Tribune de M. Manuel Valls, Premier ministre, sur son compte Facebook le 20 septembre 2016, sur la lutte contre la pauvreté, intitulé "Volontarisme, bon sens et simplification : faire vivre la solidarité". | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de M. Manuel Valls, Premier ministre, sur son compte Facebook le 20 septembre 2016, sur la lutte contre la pauvreté, intitulé "Volontarisme, bon sens et simplification : faire vivre la solidarité".

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Premier ministre

ti : Depuis 2012, nous avons mis en place une politique volontariste en matière de pauvreté. Elle obtient des résultats, grâce notamment au plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Ce mois-ci, pour la quatrième année consécutive, le RSA sera ainsi réévalué. En tout, il aura augmenté de 10% en cinq ans.

Aujourd’hui, la pauvreté ne progresse plus en France. Mais nous devons agir plus encore pour la faire reculer, car il reste huit millions de pauvres dans notre pays.

Ce qui implique, d’abord et avant tout, de poursuivre notre engagement pour renforcer notre économie. Le taux de chômage est repassé en dessous de la barre des 10%. Nos entreprises créent de nouveau des emplois, et elles investissent. C’est d’abord ce combat qu’il faut gagner.

Il faut aussi faire évoluer nos politiques de solidarité, en faisant preuve de bon sens.

C’est ce que nous avons fait en expérimentant, depuis 2013, la garantie jeunes. Avec ce dispositif alternant formation et immersion dans l’entreprise, couplées à une aide financière, chaque jeune en difficulté est accompagné vers l’emploi. D’ici la fin de l’année, ce dispositif aura bénéficié à 100000 «16-25 ans». Comme prévu dans la loi Travail, il sera généralisé, dès le 1er janvier, à tous les jeunes qui en ont besoin.

Faire preuve de bon sens, c’est aussi l’objectif de la réforme des minima sociaux.

Accéder à un revenu minimal ne doit pas être un parcours d’obstacles, et nous savons que la complexité est une source d’inégalité supplémentaire.

Dès 2017, un portail numérique des droits sociaux permettra de faire une simulation pour voir, en un coup d’œil, les droits auxquels on peut prétendre.

Les administrations se parleront davantage pour que les allocataires n’aient pas à fournir sans cesse, comme c’est le cas aujourd’hui, les mêmes justificatifs. C’est le principe du «dites-le nous une fois».

Nous simplifions, aussi, le mode de calcul des prestations sociales pour mettre fin aux recalculs incessants du RSA.

Nous faciliterons la vie des allocataires qui retrouvent un emploi – car c’est bien sûr leur objectif ! – en simplifiant la transition vers la prime d’activité. Cette prime, un autre dispositif du plan de lutte contre la pauvreté, est un succès. Elle vient compléter le salaire de tous ceux qui gagnent moins de 1500 euros par mois.

Nous mettons également fin à des dispositions complexes en permettant aux personnes souffrant des handicaps les plus lourds de bénéficier de leurs droits à l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) pendant 20 ans, sans réexamen.

Faire preuve de bon sens, c’est aussi réaffirmer l’objectif de fond. Les politiques sociales sont là pour aider en cas de coups durs. Elles sont également là pour permettre à chaque allocataire de rebondir.

C’est pourquoi nous engageons avec Marisol Touraine, Myriam El Khomri et Ségolène Neuville une relance des politiques d’insertion sur le terrain.

Car si le RSA est un droit pour celles et ceux qui n’ont pas de quoi vivre, les allocataires ont en contrepartie le devoir de tout faire pour s’insérer socialement et professionnellement. Les départements sont quant à eux dans l’obligation de les accompagner, comme la loi le prévoit.

Nous avons donc décidé de mobiliser 50 millions d’euros supplémentaires en 2017 pour soutenir les départements qui souhaiteront, aux côtés de l’Etat, renforcer leurs politiques d’insertion.

Avec ces réformes, nous faisons la démonstration que notre modèle social sait évoluer et s’adapter sans perdre ses fondements.

A présent, il faut ouvrir de nouvelles pistes. Le revenu universel, c’est-à-dire une allocation unique, ouverte à tous, à partir de 18 ans, pour remplacer la dizaine de minima sociaux existant, en est une. Le Gouvernement engagera un dialogue avec tous les acteurs pour construire une réponse souple, plus simple et donc plus efficace, qui prenne en compte les situations individuelles. Je crois que ce débat doit être ouvert. Pour aller plus loin ! Pour renforcer notre modèle social !

Je n’accepte pas que l’on traite «d’assistés» plus de 8 millions de nos compatriotes – jeunes qui cherchent un emploi, salariés modestes ou en formation, retraités avec des petites pensions – ; je n’accepte pas que l’on pointe du doigt les plus faibles, car c’est faire injure à des femmes, des hommes, des enfants pour qui la vie est dure.

C’est faire injure, aussi, à notre République, en l’amputant d’une valeur essentielle : la solidarité. Une valeur que nous devons faire vivre pleinement, car elle est la condition même de notre cohésion sociale, de notre unité et donc de la force de notre Nation.


Http://www.gouvernement.fr, le 21 septembre 2016

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