Interview de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à iTélé le 24 mai 2016, sur la situation dans les stations-essence du fait l'action des opposants au projet de loi Travail, l'organisation de la sécurité autour de l'Euro 2016 et le crash d'Egyptair. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à iTélé le 24 mai 2016, sur la situation dans les stations-essence du fait l'action des opposants au projet de loi Travail, l'organisation de la sécurité autour de l'Euro 2016 et le crash d'Egyptair.

Personnalité, fonction : VIDALIES Alain, TOUSSAINT Bruce.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche;

ti : BRUCE TOUSSAINT
Alain VIDALIES est l'invité d'I TELE ce matin, bonjour et merci d'être avec nous.

ALAIN VIDALIES
Bonjour.

BRUCE TOUSSAINT
Vous êtes secrétaire d'Etat chargé des Transports. Peut-on parler de pénurie de carburant ce matin ?

ALAIN VIDALIES
Non ! Je ne crois pas qu'on ne peut pas parler de pénurie de carburant, la situation est la même qu'au début de la crise il y a à peu près dans notre pays sur les 12.000 stations-service 20 % qui aujourd'hui sont en difficulté, soit en pénurie complète, soit en pénurie d'un ou deux produits. La situation a quand même évolué, c'est-à-dire que c'était très concentré sur l'Ouest, le Nord- ouest, et que c'est en train de se diversifier, le volume n'évolue pas mais un certain nombre de régions qui n'étaient pas touchées le sont aujourd'hui - parfois de manière surprenante - on a 13 % de stations dans le Sud-ouest qui n'étaient absolument pas concernées par ces difficultés et, donc, il y a évidemment chacun le comprend un phénomène de précaution qui joue.

BRUCE TOUSSAINT
Alain VIDALIES, pourquoi ne pas dire plus facilement et plus naturellement qu'il y a une pénurie. Regardons ensemble, c'est juste une parenthèse, mais elle est importante, c'est quoi une pénurie ? On a regardé ensemble ce matin à la rédaction ce que ça voulait dire dans le Larousse : manque de ce qui est nécessaire, insuffisance. On y est ! C'est une pénurie, regardez, insuffisance, quand une station-service sur cinq est en difficulté on peut bien parler de pénurie ?

ALAIN VIDALIES
Ecoutez, vous jouez sur les mots, comme vous voulez.

BRUCE TOUSSAINT
Je ne joue pas sur les mots...

ALAIN VIDALIES
Mais il n'y a pas de pénurie…

BRUCE TOUSSAINT
C'est la réalité que les Français vivent.

ALAIN VIDALIES
Non, il n'y a pas de pénurie. Pourquoi ? Parce que je n'ai pas de problème de stock, c'est ça qui est essentiel, du stock j'en ai, j'ai un problème de logistique - c'est-à-dire que le problème qui existe aujourd'hui c'est comment on amène le stock qui existe, qui est dans les dépôts, comment on l'amène dans les stations-service – et, au départ, le problème il se crée parce qu'il y a les transporteurs qui bloquent cet accès et aujourd'hui la position du gouvernement est très claire : il y a la grève dans les raffineries, on respecte le droit de grève, mais ce n'est pas là que se pose le problème. Il y a des dépôts qui ne sont pas en grève, c'est-à-dire que les salariés sont dans ces dépôts ne sont pas en grève mais il y a des gens qui bloquent l'accès à ces dépôts et ça ce n'est pas acceptable et donc nous libérons l'accès à ces dépôts comme ça été fait ce matin pour que les camions puissent aller dans les stations-service.

BRUCE TOUSSAINT
On va y venir dans un instant ! Les raffineries, la CGT dit ce matin : « toutes les raffineries françaises – il y en a huit je crois – sont occupées et bloquées », est-ce que c'est vrai selon vous ?

ALAIN VIDALIES
C'est faux à ma connaissance, puisque les raffineries EXXON il y en a deux qui fonctionnent et… dans l'une, c'est les salariés de la raffinerie qui sont en grève, c'est la CGT qui à l'extérieur essaie d'empêcher les gens de travailler, ça c'est le même raisonnement, on respecte le droit de grève des salariés, on n'empêche pas les autres de faire ce qu'ils souhaitent faire. Donc, il y a deux raffineries sur les huit : une qui est en arrêt technique, cinq qui sont en grève et deux qui fonctionnent.

