Déclaration de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la vie universitaire et les sites et campus universitaires, lieux de citoyenneté, Orléans le 25 mai 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la vie universitaire et les sites et campus universitaires, lieux de citoyenneté, Orléans le 25 mai 2016.

Personnalité, fonction : VALLAUD-BELKACEM Najat.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

ti :


Dans Notre Dame de Paris, Victor Hugo écrivait : « Jusqu'à Gutenberg, l'architecture est l'écriture principale, l'écriture universelle. »

Alors, bien sûr, je ne souhaite pas commencer ce discours en contredisant Victor Hugo (j'ai bien assez de problèmes comme cela et puis j'en suis une admiratrice devant l'éternel).

Et il a, en un sens, raison.

Nous ne voyons plus guère, sur les édifices contemporains, les sculptures et les bas-reliefs qui ornent les tympans et les portails des cathédrales, à Paris comme à Orléans.

Et sans doute seriez-vous les premiers surpris si, sur un bâtiment universitaire récemment construit, on représentait le président ou la présidente de l'université, ses faits et gestes remarquables, et que l'on retraçait ainsi l'histoire du lieu.

Néanmoins, même après Gutenberg, l'architecture des universités et de leurs campus, nous disent beaucoup sur leur histoire, et sur les idées qui les ont gouvernées au fil des siècles.

Oui, dans le quadrangle d'Oxford ou de Cambridge, s'affirme la volonté de former, entre étudiants et enseignants, une communauté autonome, à l'écart de la ville.

Oui, l'article récemment paru sur le site de l'université de Bordeaux et qui retrace l'histoire de son campus nous le rappelle : l'université a développé, avec les territoires dans lesquels elle s'inscrit une histoire particulière, dont l'architecture porte la trace.

L'histoire de l'enseignement supérieur et de la recherche est donc, par bien des aspects, inséparable des bâtiments et des espaces, qui, au fil des siècles, les ont accueillis.

C'est dire l'importance du thème « campus en mouvement », que vous avez choisi cette année.

Car de la forme que nous donnerons à nos campus, dépend aussi, en grande partie, l'avenir que nous voulons pour l'enseignement supérieur et la recherche.

Pour cela, nous devons – comme vous nous y invitez – envisager le campus dans toutes ses dimensions : comme lieu de vie mais aussi comme lieu d'innovation pédagogique, scientifique, et entrepreneuriale.

Que le campus soit un lieu de vie, il suffit d'en regarder un quelques instants pour s'en rendre compte.

Et l'on voit d'ailleurs que la vie qu'il accueille n'est plus cette vie autonome, séparée de la ville, qui régissait les premières universités. Ce n'est pas non plus cette campagne verdoyante au cœur de la cité, qui forme le modèle de bien des universités américaines. C'est un campus ouvert sur la ville, et donc, plus largement, ouvert sur la société dans son ensemble.

On y voit, vous l'avez évoqué au cours de vos travaux, aussi bien des clubs de sports, que des associations. Il y a là sans doute un héritage très français, qui fait de l'université un lieu en prise avec les grandes questions sociales et sociétales d'une époque.

Mais cela doit aussi nous interroger, sur la place que nous donnons à l'engagement de nos étudiants au sein de notre système universitaire. C'est là une véritable question. Car ce lieu de socialisation qu'est le campus est aussi un lieu profondément citoyen. Le campus, très souvent, prend des airs de forum antique.

C'est pour cela qu'une réflexion a été entamée sur la reconnaissance, par l'institution, de l'engagement.

Mais c'est aussi pour cette raison, qu'à, une plus vaste échelle, nous avons mis en place un Plan National de Vie Etudiante.

Parce que des conditions de vie que nous offrons à celles et ceux qui étudient, dépend aussi en grande partie leur réussite.

Je pense à notre politique audacieuse en faveur des bourses, dans le contexte budgétaire que nous savons.

Grâce à la mobilisation de près d'un demi-milliard d'euros supplémentaires, le taux de boursiers a été porté à 35,9 % en 2015-2016, soit +8,3 % en trois ans.

