Et donc gardez cet esprit d'ouverture, d'ambition où le gouvernement, les pouvoirs publics travaillent avec les entrepreneurs, les investisseurs de manière simple et fluide, c'est ça ce qu'on veut faire.

Je veux remercier toutes celles et ceux qui sont au quotidien les acteurs de cette French Tech, vraiment merci et je voudrais qu'on les applaudisse.

(…) Applaudissements

Ensuite au coeur de notre stratégie, il y a maintenant la nécessité de grandir plus vite et plus fort. On est le pays d'Europe continentale qui crée le plus de start-up par an, 1.500 l'année dernière. Maintenant notre défi c'est que parmi vous il y ait des champions, c'est-à-dire qu'on franchisse le seuil de la licorne et plus encore.

On l'a fait cette année, ça a été rappelé tout à l'heure dans le récapitulatif de l'année 2015, il y a eu des superbes levée de fonds. On a des grands noms qu'on connaissait déjà, mais qui se sont révélés au reste du monde : les BlaBlacar, les SIGFOX entre autres qui étaient cités. Il y a eu des très belles levée de fonds, CELLECITS, NETATMO et on les connaît par ailleurs, il faut maintenant passer à l'échelle. Et donc vitesse et échelle mondiale, c'est la clé.

Je veux vraiment que, pour cette année 2016, on arrive à aller plus loin et à faire encore plus de licornes que nous n'en avons faites cette année. Alors pour ce faire qu'elle est la clé ? Eh bien ! Qu'on continue à investir et à trouver des investisseurs, la Banque publique d'investissement le fait beaucoup, on a fait venir l'année dernière des VC que j'avais vus au CES de janvier ; ils sont venus à l'automne à Versailles. Certains ont trouvé des touches avec les uns et les autres dans la salle, il faut qu'on construise l'industrie de VC française et à cet égard, beaucoup ont pris leurs risques.

Les Partech qui ont ouvert leurs Shaker à Paris durant l'année dernière. Les Sofinnova entre autres et quelques autres qui sont dans la salle. Il faut continuer, on a besoin de ces fonds, on a besoin qu'ils continuent à grossir et on a besoin que des fonds étrangers viennent investir. C'est fondamental et ça vous aidera à aller plus loin, plus fort. Allez sur tous les marchés mondiaux et sollicitez-nous à chaque fois que vous en avez besoin.

Et pour essayer d'aller encore plus vite, on a décidé de mieux mobiliser l'écosystème français, également. Deux choses : mieux travailler avec les grands groupes, on l'avait mis au coeur de la stratégie 2015, on l'a mieux fait déjà et j'ai été frappé à Las Vegas de voir que les LEGRAND, La POSTE, évidemment ORANGE qui avait déjà cette culture et quelques autres, étaient en belle position ! Venez avec des grands groupes et réussissez à les attirer.

La POSTE avait 100 start-up avec elle, mais tous ces contrats qui sont trouvés avec les grands groupes c'est une façon aussi de tirer les start-ups, de les tirer à l'échelle, parfois de donner des sorties et, donc, de faire venir plus facilement des investisseurs. On doit continuer dans cette voie et aller plus fort. Et donc partout où vous avez besoin des grands groupes, on sera là et on continuera à les mobiliser.

Et puis c'est aussi mobiliser l'achat public. Et donc ce qui a été décidé la semaine dernière, – et ils étaient volontaires – c'est que l'UGAP qui est (comme vous le savez) l'organisme en charge de l'achat public, eh bien soit maintenant partenaire de la French Tech et puisse partout en France, dans tous les secteurs mobiliser l'achat public pour acheter start-up, acheter innovant et vous aider à croître à travers l'accès à ces marchés.

En même temps, nous avons passé une réforme des marchés publics qui permet aussi d'avoir un accès facilité, avec des critères qui sont maintenant plus simples, plus efficaces. Et on ne regarde pas simplement que le coût mais aussi le critère d'innovation.

Le troisième objectif, après continuer à travailler ensemble, aller plus vite et passer à l'échelle, c'est de continuer à transformer toute l'économie française, toute l'économie française parce que ce que porte précisément l'esprit French Tech, l'ambition qui est la vôtre n'est pas que pour les start-ups !

Elle tire toute l'économie et vous devez l'aider à se transformer, d'abord en faisant du manufacturing sur le terrain, en produisant, c'est ce qu'on a cherché à faire d'ailleurs en créant même des endroits, que ce soit à Angers, à Caen, à Toulouse entre autres, pour précisément là aussi aider à ancrer de la production sur le terrain.