BRUCE TOUSSAINT
Voilà donc le chiffre ce matin que vous nous donnez, six sur huit selon vous, ça n'a pas changé. Vous évoquiez le nombre de stations, tout à l'heure vous disiez 20 % avec une diversification, c'est-à-dire que ça se diversifie dans le pays, ça représente combien de stations, vous avez un chiffre approximatif à nous donner ?

ALAIN VIDALIES
Ecoutez il y a 12.000 stations en France, donc tout le monde voit bien à une centaine près ce qu'est le chiffre.

BRUCE TOUSSAINT
Fos-sur-Mer, ça été extrêmement tendu ce matin, je voudrais qu'on rejoigne quelques instants notre envoyée spéciale Stéphanie ROUQUIE qui va nous raconter ce qui s'est passé. A Fos-sur-Mer intervention, Stéphanie, des forces de l'ordre vers 4 h 15, ça été très musclé, là vous vous êtes déplacée à Port-de-Bouc où c'est à nouveau très tendu, Stéphanie ROUQUIER pour I TELE.

STÉPHANIE ROUQUIE, EN DUPLEX DE PORT-DE-BOUC – BOUCHES DU RHÔNE
Effectivement ! Et le déblocage du dépôt pétrolier de Fos a été très musclé, il a duré deux heures, il y avait beaucoup de travail. Les CRS, les gendarmes mobiles étaient très nombreux et ils étaient très équipés, ils sont arrivés donc avec des drones et avec des hélicoptères, des canons à eau, des gaz lacrymogène et des flash-ball, mais il faut dire que face à eux les cégétistes, les militants étaient aussi très motivés, ils s'attendaient à cette intervention des forces de l'ordre. Donc là le dépôt pétrolier de Fos a été dégagé et maintenant on joue un peu au chat et à la souris, donc les militants sont un peu partis du dépôt de Fos et ils sont venus ici à Port-de-Bouc pour essayer de bloquer en fait cette route - cette grande route principale - et là effectivement les CRS ont répondu, les gendarmes mobiles en moins de 10 minutes sont arrivés aussi très équipés vous le voyez avec le canon à eau pointé directement sur eux et là on vient d'assister, il y a moins de cinq minutes, les gendarmes se sont avancés et ils ont fait partir en fait les militants qui viennent à l'instant de quitter le site.

BRUCE TOUSSAINT
Merci beaucoup Stéphanie ROUQUIE, en direct de Port-de-Bouc, donc dans les Bouches-du-Rhône. Alors d'abord la méthode, on a besoin de tant de moyens et de… Comment dire ? D'équipements militaires et de guerre quasiment pour déloger ces grévistes ?

ALAIN VIDALIES
Il n'y a pas de guerre ! Attendez…

BRUCE TOUSSAINT
On parle d'armes !

ALAIN VIDALIES
Ou on parle des Français qui aujourd'hui ont un peu accès aux stations service, quelle est la situation ? Moi je suis républicain, je défends un certain nombre de principes, le droit de grève est un principe constitutionnel, les gens qui font grève on respecte leur droit, on n'est pas intervenus dans les raffineries ; Là ce n'est pas du tout ça ! Là il s'agit de quoi ? Il s'agit de gens qui vont empêcher d'autres qui ne font pas grève de travailler en occupant l'espace public et, dans une République, il ne faudrait rien faire ? Non ! Nous intervenons. On intervient comment ? Pas la fleur au fusil, là c'est une intervention normale par rapport à des gens, moi les rapports que j'ai c'est qu'il y avait des gens qui lançaient des pneus, enfin évidemment ça été difficile, on aurait préféré éviter, mais c'était aujourd'hui la seule réponse possible, et je le dis clairement.

BRUCE TOUSSAINT
Y aura-t-il d'autres interventions des forces de l'ordre…

ALAIN VIDALIES
Oui, oui.

BRUCE TOUSSAINT
Dans la journée ?

