Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "ITélé" le 25 août 2016, sur la polémique autour des arrêtés municipaux sur le port du burkini, sur les chiffres du chômage et les négociations sur le prix du lait. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "ITélé" le 25 août 2016, sur la polémique autour des arrêtés municipaux sur le port du burkini, sur les chiffres du chômage et les négociations sur le prix du lait.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, LEQUERTIER Thomas.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti :
THOMAS LEQUERTIER
C'est « L'interview politique ». Je reçois ce matin Stéphane LE FOLL. Bonjour.

STEPHANE LE FOLL
Bonjour.

THOMAS LEQUERTIER
Ministre de l'Agriculture, porte-parole du gouvernement. Pour commencer, le dossier si complexe du burkini, Monsieur LE FOLL, le Conseil d'Etat se prononce aujourd'hui, à 15h, sur les arrêtés municipaux contre ce maillot de bain. Et je voulais qu'on regarde ensemble la Une de Libération ce matin, qu'on va découvrir, le burkini qui fait la Une d'ailleurs de toute la presse, une femme verbalisée, c'était mardi 23 août, sur la plage de la Promenade des Anglais à Nice, quatre policiers municipaux sur place pour lui faire retirer son voile. La méthode : quatre policiers autour de cette femme sur une plage à Nice, c'est la bonne ?

STEPHANE LE FOLL
Ecoutez, dans ce débat, je ne vais pas faire le commentaire direct sur ces photos et ce qui s'est passé à Nice…

THOMAS LEQUERTIER
Si, parce que l'image est assez impressionnante quand même, et elle fait réagir…

STEPHANE LE FOLL
Oui, bien sûr, je sais, et elle est passée d'ailleurs, non seulement en France, mais plus largement dans le monde…

THOMAS LEQUERTIER
Sur l'image justement, quand même…

STEPHANE LE FOLL
Sur cette image, oui. Bon, donc moi, je pense que dans ce débat, il y a, à la fois, à prendre en compte ce qui s'est passé et ce qui est le sentiment à Nice, après l'attentat qui a eu lieu le 14 juillet au soir, la nécessité qu'on ait des mesures, et c'était l'objet des arrêtés, qui évite des troubles à l'ordre public, puisque la sensibilité est quand même là, on ne va pas non plus oublier ce qui s'est passé et ce qui en résulte, une forme d'extrême sensibilité. Des arrêtés ont été pris, ensuite, si ce n'est plus la question de l'ordre public, je veux dire, si on n'est pas dans le trouble à l'ordre public, le fait…

THOMAS LEQUERTIER
Stéphane LE FOLL, est-ce que c'est un trouble à l'ordre public, justement, cette photo, cette image ?

STEPHANE LE FOLL
Cette image, on voit bien que, il y a une plage, et il y a des gens autour, il n'y a pas de sujet de trouble à l'ordre public. Donc il faut arriver à avoir et la fermeté nécessaire, parce qu'on ne va pas non plus laisser penser qu'il n'y a pas derrière certains ou certaines une volonté d'affirmer une position qui va bien au-delà, une identité, une forme de communautarisme, et avec derrière un islam qui, pour certains, est un enjeu politique, on en est parfaitement conscient. Et là, il y a une fermeté nécessaire, le renvoi des imams qui prêchent la haine a été fait, est fait et continuera à être fait. Et en même temps, on ne peut pas rentrer dans une stigmatisation générale, une espèce d'hystérie qui va consister à monter les Français les uns contre les autres. Et là, il faut être extrêmement clair…

THOMAS LEQUERTIER
Mais justement, vous le dites, il y a danger, Stéphane LE FOLL, est-ce que justement, ce cas de Nice, on peut dire ce matin qu'il y a eu, allez, dérapage de la police, quatre policiers…

STEPHANE LE FOLL
C'est la police municipale, quatre policiers, chacun portera le jugement…

THOMAS LEQUERTIER
Mais votre regard à vous, porte-parole du gouvernement ?

STEPHANE LE FOLL
Mon regard à moi, c'est, je suis porte-parole d'un gouvernement…

THOMAS LEQUERTIER
C'est pour ça.

