Interview de M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à Radio Classique le 30 août 2016, sur le meeting du PS à Colomiers, dans l'agglomération toulousaine, la préparation de l'élection présidentielle à gauche et l'affaire du "burkini". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à Radio Classique le 30 août 2016, sur le meeting du PS à Colomiers, dans l'agglomération toulousaine, la préparation de l'élection présidentielle à gauche et l'affaire du "burkini".

Personnalité, fonction : LE GUEN Jean-Marie, DURAND Guillaume.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement;

ti : GUILLAUME DURAND
Nous sommes tout de suite en direct avec Jean-Marie LE GUEN. Voilà, est-ce que vous avez le sentiment que le meeting d'hier à Toulouse était un meeting d'enterrement de François HOLLANDE ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, c'est un meeting de rentrée, c'est un meeting de rassemblement et il avait son utilité, elle a été décrite. C'est réaffirmer si, dans un climat où on est systématiquement dans le dénigrement de l'action gouvernementale, tous les éléments positifs qui existent dans ce bilan.

GUILLAUME DURAND
Mais c'est bizarre un meeting où tout le monde applaudit un candidat qui n'existe pas parce qu'on ne sait pas qui est le candidat.

JEAN-MARIE LE GUEN
Attendez ! J'ai fait ça en 88. J'étais un des responsables des socialistes parisiens et en 88, j'ai donc fait un meeting en février 88 sans candidat préparant l'élection présidentielle. C'était François MITTERRAND.

GUILLAUME DURAND
Mais ils applaudissent quelqu'un alors qu'il n'y a personne sur scène.

JEAN-MARIE LE GUEN
Je vous explique que la vie politique est un petit peu plus complexe que la scénographie que vous nous proposez.

GUILLAUME DURAND
Je voudrais qu'on écoute ce matin Arnaud MONTEBOURG qui était sur RTL. Voici ce qu'il dit du président de la République.

- Document RTL du 30/08/2016 :
Arnaud MONTEBOURG, candidat à la primaire de la gauche : « Il ne devrait pas se représenter. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas gagner avec un bilan pareil, et surtout dès lors qu'on est soi-même l'auteur de renoncements et de reniements. Ce sont des vérités que les Français peuvent partager. Il ne peut nous mener qu'à une élimination programmée dès le premier tour de l'élection présidentielle ».

GUILLAUME DURAND
Voilà, ça m'évite une question. C'est le réquisitoire le plus violent. Il est presque plus violent, le réquisitoire de MONTEBOURG.

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais ça ne vous étonne pas.

GUILLAUME DURAND
Non, ça ne me m'étonne pas du tout.

JEAN-MARIE LE GUEN
Alors voilà, passons à autre chose. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

GUILLAUME DURAND
La gauche divisée est condamnée.

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais pas du tout. Arnaud MONTEBOURG est dans la cohérence avec ce qui l'a amené à quitter le gouvernement ou à se retrouver dans une situation où il ne pouvait que quitter le gouvernement. Je me suis déjà exprimé et d'autres aussi pour dire que les qualités d'Arnaud MONTEBOURG qui sont souvent réelles sont malheureusement gâchées par une certaine forme d'outrance dans ses propos. Là, il est dans une stratégie qui vise à essayer de dissuader le président de la République.

GUILLAUME DURAND
Si HOLLANDE ça avait marché, si les promesses économiques avaient été réalisées, il n'y aurait pas ce problème-là.

JEAN-MARIE LE GUEN
Oui, mais SARKOZY n'aurait peut-être pas été battu. Vous ne posez pas la question en permanence aux Républicains de savoir pourquoi ils ont été battus en 2012 et pourquoi aujourd'hui il revient.

GUILLAUME DURAND
On leur a posé pendant je ne sais pas combien de temps.