ALAIN VIDALIES
Ah ! Dans la journée, je ne vais pas ici vous donnez le planning naturellement, mais je l'ai annoncé dès hier de toute façon, dès avant-hier, nous allons libérer les dépôts, là où ce n‘est pas des grévistes mais des gens qui ont décidé d'empêcher la France de fonctionner et donc d'empêcher d'autres gens qui eux ne sont pas grévistes de travailler normalement, eh bien les principes républicains font que nous devons rétablir la liberté dans ces cas-là.

BRUCE TOUSSAINT
Par tous les moyens ?

ALAIN VIDALIES
Les moyens, je veux dire on ne sait pas, on ne va pas arriver en chantant, il y a des sommations, mais suite à une réponse qui est forcément une réponse en termes d'ordre public.

BRUCE TOUSSAINT
On va écouter ensemble ce que nous disait hier soir Francis DUSEUX, qui est le président de l'Union Française des Industries Pétrolières, parce qu'effectivement il y a une inquiétude maintenant sur les prochains jours, on écoute ensemble Francis DUSEUX.

FRANCIS DUSEUX, PRÉSIDENT DE L'UNION FRANÇAISE DES INDUSTRIES PÉTROLIÈRES – EXTRAIT DU 23/05/2016
Qu'il y ait un blocage au niveau des ports le brut ne peut pas arriver, il y a du stockage qui est disponible dans les bacs du Havre mais très rapidement les bateaux vont être sur rade, on va attendre et on va être obligés d'arrêter l'ensemble des raffineries, donc là ça devient effectivement assez critique.

BRUCE TOUSSAINT
Qu'est-ce que vous lui répondez ?

ALAIN VIDALIES
Ah ! Il parle d'autre chose, soyons plus précis.

BRUCE TOUSSAINT
Oui.

ALAIN VIDALIES
Jusqu'à présent on a parlé des raffineries, ensuite on a parlé des dépôts, lui il parle des ports…

BRUCE TOUSSAINT
Absolument.

ALAIN VIDALIES
Si on n'a pas de problème à cause de l'arrêt des raffineries c'est parce qu'effectivement 50 % de ce que nous consommons est…

BRUCE TOUSSAINT
Non, mais ce qu'il nous raconte c'est la suite du mouvement, c'est ce qui va se passer dans 48 heures ou 72 heures.

ALAIN VIDALIES
Attendez ! Peut-être que vous vous avez des liens directs avec eux, pour l'instant ce n'est pas… les choses… chaque jour suffit sa peine, mais effectivement il y a une difficulté de ce point de vue-là, il a raison, mais on n'en n'est pas là pour l'instant, effectivement s'il y a un blocage des ports la situation deviendrait plus complexe. Mais on travaille aussi, y compris en termes de maintien de l'ordre, à cette question.

BRUCE TOUSSAINT
Quel message adressez-vous ce matin aux Français, aux gens qui nous regardent, qui n'ont plus d'essence, quel est le message que vous souhaitez envoyer ?

ALAIN VIDALIES
Les deux tiers du pays ne sont pas concernés, le catastrophisme ne sert à rien. Je dis aux gens…

BRUCE TOUSSAINT
Donc, ça veut dire quoi, c'est-à-dire qu'un tiers du pays est concerné ?

ALAIN VIDALIES
Ca veut dire qu'un tiers des Français potentiellement… à partir du moment où 20 %, 20 % des stations c'est à peu près… il y a deux tiers du territoire sur lequel cette réalité-là n'existe pas aujourd'hui, le reste du territoire il y a des gens qui ont des difficultés, 20 % des stations. La France a été confrontée à ça, nous avons aujourd'hui je vous l'ai dit 20 % des stations, en 2010 on est montés jusqu'à 50 % des stations qui étaient bloquées. Donc le gouvernement applique les principes républicains, respecte le droit de grève lorsqu'il est appliqué et ailleurs fait respecter la liberté de travailler.

BRUCE TOUSSAINT
Un Français sur trois, c'est ce que vous dites ce matin, un Français sur trois est potentiellement concerné ?