STEPHANE LE FOLL
Avec un ministre de l'Intérieur et un Premier ministre, un président de la République, qui regardent en responsabilité le fait que dans une société comme la France, la cohésion de la France est un enjeu primordial, et tous ceux – j'entendais ce matin avant de venir, monsieur CIOTTI – qui agitent et qui cherchent à trouver-là un élément de débat politique pour diviser la France sont des gens qui prennent de graves responsabilités, parce que, au fond, la lutte contre le terrorisme, la lutte contre l'islamisme radical, c'est une bataille…

THOMAS LEQUERTIER
Ça passe par le port du burkini ?

STEPHANE LE FOLL
C'est une bataille longue qui va s'engager…

THOMAS LEQUERTIER
Ça passe par le port du burkini, Stéphane LE FOLL ?

STEPHANE LE FOLL
Ça passe par toutes les formes, alors, après, on peut en discuter selon chacun des individus, mais il y a des formes, bien sûr, d'affirmation de choix, je l'ai dit, au travers de la religion, qui sont identitaires et communautaristes, avec derrière, peut-être, et peut-être, sûrement, des projets politiques. Mais est-ce que notre projet politique, ce n'est pas au contraire d'affirmer une volonté de fermeté et en même temps de cohésion de la société, et de respect de toutes les religions. Parce que ceux qui invoquent la laïcité devraient bien réfléchir à ce qu'est la laïcité, il y a la liberté de culte, ça fait partie des libertés individuelles.

THOMAS LEQUERTIER
Jean-Luc MELENCHON parlait dans les colonnes du Monde de provocation politique.

STEPHANE LE FOLL
Pour certains, on a vu des arrêtés qui ont été pris dans des endroits où il n'y avait aucun problème, aucun trouble, donc il faut que chacun… dans les maires qui l'ont pris, certains avaient des raisons, avec ce qui s'est passé, il y avait des raisons, pour éviter qu'il y ait…

THOMAS LEQUERTIER
Mais vous dites néanmoins ce matin : attention…

STEPHANE LE FOLL
Attention, et je dis : attention au risque de dérapages, de dérives et de stigmatisations. Ça a été très bien dit par le ministre de l'Intérieur hier, qui a réuni les représentants du CFCM, il faut qu'on soit, pour ce qui nous concerne, à la tête du gouvernement, et de la France, en responsabilité responsable pour tous.

THOMAS LEQUERTIER
Nicolas SARKOZY, hier soir, chez nos confrères de TF1, sur le burkini, on l'écoute.
NICOLAS SARKOZY, ANCIEN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ( DOCUMENT TF1)
Pourquoi c'est complexe ? Parce que l'Etat a démissionné, que la République recule, et laisse des maires ou des chefs d'entreprise d'ailleurs, seuls face à cette réalité. La meilleure façon d'apaiser les tensions, c'est que soit proscrit tout signe extérieur d'appartenance à une religion.

THOMAS LEQUERTIER
L'Etat a démissionné.

STEPHANE LE FOLL
Mais c'est absolument faux, quand est-ce qu'il a démissionné l'Etat ? Quand il a baissé le nombre de policiers et de gendarmes. Quand est-ce qu'il a démissionné, l'Etat ? Quand on a re-déstructuré l'ensemble des services du renseignement. C'était sous quelle présidence ? Celle de Nicolas SARKOZY. Alors de voir Nicolas SARKOZY s'engager dans cette campagne des primaires en faisant des procès, comme il le fait, en étant, comme toujours, dans la brutalité, on retrouve un Nicolas SARKOZY qu'on a connu, quand il était ministre de l'Intérieur, Nicolas SARKOZY, qu'il allait voir les imams à Strasbourg pour s'assurer que la nuit de Noël se passerait bien, qu'est-ce qu'il faisait ? Donc là encore, en politique, il faut rester responsable, il y a des choses que l'on doit affirmer, des convictions qu'on doit exprimer, mais il y a aussi des manières de faire qui consistent à agiter et à faire des procès politiques, de la politique politicienne, de manière brutale, parce que c'est ça ce qui est en train de se passer avec l'arrivée de Nicolas SARKOZY dans la primaire, de Laurent WAUQUIEZ à la tête des Républicains, on a une droite brutale, c'est la brutalité qui s'installe…

THOMAS LEQUERTIER
Sur le burkini, vous n'allez pas légiférer, sûr et certain ?

