Déclaration de Mme Erika Bareigts, ministre des outre-mer, sur la promotion et la valorisation du tourisme dans les outre-mer, à Paris le 19 septembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Erika Bareigts, ministre des outre-mer, sur la promotion et la valorisation du tourisme dans les outre-mer, à Paris le 19 septembre 2016.

Personnalité, fonction : BAREIGTS Ericka.

FRANCE. Ministre des outre-mer

Circonstances : Première édition des Rencontres du tourisme d'outre-mer, à Paris le 19 septembre 2016

ti : Mesdames et messieurs les Parlementaires,
Mesdames et messieurs les représentants des collectivités territoriales,
Monsieur le Directeur général des Outre-mer,
Mesdames et messieurs les représentants des services de l'État,
Mesdames et messieurs les professionnels du secteur du tourisme,
Mesdames et messieurs,


Nous voilà réunis pour clore la première édition des Rencontres du tourisme en Outre-mer ! Cette journée a réuni de nombreux acteurs : professionnels du secteur, collectivités, services de l'État. Il était important d'avoir un moment collectif de mobilisation autour d'un atout stratégique pour nos territoires et leurs habitants. Je tiens à remercier chacune des personnes qui ont participé à la réussite de cette journée et notamment ATOUT France ainsi que les ministères.

Vous avez, au cours de cette journée, échangé sur les différentes bonnes pratiques qui doivent être mises en place au sein des territoires ultramarins.

L'objectif de cette journée était en effet de mettre en relation les acteurs de ce secteur afin que chacun puisse trouver des interlocuteurs avec qui partager son expérience. Les retours que j'ai pu entendre me démontrent que cela est nécessaire et que l'événement est un succès. Le second objectif était aussi de continuer la réflexion pour plus d'actions en faveur du tourisme en Outre-mer.


Le développement du tourisme est un axe stratégique de l'action du ministère : je souhaite continuer et renforcer cette dynamique. Les ateliers y ont participé aujourd'hui. Des thématiques importantes ont été discutées et je souhaite en faire un premier bilan.

L'atelier 1 qui s'est tenu ce matin avait pour objectif de disposer rapidement de données statistiques actualisées et pluriannuelles, permettant de suivre l'efficacité des actions engagées. Comme vous le savez un appel d'offre a été passé par le Ministère, la sélection du prestataire est en cours et les premières données devraient nous parvenir à la fin de l'année. C'est un outil important parce qu'il n'y a pas de politiques publiques dans ce domaine sans persévérance ni visibilité. Sans éléments chiffrés, nous ne pouvons objectiver nos choix. Or cela est particulièrement important pour les adapter à un secteur particulièrement mouvant où il nous faut s'adapter en temps réel.

L'atelier 2 avait pour objectif de mettre en œuvre des mesures pertinentes pour conquérir des nouveaux marchés notamment la question des BRICS. Il a donc été discuté des questions de l'amélioration de la connectivité des territoires, de l'assouplissement de la politique des visas, de la création d'une offre haut de gamme.

L'atelier 3 a abordé la question des Start-Ups, sujet passionnant et qui nécessite toute notre attention car ces entreprises de pointe doivent être soutenues et cela sera le cas puisque très prochainement la direction générale des entreprises et le ministère des Outre-mer travailleront conjointement afin de faire émerger des incubateurs locaux. Mais l'innovation en matière de tourisme ne se fait pas uniquement par les start-up. Le réseau ESS y contribue également. Au printemps dernier, le ministère des Outre-mer a lancé un appel à projets. Les lauréats seront connus le 30 septembre prochain. Je me félicite du succès de cet appel puisque plus de 330 projets ont été déposés dont 60 pour l'axe « tourisme alternatif et innovant » !

L'atelier 4 quant à lui traitait de la question de la formation, qui doit être développée de manière continue pour toujours s'adapter aux nouveaux enjeux de ce secteur. A ce titre, j'accorderai une attention particulière à la mise en œuvre du plan 500 000 formations dans les territoires ultramarins, je souhaite d'ailleurs que LADOM puisse susciter de nouvelles formations avec des entreprises qui rechercheraient certains profils : cela doit passer par des partenariats renforcés. Sur le terrain, j'entends en effet que des employeurs recherchent des compétences sans trouver de profils adaptés. Nous devons tout faire pour que l'offre de formations corresponde aux besoins locaux, notamment dans le secteur touristique. Ce sera une des clés de la bataille pour l'emploi.

Les ateliers 5 et 6 ont, quant à eux, abordé les questions des plans prospectifs et celles des nouveaux véhicules de l'investissement. Je remercie toutes les personnes qui ont participé et animé ces temps d'échanges. Tous ces ateliers abordent des thématiques centrales et passionnantes.


Je souhaite partager avec vous ma vision du secteur touristique ultramarin et partager mon ambition.

Je fais le constat, comme vous, que les territoires ultramarins regorgent de potentiels à exploiter. Nous avons des terres somptueuses, des villes d'arts et d'histoire, un patrimoine magnifique, une biodiversité très riche, une multiculturalité exemplaire, une gastronomie renommée. Malgré des atouts indéniables de nos territoires, je vous le disais ce matin, le tourisme représente aujourd'hui moins de 10% du PIB outre-mer et même moins de 5% dans certains territoires tels que La Réunion. Cet enjeu fait partie intégrante de l'action menée par le ministère depuis 2012 et nous connaissons des résultats. Par exemple, la fréquentation à la Nouvelle-Calédonie a augmenté de 6,3% en 2015 par rapport à 2014, la fréquentation hôtelière à La Réunion a augmenté de 11% par rapport à 2014 pour passer la barre symbolique des 1 millions de nuitées. Il s'agit du meilleur chiffre depuis 6 ans !