ALAIN VIDALIES
Il est dans une zone où il peut avoir ce genre de difficulté, ça ne veut pas faire qu'un Français sur trois n'a pas d'essence pour que les choses ne soient pas…

BRUCE TOUSSAINT
Potentiellement c'est ce que je viens de dire, absolument, potentiellement.

ALAIN VIDALIES
Potentiellement, voilà, nous sommes d'accord sur les mots.

BRUCE TOUSSAINT
Qu'est-ce que vous leur dites à ces 33 %...

ALAIN VIDALIES
Que le gouvernement fait son travail, que depuis vendredi nous avons exactement fait ce que nous avions annoncé : 1°) renouer le dialogue avec les camionneurs, puisque c'était eux qui bloquaient, j'ai envoyé une lettre à l'ensemble des organisations syndicales vendredi de telle sorte manière qu'aujourd'hui le mouvement des camionneurs sur la question des heures supplémentaires n'a plus de fondement ; ensuite, nous avons libéré les dépôts, le gouvernement fait ce qu'il a annoncé sur la base des principes qui ont été rappelés par le Premier ministre.

BRUCE TOUSSAINT
La CGT mène cette bataille syndicale et sociale, on va écouter ensemble Emmanuel LEPINE qui dirige la branche « pétrole » à la CGT et qui était notre invité à 7 h 30 tout à l'heure sur I TELE.

EMMANUEL LEPINE, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA BRANCHE « PÉTROLE » DE LA CGT – EXTRAIT 7H30
Ce matin il y avait deux assemblées générales dans les deux raffineries qui restaient en mouvement et en production et la charge des CRS à ESSO Fos a provoqué une énorme motion en même temps à Notre-Dame-de-Gravenchon – ce sont leurs collègues qui se sont fait tabasser – et, du coup, la grève a été votée à Gravenchon. Donc, le résultat en quelque sorte de cette politique de soi-disant fermeté c'est d'enfoncer un peu plus le pays dans la pénurie puisque je considère que la pénurie le fautif c'est le gouvernement

BRUCE TOUSSAINT
On est typiquement dans un bras-de-fer avec un gouvernement qui fait preuve de fermeté et en face un syndicat, la CGT, qui ne veut pas lâcher. C'est quoi l'idée-là pour les prochaines heures et les prochains jours, donc on continue à se frotter comme ça et à… quelle est la suite ?

ALAIN VIDALIES
Le gouvernement a un pouvoir légitime, démocratiquement élu, des principes – puisqu'il faut en arriver-là – les choses sont claires, nous prenons des décisions n'ont pas parce qu'on est élus par les adhérents de je ne sais quel parti ou quel syndicat mais parce qu'on a le pouvoir qui a été donné par les Français, nous prenons ces décisions dans le cadre du respect de la loi et de la Constitution et je pense que la cohérence elle est aujourd'hui du côté du gouvernement - que la CGT ait décidé de ce bras-de-fer pour des raisons qui n'apparaissent pas toujours évidentes c'est sa démarche, mais en tous les cas, nous, nous ferons respecter le droit tout en respectant le droit des militants syndicaux, notamment de faire grève.

BRUCE TOUSSAINT
On a entendu beaucoup de ministres et même le Premier ministre il y a quelques minutes sur Europe 1 utiliser le terme de prise d'otage, vous validez ce terme ?

ALAIN VIDALIES
C'est comme ça, évidemment, parce que c'est comme ça que les Français le ressentent, les Français ressentent que… Ecoutez ! C'est assez simple, pourquoi - si la CGT est forte de sa conviction, elle a le droit de faire grève – pourquoi aller bloquer le pays ?

BRUCE TOUSSAINT
Mais vous jouez quoi là aujourd'hui, le pourrissement ?

ALAIN VIDALIES
Ah ! Pas du tout, pas du tout, ce n'est pas du tout notre position.

BRUCE TOUSSAINT
Vous espérez que l'opinion se retourne contre la CGT ?

ALAIN VIDALIES
Je dois dire ce n'est pas le gouvernement qui a décidé de cette affaire, que la CGT soit contre la loi Travail c'est son problème et elle a raison de le manifester, nous avons assuré le droit de manifester parce que c'est un droit constitutionnel, nous respectons le droit de grève, eh bien il faut aussi respecter le droit d'aller et venir et le tout ça fait la République.