En quatre ans, le Gouvernement a déjà investi 40 % de plus en moyens supplémentaires pour la vie étudiante que la totalité de ce qui avait été investi entre 2007 et 2012. Et cet effort sera poursuivi en 2017.

Je pense aux efforts entrepris en faveur du logement des étudiants, qu'il s'agisse de construire 40 000 nouveaux logements à caractère social d'ici 2017, ou de permettre aux étudiants dépourvus de garants personnels d'accéder plus facilement à un logement en sollicitant la garantie de l'Etat par l'intermédiaire de la Caution Locative étudiante.

Je pense, enfin, aux mesures de simplification qui ont été engagées : l'augmentation du nombre de guichets uniques d'accueil des étudiants internationaux et la mise en place d'un titre de séjour pluriannuel pour simplifier leurs démarches ; le développement des centres de santé universitaires ; la dématérialisation des démarches par la mise en place du portail étudiant.gouv.fr.

Oui, en agissant pour l'amélioration des conditions de vie étudiantes, nous favorisons à la fois leur réussite et la vie au sein des campus.

En effet, quand on évoque l'enseignement supérieur et la recherche, on en a parfois une vision réductrice.

Ce sont, avant, tout, selon, la formule consacrée : « de grands esprits », ou des « esprits brillants ». Mais ces expressions occultent une chose essentielle : ces esprits ont aussi des corps. Ce sont des corps. Des corps qui se déploient dans un espace qu'il faut construire, élaborer, et penser.

Et dans cet espace, nous connaissons l'importance des bibliothèques universitaires.

Nous avons lancé, le 1er février dernier, le plan « bibliothèques ouvertes ». Son objectif est clair : étendre sur la période 2016-2019 les horaires d'ouvertures des bibliothèques universitaires, le soir, le weekend et pendant les principales périodes de révision d'examens, et améliorer la qualité du service rendu aux usagers.

C'est là un facteur essentiel de la dynamisation de nos campus.

Ces horaires, ne sont pas que des chiffres. Ce sont autant de possibilités de travail pour nos étudiants : autant d'opportunités pour, par leurs efforts, s'améliorer, et réussir davantage.

Des bibliothèques plus ouvertes, ce n'est donc pas uniquement plus « pratique » : c'est un moyen concret d'œuvrer à la réussite de nos étudiants.

Pour la mise en œuvre de ce plan, qui repose sur un appel à projet national auquel j'invite l'ensemble des universités à participer, le ministère dégagera une enveloppe budgétaire de 12,7 millions d'euros, et attribuera 25 emplois au sein des regroupements d'établissements dès 2017.

Je crois utile d'indiquer que les projets d'ouverture des BU doivent évidemment partir du besoin tel qu'exprimé par les étudiants, les enseignants-chercheurs et les chercheurs ; qu'ils doivent associer les personnels à son élaboration, et ne pas négliger la continuité des services proposés aux usagers.

Cela, aussi, fait partie du mouvement dans lequel il est nécessaire d'inscrire l'ensemble de nos campus.

Mais le campus, lieu de vie universitaire, joue aussi un grand rôle en tant que lieu de recherche et d'enseignement.

La vie intellectuelle, mesdames et messieurs, vous le savez bien, s'accompagne aussi d'un échange avec des collègues, des confrères, des amis, des camarades. D'un échange également entre les différents établissements de l'enseignement supérieur.

Instaurer des synergies et des convergences, non seulement entre le campus et la ville, entre le campus et le territoire, mais entre les établissements, est un enjeu important. Car nous avons besoin, face aux défis qui sont les nôtres, de complémentarité, et cela passe aussi par la forme que nous donnerons à nos campus.

Je vais prendre, sur ce point, un exemple précis.

J'étais, en février dernier, sur le campus LyonTech La Doua.

C'est un campus qui regroupe à la fois une université, des laboratoires, des entreprises et une école d'enseignement supérieur, et au sein duquel de nombreux aménagements ont été entrepris.

Eh bien, en regroupant, par exemple, les différents laboratoires au sein d'un même bâtiment, c'est la nécessité de la pluridisciplinarité que nous mettons en évidence, en permettant à des chercheurs de différents domaines de cohabiter, et donc d'échanger.