STEPHANE LE FOLL
Non, monsieur le Premier ministre a été très clair, mais il y a eu des lois, 1905, il y a eu…

THOMAS LEQUERTIER
Justement, 1905…

STEPHANE LE FOLL
2004…

THOMAS LEQUERTIER
Elle garantit les libertés individuelles, et elle ne les restreint pas…

STEPHANE LE FOLL
Oui. Exactement. 1905, ensuite…

THOMAS LEQUERTIER
Vous êtes d'accord avec ça ?

STEPHANE LE FOLL
2004, il y a eu une loi sur le voile à l'école, et puis ensuite, il y a eu 2010, sur le fait qu'on proscrive la burqa dans l'espace public. Ces choses ont été faites, elles doivent être appliquées. Mais avec Nicolas SARKOZY, comme d'autres, il faut toujours aller plus loin en agitant ces sujets, et puis, en posant la question de la loi, c'est le Front national qui la pose aussi, parce qu'il faut toujours aller plus loin. J'ai bien entendu ce qu'il a dit hier : tous les signes religieux, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu'on va aller sur la plage pour voir si quelqu'un a une croix autour du cou ?

THOMAS LEQUERTIER
Mais justement, Stéphane LE FOLL, pour refermer ce chapitre, effectivement…

STEPHANE LE FOLL
C'est quand même un sujet, c'est excessif tout ça, c'est brutal.

THOMAS LEQUERTIER
Dans ce contexte de terrorisme, l'imminence aussi des élections, est-ce que vous vous dites ce matin que, avec le burkini, on tend à être moins tolérant aussi, est-ce que ce serait arrivé dans une période non électorale, et si on n'était pas en présence d'actes de terrorisme, comme a connu la France ?

STEPHANE LE FOLL
Non, mais l'acte de terrorisme, le terrorisme, la menace terroriste, c'est une bataille qui est engagée, elle est engagée sur le terrain, c'est la guerre, Irak, Syrie, Mali, Afrique subsaharienne, c'est une guerre, que la France mène, et qu'elle va gagner, et après, il y a aussi une bataille idéologique et une guerre qui va continuer, une menace, parce que cet islamisme radical, c'est aussi un projet politique, identitaire, une volonté d'aller contester aussi ce qu'est le monde d'aujourd'hui, on en est parfaitement conscient, donc cette bataille, elle va continuer, elle s'inscrit dans la durée, et la République doit répondre à cette offensive avec ses valeurs et pas en changer, sinon, c'est la victoire de ceux qui, justement, veulent qu'on change, on ne changera pas. Par contre, on sera ferme, déterminé à gagner cette bataille.

THOMAS LEQUERTIER
Autre sujet important ce matin, c'est LACTALIS, ces 600 producteurs de lait mobilisés encore hier sur le rond-point qui mène au siège du groupe à Laval, un groupe accusé d'acheter le lait beaucoup trop bas. Il y a une réunion ce matin, au siège de l'interprofession laitière, la Maison du Lait, à Paris, entre syndicats et le groupe ; il faut trouver une solution et vite ?

STEPHANE LE FOLL
Oui, il faut trouver une solution et vite.

THOMAS LEQUERTIER
Laquelle ?

STEPHANE LE FOLL
LACTALIS, c'est très clair, est aujourd'hui dans les laiteries françaises qui achètent du lait, et il est un des plus gros acheteurs en volume de lait en France. La laiterie qui paie le lait le moins cher…

THOMAS LEQUERTIER
Pourquoi ? Pourquoi ?

STEPHANE LE FOLL
Ecoutez, la question, elle n'est pas à poser à moi, ce n'est pas moi qui suis à la tête de LACTALIS, et ce n'est pas moi qui ai la responsabilité de cette grande entreprise mondiale, premier mondial…

THOMAS LEQUERTIER
Mais vous leur dites quoi ce matin à LACTALIS ?

