Interview de M. Manuel Valls, Premier ministre, à Europe 1 le 24 mai 2016, sur l'opposition de la CGT au projet de loi El Khomri sur le travail et le blocage des dépôts de carburant, la proposition française de relance des négociations de paix entre Israël et l'Autorité palestinienne et la victoire de l'écologiste M. Alexander Van der Bellen à l'élection présidentielle en Autriche. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Manuel Valls, Premier ministre, à Europe 1 le 24 mai 2016, sur l'opposition de la CGT au projet de loi El Khomri sur le travail et le blocage des dépôts de carburant, la proposition française de relance des négociations de paix entre Israël et l'Autorité palestinienne et la victoire de l'écologiste M. Alexander Van der Bellen à l'élection présidentielle en Autriche.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre;

ti : JEAN-PIERRE ELKABBACH
Du King David, l'hôtel historique de Jérusalem, Manuel VALLS je vous remercie d'être avec nous sur Europe 1, bonjour.

MANUEL VALLS
Bonjour Jean-Pierre ELKABBACH.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce que vous obtenez en ce moment en Israël et en Palestine vaut-il vos trois jours d'absence de Paris ?

MANUEL VALLS
Oui, bien sûr, parce que, de quoi parlons-nous, de la paix, au Proche et au Moyen-Orient, et le destin de la France, le destin de l'Europe, se joue ici, d'abord dans cette région. Nous avons été attaqués par le terrorisme, nous subissons la crise des réfugiés, il y a eu encore des attentats terribles ces dernières heures en Syrie, sur la côte syrienne, là où le régime syrien est censé être protégé par les Russes, attentats revendiqués par Daesh, donc c'est ici que se joue l'avenir de la paix, et notamment à travers la paix indispensable entre Israéliens et Palestiniens.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais la France, qui a tant de chats à fouetter chez elle, vous pensez qu'elle est nécessaire ici à Jérusalem et à Ramallah ?

MANUEL VALLS
Bien sûr. Depuis 48 heures j'ai vu les responsables israéliens, je verrai tout à l'heure les responsables palestiniens, et tous, tous, je veux le dire à vos auditeurs, m'ont fait passer le message : la France a un rôle à jouer. La France est attendue. La France est écoutée. Il y a une grande attente à l'égard de l'initiative prise par notre diplomatie.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors justement, à l'initiative française de deux conférences internationales, l'une bientôt, le 3 juin, l'autre un sommet à l'automne, monsieur NETANYAHU a fait une contre-proposition, parler en tête-à-tête avec les Palestiniens, à Paris. Est-ce que vous avez le sentiment que vous allez rentrer ce soir bredouille ?

MANUEL VALLS
Non. D'abord, je rappelle que Jean-Marc AYRAULT, le ministre des Affaires étrangères, était là il y a une semaine, que cette conférence internationale est utile parce qu'elle doit créer les conditions, demain, d'un cadre dans lequel Palestiniens et Israéliens se parlent directement. Parce que, aujourd'hui, c'est le statu quo, aujourd'hui il y a des tensions terribles, il y a de la violence, le peuple palestinien se sent enfermé, est enfermé, il y a une jeunesse qui n'a plus d'espoir, la montée du fondamentalisme est une réalité que personne ne peut ignorer. Et de l'autre côté, du côté israélien, on a peur aussi, on a peur des Palestiniens, et, d'une certaine manière, on a peut-être même peur de la paix. Mais, pourtant…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc vous dites que le statu quo est aujourd'hui une inquiétante bombe à retardement.

MANUEL VALLS
Le statu quo est une bombe à retardement, et parce que nous sommes amis d'Israël, et des Palestiniens, nous considérons qu'il faut la paix. Nous ne le faisons pas dans le dos des Israéliens, ou des Palestiniens, mais nous le faisons avec la volonté de rétablir un dialogue équilibré entre les deux autorités, entre les deux gouvernements, pour aboutir, parce que c'est ça au fond l'objectif qu'on cherche depuis des années, et nous le faisons modestement, avec humilité, parce que ce sera difficile, aboutir à la création de deux Etats, un Etat israélien, un Etat Palestinien, avec des frontières sûres et reconnues.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et NETANYAHU est d'accord avec cette idée maintenant, de deux Etats, etc., et est-ce que vous avez vu quelques progrès, est-ce que vous avez vu une certaine évolution du côté israélien, parce qu'il y a une sorte de fermeté et de fermeture même ?