JEAN-MARIE LE GUEN
Ce que je veux dire, c'est que dans la vie politique on n'est pas dans l'absolutisme. On n'est pas dans l'absolu. On ne va pas dire que la gauche ce n'est que le paradis, la droite c'est l'enfer et réciproquement. Il y a un bilan qui est très dénigré dans une France qui a énormément – psychologiquement j'allais dire – d'interrogations et peut-être même une forme de dépression. Ç'a été dit par des commentateurs. Dans ce cadre-là, il nous revient de dire : « Pour partie, là nous n'avons pas suffisamment progressé ». Mais la division de la gauche, c'est une maladie effectivement qui nous touche, mais en même temps dans une offre politique qui ne cesse de se diviser. Je vous rappelle qu'on était dans la bipolarité : on est pour le moins dans la tripolarité ; qu'à droite je crois savoir…

GUILLAUME DURAND
Pardonnez-moi, vos propos sont analytiques et je comprends, mais les gens…

JEAN-MARIE LE GUEN
Ne nous ramenez pas au simplisme, voilà. On est dans la complexité, on est dans la difficulté et on essaye de remonter la pente.

GUILLAUME DURAND
Absolument. La complexité, Michel ROCARD en a beaucoup parlé et il avait raison. Dans le système médiatique, il faut être complexe. Il y a quand même des questions pratiques que les gens se posent.

JEAN-MARIE LE GUEN
Allons-y.

GUILLAUME DURAND
Alors allons-y. Je reviens à la charge : est-ce que la candidature HOLLANDE pour vous est problématique ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais elle est forcément… Il l'a dit lui-même : il a besoin quelque part, à un moment donné, de se relégitimer.

GUILLAUME DURAND
Donc ce n'est pas décidé.

JEAN-MARIE LE GUEN
Absolument.

GUILLAUME DURAND
Vous le voyez souvent ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais je le vois souvent ? Vous croyez qu'il en est à faire des confidences ? Il voit beaucoup plus souvent un certain nombre de vos confrères pour en parler. Il n'a pas décidé parce que tout simplement il a décidé que sa décision serait au mois de décembre. Il n'y a pas de raison qu'il se précipite.

GUILLAUME DURAND
Deuxième question, est-ce que vous avez interprété hier le discours de VALLS comme une possibilité de candidature ? Tout le monde en parle ce matin dans les journaux.

JEAN-MARIE LE GUEN
Tout le monde en parle, ça ne suffit pas à créer une vérité. Je pense que Manuel VALLS est dans la loyauté puissante vis-à-vis du prsident de la République et dans son rôle de Premier ministre.

GUILLAUME DURAND
Mais à la moindre défaillance, il se présente.

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais il a une identité, Manuel VALLS, et parfois on lui reproche d'ailleurs quand il s'affirme. Il pense qu'il a une tâche politique, y compris lorsqu'il prend des risques par exemple sur la question du burkini. J'entends bien, certains disent : « On est en plein dans l'été, cette question est marginale, et cætera ». Non, il nous dit quoi ? Il dit : « Attention ! Où va la société française et les questions que se pose la société française ? »

GUILLAUME DURAND
Donc si HOLLANDE défaille, VALLS peut surgir. Ça vous paraîtrait légitime.

JEAN-MARIE LE GUEN
Ecoutez, que Manuel VALLS soit le représentant des espoirs de la gauche, quand on voit comment une génération de gens quinquagénaires se sont marginalisés, se divisent encore aujourd'hui et ont quelque part échoué dans leur parcours politique alors que lui, au milieu des difficultés, il assume, oui il représente forcément un point d'appui pour l'avenir de la gauche.

GUILLAUME DURAND
Voilà, les questions sont simples. Je vous adresse une lettre signée Emmanuel MACRON : « Je m'en vais ». C'est dans Les Echos de ce matin. Est-ce que pour vous, c'est une alternative ou est-ce que finalement Emmanuel MACRON, après le passage par le Puy-du-Fou réfléchit à une candidature qui serait de la gauche mais au-delà de la gauche ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Ecoutez, je viens de dire des choses en sympathie et en compréhension avec l'action de Manuel VALLS mais je ne veux pas dire du mal de ce que fait Emmanuel MACRON. Il exprime aussi dans son action gouvernementale, et dans son action politique d'ailleurs, à la fois des éléments d'avenir. Il insiste sur le fait que, dans une société qui bouge, la France a des atouts, qu'il faut qu'elle se mette…

GUILLAUME DURAND
Mais vous, vous y croyez à cette candidature Macron ? Je veux dire, la candidature va avoir lieu puisqu'évidemment que cette lettre va finir par arriver sur le bureau de Manuel VALLS.