Mais c'est en travaillant au coeur de l'innovation ouverte, on a signé en décembre dernier cette charte de l'Open innovation qui, pour les grands groupes comme pour les ETI, doit conduire à mieux travailler avec les start-ups. Parce que vous êtes les ferments précisément de cette transformation numérique.

Et c'est comme ça qu'on changera la culture, c'est comme ça qu'on arrivera aussi à ce que notre économie dans tout son tissu productif se transforme, parce que ce que les start-ups apportent dans les secteurs industriels, dans les secteurs financiers, dans les secteurs de la santé, c'est absolument fondamental.

Et je veux ici aussi remercier les ETI présentes dans la salle, que vous avez pu rencontrer juste avant, qui étaient avec nous à Las Vegas, qui étaient aussi présentes à « The Family » pour celles et ceux qui avaient préparé Las Vegas, avec lesquelles on va formaliser dans les prochaines semaines la même charte de bonnes pratiques avec les start-ups. Pourquoi ? Parce que ces entreprises de taille intermédiaire, elles ont un marché mondial, elles ont plusieurs milliers de salariés, elles ont des fonds propres et elles ont cette culture entrepreneuriale qui va avec vous.

Et donc c'est encore plus naturel normalement pour elles que pour un grand groupe de travailler avec les start-ups. Et donc on doit là aussi réussir au carré et avoir cet effet d'entrainement avec les entreprises de taille intermédiaire, avec les grands entrepreneurs et les grandes entrepreneures français pour réussir cette transformation en profondeur, ce changement culturel français.

Et puis la quatrième ambition, elle est fondamentale, c'est d'attirer les talents – et on l'a mis au coeur de la stratégie French Tech de cette année. C'est-à-dire de faire venir celles et ceux qui, pour faire réussir vos entreprises ou vos projets, sont décisifs, de garder les talents français, de les faire revenir parfois et puis d'attirer des talents internationaux.

Et c'était l'objectif du French Tech Ticket, on accueillera début mars la première promotion, elle sera reçue à l'Elysée avec ce pass, ces facilités, cet accompagnement. Mais c'est vous qui devez les attirer, c'est vous qui devez nous dire : dans mon secteur, pour réussir j'ai besoin de cette personne ou de celle-ci, pas seulement pour ouvrir mon bureau à Londres, à Moscou, en Israël ou à San Francisco, mais pour qu'il vienne travailler avec moi ici. Et nous sommes là pour vous aider à le faire parce que ça aussi, ça aidera à transformer le pays, à le rendre plus fort.

Voilà les quatre ambitions qui sont au coeur de la French Tech pour cette année, qui sont au coeur de finalement notre mobilisation collective. Il y a beaucoup d'optimisme, il y a beaucoup d'ambition dans cette salle, il y a beaucoup d'envie, n'en perdez pas une once, ne renoncez à rien durant l'année qui s'ouvre, continuez.

Nous, nous serons toujours et constamment à vos côtés parce qu'au-delà de ce que vous êtes dans vos vies quotidiennes, dans vos projets entrepreneuriaux qui parfois vous dévorent – et c'est bien légitime – vous êtes un ferment d'optimisme pour le pays, je vous assure, vous êtes autant d'histoires qui parfois rateront, c'est immanquable, qui d'autres fois réussiront magnifiquement, mais c'est autant d'exemples, autant d'énergie accumulée et le pays en a besoin.

Parce qu'il faut lui donner une direction, il faut lui donner une voie. Et le sens de notre histoire c'est le sens de notre avenir, c'est d'avoir envie, c'est d'être audacieux et c'est d'avoir ce qui vous caractérise, cette liberté ambitieuse pour vous, pour celles et ceux qui travaillent avec vous, pour vos proches et pour vos territoires. Parce que n'oubliez jamais, même avec l'appétit du monde, que vous êtes ancrés quelque part et vous le savez, dans vos territoires, dans vos métropoles, dans vos régions et aussi à l'international. Et c'est cela dont nous avons besoin.

Alors merci pour tout ça, on continue encore plus fort en 2016. Très belle et bonne année à vous toutes et tous et à vos familles. Merci beaucoup, merci, merci beaucoup, on continue. Merci à vous et au revoir à celles et ceux qui sont derrière les caméras.


Source http://www.economie.gouv.fr, le 12 mai 2016

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