Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la disparition du vol Egyptair MS804, à Paris le 21 mai 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la disparition du vol Egyptair MS804, à Paris le 21 mai 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

ti :
Mesdames et Messieurs,


J'ai reçu ce matin les familles et les proches des passagers du vol MS804 d'Egyptair afin de leur adresser d'abord, au nom du président de la République, du Premier ministre et de tout le gouvernement, et bien sûr en mon nom personnel, accompagnés d'Alain Vidalies et de Mme Juliette Méadel qui participaient à cette réunion, notre profonde compassion et notre solidarité dans les moments particulièrement douloureux que ces personnes traversent.

Cette réunion a rassemblé une centaine de personnes dans un climat d'intense émotion - vous l'imaginez - mais aussi de grande dignité, en présence des responsables d'Aéroports de Paris, d'Egyptair, des associations d'aide aux victimes - la FENVAC et l'INAVEM - mais aussi des bénévoles, notamment de la Croix-Rouge.

Cette réunion a permis de partager l'ensemble des informations connues à ce stade sur la disparition de ce vol. Toutes les familles qui le souhaitaient ont pu s'exprimer. Elles ont pu poser des questions à tous les responsables présents qui ont répondu avec la même franchise qu'il était souhaitable par respect pour les personnes présentes.

J'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises déjà : à cet instant où je vous parle, toutes les hypothèses sont examinées et aucune n'est privilégiée.

Notre objectif est double : solidarité avec les familles mais aussi transparence à leur égard sur les circonstances de la disparition de cet avion. De concert avec l'ambassadeur d'Égypte qui était présent à cette réunion, j'ai beaucoup insisté sur la volonté des autorités françaises de dire toute la vérité sur ce qui s'est passé. C'est une demande légitime et essentielle pour toutes les familles.

Lors de cette réunion, le Parquet de Paris a fait le point sur l'état de l?enquête judiciaire qui a été immédiatement diligentée en France. Une enquête a été également déclenchée en Égypte.

Le bureau d'enquêtes et d'analyses a précisé les procédures qui visent à établir les causes de la disparition du vol. Le directeur de l'institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale a expliqué les méthodes et les procédures d'identification des victimes.

J'ai rappelé que la France met à la disposition des autorités égyptiennes l'ensemble des moyens dont elle dispose pour avancer dans la recherche de l'appareil et des victimes. Les enquêteurs du bureau d'enquêtes et d'analyses sont déjà arrivés au Caire hier après-midi, pour participer à l'enquête qui est ouverte par l'Égypte.

Nous avons également mobilisé un avion et un bâtiment de la marine nationale pour contribuer aux recherches. Enfin, notre ambassade au Caire accueille les familles qui souhaitent se rendre en Égypte, certaines l'ont fait dès hier.

Je suis bien sûr en contact permanent avec mon homologue, le ministre des affaires étrangères égyptien, M. Sameh Choukri, qui m'a confirmé le souhait des autorités égyptiennes de coopérer étroitement avec nous dans la recherche de la vérité, de toute la vérité, comme nous l'avons redit ce matin aux familles.

Je le dis à nouveau, comme je l'ai dit toute cette matinée aux familles : agir en transparence avec elles. Je m'engage à ce que la France rende compte, au fur et à mesure, de l'évolution des différentes procédures qui sont mises au service de la vérité. À cet égard, je dois à nouveau souligner, comme je l'ai fait hier et avant-hier, que des informations circulent, ici ou là, parfois d'ailleurs contradictoires, et donnent lieu trop souvent à des interprétations presque définitives. Je mets en garde contre cette manière de faire car elle met les familles dans une tension douloureuse que je voulais exprimer devant vous. La meilleure réponse à ces informations parcellaires, c'est que les enquêtes puissent se dérouler dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible, parce que c'est par cette voie-là que nous pourrons avoir la vérité sur ce qui s'est passé.

Rechercher l'appareil est, bien sûr, aujourd'hui la priorité en cours, comme trouver les boîtes noires pour les analyser, ce qui nous permettra d'avoir les réponses aux questions qui se posent légitimement.

Je voudrais compléter mon propos en m'adressant aux médias, à la demande des familles. Plusieurs intervenants ont souhaité que leur anonymat soit respecté. Bien sûr, je le dis avec tout le respect que je leur dois, je suis particulièrement attentif à l'indépendance des médias ; cette question n'est pas en cause ni en débat. Je vous transmets simplement la demande des personnes qui se sont exprimées et qui souhaitent que, lorsqu'elles le demandent, la photo de leurs proches ne soit pas publiée ou même que le nom de certaines personnes de leur famille ne le soit pas non plus.

C'est leur liberté, je vous ai transmis leur demande, peut-être le feront-elles directement.

Au nom de la France, encore une fois, j'exprime ma solidarité mais aussi notre affection qui est celle des Françaises et des Français, j'en suis sûr, à l'égard de toutes ces personnes qui, brutalement ont appris qu'un de leurs proches, parfois une famille entière avait sombré en mer, et qui veulent savoir afin de faire leur deuil.

C'est un moment difficile, un moment douloureux et je voulais le redire encore, nous sommes à leurs côtés. Ce que nous avons à faire, au-delà des paroles, c'est notre travail avec les autorités égyptiennes pour que, le plus vite possible, nous puissions informer les familles et l'opinion publique de ce qui s'est passé réellement.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 mai 2016

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