JEAN-MARIE LE GUEN
Vous joueriez quoi là-dessus ? Non mais attendez, si vous faites un pari, vous donnez une vérité : allez-y. Vous faites un pari là : vous donnez une information, vous faites un pari. Vous jouez quoi là-dessus ?

GUILLAUME DURAND
Je vais vous dire, je ne vais pas vous échapper. La lettre arrivera ; maintenant le problème d'Emmanuel MACRON, c'est évidemment de régler son problème.

JEAN-MARIE LE GUEN
En juin 2017.

GUILLAUME DURAND
Non, elle arrivera mais le problème d'Emmanuel MACRON, c'est de régler son problème personnel avec François HOLLANDE pour lui.

JEAN-MARIE LE GUEN
Ce n'est pas un problème personnel, c'est un problème politique et c'est bien normal. Je pense qu'Emmanuel MACRON qui apporte plein de choses positives à ce gouvernement, même si parfois il donne l'impression et certains lui font jouer un pas de côté et non pas un pas avec l'ensemble.

GUILLAUME DURAND
Mais c'est lui qui le joue.

JEAN-MARIE LE GUEN
En partie mais pas seulement. Il est au gouvernement. Moi, je ne crois pas qu'il existe d'une façon abstraite…

GUILLAUME DURAND
Vous ne croyez pas à cette démission ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, je n'y crois pas parce que je ne vois pas la perspective politique qui est derrière cela. Je crois au dépassement de la gauche. Je crois au rassemblement de la gauche et à son dépassement mais je ne dépasse pas en s'isolant.

GUILLAUME DURAND
Question : est-ce que vous pensez vraiment que l'argument de l'anti-sarkozysme, d'une menace, d'un drame, et cætera, est encore un argument valable ? Est-ce que ça ne devient pas d'ailleurs un peu malsain de présenter SARKOZY comme une sorte de dictateur ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Ecoutez, il y a deux choses. Il y a deux choses qui existent. Moi, je ne veux pas donner dans les caricatures. Le seul qui se caricature, c'est Nicolas SARKOZY lui-même si j'ose dire. Moi, je suis un lecteur de son livre. Dans le coeur des propositions qui sont les siennes - et il le fait sciemment, vous le savez -, il joue la droite la plus extrême pratiquement dans tous les domaines. Que ce soit dans le domaine économique et social, que ce soit dans le domaine sociétal, que ce soit dans le domaine j'allais dire de ses rapports évidemment avec l'islam ou avec l'immigration d'une façon générale. Sur ce terrain-là, il joue lui-même une partition. Est-ce qu'il y croit véritablement ou est-ce qu'il n'y croit pas ? C'est une question que je renvoie aux électeurs de droite.

GUILLAUME DURAND
Non mais « menace » !

JEAN-MARIE LE GUEN
Attendez ! Vous croyez quoi ? Que c'est gratuit quand on met trois cent mille fonctionnaires à la porte essentiellement sur les hôpitaux et l'éducation nationale ? Vous croyez franchement que ça se fait comme ça ? Que c'est une piqure de moustique ? Mais enfin, de quoi parle-t-on ? Est-ce que vous croyez les hommes politiques ? Moi, j'ai tendance à les croire.

GUILLAUME DURAND
Mais il y a plein d'électeurs de droite qui le souhaitent.

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais attendez, c'est leur droit. Ils feront quoi ? 20 % des Français ?

GUILLAUME DURAND
D'accord, mais ce n'est pas une menace.

JEAN-MARIE LE GUEN
Comment ça, « ce n'est pas une menace » ? Mais enfin, vous supprimez trois cent mille fonctionnaires dans l'éducation nationale et les hôpitaux et moi, je n'ai pas le droit de dire que c'est une menace. Enfin, excusez-moi Guillaume DURAND. Je ne prends pas ça comme étant du pipi de chat pour parler un peu trivialement. C'est des propositions politiques d'un homme politique, un ancien président de la République qui fait des propositions. J'ai le droit de dire que ces propositions mettraient la France à feu et à sang.

GUILLAUME DURAND
Vous êtes ministre des Relations avec le Parlement : vous savez que la diminution du périmètre de l'Etat, ce sont des choses que même le gauche avait dites.

