Interview de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à France Inter le 31 mai 2016, sur la grève à la SNCF. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à France Inter le 31 mai 2016, sur la grève à la SNCF.

Personnalité, fonction : VIDALIES Alain.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche

ti : LEA SALAME
Bonjour Alain VIDALIES.

ALAIN VIDALIES
Bonjour.

LEA SALAME
On va parler de la situation à la SNCF et à AIR FRANCE, dans un instant, mais d'abord, ça fait deux semaines que les raffineries sont bloquées, que le pays est bloqué. Est-ce que vous avez des nouvelles de la ministre de l'Energie et des Transports ? On est inquiet.

ALAIN VIDALIES
Eh bien écoutez, moi je peux vous en donner, puisque je travaille quotidiennement avec elle. Il se trouve, au téléphone, parce qu'il y a beaucoup de déplacements, vous savez qu'elle préside la COP21 et qu'il y a la préparation de la signature, ce n'est pas…

LEA SALAME
Je ne doute pas qu'elle travaille…

ALAIN VIDALIES
Ce n'est pas très simple, donc….

LEA SALAME
… mais pénurie d'essence, blocage dans les transports, on n'entend pas Ségolène ROYAL, est-ce que c'est normal ?

ALAIN VIDALIES
Ecoutez, elle m'a confié le soin de le faire, alors peut-être que je le fais mal, mais j'essaie…

LEA SALAME
Ce n'est pas trop dur d'être envoyé au front quand sa supérieure hiérarchique ne veut pas parler ?

ALAIN VIDALIES
Ce n'est pas qu'elle ne veut pas parler, elle est en déplacements…

LEA SALAME
Ecoutez, on l'invite quasiment tous les jours, parce qu'on a…

ALAIN VIDALIES
Ah écoutez, je suis désolé que ma prestation révèle son absence…

LEA SALAME
Non non, on est ravi de vous avoir !

ALAIN VIDALIES
… et de cette manière…

LEA SALAME
On est ravi de vous avoir, on est juste inquiet.

ALAIN VIDALIES
Vous savez, c'est comme au foot, je suis remplaçant et j'essaie de faire au mieux.

LEA SALAME
Non non, non non, on entend bien, mais vous nous confirmez qu'elle suit les dossiers.

ALAIN VIDALIES
Ah tout à fait.

LEA SALAME
Elle n'est pas que sur la COP21.

ALAIN VIDALIES
Tout à fait.

LEA SALAME
D'accord.

ALAIN VIDALIES
Je peux vous dire que hier matin, alors, pour votre précision, ça devait être de bonne heure, vers 07h30, je l'ai appelée, elle était à Moscou, et nous avons fait le point de la situation. Voilà.

LEA SALAME
Ecoutez, tant mieux. On est content de vous avoir, en tout cas, monsieur VIDALIES ce matin.

ALAIN VIDALIES
Merci.

LEA SALAME
Après les raffineries et les centrales nucléaires, c'est désormais la SNCF qui est au coeur du conflit social. Guillaume PEPY a-t-il menacé de démissionner hier, ou ce week-end ?

ALAIN VIDALIES
Non, il n'a pas menacé de démissionner, il y a eu un débat, et je voudrais être très clair, la SNCF elle appartient ni aux cheminots, ni à la Direction de la SNCF, elle appartient aux Français. Et de ce point de vue, l'idée qu'il pourrait y avoir quelque part un désaccord persistant entre la Direction et le gouvernement, ça ne peut pas exister, donc nous avons des discussions en permanence, parfois il arrive à me convaincre, parce que c'est un grand professionnel, un grand serviteur de l'Etat, parfois nous avons des visions différentes, donc, ce n'est pas une situation qui est nouvelles, mais dans tous les cas, il ne peut pas y avoir deux stratégies. En l'occurrence, en l'occurrence, il y avait la nécessité pour moi d'avoir un accord d'entreprise, c'est un peu compliqué, je résume, mais on a besoin de trois documents rapidement : un décret socle, je l'ai préparé, un accord de branches qui concerne le public et le privé, il est prêt, et le privé a fait le nécessaire pour la négociation, et j'ai constaté qu'on était en retard dans la négociation sur le public, donc j'ai souhaité qu'on accélère. Mon objectif, c'est que lundi prochain, les salariés, les syndicats, puissent prendre leurs responsabilités face à ces trois documents.

