Déclaration de M. Jean-Michel Baylet, ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, sur les grands axes de la politique des pôles de compétitivité, à Paris le 4 mars 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Michel Baylet, ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, sur les grands axes de la politique des pôles de compétitivité, à Paris le 4 mars 2016.

Personnalité, fonction : BAYLET Jean-Michel.

FRANCE. Ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales

Circonstances : 15ème journée nationale des pôles de compétitivité, à Paris le 4 mars 2016

ti : Mesdames et Messieurs les élus et les représentants des collectivités,
Monsieur le directeur Général,
Madame la Commissaire Générale Mesdames et Messieurs les représentants des Pôles de compétitivité,
Mesdames et Messieurs,


Tirer le meilleur des atouts de nos territoires ; développer les synergies ; mettre en commun les ressources et les savoirs des hommes et des femmes, qui innovent et qui produisent, pour bâtir des projets structurants et d'avenir. Voici résumés les objectifs qui ont été assignés aux pôles de compétitivité, lors de leur création en 2005.

10 ans après, ces enjeux sont encore d'actualité, mais surtout les pôles de compétitivité sont devenus incontournables dans notre France industrielle.

J'y vois là une politique d'aménagement du territoire particulièrement réussie et je tiens aujourd'hui à rappeler et à saluer le rôle de ce que l'on appelait alors la DATAR, et qui est aujourd'hui le CGET – aux côtés évidemment des services de Bercy – dans l'élaboration et dans le pilotage de cette stratégie. Car ces pôles relèvent à la fois de la politique territoriale et de la politique industrielle.

Dès leur création, ils ont été conçus à la fois comme l'outil pour mieux faire travailler ensemble chercheurs et entrepreneurs, dans une logique de développement local, et le moyen de renforcer le potentiel créateur de notre économie dans un certain nombre de filières stratégiques.

L'enjeu – et c'est important de nous en souvenir en cette journée anniversaire – était de rompre avec l'organisation trop cloisonnée et trop verticale de notre économie. Ce mal français, si souvent décrié.

Aujourd'hui, le résultat est là. L'Etat et ses agences, les collectivités territoriales, les universités et les chercheurs, et, évidemment, le tissu des entreprises travaillent main dans la main et sont devenus une puissante force d'attractivité et d'innovation. Le pari s'est indéniablement transformé en succès.

Nous avons ainsi permis de fortifier la place de la France dans des domaines d'excellence comme les biomatériaux, la ville de demain, le numérique, la santé, les nanotechnologies, l'agroalimentaire, l'aéronautique ou bien encore les mobilités durables, et tant d'autres.

Nous avons réussi à structurer localement de véritables filières d'avenir et des écosystèmes d'innovation en rassemblant autour de projets concrets les mondes de la recherche et de l'entrepreneuriat, qui étaient trop souvent éloignés.

Nous avons aussi donné les moyens à ces secteurs industriels d'affronter la compétition internationale et à des entreprises, notamment des PME, de conquérir de nouveaux marchés, en France ou à l'international.

En un mot, les pôles de compétitivité ont permis d'engager la France vers l'économie de la connaissance.


* Labellisation de pôles de compétitivité

Aujourd'hui, ce sont donc 71 pôles de compétitivité qui sont labellisés.

En une dizaine d'années, ils ont généré près de 1600 projets collaboratifs de recherche qui ont bénéficié d'un soutien financier de l'Etat (via le Fonds Unique Interministériel (FUI)).

Ces projets représentent un montant total de dépense en recherche et développement de près de 6,8 milliards d'euros, cofinancés par les entreprises, l'Etat et les collectivités.

4.000 autres projets labellisés par les pôles de compétitivité ont également bénéficié de soutiens régionaux, nationaux ou européens depuis 10 ans, en dehors du FUI.

A ce jour, les PME représentent environ 40% des partenaires de ces projets. C'est bien là la preuve de l'intérêt et du succès de la politique des pôles en termes d'effet d'entrainement de l'économie dans les territoires.

L'ensemble de cette politique a contribué à ce qu'un millier de brevets soient déposés à la suite de projets collaboratifs et à ce qu'environ 130 entreprises soient créées.


Cette année donc, votre journée nationale prend une dimension particulière.

Elle se tient, en effet, alors que nous avons célébré le dixième anniversaire de ces pôles et que nous avons engagé une réflexion sur leur réforme.

Bien sûr, depuis 2005, l'économie mondiale et l'environnement dans lequel ils s'inscrivent ont évolué.

Une première évaluation de cette politique a eu lieu en 2008, procédant à certains ajustements. Puis, le Programme d'Investissements d'Avenir (PIA) a permis de déployer des moyens sans précédents au service de cette ambition collective.

Enfin, la Nouvelle France industrielle, et notamment les 9 grandes filières définies dans sa deuxième phase ont permis de clarifier les objectifs de l'Etat en matière de soutien à l'innovation et de renforcement de notre compétitivité internationale.

Depuis 10 ans, avec votre concours actif, nous n'avons cessé de chercher à améliorer ce dispositif pour le rendre plus performant et mieux adapté aux enjeux de la compétition économique mondiale qui ne cesse d'évoluer, à un rythme de plus en plus rapide.

