Interview de M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, à iTélé le 19 juillet 2016, sur l'hommage aux victimes de l'attentat de Nice, la montée en puissance des moyens consacrés à la lutte contre le terrorisme depuis 2012 et la prorogation de l'état d'urgence, doté des perquisitions administratives et notamment de la saisie des données informatiques. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, à iTélé le 19 juillet 2016, sur l'hommage aux victimes de l'attentat de Nice, la montée en puissance des moyens consacrés à la lutte contre le terrorisme depuis 2012 et la prorogation de l'état d'urgence, doté des perquisitions administratives et notamment de la saisie des données informatiques.

Personnalité, fonction : LE GUEN Jean-Marie.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement

ti : ALICE DARFEUILLE
L'invité politique de la matinale, et ce matin je reçois Jean-Marie LE GUEN. Bonjour.

JEAN-MARIE LE GUEN
Bonjour.

ALICE DARFEUILLE
Vous êtes Secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement. « La colère est la non-acceptation de l'inacceptable » dit Marek HALTER. Hier, c'est ce que semblent avoir voulu exprimer certains Niçois ; c'était au moment de l'hommage aux victimes de l'attentat de Nice, au moment du passage aussi du cortège officiel avec Manuel VALLS. On va regarder ces images, on va les écouter surtout et on en parle ensuite.

Images de la commémoration sur la promenade des Anglais (18 juillet 2016 ) :
Un Niçois : « Il fallait être là le 14 juillet au soir, ce n'est pas plus difficile. Et maintenant, on les aurait applaudis alors qu'ils n'ont rien fait. Ils ont laissé passer ce camion les policiers, madame. Ils ont laissé passer ce camion
Une Niçoise : Monsieur VALLS, faites quelque chose. Il y en a marre ! Il y en a marre ! (huées) Des enfants sont morts ! »

ALICE DARFEUILLE
Jean-Marie LE GUEN, comment répondre à cette colère ?

JEAN-MARIE LE GUEN
D'abord il faut l'entendre. Il faut mesurer évidemment cette colère. Je ne confonds pas d'ailleurs ce que vous avez montré, qui me paraît correspondre à justement cette situation de colère.

ALICE DARFEUILLE
A une réalité.

JEAN-MARIE LE GUEN
D'autres manifestations peut-être plus organisées, et cætera, en tout cas plus extrémistes du point de vue politique, voilà. Donc il faut comprendre. Je veux dire, c'est un choc abominable que nous avons tous subi et il y a une volonté de ne pas accepter l'inacceptable comme le dit Marek HALTER et nous partageons tout à fait cela. Le problème maintenant, c'est de trouver des réponses qui sont adaptées. Le risque zéro n'existe pas. Ceux qui disent le contraire, ceux qui prétendent qu'on aurait pu éviter cet attentat mentent, mentent aux Français. Ce dont nous avons besoin, c'est de vérité. Cette vérité est parfois difficile à dire. Il faut que nous échangions, il faut que nous expliquions mieux peut-être encore la situation telle qu'elle est, les réponses que nous avons déjà apportées. On peut améliorer ici ou là évidemment, mais nous sommes dans une situation qui est très grave. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a non seulement évidemment un terrorisme organisé avec des commandos. On l'a vu évidemment au mois de janvier et au mois de novembre, le 13 novembre 2015. Et puis il y a aussi une culture du terrorisme, du jihadisme qui est en train de se répandre qui fait que des personnalités fragiles, déséquilibrées passent à l'acte. Et là, bien évidemment, on est devant des conditions qui sont beaucoup plus dures à gérer. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas prendre toutes les précautions et qu'il ne faut pas aller plus loin encore dans la réflexion pour la prévention de ce type d'attitude. Mais en même temps, on voit bien qu'elle est présente dans notre monde, pas simplement en France – d'ailleurs, on l'a vu cette nuit en Allemagne. On a vu tout un tas de pays qui ont été touchés par ce terrorisme, donc nous sommes rentrés dans une période qui est une période où il faut à la fois rassurer les Français, bien sûr, mais les protéger. Et les protéger et les rassurer, ce n'est pas la même chose.