LEA SALAME
Le problème, parce que là, la conversation est assez technique, le problème c'est que Guillaume PEPY a engagé depuis plusieurs mois une négociation sur l'organisation du travail au sein de la SNCF, et il vous accuserait, parce qu'il y a la grève, parce qu'il y a la menace de la CGT, il vous accuserait d'interventionnisme intempestif, vous, le gouvernement, vous seriez en train de négocier derrière son dos, avec la CFDT, notamment ce week-end, pour qu'ils lèvent le préavis de grève, ce qu'ils ont fait, hein, et de le forcer à donner une victoire symbolique à la CGT. Est-ce que monsieur PEPY fantasmerait cela ?

ALAIN VIDALIES
Je n'ai jamais négocié en l'absence de la Direction de la SNCF. Toutes les réunions qui ont eu lieu ce week-end, le DRH de la SNCF était présent. Deuxièmement, je le répète, il ne peut pas y avoir de désaccord. Je ne sais pas si les propos que vous rappelez sont justes, je ne les ai pas entendus, mais dans tous les cas, cette idée qu'il pourrait y avoir un débat ou un désaccord, n'existe pas.

LEA SALAME
Trois syndicats lancent donc un mouvement reconductible à partir de ce soir à la SNCF, est-ce que vous avez des craintes sur l'ampleur des perturbations ? Est-ce que vous avez des informations à donner à ceux qui nous écoutent ce matin ?

ALAIN VIDALIES
Oui, moi j'ai travaillé tout le week-end, samedi et dimanche compris, pour essayer de faire avancer les choses. Je m'occupe de la situation des Français, et c'est vrai qu'une grève à la SNCF c'est pas un petit problème, c'est conséquence quotidienne, donc nous avons des prévisions, parce que la CFDT a accepté les nouvelles propositions que nous avons formulées, la Direction et moi, ensemble, et il y aura à peu près, de ce que je sais, à l'heure qu'on parle, 60 % de la circulation sur les TGV qui sera assurée et à peu près 50 % sur le Transilien, et 45 sur l'Intercités, c'est-à-dire un mouvement, certes sérieux, mais qui ne sera pas de l'ampleur qu'on pouvait imaginer. J'ajoute que je continue…

LEA SALAME
Qui va durer combien de jours, monsieur VIDALIES ?

ALAIN VIDALIES
Sans lancer dans une grève qui est annoncée comme étant reconductible, c'est pour ça que j'ai forcé les négociations, et deuxièmement, je continue à négocier, et j'espère qu'il y aura demain, peut-être, un autre syndicat qui se ralliera aux propositions.

LEA SALAME
Lequel ?

ALAIN VIDALIES
J'ajoute…

LEA SALAME
Lequel, vous visez lequel ?

ALAIN VIDALIES
Eh bien écoutez, ceux qui sont le moins loin de nous, évidemment, la question de l'UNSA.

LEA SALAME
C'est-à-dire ?

ALAIN VIDALIES
La CGT rentre dans le débat, en étant pour les 32 heures. Je suis désolé de le dire publiquement, mais voilà, il n'y aura pas de 32 heures à la SNCF, donc je ne peux pas avancer de ce point de vue là.

LEA SALAME
La RATP, on en est où ?

ALAIN VIDALIES
Eh bien, la RATP, tout le monde annonce une grande grève à la RATP…

LEA SALAME
Eh bien oui.

ALAIN VIDALIES
Il n'y a que la CGT qui a appelé à faire grève à la RATP, c'est jeudi. La dernière fois qu'il n'y avait que la CGT qui annonçait une grève à la RATP, les conséquences n'étaient que dans les dépêches AFP, parce que le rapport de force fait qu'il n'y aura pas, de ce point de vue-là, des perturbations qui seront très importantes. Donc je le dis…

LEA SALAME
Donc vous n'êtes pas inquiet.