Les inflexions qui ont pu être introduites, notamment depuis 2012, entendent mettre l'accent sur le renforcement de l'impact des retombées économiques de la R& D portées par les pôles ainsi que sur la mise sur le marché de produits novateurs.

Les tables rondes qui rythmeront votre journée d'échange abordent naturellement ces évolutions : comme la question du renforcement des relations entre les différents clusters, ou l'insertion des pôles, et à travers eux des PME, dans la dynamique européenne de soutien à l'innovation.

Votre seconde table ronde de la matinée abordera la question cruciale des nouvelles stratégies régionales de développement économique.

Car votre journée intervient au lendemain d'une réforme de notre organisation territoriale qui va modifier en profondeur les rôles respectifs de l'Etat et des collectivités, que ce soient les régions et les métropoles, en matière de développement économique.

Ce nouvel environnement institutionnel vient réinterroger l'articulation du rôle de chacun dans cette grande politique nationale.

Aujourd'hui, nous sommes à l'évidence à un tournant.


* Renouveau de la politique des pôles de compétitivité

Comme vous le savez, le Gouvernement a annoncé à travers une communication en conseil des ministres, le 4 janvier dernier, son intention d'engager un renouveau de la politique des pôles de compétitivité.

Une réforme sera ainsi initiée dans les prochaines semaines autour de trois axes :

- Mieux articuler la politique des pôles avec nos priorités industrielles, en particulier celles de la Nouvelle France Industrielle ;
- Tirer toutes les conclusions de la réforme territoriale en matière de gouvernance ;
- Et renforcer la performance des pôles au regard des évolutions du contexte économique mondial.

Nous avons ainsi lancé, conformément aux décisions prises par l'Etat en 2013, une évaluation par un cabinet indépendant. Ces audits ne portent pas sur la politique des pôles de compétitivité dans son ensemble mais analyse les performances de chaque pôle.

Ils permettront néanmoins de nourrir notre réflexion. Tout comme les échanges que vous aurez, au cours de cette journée et dont je ne doute pas de la richesse.

Alors que s'ouvre cette phase d'évaluation et de concertation, et pour alimenter le débat auquel vous participerez, je voudrais vous faire part des convictions qui sont les miennes et qui guideront la réflexion de mon ministère dans les prochaines semaines et les prochains mois.

Ma première conviction est que les pôles de compétitivité sont un formidable outil au service d'un aménagement équilibré et du développement local. C'était leur vocation première, elle a été parfaitement bien remplie et nous devons continuer à les conforter comme les fers de lance de l'attractivité de nos territoires. A ce titre, ils méritent d'être confortés et renforcés dans leur double dimension de moteur de développement économique et de catalyseur des dynamiques locales. Pour moi, les deux démarches sont intimement liées.

Ma deuxième conviction, directement liée à la première est qu'il n'existe pas de pôles de première, deuxième ou troisième catégorie. Toute tentative de hiérarchisation entre eux me parait vaine.

Ce qui compte avant tout, c'est leur effet d'entrainement et leur capacité à susciter des projets concrets.

C'est à cette aune que nous devons en apprécier la performance sans bien sûr s'interdire, le cas échéant, d'en faire évoluer le périmètre ou les objectifs.

Mais je le dis ici clairement, tous les pôles ont bien vocation à conserver leur labellisation jusqu'à l'échéance des actuels contrats de performance, fin 2018.

La troisième conviction que je souhaite partager avec vous est d'estimer que la force des pôles c'est d'entrainer dans un même mouvement Etat, collectivités, chercheurs, PME et Grandes entreprises.

C'est pourquoi il est important de construire et de consolider cet écosystème de l'innovation dans lequel chacun a sa place.

Forte des nouvelles responsabilités qui leur ont été confiées par la réforme territoriale et la loi NOTRe, les régions aspirent à jouer un rôle plus grand dans leur gouvernance et leur animation.

Cette volonté est non seulement légitime, mais, je le dis ici clairement, bienvenue si elle permet d'accroitre le soutien aux pôles de compétitivité.

Bien sûr, l'Etat n'a pas vocation à se désengager de cette politique qui revêt un intérêt national évident.

Il doit continuer à jouer son rôle d'incitateur, de garant de l'égalité des territoires et doit continuer à assurer la cohérence de la politique des pôles avec les grandes priorités définies au niveau national.

Alors que le débat s'engage sur le renouveau des pôles, nous l'abordons, avec Emmanuel Macron, dans un esprit d'écoute et d'ouverture.

Vous l'aurez compris, je serai à vos côtés pour défendre cette belle ambition que constituent les pôles de compétitivité dans le respect de leur philosophie d'origine et avec la volonté de les adapter au nouveau contexte économique et institutionnel.

Je sais pouvoir compter sur chacun d'entre vous pour conforter et amplifier la formidable dynamique initiée il y a dix ans. Elle est, j'en suis sûr, appelée à se poursuivre pour de longues années et à se réinventer au service de l'attractivité et du développement de tous nos territoires.


Source http://www.territoires.gouv.fr, le 30 juin 2016

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