ALICE DARFEUILLE
Justement, pour les rassurer les Français ont besoin de réponses. Vous avez dit : « Nous avons fait ce que nous avons pu faire mais nous sommes partis aussi de forces atrophiées » ; je reprends vos mots. Qu'est-ce qui a manqué alors ? Qu'est-ce qui a manqué dans ce dernier cas ? Est-ce qu'on peut l'identifier ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Ecoutez, non. D'abord l'enquête dira un certain nombre de choses et moi, je préfère attendre que l'enquête, des éléments rationnels, soit publique et dire. Maintenant, il y a tout ce que l'Etat fait. Il a mis en place une montée en puissance de nos services de renseignement, de nos effectifs à la fois militaires mais aussi policiers. On a pris du retard sur ce qui s'était passé précédemment dans le quinquennat précédent, les choses viennent à maturité. Par exemple, on était à 150 policiers mis à disposition de la municipalité de Nice, policiers d'Etat, on sait qu'on sera à 180 à la fin de l'année parce que justement les policiers vont sortir des écoles et pouvoir rentrer. Bien. Donc les moyens sont là, et petit à petit les choses se mettent en place, aussi vite qu'il est possible qu'elles se mettent en place après le retard qui avait été pris. Mais en même temps, il faut sans doute apprendre à réagir. Je pense que c'est toute la société qui doit se mobiliser, c'est-à-dire que l'Etat ne doit pas être en surplomb par rapport à la société. Il faut que l'Etat soit quelque part l'innervation de cette société et qu'il y ait un dialogue permanent entre la société et l'Etat. Ça ne peut pas être des policiers derrière chaque Français, ce sont aussi des Français qui sont vigilants, rationnels, respectueux des règles de la république mais qui, quelque part, sont en action. Voilà, c'est tous ensemble. Cette cohésion nationale, elle est utile à la nation.

ALICE DARFEUILLE
Ça veut dire concrètement « une réponse sociétale, une société en action » ?

JEAN-MARIE LE GUEN
C'est-à-dire plus de vigilance. On a déjà beaucoup progressé. Regardez dans les trains ou dans les métros. Quand un colis est abandonné, les gens savent le signaler aux autorités, et on peut multiplier les exemples concrets, pratiques.

ALICE DARFEUILLE
Ça veut dire ne pas aller au défilé du 14 juillet ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, bien sûr que non. Nous devons continuer à vivre évidemment, nous ne devons pas renoncer ni à nos principes de vie, ni à nos principes républicains. Ce serait la victoire de Daesh et ce ne serait en rien efficace. Il y aura toujours des rassemblements dans les centres commerciaux, dans la vie quotidienne, à une file d'attente d'un cinéma. Si vous voulez, il faut apprendre à vivre. Il faut vivre d'une part, apprendre à sans doute mieux se protéger et être totalement mobilisé dans une situation où nous savons que le risque zéro n'existe pas. Ce n'est pas facile à dire mais ceux qui disent le contraire sont des menteurs et conduiront le peuple français, si jamais ils devaient être crus, vers de très grandes désillusions et de très grands chaos.

ALICE DARFEUILLE
Le risque zéro n'existe pas et, justement, Manuel VALLS a fait une annonce hier qui concerne un attentat déjoué juste avant l'Euro. On l'écoute et on en parle ensuite.

- Propos du 18 juillet 2016 :
Manuel VALLS, Premier ministre : « L'engagement des services de renseignement, l'état d'urgence, ont permis sans aucun doute d'éviter un certain nombre d'attentats encore ces derniers mois, un juste avant l'Euro qui aurait pu être particulièrement meurtrier. Je veux dire d'ailleurs à travers vous à nos compatriotes que nous évitons des attentats, même s'il n'y a pas de risque zéro. »

ALICE DARFEUILLE
Quel est l'intérêt, Jean-Marie LE GUEN, de parler d'un attentat qui n'a pas eu lieu, qui a été déjoué, qui aurait pu être particulièrement meurtrier pour reprendre les mots du Premier ministre ? C'est une manière de répondre aux critiques adressées au Premier ministre ces derniers jours ? C'est un contrefeu ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non. C'est une façon d'expliquer aux Français que les services de police, malgré les critiques démagogiques d'un certain nombre de personnes, font leur travail. Il y a eu plus de seize attentats ces trois dernières années qui ont été déjoués, voilà. Tous les jours, des attentats sont déjoués ; ça ne veut pas dire que rien ne passe. Malheureusement, nous sommes confrontés sous des formes parfois nouvelles, très difficiles à discriminer, à prévenir, mais nous sommes devant des situations. Mais tous les jours, les forces de police font leur travail, et de ce point de vue il est très important qu'il y ait une solidarité nationale. Cette fameuse cohésion, c'est celle aussi avec les services de police. Je parle de la police parce qu'il s'agit de prévenir mais on peut aussi parler de ce qui s'est passé avec les services de secours, les services de soin qui ont été absolument admirables. Nous avons un pays, de ce point de vue, avec des services publics qui sont admirables. Et quand j'entends les remises en cause sans cesse qui sont faites par rapport à ces services publics, je dis : attention ! Regardons bien ce que nous avons. Ce n'est pas suffisant mais ce sont des diamants et il ne faudrait pas les briser ou les dilapider.