ALAIN VIDALIES
… il y suffisamment de problèmes pour ne pas en rajouter.

LEA SALAME
Il n'y a pas de problème à la RATP, si on vous écoute ce matin…

ALAIN VIDALIES
Eh bien, il y a un syndicat qui fait grève, je le respecte, mais je sais qu'il n'y aura pas de perturbations majeures.

LEA SALAME
Bon, les airs maintenant, l'aviation civile, la CGT a déposé un préavis de grève pour les 3, 4, 5 juin prochains. Est-ce qu'il va y avoir des perturbations dans le ciel ?

ALAIN VIDALIES
Alors-là, je ne sais pas du tout, parc qu'en réalité, c'est une sorte de préavis qui a lieu tous les ans, avant la négociation sur le pacte social, ça commence aujourd'hui, le préavis est pour vendredi, et donc savoir si ce soir, demain, il y aura un résultat positif ou pas, je ne sais pas, donc je ne peux pas répondre à cette question, et donc je vais évidemment m'occuper ce soir, cette nuit, de cette question aussi.

LEA SALAME
C'est pas gagné, à dix jours de l'Euro. Vous n'êtes pas inquiet ? Il y a deux millions et demi de personnes, de supporters étrangers, qui débarquent dans dix jours, est-ce que ça va être l'horreur ?

ALAIN VIDALIES
Vous pouvez évidemment imaginer que c'est ma préoccupation, que c'est celle du Premier ministre, du président, que nous en parlons tous les jours. En même temps, ces sujets avancent. Nous, ce qu'on a dit sur la SNCF, ce qu'on a dit sur la RATP, j'espère aboutir sur l'aviation civile, c'est clair.

LEA SALAME
Benoit HAMON, hier, à votre place, menaçait : « Si rien ne change, nous sommes prêts à déposer une nouvelle motion de censure ». Vous lui répondez quoi ?

ALAIN VIDALIES
Eh bien écoutez, je lui réponds que dans un pays, quand on est de gauche et quand on est dans un pays où le Front national fait 35 %, on a beau m'expliquer tous les matins que c'est à cause de la politique qu'on mène que les gens sont perdus, l'extrême droite elle monte partout en Europe, et si elle monte en Autriche…

LEA SALAME
Votre réponse à monsieur HAMON, c'est le Front national.

ALAIN VIDALIES
Oui, ma réponse, c'est dire que quand on est de gauche, on a une responsabilité historique aujourd'hui, c'est de se rassembler et de ne pas s'exonérer de cette responsabilité et de cette situation. Chacun connait mon histoire, j'appartiens plutôt à cette famille-là, et je pense qu'aujourd'hui, en termes de priorité, il faut rassembler les Républicains de gauche et les écologistes.

LEA SALAME
Encore un mot, Pierre GATTAZ qui compare hier dans Le Monde, les syndicalistes de la CGT à des voyous, des terroristes. Il dit tout haut ce que vous pensez tout bas ?

ALAIN VIDALIES
Ecoutez, je condamne totalement ce que dit monsieur GATTAZ, et ça précise une chose, on le savait déjà un peu fâché avec les chiffres, il est aussi fâché avec les lettres, je crois.

LEA SALAME
Monsieur VIDALIES, est-ce que la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler ?

ALAIN VIDALIES
Non, je pense que c'est une formule que je n'aurais pas utilisée, je crois qu'il faut faire attention, quand dans le débat public, surtout quand on est un responsable et quand on parle à des gens, de ne pas utiliser des mots qui peuvent être mal interprétés ou de faire des comparaisons qui ne sont pas heureuses.

LEA SALAME
La formulation était d'Emmanuel MACRON. Merci à vous, très belle journée, Alain VIDALIES.

ALAIN VIDALIES
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 1er juin 2016

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