JEAN-MARIE LE GUEN
Attendez, une chose. Moi, je suis pour la diminution du périmètre de l'Etat.

GUILLAUME DURAND
Alors il va bien falloir que l'Etat…

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais attendez, c'est une chose. On peut être pour la chirurgie, on n'est pas forcément pour se faire couper la tête.

GUILLAUME DURAND
C'est le médecin qui parle. Je rappelle que vous êtes médecin. Je voudrais simplement revenir une seconde sur Manuel VALLS. Il y a quelques instants, Laurent WAUQUIEZ vient de tenir des propos assez durs sur Manuel VALLS.

JEAN-MARIE LE GUEN
C'est étonnant !

GUILLAUME DURAND
Oui, mais en disant qu'il était en perdition. Est-ce que vous considérez que là aussi, on reste dans la violence ou est-ce qu'il y a une part de vérité ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Attendez, j'ai le droit de critiquer durement le programme de Nicolas SARKOZY quand je prends les propositions de Nicolas SARKOZY et que je dis que ce sont des propositions extrémistes, violentes, qui aboutiraient à franchement changer complètement la nature de la République et du pays, et que ceci aboutirait – à mon avis, on peut me critiquer – à un véritable chaos social et politique. Une fois que j'ai dit ça, je n'insulte pas Nicolas SARKOZY. Monsieur WAUQUIEZ est donc dans l'insulte, il est dans la violence mais dans son propre camp, on le sait. On sait très bien que c'est le représentant d'une droite qui, elle, veut très clairement s'allier avec le Front national et il est le représentant de quelqu'un qui mettrait ce pays effectivement dans un grand chaos.

GUILLAUME DURAND
Question : est-ce que vous considérez, puisque vous êtes ministre chargé des Relations avec le Parlement qu'en aucun cas il n'y aurait de loi sur le burkini ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Je crois qu'il est tout à fait d'abord impossible d'écrire une loi sur le burkini.

GUILLAUME DURAND
Parce qu'à droite, ils en veulent une. Ils disent : « Même s'il y a un problème avec le Conseil d'Etat et le Conseil constitutionnel, on changera la loi ».

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, il est impossible de l'écrire. Je vous donne un exemple très simple si vous me donnez une seconde. C'est le médecin qui parle : vous avez des gens qui légitimement vont aller se baigner avec des éléments pour se protéger du soleil et ils vont être complètement protégés. Je ne vais pas faire une loi leur interdisant de se protéger contre le mélanome par exemple.

GUILLAUME DURAND
D'accord.

JEAN-MARIE LE GUEN
Donc je ne vais pas écrire qu'il est interdit…

GUILLAUME DURAND
Mais le burkini n'est pas simplement un tissu. Certains disent que c'est un drapeau.

JEAN-MARIE LE GUEN
Je suis d'accord, je suis tout à fait d'accord. Je reprends d'ailleurs une phrase que j'ai vue d'Arnaud MONTEBOURG ce matin avec lequel je suis entièrement d'accord : « Je suis contre le burkini pour tout ce qu'il représente politiquement ». Pas religieusement, ce n'est pas un signe religieux : c'est un signe politique, de l'islam politique. Je le condamne. Mais ce n'est pas parce que je le condamne que je fais une loi pour l'interdire. D'abord parce que c'est difficile à écrire juridiquement, indépendamment du problème constitutionnel. Et deuxièmement, parce qu'il y a tout un tas de choses que je condamne pour lequel je ne fais pas une loi. Le Front national, je le condamne absolument et pourtant, je ne fais pas de loi sur le Front national. La loi, me semble-t-il, est une démagogie et elle n'est pas dans le domaine de la raison, de l'écriture, du droit. Elle est donc une proposition qui est tout à fait exagérée, ce qui n'empêche pas la condamnation la plus forte et le soutien, y compris aux arrêtés qui ont pu être pris quand cela se posait par certains maires de bonne foi.

GUILLAUME DURAND
Est-ce que vous considérez que Jean-Pierre CHEVENEMENT et l'homme idoine pour régler cette situation ? Parce qu'il commence déjà à être contesté à gauche.