STEPHANE LE FOLL
Mais je dis quoi à LACTALIS, ce matin ? Je l'ai dit déjà dès lundi, j'ai dit qu'il fallait reprendre des négociations, et faire en sorte que, on trouve un accord avec les producteurs, que LACTALIS, en tant que premier collecteur de lait et en même temps premier industrie laitière mondiale, a quand même un minimum de responsabilités. Et quand j'entendais le responsable de LACTALIS qui disait : oui, mais le lait payé ailleurs en Europe est moins cher, mais LACTALIS est partout en Europe, tous les producteurs laitiers sont quelquefois dans chacun des pays aussi collectés par LACTALIS, j'en connais des ministres qui m'en parlent de LACTALIS. Donc là, il y a un effort à faire de dialogue. J'ai été et j'ai proposé que le médiateur de la République, qui est, avec le ministère, celui qui a déjà négocié des accords sur le prix du lait en 2014, il est disponible, il est là, nous sommes là, la préfecture de Mayenne, avec l'ensemble des services de l'Etat et du ministère de l'Agriculture, à travailler, nous voulons trouver cet accord. Et puis après, il y a des mesures européennes, que nous allons mettre en oeuvre en France, pour faire en sorte qu'on limite un peu la production…

THOMAS LEQUERTIER
L'Europe justement, Stéphane LE FOLL, encore et toujours, on l'a vu avec la crise du porc également, il s'est passé quoi de mieux ? Qu'est-ce qui a avancé depuis la crise du porc avec l'Europe justement ?

STEPHANE LE FOLL
Avec l'Europe sur la crise du porc, alors, pour le sujet de la crise du porc, il y avait des stockages qui avaient été mis en place, donc de l'argent européen qui avait été débloqué pour stocker une partie d'une production qui ne trouvait plus de débouchés en Russie, et qui n'avait pas encore trouvé des débouchés nouveaux en Chine. Il se trouve que, aujourd'hui, le prix du porc a augmenté, tant mieux, mais j'envoie ce message aussi à tous les producteurs d porc. Ce n'est pas parce que, aujourd'hui, on a redressé le prix qu'il ne faut pas continuer le travail que nous avions engagé pour mieux structurer les filières, pour mieux avoir des stratégies qualitatives aussi, et ne pas rester uniquement dans une production de matières premières qui est non transformée, c'est un sujet majeur. Pour moi, c'est un sujet majeur. J'ai, dans mon département, soutenu, et je soutiens avec un industriel des Pays de la Loire, un grand industriel de la charcuterie, des filières qui permettent de développer une viande avec des omégas 3 ; ça doit se poursuivre, ça doit s'amplifier, ça vaut pour la viande bovine comme pour la viande porcine. Mais sur la question du lait, on a aussi, au niveau européen, mis six mois, sept mois, j'ai mis sept à huit mois, à décider enfin l'Europe de considérer qu'on ne pouvait pas continuer à augmenter la production laitière pour aller mettre de la poudre de lait et du beurre dans des stocks, et qu'il fallait se décider à maîtriser et à stabiliser cette production. Ça va se faire dès le 23 septembre. On a perdu peut-être sept à huit mois, mais c'est le ministre français, c'est les ministres qui ont décidé, la Commission et le commissaire a fait des propositions, nous allons les mettre en oeuvre. Voilà ce que nous allons faire, pour faire en sorte que cette surproduction baisse, et que le prix remonte. Et j'ai, alors, une petite lueur d'espoir puisque dans ce grand marché mondial, la Nouvelle-Zélande, étant le premier producteur, exportateur de lait, on vient de constater sur ce marché néo-zélandais, sur la partie asiatique, une augmentation de 12 % du prix de la poudre, c'est un signal parce que le signal inverse avait été donné il y a deux ans, lorsque le prix de la poudre a baissé sur ce marché, là, il est en train d'augmenter. Donc là, les décisions qui sont prises à l'échelle mondiale et à l'échelle européenne commencent à porter leurs fruits, mais il faut que ce dialogue, au niveau de LACTALIS, se noue et se déroule.