BRUCE TOUSSAINT
Il y aura sans doute aussi des perturbations du côté de la RATP dans quelques, un préavis de grève illimité a été lancé par la CGT…

ALAIN VIDALIES
Oui.

BRUCE TOUSSAINT
Pourquoi, vous n'y croyez pas ?

ALAIN VIDALIES
Ecoutez le 2 juin, on verra ce qui se passe le 2 juin, ce n'est pas…

BRUCE TOUSSAINT
Oui, c'est bientôt, c'est la semaine prochaine.

ALAIN VIDALIES
Oui ! D'accord, mais ce n'est pas aujourd'hui, ce n'est pas demain, on verra, en plus pour des considérations qui sont des considérations de négociations salariales, donc il y a aussi ces moments de tension, donc pour l'instant je pense que le dialogue peut reprendre.

BRUCE TOUSSAINT
Ce bras-de-fer encore une fois avec la CGT il ne peut pas aussi… votre responsabilité gouvernementale n'est-elle pas à un moment donné d'engager le dialogue avec la CGT, où est-il, il n'y a pas de dialogue aujourd'hui avec la CGT ?

ALAIN VIDALIES
Mais enfin pourquoi vous dites ça ? Qu'est-ce que j'ai fait vendredi avec les conducteurs ? Est-ce qu'on n'a pas avancé d'une manière…

BRUCE TOUSSAINT
Philippe MARTINEZ a été par Manuel VALLS récemment ?

ALAIN VIDALIES
Est-ce que je n'ai pas envoyé - d'abord vous ne savez pas s'il y a des contacts ou pas…

BRUCE TOUSSAINT
Je vous le demande !

ALAIN VIDALIES
Voilà – je peux vous dire les choses ne sont pas… Voilà ! Premièrement…

BRUCE TOUSSAINT
Il y a des contacts ?

ALAIN VIDALIES
Deuxièmement… Je ne peux pas vous dire qu'il n'y a pas de contact, donc vous en tirez ce que vous voudrez…

BRUCE TOUSSAINT
Donc, ça veut dire qu'il y a des contacts.

ALAIN VIDALIES
Deuxièmement, qu'est-ce que j'ai fait vendredi ? Pourquoi vous dites ça ? Je veux dire est-ce qu‘il y a eu une avancée plus importante que celle sur l'origine du mouvement avec les camionneurs et la lettre que je leur envoie pour dire : « vous n'êtes pas concernés par la loi » et après ça dire au gouvernement : « vous n'entamez pas le dialogue », mais on ne peut pas être face à quelqu'un qui dit : « quelles que soient les avancées, quelle que soit votre position, nous on a raison, on ne bougera pas », non ce n'est pas comme ça que ça marche. Ceux qui ont fait preuve d'une volonté de discuter ça été le gouvernement, il faudrait peut-être qu'il y ait des échos de…

BRUCE TOUSSAINT
Que cherche la CGT, selon vous ?

ALAIN VIDALIES
Ecoutez posez-leur la question, moi je pense qu'il y a des préoccupations, on le sait bien il y a eu une histoire difficile récente, il y a des problèmes – je ne vais pas devenir commentateur, moi je suis responsable politique – mais…

BRUCE TOUSSAINT
D'accord !

ALAIN VIDALIES
Evidemment qu'il y a des raisons qui ne sont pas forcément liées au mouvement.

BRUCE TOUSSAINT
Il nous reste trois minutes, je voudrais qu'on aborde deux autres sujets qui vous concernent directement ou indirectement d'ailleurs. Vous savez il y a une grande question de la sécurité autour de l'Euro 2016, pour l'instant les critiques sont concentrées sur l'accueil des spectateurs dans les stades, mais ça concerne aussi les transports parce que ces spectateurs vont venir pour beaucoup en transports en commun, alors est-ce que d'ailleurs les transports en commun sont concernés par ces mesures de sécurité à l'occasion de l'Euro 2016 ?

