Déclaration de Mme Barbara Pompili, secrétaire d'Etat aux relations internationales chargée de la biodiversité, sur l'élaboration d'une stratégie de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, à Paris le 12 juillet 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Barbara Pompili, secrétaire d'Etat aux relations internationales chargée de la biodiversité, sur l'élaboration d'une stratégie de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, à Paris le 12 juillet 2016.

Personnalité, fonction : POMPILI Barbara.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations internationales sur le climat, chargée de la biodiversité

ti : Mesdames, Messieurs

Merci à tous d'être présent ce matin.

Mon emploi du temps, avec la finalisation de la loi sur la reconquête de la biodiversité, est un peu bouleversé et je ne pourrais rester longtemps avec vous. Mais j'ai tenu à être là car je souhaite clairement montrer que la problématique des espèces exotiques envahissantes est bien dans mes priorités.

Rassurez-vous je ne vais pas vous imposer une leçon sur les raisons pour lesquelles les espèces exotiques envahissantes sont un problème et pourquoi il faut agir. Vous en savez probablement plus que moi.

Je vais donc aller directement à l'objet de cette réunion.

Vous le savez, lors de mon déplacement dans le Morbihan, j'ai pris l'engagement que d'ici novembre 2016, les textes requis pour le règlement UE seront publiés et que, ce même mois, je publierai une stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes.

Je souhaite également publier en novembre 2016 le décret d'application de la loi sur la reconquête de la biodiversité.

Nous vous avons réuni ce matin pour bénéficier de votre expertise dans ce domaine. Un groupe de travail (ou une équipe de projet), regroupant des spécialistes de 5 organismes qui se préoccupent depuis longtemps du sujet vont constituer la cheville ouvrière du projet : le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) (département scientifique et SPN), l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA), l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), la Fédération des Conservatoires Botaniques Nationaux (FCBN) et l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) France.

J'ai confié au Professeur Serge Muller une mission de coordination de votre groupe.

Vous bénéficierez du soutien de la Direction de l'Eau et de la Biodiversité, notamment sur le plan juridique et du secrétariat.

Cette stratégie devra définir les principales actions qu'il conviendra de mettre en oeuvre au cours des prochaines années tant au niveau de la connaissance, la sensibilisation du public, la réglementation, la gouvernance, la prévention, les interventions urgentes et la gestion des animaux et plantes envahissantes établies ainsi que la restauration des milieux après invasion.

Elle devra comporter 3 grandes parties : lister, surveiller, prévenir et planifier ; lutter, réguler, limiter, éradiquer ; et animer et communiquer.

Bien entendu, il y a encore beaucoup d'organisations qui oeuvrent autour de cette problématique. Des universités, des instituts de recherche, des associations de protection ou d'usager de la nature, des collectivités locales, des commerçants des groupes de citoyens.

Je compte sur vous pour les associer à votre réflexion.

Je souhaite, en particulier, que l'expérience acquise par les uns ou les autres soit utilisée et promotionnée.

Il y a, en la matière, de multiples innovations dont il s'agit de s'inspirer : un groupe de militants luttant contre le baccharis d'un outil pour arracher cette plante : la Baccharache, je l'ai moi-même utilisée.

Je souhaite qu'une stratégie synthétique soit rédigée pour mi-novembre. Elle doit comporter des actions concrètes, mesurables, ambitieuses mais réalistes. Je compte la diffuser largement dans le public et en faire un sujet de débats.

Pour le premier trimestre 2017, elle sera complétée par des documents d'applications, plus techniques et directement opérationnels. Ils porteront sur des espèces ou des groupes d'espèces ou à des territoires, en priorité l'outre-mer.

J'insiste sur le caractère ambitieux de cette stratégie. Elle s'inscrira dans le cadre de la stratégie nationale de biodiversité 2011-2020 et devra permettre de répondre aux exigences des objectifs d'Aichi pour 2020, particulièrement l'objectif 9.

Elle devra permettre de répondre à nos obligations légales du code de l'environnement, de la réglementation européenne et des décisions de la Convention sur la diversité biologique, particulièrement celle portant sur la gestion des risques associés à l'introduction d'espèces exotiques comme animaux de compagnie, espèces d'aquarium ou de terrarium, ou comme appâts ou aliments vivants.

Elle devra également permettre de mettre en oeuvre, lorsque cela est approprié, les recommandations adoptées par des organisations telles que l'UNESCO, la Food and Agriculture Organisation (FAO) et l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et des conventions comme celles de Berne, Washington (CITES) ou Bonn.

Vous prendrez également en compte les résultats du colloque « Assises nationales, Espèces exotiques envahissantes. Vers un renforcement des stratégies d'action » des 23, 24 et 25 septembre 2015 à Orléans et les stratégies relatives à l'Outre-mer adoptées à l'île de la Réunion en juillet 2010.

Votre feuille de route est claire, et complète : je vais donc vous laisser travailler et établir votre plan de travail.

Je vous remercie bien sincèrement du temps consacré, mais vous pouvez compter sur ma détermination pour que votre travail soit utile et fasse franchir une étape décisive à notre politique de protection de la nature.


Http://www.developpement-durable.gouv.fr, le 21 juillet 2016

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