Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur les aspects économiques des grands événements sportifs internationaux organisés en France, à Paris le 26 mai 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur les aspects économiques des grands événements sportifs internationaux organisés en France, à Paris le 26 mai 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Ouverture des 4èmes rencontres internationales grands événements sportifs (RIGES 2016), à Paris le 26 mars 2016

ti : Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Madame la Directrice générale,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,


Je tenais à être présent à l'ouverture de ces rencontres internationales, je le fais avec Patrick Kanner qui s'exprimera dans quelques instants. Je souhaite la bienvenue aux nombreux invités étrangers qui ont accepté notre invitation ; ils sont, bien sûr, les bienvenus. Ils sont des amis de la France mais ils viennent aussi pour travailler avec nous et j'en suis très heureux. Je suis particulièrement heureux d'accueillir M. Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt, ministre des sports et de l'éducation physique du Cameroun et M. François Albert Amichia, ministre des sports et des loisirs de la Côte d'Ivoire, ainsi que tous les autres invités internationaux. Je n'oublie pas que la Côte d'Ivoire accueillera, en juillet 2017, les huitièmes Jeux de la Francophonie.

En France, l'amour de la France pour le sport ne date pas d'hier, vous le savez tous, vous qui êtes ici. Nous avons la chance de disposer d'un nombre très important de fédérations sportives. Notre pays a organisé de très nombreuses compétitions et continue de le faire. Il a vu naître de grandes fédérations internationales. En cette veille d'ouverture de l'Euro 2016, je pense notamment à Robert Guérin et Jules Rimet qui ont joué un rôle extraordinaire dans l'émergence du football dans le monde, oeuvrant respectivement pour la création de la Fédération internationale de football amateur et la Coupe du monde. C'est une initiative de sportifs français éminents. Nous pouvons donc aussi être fiers de nous-mêmes. Il nous arrive si souvent de ne voir que ce qui ne fonctionne pas. J'aurai l'occasion dans mon propos de vous montrer qu'il y a beaucoup de choses qui fonctionnent et qui peuvent mieux fonctionner grâce à notre effort collectif. Alors, nous pouvons, de temps en temps, revendiquer la fierté de ce que nous sommes et de ce que nous pouvons faire ensemble.

La France est, depuis longtemps, une terre d'accueil de grands événements sportifs internationaux. Certains sont récurrents, vous l'avez rappelez Madame la Directrice générale, comme le tournoi de Roland Garros - qui se déroule en ce moment même - ou encore le Tour de France qui va commencer dans quelques semaines, pour ne mentionner que les rendez-vous les plus célèbres qui sont connus partout dans le monde. L'Euro, qui s'ouvre dans deux semaines est un autre exemple. Il s'agira du plus grand Euro jamais organisé.

L'accueil de nos hôtes étrangers va de pair avec notre souci constant de la sécurité de chacun. Je sais que c'est une question importante qui est posée par les Français légitimement, mais aussi par tous nos hôtes internationaux. Je m'en rends compte dans mes déplacements à travers le monde. Je dois ici rappeler que la France a mis tous les atouts de son côté, avec l'immense travail que mène le ministre de l'intérieur, M. Bernard Cazeneuve, comme il l'a rappelé hier, à la fois au conseil des ministres mais aussi publiquement à l'Assemblée nationale. La France met en oeuvre un dispositif exceptionnel afin de faire face à toute menace potentielle, tout en permettant la tenue d'une telle manifestation dans l'ambiance sportive que chacun attend, mais aussi une ambiance de fête. Nous allons y contribuer avec toutes nos forces, c'est-à-dire les agents publics, avec toutes les organisations privées qui s'occupent de la sécurité de cet événement, mais aussi avec le soutien très engagé des collectivités locales, en particulier des villes.

D'autres grands évènements sportifs suivront : les championnats du monde de handball que nous accueillerons en janvier 2017, le championnat du monde de hockey sur glace que nous co-organiserons en mai 2017 avec nos amis allemands, les championnats du monde de lutte en août 2017, la Ryder Cup de golf en 2018, la coupe du monde de football féminin en 2019.

Cette liste est vraiment impressionnante en si peu de temps. Ce n'est pas un hasard si la France est choisie pour des évènements sportifs si divers : nos fédérations, et les fédérations internationales, en particulier, savent qu'elles y trouveront un public enthousiaste et des conditions d'organisation et d'accueil optimales et professionnelles.

Cet environnement favorable est une force. Cet enthousiasme de notre pays pour les grandes compétitions représente autant d'espoirs pour la candidature de la France, la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques d'été en 2024. Je rencontrais hier le président du comité de candidature Paris 2024, M. Bernard Lapasset, et son équipe, je dois vous dire que j'ai été impressionné par la qualité, la compétence et l'esprit de mobilisation qui permet d'envisager ce grand projet avec espoir et confiance. C'est d'ailleurs tout notre pays qui doit être mobilisé pour permettre à Paris de relever avec succès ce formidable défi national.

L'accueil de ces nombreux événements permet de porter haut les couleurs du savoir-faire français dans le domaine des infrastructures sportives et de l'organisation de grands évènements. Ce savoir-faire est associé à la «marque France», dont les différentes facettes vous serons présentées lors des panels de la journée.