C'est aussi cette logique qui a amené à regrouper, au sein d'un bâtiment « Chimie-Bio », le Centre commun de Résonnance Mécanique Nucléaire, où s'effectuent les analyses, et l'Institut de Chimie et Biochimie Moléculaires et Supramoléculaires, qui est l'un des plus grands utilisateurs du centre.

Auparavant, l'institut et le centre étaient dans des bâtiments séparés. Rapprocher ces deux lieux a donc répondu à une demande très forte des chercheurs. Ce qui leur a été offert ainsi ? Un bien précieux, en particulier dans la recherche : cela s'appelle du temps.

De la même façon, nous devons opérer également une mise en relation, par les campus, de la recherche, de l'enseignement supérieur, et des entreprises locales implantées sur vos territoires.

C'est la logique des Campus des Métiers et des Qualifications. Mais c'est aussi une logique qui doit s'étendre à l'ensemble de nos campus.

Non seulement parce que cela est essentiel, par exemple, pour les stages et la formation en alternance.

Non seulement parce que cela permet aussi de nouer des liens étroits entre la recherche, l'innovation, et le monde économique et professionnel.

Mais plus fondamentalement encore, parce que dans la société qui se dessine aujourd'hui, dans l'accélération des évolutions techniques et technologiques que nous connaissons, nos établissements de l'enseignement supérieur occuperont une place de plus en plus importante, notamment avec le développement de la formation tout au long de la vie.

Le campus ne sera donc plus uniquement le lieu de nos jeunes années : ce sera un lieu dans lequel nous reviendrons, au fil des ans, et qui nous accompagnera tout au long de notre existence.

Voilà pourquoi nous devons, en un sens, mettre nos établissements d'enseignement supérieur et de recherche au cœur de nos villes, et au cœur de nos territoires !

La recherche a d'ailleurs un rôle essentiel à jouer dans ce domaine, non seulement sur le campus, mais pour le campus.

En effet, c'est par la recherche et l'innovation que nous pourrons bâtir des campus qui tiennent compte des enjeux écologiques d'aujourd'hui, c'est par elles que nous pourrons penser d'autres modes de circulation, d'autres façons de lier, sur un même territoire, la recherche, l'enseignement, et l'ensemble de la société.

Voilà pourquoi je tiens, très sincèrement, à saluer le choix que vous avez fait de vous emparer, à l'occasion de ce colloque, d'un tel sujet.

Mais je sais aussi qu'il y a, aujourd'hui, bien d'autres sujets qui nous concernent. Des sujets parfois préoccupants.

J'évoquais l'importance des échanges et des dialogues dans la vie intellectuelle. Ma venue à ce colloque est aussi pour moi un moment important, car il me permet d'échanger avec vous sur ces points.

Je commencerai par celui qui a occupé, cette semaine, le devant de la scène : le financement de la recherche. C'est à mes yeux comme aux vôtres, une question centrale.

La souffrance d'une recherche qui n'a plus les moyens de se mener, Claude Bernard l'évoquait déjà en son temps, lorsqu'il écrivait : « J'ai connu la douleur du savant qui, faute de moyens matériels, ne peut entreprendre de réaliser des expériences qu'il conçoit et est obligé de renoncer à certaines recherches, ou de laisser sa découverte à l'état d'une ébauche. »

Si je le cite ici, c'est parce qu'il nous rappelle, comme l'on fait les prix Nobels en signant cette tribune, que la recherche nécessite, de la part de l'État, de la part du gouvernement, un soutien véritable.

Car ce qui se prépare dans les recherches actuelles, ce sont, non seulement, les solutions aux défis de demain, mais les réponses aux questions d'aujourd'hui.

Telle est ma conviction.

C'est bien pour cela que j'ai souhaité que soient créés des postes pour soutenir l'enseignement et la recherche sur deux thèmes cette année : la radicalisation, d'une part, et l'islamologie, d'autre part.

Parce que l'action, sans la pensée, n'a ni rigueur, ni profondeur, ni efficacité. Et vous êtes, toutes et tous, non seulement des travailleurs de la preuve, comme le disait Bachelard, mais des travailleurs de la pensée. Et c'est bien de sens dont nous avons besoin aujourd'hui.