THOMAS LEQUERTIER
Stéphane LE FOLL, le chômage, moins 0,5 % en juillet, ça représente moins 19.100 personnes sans activité en France. Pour ces 19.100 personnes, c'est génial, on dit que c'est bien pour eux, bien sûr, ce matin, mais qu'est-ce qu'on dit pour les autres ?

STEPHANE LE FOLL
Mais on dit pour les autres qu'il faut qu'on continue, le chômage baisse, c'est au moins une bonne nouvelle, j'ai entendu…

THOMAS LEQUERTIER
Le chômage baisse, je voudrais qu'on voie ensemble, Stéphane LE FOLL, ce matin, le graphique, regardez. On est depuis janvier donc 2016, moins 0,8 en janvier, il augmente en février, il rebaisse en mars et avril, il remonte en mai et juin, hop, et il rebaisse en juillet. La courbe, elle ne s'inverse pas ?

STEPHANE LE FOLL
Alors, là, mais c'est…

THOMAS LEQUERTIER
C'est d'un mois à l'autre…

STEPHANE LE FOLL
Mais, je ne sais pas comment vous voulez qu'on s'explique, vous avez des variations mensuelles, la somme des variations en moins ou en plus fait une tendance, enfin, je ne sais pas comment… aujourd'hui, ça me frappe, quand les chiffres sont un peu…

THOMAS LEQUERTIER
Mais Stéphane LE FOLL, une inversion de la courbe du chômage, pour vous, c'est quoi, concrètement ?

STEPHANE LE FOLL
Mais c'est le fait que le taux de chômage, par rapport à la population active, baisse.

THOMAS LEQUERTIER
Baisse durablement ?

STEPHANE LE FOLL
Durablement…

THOMAS LEQUERTIER
Sur plusieurs mois consécutifs ?

STEPHANE LE FOLL
Oui, mais…

THOMAS LEQUERTIER
Ce n'est pas le cas.

STEPHANE LE FOLL
Ce n'est pas le cas… est-ce que le total des baisses…

THOMAS LEQUERTIER
Plus 0,3, plus 0,2, on en vient à moins 0,5, ça annule déjà.

STEPHANE LE FOLL
Mais pas du tout. Mais vous avez mars/avril, mais vous êtes sur une tendance dès l'année… même sur la fin de l'année 2015, qui est une tendance à la baisse, enfin… ou alors, ça me frappe, ce n'est pas que ça me navre, mais je regarde ça avec beaucoup d'amusement. Quand les statistiques montrent que le chômage monte, tout le monde considère que les statistiques sont parfaites, lorsque le chômage baisse, tout le monde discute les statistiques…

THOMAS LEQUERTIER
Non, on l'a redit depuis hier sur I-Télé, Monsieur LE FOLL, on a annoncé la baisse du chômage…

STEPHANE LE FOLL
Mais pas vous, mais ce n'est pas ça, tout le monde discute la question des statistiques. Il se trouve que le chômage baisse, la tendance est à la baisse.

THOMAS LEQUERTIER
La tendance est à la baisse.

STEPHANE LE FOLL
Mais bien sûr. Mais qu'est-ce que vous voulez ? La tendance est à la baisse, et ça va continuer, je l'espère, il faut que ça continue.

THOMAS LEQUERTIER
Donc vous nous dites qu'en août, septembre, octobre, novembre, décembre, ça va encore baisser ?

STEPHANE LE FOLL
Mais, il pourra y avoir des variations mensuelles. Qu'est-ce que c'est le taux lié, le nombre de chômeurs lié à Pôle emploi ? C'est ceux qui s'inscrivent et ceux qui sortent mensuellement. Sur plusieurs millions de chômeurs vous avez plusieurs millions de… enfin, à peu près 1 million de gens qui s'inscrivent et qui sortent, tous les mois.

THOMAS LEQUERTIER
Mais, Stéphane LE FOLL, il y a 3,5 millions chômeurs.