MANUEL VALLS
Oui, mais les Israéliens savent que cette conférence internationale va voir lieu le 3 juin à Paris, savent que les Américains, par exemple, y seront présents avec le secrétaire d'Etat John KERRY, savent aussi qu'il faut à tout prix dialoguer avec les pays arabes, je pense à l'Egypte, à la Jordanie, mais aussi, demain, incontestablement, avec l'Arabie Saoudite. Parce que quel est, au fond, le grand projet ? Et la France peut y contribuer, puisque la force de la diplomatie française, sous l'autorité de François HOLLANDE, c'est sa capacité à parler avec tous, et nous avons de bonnes relations avec chacun. Le grand projet pour cette région, pour l'eau, pour l'énergie, pour les sciences, pour l'université, ici nous sommes dans une région jeune, où l'immense majorité des jeunes ont aussi des Smartphone, on peut communiquer…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça fait des années qu'on le répète, ça fait des années qu'il y a les prophéties de Shimon PERES qui n'arrivent pas. Est-ce qu'aujourd'hui vous diriez que…

MANUEL VALLS
Oui, mais on a besoin de prophéties, surtout dans cette région, on a besoin d'un projet, on a besoin d'idéal, et peut-être, et peut-être, c'est possible cette fois-ci, que Israël, et les pays arabes, se rendent compte que c'est par la science, l'éducation, l'économie, qu'on construira la paix, et moi je sens qu'il y a un mouvement et que sur ce sujet-là chacun avance.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On a entendu que la nouveauté, du côté de NETANYAHU, même avec son nouveau ministre de la Défense, le nationaliste très dur LIBERMAN, qu'il prépare des alliances, et peut-être des rapprochements, avec les pays arabes modérés comme l'Egypte, la Jordanie et les pays du Golfe. Est-ce que la France l'encourage dans cette voie si elle peut aboutir à quelque chose de nouveau ?

MANUEL VALLS
Absolument, avec les pays modérés sunnites, parce que je veux rappeler que dans cette région il y a la guerre, en Irak, en Syrie, il y a le terrorisme, donc chacun, me semble-t-il, avance aujourd'hui et est mûr pour construire, au fond, ce projet commun pour le Proche et le Moyen-Orient, et, Jean-Pierre ELKABBACH, nous y avons intérêt, la France et l'Europe ont intérêt à cette stabilité car…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais depuis des années on y a intérêt, mais ça ne bouge pas.

MANUEL VALLS
Parce que nous sommes dans la région, aujourd'hui, la plus marquée par les déséquilibres, par la guerre, avec des conséquences, réfugiés, terrorisme, je le répète, chez nous.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et puis l'Amérique qui s'est un peu désengagée. Mais avec insistance, Manuel VALLS, vous affirmez souvent, vous vous affirmez l'ami des Français juifs, l'ami d'Israël, l'ami des Israéliens, est-ce que demain, ou peut-être dès aujourd'hui, vous pouvez être aussi l'ami des Palestiniens ?

MANUEL VALLS
Je suis l'ami des Palestiniens. J'ai été maire d'une ville, Evry, jumelée avec le camp des réfugiés de Khan Younès, j'ai rencontré hier des intellectuels de la société civile…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non, mais est-ce que la double amitié n'est pas contradictoire ?

MANUEL VALLS
Au contraire, elle est plus que jamais nécessaire, à condition, encore une fois, que nous nous battions pour deux Etats, viables, avec des frontières sûres et reconnues, qu'on arrte la colonisation, qui pose évidemment des problèmes majeurs pour pouvoir demain avancer sur la voie de la paix, qu'on aide les Palestiniens sur le plan économique…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais il faut aller vite…

MANUEL VALLS
Je signerai, avec le gouvernement palestinien, tout à l'heure, plusieurs accords de coopération pour concrétiser notre appui au service des populations, et notamment dans le domaine de l'eau, ici l'Agence française pour le développement fait un travail tout à fait considérable. J'ai, ici en Israël, été accompagné par une centaine d'entreprises, ce qui est bon aussi pour l'économie française. Donc, on peut oeuvrer pour la paix, et on peut aussi oeuvrer pour notre économie, notre industrie.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Les deux sont liées…

MANUEL VALLS
Les deux sont intimement liées.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et on peut même ajouter la culture, qui est tellement nécessaire.

MANUEL VALLS
Oui, parce que, Jean-Pierre ELKABBACH, je n'ai jamais eu tellement le sentiment, ici, dans cette ville extraordinaire, Jérusalem, la ville des trois religions issues du livre, les trois grands monothéismes, que la culture, le dialogue, étaient plus que jamais indispensables, or je sens en même temps que les deux sociétés sont bloquées, marquées évidemment par la montée, une forme de radicalisation, de violence, des extrémismes, du fondamentalisme religieux, donc c'est par la culture qu'il faut rétablir le dialogue.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc ce matin Jérusalem, et dans quelques minutes à Ramallah, vous pensez que l'initiative française ne finira pas dans l'eau ou dans les déserts et le sable ?