Il faut donc aller plus loin et nous donner les moyens pour assurer un meilleur développement, une plus grande attractivité du secteur. Un travail important va ainsi s'engager.

Je pense que le marketing développé au national et qui contribue à faire de la France la première destination touristique mondiale doit mieux valoriser la diversité des Outre-mer et contribuer à une meilleure prise en compte de nos diversités géographiques et de nos zones d'intérêt. Le marketing national ne doit pas donner à voir seulement une France hexagonale mais aussi la France océanique. Par exemple, la richesse de son histoire, les merveilles que constituent ses lagons, l'intérêt porté à la route des épices sont des atouts touristiques très forts.

Dans cette même optique, je souhaite accompagner nos collectivités pour développer des formations, notamment en langues, qui permettraient à nos compatriotes de déployer leurs talents dans leurs bassins régionaux et à nos économies de mieux s'inscrire dans leur espace géographique.

Développer le secteur touristique en Outre-mer, c'est donc avoir une vraie stratégie commune et un pilotage efficace.

Nous devons donc travailler à une nouvelle communication avec Atout France dans une optique plus ambitieuse de coordination avec le marketing national. Pour cela, nous avons besoin d'une gouvernance plus efficace et innovante, en associant mieux tous les acteurs du secteur. C'est aussi dans ce sens que je veux faire évoluer le Cluster Outre-mer afin qu'il s'adapte mieux encore aux réalités de nos territoires, qu'il nous permette d'être plus en phase avec les stratégies régionales. S'ouvrir aux BRICS est fondamental mais ce n'est pas la 1ère opportunité ou la seule dans certains territoires. Je pense aux marchés américain, australien, aux pays du Golfe… Ce cluster doit être une plateforme stratégique dont l'efficacité sera conditionnée aussi par la qualité de sa gouvernance.

Concernant les Programme d'Investissements d'Avenir (PIA3), nous sommes en discussion avec le Commissariat Général à l'Investissement afin que les outre-mer bénéficient pleinement de cette opportunité dans des secteurs comme la silver économie, l'économie bleue.

Je souhaite avancer sur la question du désenclavement aérien et maritime grâce à un dialogue renforcé avec les acteurs de ce domaine. J'ai convenu avec Matthias FEKL que nous serons associés au futur Observatoire de la connectivité qu'il va créer avec Alain VIDALIES. Tout le monde aura bien compris l'intérêt du sujet de la connectivité aérienne et maritime. Bien entendu, le dialogue est la méthode qui nous permettra là aussi d'avancer sur ce sujet.

Je pérenniserai ces assises du tourisme afin qu'elles deviennent un rendez-vous annuel et je vais demander aux préfets de décliner rapidement ces Rencontres au niveau régional. Pourquoi ? Parce que les grandes politiques publiques exigent de ne jamais perdre le fil conducteur, le sens de notre mobilisation. Elles sont exigeantes parce que nous devons rassembler les acteurs, coordonner les océans, les actions, faire le point sur les échecs, les réussites et intégrer l'ensemble de ces éléments dans une stratégie nationale.

Je souhaiterais terminer en évoquant avec vous deux points.

L'enjeu du réchauffement climatique. Cette question doit toujours être une finalité de notre action, dans la continuité du succès de la COP21, de la signature l'accord par la Chine et les USA la semaine dernière. Pour beaucoup de nos territoires, le développement touristique se fait autour de l'atout littoral. Mon ministère portera une ligne budgétaire qui permettra de déloquer une capacité d'emprunt auprès de l'AFD pour financer des investissements destinés à adapter notre société au changement climatique.

Les plans de convergence, inscrits dans la loi Égalité réelle Outre-mer. Ces plans stratégiques seront ceux de nos territoires. Ils seront des leviers puissants pour déverrouiller ce qui empêche, simplifier ce qui est nécessaire, afin de créer cette richesse, condition de la création d'emplois. Il faut rappeler que le tourisme a contribué à l'emploi en 2012 pour 16% du total des emplois en Polynésie française, 9% des effectifs salariés à la Guadeloupe, et, à La Réunion, l'Insee l'évalue à 3,2% de l'emploi total en 2011. Le tourisme pour certains territoires pourra être identifié comme axe stratégique majeur.


Mesdames et messieurs,

Les Nations Unies ont décrété que 2017 serait l'année du tourisme durable. Il nous faut donc ensemble donner une nouvelle impulsion. Je connais l'organisation administrative et politique de ce pays et suis convaincue que, tout en respectant les prérogatives de chaque territoire, nous devons travailler main dans la main.

Ceux qui me connaissent le savent, je me suis toujours engagée en faveur du développement du tourisme dans les territoires ultramarins. Je vais poursuivre mon engagement dans le cadre des fonctions qui sont les miennes, en tant que Ministre des Outre-mer. Voici ma feuille de route et je compte bien sûr sur votre engagement pour la réussite de notre ambition.


Je vous remercie.


Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 21 septembre 2016

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