Alors je tiens à redire devant vous ce que j'ai eu l'occasion de rappeler il y a peu :

Oui, je m'engage, si ces 134 M€ venaient à manquer aux organismes dans la conduite de leurs projets, à prendre les mesures nécessaires pour réabonder leurs crédits.

Oui, dès le mois prochain, une enveloppe supplémentaire de 65 M€ permettra à l'ANR (Agence nationale de la recherche) de retenir davantage de projets en 2016.

Oui, cet effort sera porté à 120 M€ l'année suivante !

Et oui, sur les 10 Md€ du PIA 3, il y aura bien 5 milliards consacrés à la recherche, à l'enseignement supérieur et à la formation.

Parce que je sais que vous ne pouvez pas vous payer de mots. Et parce que je suis convaincue de l'importance de la recherche dans le monde d'aujourd'hui.

Aussi, je tiens à vous le dire, en tant que ministre de l'Éducation Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, je suis à vos côtés.

Je suis avec vous.

Et je me battrai, et je ferai absolument tout ce qui est en mon pouvoir pour que le budget de la recherche soit sanctuarisé et même augmenté.

Car toucher à la recherche, ce n'est pas seulement mettre à mal le présent, c'est gravement compromettre l'avenir.

Alors, bien sûr, il peut exister, entre nous des désaccords. Mais le monde de la recherche et de la science lui-même n'en est pas exempt. Le plus important, c'est de pouvoir dialoguer et avancer ensemble.

Ainsi, sur la question des masters, la concertation est en cours. Et ce qui se joue, finalement, à travers, plus généralement, cette question de la bonne structuration de nos études supérieures, c'est notre capacité à opérer, dans les années qui viennent, une démocratisation de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Voilà l'enjeu qui est le nôtre. Dans leur tribune, les prix Nobels rappelaient, à juste titre, l'effort considérable d'investissement consenti par les autres pays.

Et bien, il y a un autre phénomène qui est à l'œuvre, aujourd'hui, dans l'ensemble du monde : c'est l'augmentation du niveau de qualification.

Partout où vous tournez votre regard, vers les puissances économiques actuelles comme vers les pays émergents, le niveau de qualification s'élève.

La Chine comptait, en 1994, 7 % d'une classe d'âge qui accédait à l'Enseignement Supérieur. Ce pourcentage s'élève, aujourd'hui, à 17 %, et l'objectif fixé pour 2020 est de 50 %, soit 60 millions d'étudiants.

La Corée du Sud compte 59 millions d'habitants. A peu près le même nombre qu'en France. Mais elle compte 40 % d'étudiants de plus que nous, soit 3,3 millions d'étudiants en tout.

Cela est vrai en Corée du Sud et en Chine, mais aussi aux Etats-Unis, en Inde, ou au Brésil.

Et ce n'est pas un hasard. C'est le résultat de politiques ambitieuses. Cela correspond à un choix, un choix que nous avons aussi fait, au sein de ce gouvernement, un choix voulu par le Président de la République.

43,5 % des jeunes accèdent aujourd'hui à un diplôme de l'enseignement supérieur. François Hollande a fixé l'objectif de 60 % d'une classe d'âge dans l'Enseignement Supérieur.

Aux crises et aux défis que nous rencontrons, cet objectif apporte des réponses fortes. Des réponses qui prennent en compte les exigences du présent, les apports du passé, et les perspectives de l'avenir.

Ces réponses sont celles de la connaissance, du savoir, et de la culture. Celles de notre enseignement supérieur et de notre recherche.

Celles que vous portez, jour après jour, dans vos établissements.

Nous avons aujourd'hui 2,4 millions d'étudiants, soit 8 fois plus qu'il y a 50 ans.

Cette augmentation ne cesse de s'accroître : il y a en moyenne 30.000 étudiants supplémentaires par an dans nos universités.

A la rentrée 2015, l'augmentation a été de 37 000 étudiants et même 63 000, si nous comptons les doubles inscriptions des élèves de CPGE, qui, je le sais, bénéficient aussi de votre appui dans le cadre des conventions que vous avez passées avec les lycées.

