Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur les conséquences d'une éventuelle dénonciation des accords du Touquet de 2003 après le référendum britannique en faveur de la sortie de l'Union européenne, à l'Assemblée nationale le 29 juin 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur les conséquences d'une éventuelle dénonciation des accords du Touquet de 2003 après le référendum britannique en faveur de la sortie de l'Union européenne, à l'Assemblée nationale le 29 juin 2016.

Personnalité, fonction : CAZENEUVE Bernard.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Vincent Ledoux, député (Les Républicains) du Nord, à l'Assemblée nationale le 29 juin 2016

ti : Monsieur le Député, je vous remercie pour cette question qui permet de préciser ce que sont les accords du Touquet, qui les a signés, quel est l'esprit qui a présidé à leur mise en oeuvre et quelles seraient les conséquences d'une éventuelle dénonciation.

Les accords de Canterbury et les accords du Touquet, signés entre 1990 et 2003, régissent la relation entre le Royaume-Uni et la France, pour ce qui concerne la frontière et le passage des personnes, qu'il s'agisse ou non de migrants. Ils prévoient que des forces de police, placées de part et d'autre de la frontière, à la fois en France et en Royaume-Uni, assurent le contrôle des personnes et notamment la lutte contre l'immigration irrégulière. L'existence du tunnel sous la Manche suppose des contrôles renforcés.

Un de mes prédécesseurs a eu une inspiration juste en signant ces accords. Il ne faut pas faire de petite politique sur ce sujet, mais regarder les questions telles qu'elles se présentent. Me reprocher de dire qu'il avait raison, c'est considérer qu'il avait tort.

Compte tenu de la situation migratoire en Europe, du cynisme de ses acteurs et du nombre de migrants qui cherchent à se rendre au Royaume-Uni, envoyer le signal que l'on ouvre la frontière, face aux organisations de passeurs, c'est risquer que demain, il n'y ait pas 4.400 migrants à Calais, mais 10.000 ou 15.000. Si c'est cela que vous voulez, alors il faut revenir sur les accords du Touquet.

C'est ce que je ne veux pas faire. Je recevrai tout à l'heure les élus de Calais pour leur dire le contenu de ces accords et m'exprimerai au terme de cette rencontre pour dire quelle est la position du gouvernement.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 4 juillet 2016

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