La marque France, c'est avant tout un état d'esprit, un style, reconnu dans le monde entier et qu'il faut faire connaître encore davantage : c'est la promotion d'un certain art de vivre. Je rencontrais, il y a peu de temps, un chef d'entreprise d'une PME à l'étranger qui travaille à l'export qui me disait : «je vends de l'art de vivre français, cela permet aussi de faire vendre des Airbus et beaucoup d'autres choses encore».

Donc, tout se tient, tout va ensemble et c'est à nous d'y contribuer et de le promouvoir, en ce qui concerne le sport, la convivialité, mais aussi la capacité d'innovation, de créativité et de qualité. Ce sont toutes ces conditions qui nous permettront de nous projeter dans l'avenir et de faire en sorte que les entreprises du secteur sport puissent progresser. C'est tout l'enjeu de cette rencontre.

J'ai parlé des valeurs ; mon ministère, celui des affaires étrangères et du développement international est totalement engagé, comme le ministère des sports et les opérateurs, Business France et Atout France, qui promeuvent dans le cadre de ce qu'il convient d'appeler notre «diplomatie sportive» - je revendique le mot, elle existe, comme il y a aussi la diplomatie culturelle.

Tout cela contribue à l'image de la France, à son attractivité, et c'est à nous de le promouvoir et de le faire connaître. Le sport, comme le tourisme, est une filière économique à part entière qu'il faut continuer à organiser et à renforcer.

Les marchés internationaux des biens à usage sportif et des grands évènements sportifs offrent de considérables opportunités de croissance pour nos entreprises françaises. Je sais que dans beaucoup de pays émergents, comme on dit, la hausse de la pratique sportive populaire, amateur et aussi professionnelle, stimule la demande. C'est une chance à saisir, c'est à nous de la saisir tous ensemble pour toutes les entreprises avec le soutien des pouvoirs publics. Nous sommes réunis ensemble pour cela aujourd'hui.

Notre objectif est de vous aider à identifier ces marchés porteurs, à en comprendre les ressorts et à vous préparer à les aborder. Dans votre sillage, d'autres entreprises sont prêtes à vous suivre sur des marchés qui sont en train d'exploser et de se développer. Je pense aux marchés de la ville durable, de la mobilité où la France a beaucoup d'atouts. Mais elle peut faire beaucoup mieux encore, et pas seulement nos grands groupes, les PME aussi qui, à leurs côtés souvent, mais parfois de façon autonome, peuvent proposer des solutions. Il y a bien sûr le marché de la sécurité. Nous avons le devoir de travailler ensemble car parfois, la réponse doit être globale.

Je recevrai prochainement la vice-Premier ministre chinoise, dans le cadre d'une conférence que nous organisons et que je coprésiderai avec elle sur ce que l'on appelle les échanges humains. Elle visitera plusieurs sites dont celui de Chamonix, puisque la Chine organisera les Jeux olympiques d'hiver, elle veut voir comment nous nous y sommes pris en France. Là aussi, ce sera l'occasion de nombreuses rencontres, pas seulement avec les institutions, pas seulement avec les collectivités publiques, mais aussi avec les entreprises, c'est-à-dire celles que vous représentez notamment aujourd'hui. Il s'agit donc de mieux travailler ensemble, d'apporter des solutions sur toute la gamme de ces marchés considérables et qui vont continuer de se développer, afin de proposer une offre française intégrée.

Cette approche est symbolisée par la démarche sport à l'export et structurée grâce à la filière sport installée il y a deux mois par le ministère des sports, le ministère de l'économie et le ministère des affaires étrangères et du développement international - je pense que Patrick Kanner l'évoquera plus en détails dans quelques minutes.

L'organisation de ces quatrièmes rencontres par Business France, notre opérateur pour l'accompagnement international des entreprises et l'attractivité, témoigne de l'engagement des pouvoirs publics aux côtés des acteurs économiques du sport.

Mais le rendez-vous d'aujourd'hui n'est pas uniquement destiné à valoriser l'excellence française. Grâce notamment à la présence des délégations du Cameroun, de Côte d'Ivoire, du Qatar et de Russie que je salue aussi, c'est également un moment d'échange privilégié avec les organisateurs des grands événements sportifs à venir.

Je vous remercie donc tous d'être ici ce matin. Car, au-delà de ces formidables opportunités, ce qui nous unit avant tout, c'est la passion du sport, avec les valeurs qu'il véhicule : solidarité, dépassement de soi, respect des adversaires et amitié entre les peuples.

Nous vivons dans un monde, je suis bien placé pour vous en parler, où nous avons beaucoup de combats à mener, pour que les règles du respect des autres et du droit soient la réalité partout dans le monde. Même si cette réalité progresse, il y a encore trop de conflits, trop de violences. Il est vrai que le sport ne règle pas tout, mais il permet de promouvoir des valeurs de respect des règles, de partager des émotions puissantes, des émotions qui transcendent, des émotions qui rapprochent les peuples, les hommes et les femmes dans nos sociétés. La France le sait pour avoir vécu de grands moments. On dit que cela ne dure pas, mais il faut commencer pour que cela dure. Le sport est là non pas pour tout résoudre, mais pour contribuer à apporter des réponses, et faire en sorte que les grands événements soient exceptionnels et réussis. Vous en êtes donc les artisans et nous avons besoin les uns des autres.

Je souhaite à toutes et à tous que cette journée soit fructueuse, qu'elle soit utile et que vous puissiez aussi partager un moment de convivialité et de fraternité. Ce sera à l'image des valeurs que nous voulons promouvoir.

Merci, bon travail et bonne journée.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 30 mai 2016

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