ALICE DARFEUILLE
La prolongation de l'état d'urgence sera discutée ce soir à l'Assemblée nationale après sa présentation en conseil des ministres. La droite a posé dix conditions à l'acceptation de cette prolongation de l'état d'urgence, je vais en citer trois : l'expulsion de tout étranger ayant des connexions avec des groupes terroristes ; l'enfermement des personnes sur les fichiers S considérées comme les plus dangereuses, enfermement dans des centres de rétention ; et la prolongation de l'état d'urgence pas pour trois mois mais six mois, voire jusqu'à 2017. Est-ce que l'une de ces trois propositions vous semble acceptable ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Oui. Par exemple, j'ai entendu hier le rapporteur à l'Assemblée nationale qui disait que l'idée de la prolongation au-delà de trois mois était quelque chose qui pouvait exister. Mais il y a aussi des propositions qui sont justement au-delà de la ligne rouge, c'est-à-dire ce qui est la fin de l'Etat de droit. L'Etat de droit depuis trois cents ans dans ce pays, c'est le fait qu'on ne peut pas enfermer des gens sur une suspicion ou sur la suspicion d'une suspicion. C'est-à-dire il suffirait que vous soyez en relation sans même le savoir avec quelqu'un qui serait surveillé pour être vous-même dans un fichier de surveillance. Et à partir de là, on vous dirait : vous êtes dans ce fichier de surveillance et donc vous êtes retenu, interné. Ces propos sont à la fois totalement contraires à toutes les valeurs de la république et des démocraties au-delà de la France, mais ce sont aussi des mauvaises solutions. Qu'est-ce qu'on ferait si on avait 10 000, 20 000 personnes et leur famille autour qui sont internées et retenues dans notre pays ? Ces méthodes-là, ce sont des méthodes contraires à l'efficacité et aux valeurs de la république.

ALICE DARFEUILLE
La prolongation de l'état d'urgence, ce sera pour combien de temps ? Combien de temps François HOLLANDE va-t-il le prolonger ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Il faut que l'Assemblée en discute. Je pense qu'il s'agit peut-être, je ne sais pas, d'aller à la fin de l'année, d'aller à six mois. On verra bien. C'est de cet ordre-là. Les parlementaires feront leur choix.

ALICE DARFEUILLE
Six mois dans un premier temps ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Je n'en sais rien. Encore une fois, le Parlement décide, ce n'est pas le gouvernement. Le gouvernement ne s'opposera pas à l'idée de prolonger de façon raisonnable la durée de l'état d'urgence.

ALICE DARFEUILLE
Est-ce que François HOLLANDE imagine une prolongation de l'état d'urgence jusqu'en 2017 ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Ecoutez, l'état d'urgence…

ALICE DARFEUILLE
Est-ce que c'est une piste qui est évoquée ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non. Nous agissons en fonction de la menace, et donc c'est en fonction de la menace qu'est décidé le calendrier de l'état d'urgence. Il n'y a pas d'autre considération.

ALICE DARFEUILLE
La menace est permanente, même le Premier ministre le dit.

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais la menace est effectivement permanente. Il y a des moments où on peut penser que la manière dont la société française est très sollicitée – on pense à l'Euro évidemment – justifie des mesures supplémentaires. Et puis il y a des moments où peut-être cette menace peut un petit peu, tout en restant présente, être détendue. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, mais donc nous ne savons pas non plus de quoi demain. Vous savez que nous allons frapper au coeur Daesh à la fin de l'été ; à l'évidence, il y aura des actions très puissantes – le président de la République l'a déjà souligné, l'a indiqué – et donc nous verrons aussi les conséquences de la manière dont nous allons frapper et la rapidité avec laquelle nous allons pouvoir éradiquer Daesh dans ses bases, dans ses sanctuaires, là où se préparent aussi les attentats.

ALICE DARFEUILLE
De nouvelles frappes ont eu lieu d'ailleurs la nuit dernière, c'est ce qu'a annoncé Jean-Yves LE DRIAN ce matin, des frappes qui ont été menées en Irak. Cette prolongation de l'état d'urgence sera-t-elle dotée des perquisitions administratives et notamment de la saisie des données informatiques ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Oui, selon certaines conditions. La consultation des données informatiques, pour être précis, sera possible dans le cadre de la perquisition et la saisie, c'est-à-dire la copie, sera possible avec l'appui du juge évidemment.

ALICE DARFEUILLE
Parce que cette saisie, en l'occurrence cette copie, avait été censurée par le Conseil constitutionnel. Comment est-elle possible aujourd'hui ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Par une assise juridique plus forte et la distinction entre saisie et copie. C'est la copie qui peut être mise sous le contrôle d'un juge judiciaire. Le Conseil constitutionnel défend des valeurs qui sont les nôtres, qui font que vous et moi et tous nos compatriotes sont en liberté, et donc il rappelle ce qui est la règle fondamentale. En même temps, nous devons travailler à trouver des solutions juridiques, techniques et policières qui nous permettent d'avoir le meilleur système de défense.