STEPHANE LE FOLL
Mais bien sûr.

THOMAS LEQUERTIER
Il y a moins19.000 chômeurs ce mois-ci, c'est rien.

STEPHANE LE FOLL
C'est rien et c'est important. On est passé de 10 % de la population active, on était au-dessus, à moins de 10 %, à 9,6 sur la métropole et à 9,9 en comptant l'Outremer, donc on est passé sous…

THOMAS LEQUERTIER
Il y a aussi, à l'intérieur, c'est 500.000 chômeurs en formation.

STEPHANE LE FOLL
On est passé sous la barre de la moyenne européenne. Et la formation, alors là…

THOMAS LEQUERTIER
500.000, les chômeurs en formation.

STEPHANE LE FOLL
C'est 500.000 qui vont rentrer en formation, ils ne sont pas encore…

THOMAS LEQUERTIER
Bien sûr.

STEPHANE LE FOLL
C'est un objectif, mais alors là…

THOMAS LEQUERTIER
Ils seront comptabilisés.

STEPHANE LE FOLL
Ils vont passer de la catégorie A à la catégorie D. On est les champions, en France, pour avoir quatre catégories de mesures…

THOMAS LEQUERTIER
Oui, mais A, B, C et D, c'est 5 millions de chômeurs en France.

STEPHANE LE FOLL
Oui, mais sachez que le Bureau International du Travail ne mesure que le A, le B et le C, nous on a créé le D. Mais le D c'est quoi ? C'est de faire en sorte que des gens qui cherchent un emploi soient formés pour répondre aux besoins des entreprises qui ne trouvent pas de gens pour embaucher. C'est quand même un sujet qui mériterait d'être salué plutôt que d'être critiqué. Ce n'est pas un problème de statistique, c'est un problème de donner de l'emploi et de la formation à des gens.

THOMAS LEQUERTIER
Sur 1 an, la seule catégorie qui augmente, c'est celle des plus de 50 ans, plus 2,8 % de chômeurs. Vous leur dites quoi justement ce matin ?

STEPHANE LE FOLL
On va poursuivre, que la prime à l'embauche...

THOMAS LEQUERTIER
Plus 2,8 %.

STEPHANE LE FOLL
Sur 1 an.

THOMAS LEQUERTIER
Oui, sur 1 an.

STEPHANE LE FOLL
Là, sur le début de l'année, toutes les catégories ont baissé. Donc, je n'ai pas dit que l'histoire s'arrêtait, au contraire, on doit continuer, on sait très bien qu'on est loin du compte, qu'il y a encore des gens qui ne perçoivent pas, même pas, ce qui est en train de se passer, mais enfin, il y a une réalité, il ne faut pas la nier, et en même temps il ne faut pas nier non plus le fait qu'il y a encore beaucoup de travail et il y a encore des problèmes, en particulier sur le chômage de longue durée. Et la formation c'est très important, justement, pour la reconversion.

THOMAS LEQUERTIER
Juste un mot pour terminer, sur la primaire de la gauche en vue de la présidentielle. François HOLLANDE sera candidat ?

STEPHANE LE FOLL
Mais ça c'est lui qui le décidera, il a dit le décidait…

THOMAS LEQUERTIER
Ça va aussi dépendre des chiffres du chômage.

STEPHANE LE FOLL
Les chiffres du chômage, il l'avait dit lui-même, sont un enjeu absolument crucial, ça c'est un des points, et puis après il y a d'autres…

THOMAS LEQUERTIER
C'est un des points, mais c'est un point majeur.

STEPHANE LE FOLL
C'est un point, oui, important, bien sûr, parce que ça concerne les Français.

THOMAS LEQUERTIER
Donc il sera candidat ?

STEPHANE LE FOLL
Eh bien vous lui poserez la question quand vous le verrez, et il a déjà répondu qu'il donnerait sa position au mois de décembre, donc on attendra le mois de décembre.

THOMAS LEQUERTIER
Donc il sera sûrement candidat, on l'aura compris ce matin. Merci Stéphane LE FOLL d'avoir été avec nous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 août 2016

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