Sans doute en ira-t-il de même pour la rentrée prochaine.

C'est une excellente nouvelle. C'est même une chance, que nous devons saisir. Et cela nécessite, de notre part, un réel accompagnement, une réelle réflexion, une réelle ambition.

Un accompagnement au plus près de nos territoires, d'où la nécessité, dans chaque académie, d'un travail précis des universités et du rectorat pour ajuster les capacités d'accueil.

Une réflexion sur la bonne continuité entre les dernières années du lycée et les premières années dans le supérieur : c'est l'accueil des bacheliers techno en IUT, et l'accueil des bacheliers pro en STS. Parce que c'est là notamment qu'ils maximisent leurs chances de réussite et nous le leur devons.

Une ambition pour les étudiants que nous accueillons. Oh non ne laissons jamais dire que nous souffririons d'un trop plein d'étudiants ! Quelle misère que ce propos malthusien. Nous souffrons au contraire d'un manque de diplômés pour relever les défis de l'avenir ! Voilà pourquoi nous devons absolument réussir à démocratiser l'enseignement supérieur.

C'est un sujet sensible. J'en suis consciente.

Mais, écoutez-moi bien, je suis également convaincue que les meilleures réponses à donner aux crises que nous rencontrons, la meilleure façon de donner, à notre avenir, des fondations solides, passe nécessairement par une véritable démocratisation de l'enseignement supérieur.

Oui, cela demandera, de notre part, à toutes et à tous, des efforts considérables ! Oui, cela demande, à bien des égards, des évolutions conséquentes, y compris dans l'organisation de nos campus !

Oui, cela demande aussi une ambition budgétaire à la hauteur !

C'est pour cette raison, pour parler nettement, que je me bats, et Thierry aussi à mes côtés, pour que le budget 2017 soit en phase avec les engagements du Président de la République en faveur de la jeunesse, et soit en phase avec les exigences de la situation présente.

Mais ces exigences ne sont ni ponctuelles ni conjoncturelles. Elles ne sont pas de celles que l'on satisfait par un simple arbitrage budgétaire d'un exercice. Elles nous engagent pour aujourd'hui, pour 2017 et au-delà, pour l'avenir de notre jeunesse car l'enseignement supérieur comme la recherche requièrent des engagements sur le moyen et le long terme.

C'est pour cela que je prépare actuellement, avant de le présenter prochainement au premier ministre, un plan pluriannuel pour accompagner les universités et les établissements d'enseignement supérieur dans les objectifs que nous nous sommes fixés dans la stratégie nationale de l'enseignement supérieur. Nous ne pouvons pas faire comme si cette stratégie ambitieuse que nous avons actée, d'abord par le président de la république lui-même puis par la représentation nationale où nous l'avons présentée, pouvait se réaliser sans induire de nouveaux efforts conséquents de la part de notre pays. Ce serait évidemment factice alors. La démocratisation de l'enseignement supérieur est pour moi un sujet bien trop sérieux pour rester dans le factice et le superficiel. Alors oui, dans ce plan pluriannuel, il sera question de tous les sujets qui fâchent et auxquels nous devons planifier et apporter des solutions : constructions et rénovations universitaires, maillage territorial, ressources humaines, innovation et réingénierie des pratiques pédagogiques, notamment au travers du numérique, tout cela au profit de la réussite des jeunes.

Oui mesdames et messieurs, si je tiens à démocratiser l'enseignement supérieur, ce n'est pas par je ne sais quelle lubie idéologique !

J'y tiens parce que je suis justement convaincue de votre importance ! Convaincue de l'importance de la recherche ! Et convaincue que les véritables solutions, pérennes, aux crises que nous traversons, viendront des lieux de pensées, des lieux de vie, d'études et de recherches !

Si je défends si vivement la démocratisation, vous auriez tort d'y voir une défiance ou une remise en cause à votre égard.

Voyez-y tout au contraire le signe de mon profond respect et de ma vive reconnaissance à l'égard des institutions et des établissements que vous représentez.


Je vous remercie.


Source http://www.najat-vallaud-belkacem.com, le 30 mai 2016

Rechercher