MANUEL VALLS
Ce serait dramatique, et, au contraire, encore une fois avec méthode et modestie, nous voulons avancer. Puisque Benjamin NETANYAHU souhaitait dialoguer directement avec les Palestiniens à Paris, j'en reparlerai bien sûr avec le président de la République, ça veut bien dire que le dialogue, grâce à un cadre international, peut favoriser, je l'espère, et je suis extrêmement lucide, je ne suis pas naïf, mais grâce à la France on peut avancer. Vous savez, la voix de la France compte dans le monde, elle est respectée, notre engagement en Afrique ou au Levant montre bien que nous sommes une grande Nation.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On va voir si c'est vrai. Alors, vous dites que vous avez discuté avec le président de la République, vous vous êtes beaucoup téléphoné, est-ce que vous avez parlé des désordres à Paris, de la tension de la France aujourd'hui, l'image qu'elle donne, et est-ce que, comme vous l'avez d'ailleurs reconnu pendant votre séjour, vous êtes inquiet par ce qui se passe en France ?

MANUEL VALLS
Oui, bien sûr, et d'ailleurs si je suis ici, on ne peut pas penser un seul instant que je ne suis pas en contact avec le président de la République, avec mon cabinet, avec les ministres, des Transports, de l'Energie, ou de l'Intérieur, et nous mettons tout en oeuvre, évidemment, pour trouver des solutions. Et d'ailleurs, ça peut se faire aussi d'ici, parce que nous vivons dans un monde moderne et connecté, que je rentre ce soir. Je suis conscient d'abord, Jean-Pierre ELKABBACH, que de nombreux Français, dans certaines régions, dans certains départements, souffrent de cette situation, il faut faire la queue longtemps, parfois 45 minutes pour faire le plein, ou faire des dizaines de kilomètres, pour trouver une station-service…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il vous appartient d'empêcher que ça continue.

MANUEL VALLS
Oui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
La responsabilité c'est la vôtre.

MANUEL VALLS
Toujours, bien sûr.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Parce que quand vous dites la responsabilité je l'appelle du côté de la CGT, etc., elle vous répond en organisant méthodiquement la paralysie des transports. Le manque de carburants, une grève chaque semaine à la SNCF, une grève illimitée à partir du 2 juin à la RATP, est-ce que ces actions vous paraissent légales ?

MANUEL VALLS
Je veux d'abord dire que l'Etat fait preuve de la plus grande fermeté, et d'une très grande détermination. Je veux rappeler que les forces de l'ordre interviennent, depuis vendredi, pour évacuer des dépôts qui sont bloqués…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce matin Fos-sur-Mer…

MANUEL VALLS
En Bretagne, en Normandie, dans les Hauts-de-France ou en Auvergne. D'autres sites seront libérés, et vous comprendrez que, évidemment, je sois très déterminé. Et encore ce matin, en effet, à Fos-sur-Mer, le site d'ESSO, de Fos donc, a été libéré. Tous les accès ont été dégagés, la circulation a été rétablie et les points sont tenus par les forces de l'ordre qui ont fait preuve d'un grand sang-froid.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce type d'opération continuera à chaque fois qu'il le faudra ?

MANUEL VALLS
Bien sûr, parce qu'il est hors de question que les Français se retrouvent dans cette situation de pénurie, de blocage, que notre économie soit bloquée. J'en appelle pas seulement à la responsabilité de la CGT, il y a un texte loi, le projet de loi Travail, qui a été adopté par l'Assemblée nationale, avec l'engagement, la responsabilité, du gouvernement, aucune motion de censure n'a été adoptée, ce texte de loi va poursuivre son cheminement, au Sénat et à l'Assemblée nationale. Nous sommes dans une démocratie, ce que des syndicats – parce que je veux rappeler que d'autres syndicats ont soutenu ce texte de loi, en tout cas ont bâti un compris avec le gouvernement…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On n'en n'est plus là.

MANUEL VALLS
Si, c'est important, parce que ce ne sont pas…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non, parce que la CGT a choisi de durcir le conflit frontal contre vous.

MANUEL VALLS
Parce que ce ne sont pas tous les syndicats, et y compris l'idée d'un conflit frontal, c'est vieux, c'est ancien, c'est conservateur. Prendre ainsi en otages les consommateurs, notre économie, notre industrie, continuer des actions qui visent à faire retirer le texte, mais ce n'est pas démocratique.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le texte, vous le changerez, vous le ferez évoluer, vous le retirerez comme le demande la CGT ?