ALICE DARFEUILLE
Donc c'est un nouveau procédé juridique, pour bien comprendre.

JEAN-MARIE LE GUEN
Oui. Oui, oui, absolument. En tout cas, c'est ainsi du point de vue juridique. Il n'y aura pas de contestation sur ce point. Le Conseil d'Etat a été, puisque vous m'interpellez sur ces questions techniques, le Conseil d'Etat a été saisi et a validé le projet de loi gouvernementale en disant qu'il n'y avait pas de risque constitutionnel, en distinguant encore une fois la consultation de la copie.

ALICE DARFEUILLE
On va entendre votre réaction à présent sur une actualité qui a aussi marqué ces dernières heures. On prend la direction des Etats-Unis où la convention des Républicains a commencé à Cleveland. Cette convention doit désigner officiellement – ce sera jeudi – a priori Donald TRUMP comme le candidat du parti des Républicains. Il a pris la parole, il s'est exprimé, sa femme s'est aussi exprimée. On va l'écouter.

- Propos de Melania TRUMP à la convention des Républicains (Cleveland, Ohio) :
« Mon mari est prêt à diriger notre grande nation, il est prêt à se battre tous les jours pour donner à nos enfants l'avenir qu'ils méritent. Mon mari offre une nouvelle direction qui prône le changement, la prospérité et une meilleure relation entre les peuples et les nations. Donald veut représenter tous les gens, pas seulement certains. Cela inclut les chrétiens, les juifs et les musulmans. Cela inclut les Hispaniques, les Afro-américains et les Asiatiques, les pauvres et la classe moyenne. »

ALICE DARFEUILLE
Donald TRUMP, candidat du rassemblement, ça a sauté aux yeux, non, pendant toute cette campagne ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Vous voyez bien que là, on est dans la technique maintenant de la médiatisation politique : madame TRUMP, avec une spontanéité tout à fait remarquable, lisant son prompteur.

ALICE DARFEUILLE
Donald TRUMP à la tête des Etats-Unis, ça vous fait peur ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Je crois que chacun comprend l'inquiétude que le monde entier doit avoir des Etats-Unis à la fois refermés sur eux-mêmes, agressifs, une politique très dure à l'égard de nombreuses personnes du peuple américain. Et donc véritablement, il faut que les Français lisent le programme de monsieur TRUMP bien sûr, mais aussi de la personne qu'il a pris comme vice-président. Je veux dire sur l'avortement, c'est l'interdiction de l'avortement y compris pour les personnes qui ont été violées, et cætera. Enfin, sur toutes les questions de société, c'est une problématique totalement réactionnaire. D'un point de vue de la justice sociale, c'est une régression extraordinaire notamment sur la santé. Il y a une montée d'une droite extrême dans le monde entier.

ALICE DARFEUILLE
François HOLLANDE parle d'ailleurs d'une « Trumpisation » des esprits en ce moment en France ; vous êtes d'accord avec ça ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Elle a lieu dans le monde, oui. Elle a lieu dans le monde, le paradoxe étant que les abus considérables du libéralisme, cette fameuse crise de 2008 qui a vu la finance bouleverser les économies mondiales tellement le château de cartes s'est effondré, brisant tout sur son passage amènent en réaction justement une pensée encore plus à droite. Ça nous conduit vers encore plus de malheur et donc il faut réfléchir avant de penser, d'agir et de voter puisqu'on aura nous aussi à voter l'année prochaine.

ALICE DARFEUILLE
Un mot pour terminer sur ce qui se passe aussi en Turquie, c'est important, où le pouvoir intensifie les purges. Un total de 7 500 militaires et magistrats ont été placés en garde à vue, 9 000 policiers, les chiffres sont hallucinants. Est-ce que ce coup d'Etat manqué en Turquie est un chèque en blanc, pour reprendre l'expression de Jean-Marc AYRAULT, à ERDO?AN ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Evidemment, il ne faut pas que ça le devienne, qu'il puisse installer finalement une sorte de dictature avec là aussi l'arrestation sans jugement d'un certain nombre de milliers de personnes. On voit où tout ça nous conduit : à des affrontements internes, à des pays qui sont non pas des pays forts mais des pays fragiles. Il y a un pouvoir fort sur un pays qui devient de plus en plus fragile à la fois dans tous ses combats internes – on voit que c'est un pays fragmenté avec la force apparente. La violence en quelque sorte du pouvoir n'est pas une garantie de stabilité. Réfléchissons à tout ça, quelque part ça nous concerne aussi.

ALICE DARFEUILLE
Merci Jean-Marie LE GUEN, Secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, d'avoir été notre invité ce matin dans la Matinale.

JEAN-MARIE LE GUEN
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 juillet 2016

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