JEAN-MARIE LE GUEN
Pas simplement à gauche. C'est vrai qu'on peut trouver étonnant qu'au XXIème siècle…

GUILLAUME DURAND
Ce soit un non-musulman qui règle le problème des musulmans et que ce soit quelqu'un qui a dit que dans certaines banlieues il n'y avait pas un Français qui règle le problème…

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, ça ce sont deux choses différentes.

GUILLAUME DURAND
Oui, mais ce sont deux arguments qui ont été donnés contre lui.

JEAN-MARIE LE GUEN
Non, non, non. CHEVENEMENT est quelqu'un qui est un Républicain puissant qui dit des choses puissantes, et ce n'est pas parce qu'on dit des choses puissantes qu'il faudrait nommer des gens qui n'ont rien à dire sur différents sujets. CHEVENEMENT, en tant qu'homme politique français, est quelqu'un pour lequel j'ai énormément d'estime. Je pense simplement, et c'est ce qu'a dit d'ailleurs Bernard CAZENEUVE, et ce que je crois pense CHEVENEMENT lui-même, c'est qu'au-delà d'une période assez courte où il est là pour installer les choses, il faudra évidemment que ce soient des personnalités du monde musulman qui s'organisent. Ne faisons pas de fausses polémiques sur le sujet. Jean-Pierre CHEVENEMENT peut être un point d'appui mais il faudra évidemment aller plus loin.

GUILLAUME DURAND
Il reste trente-six secondes. J'ai un vote très simple à vous suggérer pour un deuxième tour de Présidentielle : tous les sondages donnent Les Républicains contre le Front national, donc vous qui considérez que SARKOZY est une menace, vous allez peut-être être amené à voter SARKOZY s'il est le candidat des Rpublicains ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Et je vous retourne la question, ma réponse est spontanément oui, je n'ai pas de problème avec ça. Simplement j'ai un problème moi, dans l'état actuel des choses, avec ce programme-là, la droite aura énormément de mal à avoir des voix républicaines pour se faire élire face au Front national, d'abord aux Présidentielles et plus encore après aux Législatives...

GUILLAUME DURAND
Donc, finalement, vous préféreriez voter JUPPE ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Je ne préfère rien du tout, je ne... j'irais...

GUILLAUME DURAND
Mais enfin la gauche n'est... dans aucun sondage la gauche n'est au deuxième tour...

JEAN-MARIE LE GUEN
Mais écoutez vous savez très bien que Nicolas SARKOZY nous explique...

GUILLAUME DURAND
C'est dans six mois.

JEAN-MARIE LE GUEN
Ou explique off qu'à partir du mois de janvier, après les primaires, il changera de discours.... Bien ! Alors, si j'étais dans la politique politicienne, je pourrais vous dire : « attendons le mois de janvier », donc je n'ai pas de choix de personne, je laisse les gens responsables de leur action politique. Je constate...

GUILLAUME DURAND
Mais vous le ferez, si la nécessité est de voter contre le Front national vous le ferez ?

JEAN-MARIE LE GUEN
Non seulement je le dis, mais je l'ai écrit....

GUILLAUME DURAND
D'accord.

JEAN-MARIE LE GUEN
Et j‘ai écrit la chose suivante : « c'est que tout candidat républicain doit se mettre en situation de faire voter l'autre rive de la République au deuxième tour », oui il y aura madame LE PEN au deuxième tour - malheureusement c‘est ce qui est infiniment probablement - et donc le candidat de gauche doit s'apprêter à faire voter pour lui les électeurs de droite et le candidat de droite doit s'apprêter à faire voter pour lui les électeurs de gauche, ce qui demande un minimum de sens du compromis, et ça je pense qu'il est temps de comprendre que nous sommes dans une nouvelle donne politique et non pas dans la vieille politique.

GUILLAUME DURAND
Merci beaucoup Jean-Marie LE GUEN, donc chargé des Relations avec le Parlement dans le gouvernement de Manuel VALLS, l'invité de la matinale de Radio classique ce matin, nous avons rendez-vous avec le rappel des titres, la revue de presse de Michel GROSSIORD et nous retrouvons Philippe TESSON et Bruno ROGER-PETIT, bonne journée à vous.

JEAN-MARIE LE GUEN
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 septembre 2016

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