MANUEL VALLS
Il n'y aura pas de retrait du texte, sinon dans ce pays on ne peut plus réformer, parce que certains, par des manifestations, par des blocages, voudraient, au fond, que la vie démocratique de notre pays…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous ne m'avez dit, ces actions sont-elles légales, parce qu'on a l'impression que la CGT joue quelquefois avec le feu, est-ce que c'est légal ?

MANUEL VALLS
Parfois c'est légal, quand il s'agit de manifester, parfois ça pose évidemment des vrais problèmes de sécurité, et donc de légalité, quand il s'agit de bloquer un certain nombre de sites. Et donc, d'une certaine manière, ça suffit, Jean-Pierre ELKABBACH, c'est insupportable de voir les choses ainsi. Et je le dis à la fois sereinement, calmement, mais avec détermination, et c'est pour ça que la CGT trouvera une réponse extrêmement ferme, nette, de la part du gouvernement…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire ?

MANUEL VALLS
Nous continuerons à évacuer les sites, les dépôts, qui sont aujourd'hui bloqués par cette organisation.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et est-ce que vous laisserez perturber la période de l'Euro 2016, si ça continue ?

MANUEL VALLS
Chacun peut bien se rendre compte de l'engagement extrêmement difficile, lourd, pour les forces de l'ordre. Quand on a un peu de sens de l'intérêt général, le patriotisme chevillé au corps, et l'histoire de la CGT se confond avec celle de notre pays, et avec celle de la Résistance, comment ne peut-on pas se rendre compte que les missions de la police et de la gendarmerie sont déjà très lourdes, le maintien de l'ordre, lutte contre la délinquance, faire face à la menace terroriste, assurer la protection des Français pendant l'Euro de football…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et pourtant…

MANUEL VALLS
Et pourtant on continue. Donc, moi j'en appelle, encore une fois, à la responsabilité de chacun. Ces actions, aujourd'hui, ne servent à rien, perturbent le pays et font peser sur les forces de l'ordre une mission nouvelle, une charge, qui est tout à fait insupportable. Nous avons vu qu'en plus dans la société il y a aussi une montée de la violence, une forme de radicalisation, on s'attaque également aux policiers, on a vu cette voiture… qui brûlait….

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais est-ce que c'est de la part de la CGT une manière de démontrer sa force ou au contraire aujourd'hui sa faiblesse…

MANUEL VALLS
Non, je pense que la CGT est dans une impasse.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Son radicalisme ou sa radicalité ?

MANUEL VALLS
Je pense que la CGT est dans une impasse et que l'impasse n'est jamais le bon chemin qu'il faut prendre. Le seul chemin possible c'est celui de la responsabilité et du dialogue.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Un mot sur l'Autriche, l'écologiste a battu l'extrémiste de droite, le pire n'est jamais sûr, est-ce qu'il y a une leçon pour 2017 en France et en Europe ?

MANUEL VALLS
Il y a un soulagement, bien sûr, mais nous sommes passés à deux doigts, à 30.000 voix du pire, et un peuple d'Europe, et pas n'importe lequel, qui a son histoire, aurait pu se donner à l'extrême droite. Oui, donc nous assistons à une nouvelle poussée du populisme, de l'extrême droite, en Autriche, et donc en Europe, et cela veut bien dire qu'il faut prendre à bras-le-corps les problèmes, être capable de faire face, comme nous faisons, à la menace terroriste, maîtriser les flux migratoires. Moi je me rappelle d'une conversation avec le Chancelier FAYMANN, qui vient de partir, il y a quelques mois, où je m'étonnais, d'ailleurs, d'une position de l'Autriche qui consistait à ouvrir totalement les frontières…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais la leçon pour la France, est-ce qu'en 2017 on peut éviter l'extrême droite ?

MANUEL VALLS
La leçon pour la France, ça veut dire qu'il faut maîtriser, il faut être ferme sur les valeurs, sur les principes, maîtriser les flux migratoires, faire face au terrorisme, mener des réformes et rassembler.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça fait beaucoup !

MANUEL VALLS
Oui, mais c'est ce qu'il faut faire, progrès, compromis et dialogue, pour apaiser, rassemblement autour de la République, je reste convaincu que c'est la meilleure voie, la meilleure manière, de faire face à l'extrême droite, et de redonner de l'envie, de redonner de l'espoir, de redonner une perspective aux Français autour d'un grand projet de société.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci Manuel VALLS. Vous passez la journée du côté palestinien, dans quelques instants, et vous rentrerez à l'heure prévue à Paris, c'est ça ?

MANUEL VALLS
Absolument, en fin d'après-midi, et que personne n'en doute, le gouvernement tient bien le cap.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci.

MANUEL VALLS
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 mai 2016

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