ALAIN VIDALIES
Naturellement. Depuis le début il y a un groupe que le gouvernement a mis en place, depuis plus d'un an maintenant, dans lequel nous sommes totalement impliqués, avec des mesures spéciales – y compris des mesures qui ont entraîné des modifications législatives puisque vous savez qu'il y a eu une loi importante qui a été votée il y a quelques semaines - dont les décrets d'application sont quasiment tous pris maintenant et qui notamment renforcent les pouvoirs des services de sécurité, de palpation, de contrôle et notamment des agents des services spécialisés de la SNCF.

BRUCE TOUSSAINT
Donc, il y aura plus de contrôles à l'occasion de cet Euro ?

ALAIN VIDALIES
Il y a plus de contrôles, il y a plus de moyens juridiques de pouvoir contrôler, fouiller les bagages, contrôler les identités, et ça c'est le résultat d'une loi que nous avons fait voter récemment.

BRUCE TOUSSAINT
En ce qui concerne le crash de l'avion et du vol Paris – Le Caire d'Egypt Air, on sait que les recherches se poursuivent en Méditerranée, est-ce que vous avez de nouvelles informations d'ailleurs concernant ce crash ?

ALAIN VIDALIES
Non, les seules informations qu'on a c'est que les recherches avec le sonar vont débuter, c'est-à-dire les appareils qui permettent de voir… d'essayer de retrouver l'épave de l'avion, essentiellement les boites noires, toutes les indications dont on a aujourd'hui et qui pour l'instant l'essentiel sont déjà dans la presse, notamment la présence de fumée dans le cockpit, ne permettent pas, aucune de ces indications je le dis clairement ne permet aujourd'hui de favoriser l'une ou l'autre des réponses à la question légitime que chacun se pose, à savoir : est-ce que c'est un accident ou est-ce que c'est un attentat, puisqu'elles sont compatibles avec les deux versions ?

BRUCE TOUSSAINT
Christophe BARBIER, à la fin de son édito tout à l'heure, vous posait la question suivante, qui est un peu en marge de cette catastrophe aérienne : est-ce que, tant qu'il y a un doute effectivement, est-ce qu'il faut du coup demander à AEROPORTS DE PARIS de renforcer une nouvelle fois la surveillance des bagagistes, on sait que des mesures avaient été prises il y a quelques mois, est-ce que c'est quelque chose qui est dans les esprits ?

ALAIN VIDALIES
Les mesures ont été prises il y a quelques mois, vous l'avez dit une vérification systématique des 8.000 engins concernés, et naturellement dans le cadre de l'enquête qui est en cours aujourd'hui ces vérifications sont réitérées dans le cadre de l'enquête qui a été confiée par le Parquet de Paris, notamment à la gendarmerie des transports aériens.

BRUCE TOUSSAINT
Merci beaucoup Alain VIDALIES ! Je reviens un instant sur évidemment ce qui nous occupe ce matin et qui concerne ces problèmes d'approvisionnement en carburant, pour info la CGT confirme que les huit raffineries seront arrêtées – j'utilise volontairement le terme, le temps du futur, qui seront arrêtées – alors que vous nous disiez tout à l'heure que pour l'instant seules six sur huit étaient concernée.

ALAIN VIDALIES
Ils jouent sur le futur…

BRUCE TOUSSAINT
Voilà !

ALAIN VIDALIES
Peut-être leur espoir aujourd'hui…

BRUCE TOUSSAINT
Ca change quelque chose si les huit sont arrêtées ce soir ?

ALAIN VIDALIES
Ecoutez, je vous l'ai dit, si…

BRUCE TOUSSAINT
Est-ce que vous allez réquisitionner les personnels des raffineries ?

ALAIN VIDALIES
A ce stade, non. Je vous répète on a trois mois de stock stratégique, c'est-à-dire que même si on n'a plus de produit on a de quoi fournir, j'ai un problème de stock et un problème de logistique, c'est à ça aujourd'hui que je m'attèle, le reste ne pose pas de problème pour les Français aujourd'hui. Voilà !

BRUCE TOUSSAINT
Merci beaucoup Alain VIDALIES, merci d'avoir été notre invité ce matin, bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 mai 2016

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